vendredi 2 avril 2021

De la sérénité : "Ananda-Amrita" de Svami Prajnanpad

 

Frederick : Bien, pour le moment, je me sens calme, presque vide. Mais je sais que ce n'est probablement qu'une réaction et j'ai encore de légers doutes et ce même sentiment : «Alors quoi ?» Et je me souviens, l'année dernière, quand je suis arrivé en Inde au début, j'ai eu le même sentiment mais plus fort et qui a duré plus longtemps. Petit à petit, je me demandais à moi-même : «Mais à quoi t'attendais-tu ? À voler dans les airs ?» Ainsi, j'ai dû dire : «Non». Et je comprends que petit à petit, je dois sortir de l'action et de la réaction.

Je dois penser de manière positive et faire quelque chose qui n'est pas dans le jeu de l'action et de la réaction. Je suis patient et j'attends. Je me sens très calme, je dors très bien, je ne prends pas de pilules. Je me sens en repos. Le seul problème, c'est que je sens mon énergie assez faible. C'est tout.

Svâmiji. Essayons de voir à partir de la fin. Vous voyez, vous dites que vous sentez votre énergie assez faible ?

F. Oui.

S. Et c'est le résultat d'une comparaison. Vous comparez cette énergie à l'énergie que vous sentiez précédemment. Et cette énergie était un peu bouillonnante, ce qui était dû à une réaction ; cette réaction entraîne aussi une réaction.

F. Oh, je vois. Parce que lorsque je me sentais calme et plutôt vide, je me demandais : «Eh bien, peut-être qu'après tout, c'est ce que l'on recherche.» Mais ensuite, je me suis souvenu de Svâmiji disant : «On doit être comme un volcan froid.» Alors je me suis dit : «Je n'ai rien d'un volcan, je suis plutôt comme un volcan mort. Mais j'attendrai.»


S. Oui, Svâmiji a dit sans doute : «On doit être comme un volcan éteint» tant qu'il y a ce besoin d'énergie en l'homme. Mais ceci n'est pas l'état suprême, et ce n'en est pas la fin. À la fin, vous devez être un volcan froid et éteint.

F. Froid ?

S. Froid et d'une certaine façon épuisé. Comme vous le dites, vous vous sentez vide. Quelle est la nature de ce vide ? Il faut le voir. Ce vide, comme vous l'appelez, par ailleurs se transforme en plénitude. C'est le stade suivant. Quand l'action et la réaction cessent, on devient positif et ce positif n'est rien d'autre que la plénitude, non pas le vide. Vous dites : «Je me sens vide», ce qui montre qu'il y a une certaine réaction.

F. Oui, parce que se sentir vide n'est pas un sentiment positif. C'est comme le manque de quelque chose d'autre. C'est exactement comparer la situation présente avec...

S. Oui. Et cette comparaison, cette comparaison chimérique et illusoire est la cause-racine de toute activité bonne ou mauvaise. Et c'est faux. Pourquoi ? Vous l'avez en fait appris et découvert la dernière fois, la comparaison est illusoire, la comparaison est fausse. Pourquoi ?

F. Parce que vous n'êtes pas dans le présent, vous n'êtes pas dans ce que vous faites, dans ce que vous êtes.

S. Vous êtes dans le présent : vous êtes ici, un autre homme est ici, les deux sont ici, vous pouvez comparer. Étant également dans le présent, vous pouvez comparer. Mais le fait même de la comparaison est faux. Pourquoi ? Parce que pour comparer, vous devez avoir une base commune. Sans base commune entre deux choses, vous ne pouvez pas comparer. Ainsi, vous dites qu'un homme mesure cinq pieds de haut, un autre quatre pieds et trois pouces de haut. Comment pouvez-vous le dire ? Quand ces deux personnes se tiennent sur la même base, vous pouvez les comparer. Mais si l'homme qui mesure quatre pieds et trois pouces de haut se trouve sur une base haute de trois pieds alors qui est le plus haut ? Ainsi la comparaison présuppose une base commune entre les deux...

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