mercredi 10 juillet 2013

Valse des étiquettes avec Alexandre Jollien

" Une lecture m’habite, me déroute et me convertit sans cesse. Je viens de lire le Soûtra du Diamant. Un refrain revient sans cesse, une logique paradoxale jalonne le discours du Bouddha : « X n’est pas X, par conséquent, je l’appelle X. »

Rarement, énoncé m’a autant aidé. Je l’emploie partout et toujours dans mon quotidien, enfin j’essaie. « Ma femme n’est pas ma femme c’est pourquoi je l’appelle ma femme. », « mes enfants ne sont pas mes enfants, c’est pourquoi je les appelle mes enfants. ». Le Bouddha invite à dégommer toutes les étiquettes. Ma femme n’est pas ma femme. Elle est beaucoup plus riche, beaucoup plus dense, beaucoup plus unique, beaucoup plus insolite que ce que j’en perçois. Et ainsi en va-t-il pour mes enfants, pour mes amis, pour la réalité, bref, pour le monde.

Nos étiquettes figent le réel, le rétrécissent, le tuent. Mais lutter contre les étiquettes est encore une posture, une fixation. Le Tathagata invite à aller plus loin. Le cœur libre peut utiliser les étiquettes et appeler un chat un chat. Du moment que je sais que ma femme n’est pas ma femme et que jamais je ne pourrai la saisir dans des concepts, je peux librement, avec légèreté, l’appeler ma femme.

Le malheur, c’est de se fixer dans les étiquettes, se figer dans ce qu’on a été et dans ce qu’on est. Ainsi, aujourd’hui, je me suis dit « Alexandre n’est pas Alexandre. L’Alexandre d’hier n’est déjà plus. Celui qui est fatigué en ce moment mourra dans la journée pour naître nouveau. » La non fixation, c’est peut-être de laisser mourir ce  moi fatigué, humilié, content parfois, gratifié et heureux souvent. La non fixation, c’est se laisser vivre plutôt que vivre. "

mardi 9 juillet 2013

Amour et pardon avec Tim Guénard


L'histoire de cet homme est à connaître... En tout cas, je vous laisse ici quelques mots pour vous en donner l'envie... 

La vie est aussi cabossée que mon visage. Mon nez, à lui seul, compte vingt-sept fractures. Vingt-trois proviennent de la boxe ; quatre, de mon père. Les coups les plus violents, je les ai reçus de celui qui aurait dû me prendre par la main et me dire " je t’aime ".

Il était iroquois. Quand ma mère l’a quitté, le poison de l’alcool l’a rendu fou. Il m’a battu à mort avant que la vie ne poursuive le jeu de massacre. J’ai survécu grâce à trois rêves : me faire renvoyer de la maison de correction où j’étais placé - un exploit jusqu’alors jamais accompli ; devenir chef de bande ; tuer mon père. Ces rêves, je les ai réalisés. Excepté le troisième. C’était à deux doigts... Durant des années, la flamme de la vengeance m’a fait vivre.

Dans la prison de ma haine, des personnes habitées par l’Amour m’ont visité et m’ont mis à genoux dans mon cour. C’est à ceux que notre société rejette, les cassés, les tordus, les handicapés, les " anormaux ", que je dois la vie. Et une formidable leçon d’amour. Je leur dédie ce livre. Ils m’ont permis de renaître.

Cette rencontre inattendue avec l’Amour a bouleversé mon existence. Je vis aujourd’hui dans une grande maison claire, sur les hauteurs de Lourdes, avec Martine, ma femme, Églantine, Lionel, Kateri et Timothée, nos enfants. Plus quelques personnes de passage qui font halte chez nous en attendant de reprendre la route. Ce matin, j’ai posé mes ruches sur le versant de la montagne. Demain, je les emmènerai ailleurs, vers d’autres fleurs, d’autres parfums. Je savoure le silence des collines qui m’emportent dans leurs chevauchées vers l’horizon.

Tim Guénard
tiré de cet article

Le passé se réveille à cause d’un son, d’une parole, d’une odeur, d’un bruit, d’un geste, d’un lieu entr’aperçu... 
Un rien suffit pour que les souvenirs surgissent. 
Ils me bousculent, ils me griffent. 
Ils me rappellent que je suis encore
 sensible.
J’ai toujours mal.
Je ne serai peut-être jamais totalement pacifié.
Il me faudra sans doute recommencer mon pardon, encore et encore.
Pardonner, ce n’est pas oublier.
C’est accepter de vivre en paix avec l’offense.
Difficile quand la blessure a traversé tout l’être jusqu’à marquer le corps comme un tatouage de mort.
J’ai récemment dû subir une opération des jambes : les coups de mon père ont provoqué des dégâts physiques irréparables.
La douleur se réveille souvent ; avec elle, la mémoire.
Pour pardonner, il faut se souvenir.
Non pas enfouir la blessure, l’enterrer, mais au contraire la mettre au jour, dans la lumière.


Philippe Guénard

tiré de ce blog



dimanche 7 juillet 2013

A l'écoute de l'intériorité avec Karlfried Graf Dürckheim


"L'homme est un être spirituel jusque dans son corps." K.G. Dürckheim


Karl Graf Dürckheim a élaboré dans les années 1950, dans le cadre de son activité psychothérapeutique, une forme très personnelle de soin corporel qu’il a appelée la Personale Leibtherapie. Elle est aujourd’hui largement transmise comme une forme de thérapie initiatique. La thérapie initiatique – développée par Karl Graf Dürckheim et Marie Hippius – repose sur les découvertes de la psychologie analytique de C.G. Jung et de Eric Neumann. Elle s’en distingue cependant en proposant des formes de travail pratique, telles que le dessin intuitif et la Personale Leibtherapie.  Alain Morales


Un moyen important pour se rencontrer et se trouver est la méditation. Dürckheim est entré en contact avec la tradition Zen, au Japon où il vécu dix ans pendant la second guerre mondiale. Au cours de conversations avec des érudits et des personnalités du monde Zen, il a établit des parallèles entre Meister Eckehart, prédicateur du Moyen-Age, et les expériences de la Pratique Zen. Il a lui-même pratiqué le tir-à-l'arc. Il est entré en contact avec l'Energie du Khi, appelé au Japon Hara. Ce qui signifie « ventre ». Ce centrage sur un point précis du bas-ventre, calme, harmonise, clarifie, et amène l'unité dans tout le corps...

La vie quotidienne comme exercice, ce n'est pas seulement le titre d'un livre de Dürckheim. Ça signifie également le rapport conscient à tout ce que je suis en train de faire, de penser au de sentir. La conscience du Présent devrait influencer de plus en plus mon attitude, non seulement au moment de l'exercice, mais dans la Vie. Ainsi Dürckheim raconte que, juste avant de mettre en route le moteur de sa voiture, il se demandait : « qui tourne maintenant la clé de contact ? ». Dans toutes les situations de la vie, il cherchait l'accès à son être. A 23 ans, une sentence de Lao Tse l'a touchée avec une telle violence, qu'il a voulu sans cesse approcher de l'inconcevable Transcendance. Le début de la 11ème sentence tirée du Tao Te King nous dit : « Trente rayons rencontrent le moyeu, mais le vide entre eux créée la réalité de la roue » . . . « la Transparence comme Transcendance »...


Une séance en Leibthérapie personnelle dure une heure. Elle se compose d'un court entretien préliminaire pour saisir le thème, le problème...

Il y a beaucoup de chemins qui mènent à la profondeur du cœur. La Leibthérapie en est un. 

Par le toucher et le langage verbal centré sur la sensation du corps, ce chemin peut commencer. Non pas l'intellect froid et logique doit mener mais un échange entre Coeur et Raison. Là commence le travail conscient sur l'ombre. Celui-ci amène des crises profondes. Il se fait là le pas courageux dans le monde du cœur et des sentiments. Ici le cœur se transforme paradoxalement dans la confiance. Ce n'est pas volontaire. C'est un processus de se laisser aller dans l'intégration du cœur et de l'âme. Ce processus est comparable au laisser-aller dans le fluide de la respiration. Ce courant n'est pas volontaire non plus. Le lâcher-prise restera un secret. C'est un lâcher-prise dans le récipient du corps « genre la forme d'un vase et son contenu » . Quand je me sens soutenu dans mon corps, alors je sens mon âme par mon corps. De plus en plus, j'apprends maintenant à penser ce que je sens.

Extrait d'une conférence de Wolfram Helke


samedi 6 juillet 2013

L'Amour visionnaire avec Christiane Singer


Ce qui nous met vraiment dans la résonance de l'autre, ne nous lassons pas de le répéter, c'est l'amour. L'amour ne rend pas aveugle, il rend visionnaire, il met directement en contact avec l'être réalisé qui habite cette personne que j'ai choisie, cet amant ou amante, choisi entre tous ceux et celles que j'ai rencontrés. L'amour essuie la pruine du fruit, dissout la brume et fait voir, derrière les apparences, la perfection du projet divin que chacun de nous incarne sans le savoir. En somme, cette percée directe, à travers les apparences, ce que l'amour me permet de voir, c'est l'accomplissement de ce qui est en devenir, une sorte d'avance, sans versement d'intérêts, une sorte d'acompte sur héritage de lumière de celui que j'aime.

La rencontre d'un maître dans les traditions les plus diverses est de cette nature, avec la différence qu'il n'y a plus d'acompte nécessaire et que le maître a déjà reçu en partage cet héritage de lumière ; il a atteint sa transparence, là où il se tient, il n'y a plus personne sinon un accroc à travers lequel je peux voir derrière les apparences le déploiement du Réel. Derrière la Maya, l'être aimé, vénéré ; comme l'accroc dans le rideau, je vois au travers, dans le frémissement infini du crée, dans cet univers indifférencié de l'au-delà.

Christiane Singer 
- Où cours tu ? Ne sais tu pas que le ciel est en toi ? - Editions Albin Michel

vendredi 5 juillet 2013

Entrée en sympathie... avec Serge Carfantan

"Contempler, ce n'est pas percevoir au sens ordinaire du terme. La perception est toute orientée par la traction intentionnelle de la pensée, ce qui se voit très bien dans cette étrange compulsion qui nous porte ensuite à étiqueter tout ce que nous voyons avec des concepts. Je perçois un chêne dans le jardin. Un arbre dans une catégorie et sur lequel je peux faire toutes sortes de commentaires mentaux liés à un savoir scientifique ou à une expérience personnelle. Contempler c'est plutôt laisser être sans chercher à conceptualiser ce qui est vu, ce qui, invariablement a pour effet d'anesthésier l'expérience sensible.

Contempler c'est être là, disponible et se laisser envelopper par la présence de ce qui est. Ce qui apparaît alors est très différent. L'arbre a une formidable puissance, une majesté silencieuse qui remplit l'espace et s'élance vers le ciel. Une présence qui plonge dans la terre et dont la pensée ne peut avoir la moindre idée, à moins qu'elle ne se taise pour un moment. L'arbre est alors réellement senti comme une individualité vivante et chaque arbre est différent d'un autre et possède sa propre présence. Sentir cela de toutes les fibres de son être est tout à fait autre chose que de le penser.

Nous avons tous connu ces moments de la contemplation, il se sont surtout invités dans des instants de surprise à la rencontre de paysages, dans l'inattendu d'une perspective, d'une trouée dans les feuillages vers une rivière, un surplomb au bord d'un précipice, l'extase d'un ciel lumineux dans la brume qui vous arrête soudainement quand vous levez la tête. Et puis, il y a cette impression fantastique que nous avons tous rencontrée enfant, allongé dans l'herbe devant la voûte étoilée. Une dilatation extraordinaire de la sensation de l'espace, l'espace d'un instant, nous nous sentions en sympathie avec l'infini." 
Serge Carfantan, 
Philosophe
(3ème millénaire)

jeudi 4 juillet 2013

Ma AnandaMoyi d'après Jean Claude Marol


"Ceux qui ne cherchent pas à se connaître se suicident à chaque instant." 


 Dans la vision réelle, il y a pas "UN QUI VOIT" et "LE VU". La vision réelle est sans yeux. En elle, il n'y a pas de place pour la "di-vision". 


 "Tout ce que je peux dire, c'est que dans les changements du corps et de l'esprit, je suis la même. Il n'a pas pour moi d'état changeant. Appelez-cela comme vous voulez." 


 "Vous ne sentez pas le poids de votre tête, de vos bras, de vos jambes, de vos doigts, n'est-ce pas ? Ils ne sont pas pour vous un fardeau. Il font partie de votre vie. Je sens aussi tous les êtres comme des membres de ce "corps". Leurs demandes, leurs troubles, ne me sont pas un fardeau. Leurs joies, leurs peines, leurs problèmes et leurs solutions sont vitalement miens."


 Sri Ma Anandamoyi nous dit : "Vous pouvez m'apprécier ou non... mais moi, je ne peux absolument pas me passer de vous !!!" après, elle éclate de rire !

mardi 2 juillet 2013

L'énergie de l'arbre avec Patrice Bouchardon

Voici deux vidéos qui peuvent vous brancher...

Lorsque vous travaillez régulièrement avec l'énergie du bouleau sa qualité de douceur s'installe en vous. Vous développez alors un meilleur rapport avec vous-même, et ressentez plus d'amour et d'estime pour vous... C'est ainsi que se construit l'estime de soi...

lundi 1 juillet 2013

La cathédrale de Chartres à découvrir sous un nouveau jour.



Je vous conseille le site de la Cathédrales de Chartres où foisonnent les promenades et analyses sur de nombreux trésors (labyrinthe, vitraux...).



Le labyrinthe est chemin : il invite à y être 'pèlerin'. 
 
Ni signe magique, ni phénomène physique, les seules énergies qu’on y trouve sont celles qui habitent les hommes et femmes qui le parcourent - prêtes à se laisser 'toucher' par la grâce du moment.
 
Sa finalité ? Conduire intelligemment à une authentique méditation - vécue tout à la fois dans le corps et dans l’esprit.
 
Celui qui choisit de marcher peut s’ouvrir, pas après pas, à ce qui le dépasse. Au long du parcours, évocateur de l’existence humaine - longue, accidentée, exigeante - il avance avec confiance vers sa réconciliation. Il retrouve ainsi quel est le sens de son existence : le Tout-Autre l’attend - définitivement.
 
 

dimanche 30 juin 2013

La cinquième saison par Joshin Luce Bachoux

Tout comme le bruit de la pluie nourrit le silence, la luxuriance de la nature emplit le cœur et l’apaise après l’hiver. Le monde est un, et nous en sommes un rameau.


"Ploc, ploc, ploc..." Les gouttes de pluie frappent les toits de tuiles grises, rebondissent sur les gouttières, dégoulinent le long des cloisons en bois, creusent des rigoles dans le jardin au milieu des graviers blancs bien ratissés et des pins centenaires tout tordus. Le monde entier est pluie, tantôt pluie qui effleure avec légèreté chaque feuille et chaque brin d’herbe, tantôt pluie qui frappe avec force tous les obstacles qui l’empêchent de rejoindre la rivière et de basculer sur son passage rochers et racines...

C’est la cinquième saison du Japon, commencée depuis ce qui me semble un temps sans origine : fleurs de pêcher et pluie sans fin qui brouille tous nos repères. Ni jour ni nuit, le temps semble transformé en eau qui s’écoule, s’est écoulée de toute éternité. Imperceptiblement, notre vie a changé : il semble que nous marchions plus doucement, que ces grands pas décidés, pressés, habituels aux temples zen, aient laissé place à un glissement, un frôlement peut-être : nos pieds devenant aussi légers que les gouttes sous lesquelles ploie à peine la feuille de bambou... Nous ne parlons plus, mais nous chuchotons, laissant la première place aux crépitements, éclaboussures, friselis qui emplissent tout l’espace. Le silence de la salle de méditation s’est fait, paradoxalement, plus profond d’être ainsi accompagné : les petits craquements du bois, les froissements des vêtements, le bruissement imperceptible des tatamis de paille sous le poids des corps, tout s’est effacé. Chaque respiration me semble rythmée par un univers entier transformé en eau.

Les gestes se ralentissent, le temps s’écoule autrement, s’étire comme les gouttes sur la vitre. La fin de mon séjour dans ce temple japonais approche, bientôt, c’est le retour en France et j’avais espéré que ce moment me permettrait de me plonger dans l’étude, de mettre à jour les notes prises pendant les enseignements du Maître, de vérifier des mots dans mon dictionnaire de japonais. Mais à peine ai-je ouvert un livre que mon regard s’égare, se perd dans le rideau d’argent qui enveloppe toutes choses. À travers les trouées de brume, sous la caresse de la pluie, taillis, mauvaises herbes, ronces, fleurs sauvages, échappées de prairie... tout resplendit, brille, s’agite et respire cette eau délicieuse. La mousse semble s’étaler à vue d’œil, émeraude riche et épaisse sur les rochers striés de veines luisantes, ou fin lichen couleur de bronze sur le tronc des cryptomères. A-t-il jamais existé un monde qui ne soit pas vert?

Tout comme le bruit incessant de la pluie finit par nourrir le silence, la luxuriance de la nature emplit le cœur et l’apaise après des mois d’hiver en noir et blanc. Le monde est un, et nous en sommes un rameau. Dans cette solitude choisie et dans la recherche qui nous guide, nous savons que nous réagissons à tout ce qui nous entoure. Cette eau qui baigne feuilles et racines est pour nous aussi nourriture et pureté. Nous participons du renouveau de la nature et le silence qui peu à peu s’est infiltré dans nos gestes, nos paroles et notre esprit, signifie peut-être qu’il est un temps pour recevoir et absorber avant de reprendre l’activité coutumière.

"Ploc, ploc, ploc... " Je ferme les yeux en me laissant porter par ce rythme tranquille ; mais, dans mon demi-sommeil, un changement soudain me fait dresser l’oreille : j’ai entendu ma voisine se retourner dans son lit. Un instant, je perçois aussi un bruit de pieds nus sur les marches : la pluie s’est arrêtée, et je me sens vaguement inconfortable, j’ai l’impression d’avoir perdu le fil d’une présence. Heureusement, "ploc, ploc, ploc...", je suis bercée de nouveau et m’endors. Demain encore, le monde sera vert...

samedi 29 juin 2013

Vérité de l'accueil d'un regard



Tourne ton visage vers ton propre visage.

Il n’y a personne que toi-même.

Rûmi

vendredi 28 juin 2013

Le Soi avec Swami Tejomayananda

« O Arjuna, celui qui, dans l'unité du Soi, voit toutes choses égales, que ce soit le plaisir ou la peine, est considéré comme le plus grand des yogi. »

Le plus grand des yogis n'est pas celui qui vole dans les airs, marche sur l'eau ou lit dans les pensées d'autrui, c'est celui qui considère tous les êtres et toutes les choses comme son propre Soi. Il voit tout dans le Soi. Lorsqu'un être considère toutes les créatures comme son propre Soi, leur bonheur est son bonheur, leurs souffrances sont ses souffrances.

La façon dont je me perçois détermine ma vision du monde : si je me considère comme un homme ou une femme appartenant à telle ou telle catégorie sociale, à tel pays, à telle religion. je regarde le monde à travers ces idées et vois les autres à travers les différences qu'elles créent. Mes préjugés vont colorer le monde, et je peux ainsi penser que mon pays est le plus grand, ou que ma religion est supérieure... 
Cependant, si je me perçois d'abord comme un être humain. alors je ressens une unité avec le vivant : oiseaux, animaux, arbres et plantes. Et, avant d'agir, je serai conscient de l'impact de mes actions sur ce vivant.

Toute pensée naissant dans l'esprit qui est identifiée au soi individuel n'est jamais l'expression de la pensée juste. Je suis sur la voie de la pensée juste uniquement lorsque, m'élevant au-dessus du petit ego et de mon identification limitée, je me préoccupe du bien-être collectif.

Swami Tejomayananda
Revue Source n°22