mardi 25 décembre 2012
Eveil à la joie... Joyeux Noël
lundi 24 décembre 2012
"Noël devrait être le temps d’une profonde réflexion" avec Pierre Rabhi
Entre une fête chrétienne qui n’est plus forcément vécue comme telle et le grand déballage consumériste auquel on assiste tous les ans, que signifie Noël pour vous ?
Noël est la commémoration de la naissance de Jésus-Christ, et cela reste pour ceux qui sont encore dans le giron du christianisme. Je constate que cette signification originelle s’est effacée au profit d’une conception plus laïque, et même païenne. Pour ma part, je ne suis pas un homme des commémorations. Vous savez, même pour mon anniversaire, je ne sais parfois plus bien où j’en suis.
En revanche, je récuse l’outrance avec laquelle se déroule aujourd’hui ce temps festif, qui est une occasion de se rencontrer et de manifester son attention aux autres. Cet excès trahit une société où on a perdu le sens de la vraie joie, qui ne s’achète pas. La joie n’est pas de nature commerciale. La preuve, on la rencontre chez des personnes qui vivent dans la misère. A contrario, chez nous, il n’est pas rare d’entendre que tout va bien – la famille, le travail, l’entreprise – mais que nous, on ne va pas bien. Car le matériel ne donne pas la joie. C’est quelque chose de profond, d’inaltérable, et de plus en plus rare dans notre monde d’aujourd’hui.
Peut-on se reconnecter à cette joie malgré l’inclination générale pour les plaisirs matériels ? Et comment ?
Je ne pense pas qu’il faut s’y reconnecter. La joie, nous l’avons potentiellement en nous. Il faut la cultiver, la nourrir et surtout s’affranchir de tout ce qui est anti-joie. La joie est au-delà du plaisir. Elle est de nature transcendante, intemporelle. Elle est d’une nature tellement spirituelle et profonde qu’elle n’obéit pas aux lois ordinaires. Nous avons tout sur notre planète pour être heureux. Mais devant une belle oasis, au lieu de s’émerveiller et de voir une source de joie pour les sens, pour l’esprit et pour le cœur, on voit un gisement. C’est la vulgarité de l’argent. Il faut repenser le sens de nos vies.
Je vais souvent en Afrique. Dans la brousse, je rencontre des êtres joyeux, qui sont loin de notre monde de consommation, où on consomme aussi beaucoup d’anxiolytiques ! Il faut reconquérir cette joie tranquille et naturelle, qui donne le bien-être suprême. Comme vous le savez, je suis d’une culture saharienne et musulmane. Chez moi, j’ai toujours vu les gens se réjouir très vite. On demande comment ça va et on a en face de soi un sourire lumineux et quelqu’un qui rassure que tout va bien et qui rend grâce à Dieu, « hamdoulah »… Aujourd’hui, le bonheur est une notion de plus en plus compliquée. Nous sommes dans une détresse incroyable.
De quelle manière vivez-vous cette fête de fin d’année chez vous, en Ardèche ?
Tout simplement. Avec mes cinq enfants, cinq petits-enfants, mes gendres et belles-filles, et des amis, cela fait beaucoup de monde (pour moi, la famille, c’est la famille élargie !). Chez nous comme ailleurs, Noël est une sorte de parenthèse après une année de tracas et de soucis à gérer. Mais c’est très simple. On mange sainement toute l’année, alors pourquoi ferions-nous une exception à Noël ? On fait quelques extra pour marquer le coup. J’aime beaucoup les huîtres… qui sont d’ailleurs un mets très simple ! Je ne dis pas qu’il ne faut pas de fête, au contraire. Les hommes ont toujours eu besoin de fêtes, de célébrations et de cérémonies, qui sont, comme la nourriture qu’on partage dans ces occasions, des prétextes à convivialité et à jubilation collective. Ce que je n’aime pas, c’est cette orgie dépensière, alimentaire, alcoolique, de jouets…
Ici, on a souvent des Noëls très joyeux, mais frugaux. À Montchamp, nous avons vécu sans électricité pendant treize ans. Quelques bougies qui dansent, un feu de cheminée devant lequel on est là, tranquilles, méditatifs… Pour moi, c’est le bonheur absolu. Et puis nous avons la compensation de paysages magnifiques.
Vous employez le mot « compensation », pensez-vous que cette orgie dépensière à la fin de l’année est une façon de compenser nos modes de vie inaptes à procurer la joie dont vous parlez ?
Globalement, quand on regarde la société moderne avec son effervescence productiviste, il n’est pas impossible que tous ces achats compensent les déficits de toute l’année. Ce relâchement est peut-être nécessaire dans nos sociétés incarcérées, déconnectées des joies de la nature. Mais est-ce que cela compense vraiment ? Quand on est proche de la nature, on peut se réjouir plus facilement, c’est vrai.
Noël correspond aussi à la fin des jours les plus courts de l’année, au solstice d’hiver qui annonce le temps de la chaleur, le temps solaire de l’été. La nature se réveille tout doucement, on voit les animaux qui évoluent aussi, la lumière revient… Tout est réglé comme une chorégraphie ; la nature est une scène merveilleuse !
Quels sont les plus beaux cadeaux que vous ayez reçus ?
Celui qui m’a le plus enchanté, enfant, c’est une trottinette. C’était extraordinaire ! Mais je m’amusais beaucoup aussi avec de l’ordinaire. Mon premier vélo a été un fil de fer tordu : c’était le guidon et j’avais imaginé tout le reste. Un bon jouet est un jouet qui provoque l’imaginaire, comme les poupées auxquelles les petites filles s’identifient. Ceux d’aujourd’hui sont beaux, colorés, perfectionnés, ils font du bruit… il n’y a rien à y ajouter. Ce sont des jouets qui amputent l’enfant de son imaginaire. Ils sont trop concrets, trop positifs, trop complexes.
J’ai aussi des souvenirs merveilleux des histoires que me racontait ma grand-mère. Aujourd’hui, enfants et adultes sont saturés de bruit, d’images, de paroles… On est sortis de l’oralité – mais, paradoxalement, la parole a perdu de sa valeur. Elle est devenue réservée aux choses ordinaires et, dans la société, l’espace de dialogue se restreint de plus en plus aussi.
Noël est-il une occasion de penser aux autres ?
Si l’on se réfère au message de Jésus-Christ, c’est un message de compassion et d’amour. Noël est une fête d’une charité profonde, mais le « business » s’en est emparé au point que c’est devenu un pur commerce. Pendant que nous festoyons, des enfants meurent de faim. Pour eux, il n’est pas question de jouets, un bol de soupe serait un cadeau. Nos poubelles sont mieux nourries que beaucoup d’êtres humains. Il est temps de prendre conscience de notre inconscience. D’une manière générale, je pense qu’il faut abolir l’humanitaire. Cesser de donner des sacs de riz, mais tout faire pour que des hommes puissent nourrir leur famille tout en soignant la terre. Les personnes que je forme en agro-écologie sont aussi des guérisseurs de la terre. Je suis en colère parfois, les solutions existent, mais on ne les applique pas. Noël devrait être le temps d’une profonde réflexion.
Propos recueillis par Isabelle Petiot
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Un nouveau né pour un nouveau regard...
Depuis Intouchables, le philosophe Alexandre Jollien rêvait de rencontrer Philippe Pozzo di Borgo, dont l’histoire a inspiré ce succès de cinéma. Qu’à cela ne tienne, une réalisatrice suisse, Raphaëlle Aellig Régnier, a réuni ces deux hommes que 22 ans et bien d’autres choses séparent. De leur rencontre est né De chair et d’âme...
Source : interview du magazine La Vie
Vous parlez souvent tous deux de vos combats contre la douleur, pour supporter le regard des autres… mais aussi de fragilité. Comment ressentez-vous l’idée d’un Dieu qui s’est incarné dans le nouveau-né de la crèche ?
Alexandre Jollien : Pour moi, Noël est un événement éminemment subversif qui vient convertir toute notre vision du monde et nos valeurs de compétition, de force, d’adversité, voire de concurrence. Un sauveur né dans une crèche, fragile, à la merci du premier venu, il se donne à l’humanité pour la sauver. Le message de Noël, outre le don, c’est peut-être aussi celui-ci. La fragilité peut devenir le haut lieu de la fécondité pour autant qu’on l’accueille sans protections, sans murs, sans masques.
La crèche m’invite à accueillir ma vulnérabilité et à prendre le risque de m’ouvrir à l’autre tel que je suis. Le Dieu des chrétiens n’est pas un Superman, ni un héros mais quelqu’un, une personne qui sauve en donnant tout, en se donnant.
Philippe Pozzo di Borgo : L’image du Dieu enfant innocent et désarmé et qui plus tard portera le poids et les misères du monde est, à travers son sacrifice, la plus grande espérance de notre humanité. La fragilité est une force tranquille, en devenir, à la lumière de cet accomplissement.
La crèche m’invite à accueillir ma vulnérabilité et à prendre le risque de m’ouvrir à l’autre tel que je suis. Le Dieu des chrétiens n’est pas un Superman, ni un héros mais quelqu’un, une personne qui sauve en donnant tout, en se donnant.
dimanche 23 décembre 2012
Une invitation à entendre la bonne nouvelle...
Rituels de l'avent (4) : la couronne
La couronne
On raconte que cette coutume serait née dans un orphelinat, à Hambourg, au XIXe siècle. Pour donner plus de ferveur aux prières, le pasteur Johann Hinrich Wichern allumait chaque jour de décembre un cierge disposé sur une roue. Cela formait une sorte de calendrier de l’Avent lumineux. Plus tard, la roue a laissé place à une couronne de verdure et les cierges se sont réduits à quatre. La forme ronde évoque la vie éternelle et notre attente du retour du Christ. Chaque dimanche de l’Avent, on allume une nouvelle bougie qui marque un palier : plus la lumière est intense, plus nous nous rapprochons de Noël. Les quatre bougies symbolisent les grandes étapes du salut : le pardon accordé à Adam et Ève ; la foi des patriarches qui croient au don de la Terre promise ; la joie de David qui célèbre l’alliance avec Dieu ; et l’enseignement des prophètes qui annoncent un règne de paix et de justice.
• Ingeborg, 65 ans, Schirmeck (67).
« Pendant l’Avent, je prends le temps de me couper du stress du travail et de méditer. La couronne m’aide à me plonger dans une atmosphère de recueillement grâce aux bougies. Au moment de les allumer, j’aime faire participer mes petits-enfants. Au fur et à mesure des dimanches, la pièce s’illumine et notre cœur se prépare de plus en plus à Noël. En Alsace, c’est une tradition de fabriquer soi-même sa couronne. Mes parents d’origine allemande m’ont appris la technique et je l’ai transmise à mes enfants. Je forme le cercle avec des branches de sapin : leur odeur me ravit en plein hiver. Je varie les couleurs et la décoration, avec des rubans, des pommes de pin, ou des fleurs séchées. »
Source : La Vie• Ingeborg, 65 ans, Schirmeck (67).
« Pendant l’Avent, je prends le temps de me couper du stress du travail et de méditer. La couronne m’aide à me plonger dans une atmosphère de recueillement grâce aux bougies. Au moment de les allumer, j’aime faire participer mes petits-enfants. Au fur et à mesure des dimanches, la pièce s’illumine et notre cœur se prépare de plus en plus à Noël. En Alsace, c’est une tradition de fabriquer soi-même sa couronne. Mes parents d’origine allemande m’ont appris la technique et je l’ai transmise à mes enfants. Je forme le cercle avec des branches de sapin : leur odeur me ravit en plein hiver. Je varie les couleurs et la décoration, avec des rubans, des pommes de pin, ou des fleurs séchées. »
samedi 22 décembre 2012
Notre infirmité à aimer... et à donner...
"À Noël, Dieu s’est fait homme. Cette fête nous rappelle ainsi qu’être pleinement chrétien, c’est être pleinement humain. Vivre l’Incarnation, c’est aussi cela : être attentif à ces choses simples, l’amitié, le partage d’un repas, d’un regard, d’un sourire."
source : La Vie 2012
Vivre Noël autrement :
Réveillons de la solidarité
Trait d’union entre ceux qui veulent donner et ceux qui sont le plus en difficulté, la Fondation de France lance un appel pour permettre le soutien de 150 réveillons solidaires partout en France. Ces réveillons offrent un moment de partage chaleureux et festif plus de 17000 personnes fragilisées dans leur quotidien. Ils créent un rempart contre la solitude des mères seules avec leurs enfants, des personnes âgées, des personnes sans domicile fixe, des personnes isolées… à ces moments de fêtes spécialement chargés de sens. Initiés par de petites associations, ces réveillons font participer des personnes en difficulté à toutes les étapes du projet. En les mettant au cœur de l’organisation de repas, de spectacles, de goûters, ils leur permettent de sortir d’une logique d’assistanat et de retrouver dignité et fierté.
Ce que je peux faire ?
Faire un don à la Fondation de France.
Tél. : 01 44 21 31 96 - www.fondationdefrance.org
Les Pères Noël verts
Depuis plus de 30 ans, les Pères Noël verts donnent un coup de main au… Père Noël. Revêtus de leur houppelande couleur d’espérance, ils tentent de lutter contre l’exclusion sociale et veillent à entretenir les liens familiaux lors des fêtes de fin d’année. En récoltant dons et jouets neufs, ils permettent d’offrir des cadeaux et des réveillons à tous les enfants. Le Secours populaire propose également des libres-services de la solidarité, où les familles en difficulté ont la possibilité d’effectuer leurs courses de Noël : mets de réveillon, décorations pour la maison, sapins, livres et jouets neufs. Les enfants sont invités au cirque ou au cinéma et participent à des spectacles et goûters de Noël.
En 2011, près de 170 000 familles ont pu vivre un vrai Noël de fête, grâce au Secours populaire. Pour cette nouvelle édition, l'animateur Nagui sera le parrain de l'événement.
Ce que je peux faire ? Offrir des jouets neufs au
Secours populaire français.
Tél. : 01 44 78 21 00 - www.secourspopulaire.fr
Le repas des Petits Frères
Les Petits Frères des pauvres recherchent activement des bénévoles dans toute la France. Leur mission ? Aider à la préparation et participer à un repas collectif de Noël les 24 et 25 décembre, conduire les invités sur les lieux et les raccompagner ensuite chez eux, rendre visite ou partager un repas au domicile d’une personne qui ne peut ou ne souhaite pas sortir. En 2011, plus de 2 000 bénévoles ont donné de leur temps, et près de 17 000 personnes ont ainsi pu profiter de la chaleur de Noël.
Ce que je peux faire ?
Devenir bénévole pour l’accueil.
Tél. : 0825 833 822 - www.petitsfreres.asso.fr
Entre voisins
Environ 4 millions de Français vont être seuls pour Noël… Voisins solidaires propose un kit de communication comprenant une affiche ainsi que des invitations à distribuer dans les boîtes aux lettres. L’association avance aussi quelques idées pour fêter Noël entre habitants d’un même immeuble, d’un même quartier ou d’un même village : organiser un concours de décor de bûches de Noël ; offrir des pochettes services (un baby-sitting contre une leçon d’anglais) ; échanger des recettes de cuisine ; glisser une carte de vœux sous la porte ; décorer ensemble le hall de l’immeuble ou encore partager une galette des rois.
Ce que je peux faire ?Prendre contact avec mes voisins.
vendredi 21 décembre 2012
Début du commencement...
Les premiers chrétiens aussi attendaient la fin d’un monde. Et pourtant, ils ne pouvaient ignorer qu’il s’agissait à la fois d’un commencement et d’une libération. C’est ce que rappelle la fête de Noël et, au-delà de cette fête, tout le cycle de l’enfance du Christ. Selon le christianisme, tout est neuf. Tout est Nativité.Je pense à ces mots simples que Paul écrivait à Tite : « Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et sa tendresse pour les hommes, il nous a sauvés. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés. » Les chrétiens ont beau admonester leurs contemporains, leur religion n’a rien d’un conservatisme ni d’un fatalisme, ni même d’un tranquille pessimisme. La foi se donne comme commencement. Ce n’est pas un hasard si dans la liturgie catholique ces paroles toutes simples et semble-t-il mille fois entendues sont lues à l’aurore de Noël, autrement dit au commencement du commencement, quand la lumière croît à nouveau.
D’un côté, l’angoisse de la fin, du déclin, de l’épuisement. De l’autre, un enfantement et un émerveillement. Quand le brouhaha de la fausse apocalypse aura cessé, nous serons capables d’entonner le chant de Noël. Je trouve à la fois plaisant et signifiant que, ces prochains jours, le vrai début suive en toute discrétion la fausse fin.
Jean-Pierre Denis
Source : éditorial "La Vie " 2012
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jeudi 20 décembre 2012
Le continent bonheur avec René Barjavel
« Nous ne nous préparons que des déceptions, si nous espérons que l'année qui arrive va nous apporter le bonheur. Elle ne nous apportera que son cortège habituel d'obligations, de travail, de satisfactions, d'embêtements, de soleil et de pluie. Ni les évènements, ni personne ne peuvent nous apporter le bonheur.
[...] Le bonheur, votre bonheur, ne peut naître que de vous. Le bonheur, ce n'est pas une félicité continue, dans les bonnes odeurs, la bonne santé, l'amour partagé, l'haleine fraîche, le teint joli, et l'autoroute libre sous un ciel rose, qui se situe quelque part dans les possibilités de l'avenir, et qu'il s'agit d'atteindre pour s'y maintenir, à jamais.
Le continent bonheur n'existe ni en géographie, ni en politique, ni en famille. Ni en 1976, ni en 1980 et la suite. Le bonheur, c'est vous, et c'est maintenant. Ne l'attendez pas demain ou tout à l'heure, vous ne l'attraperiez jamais. Vous ne pouvez être heureux qu'à l'instant même. »
René Barjavel
Journal du Dimanche 1976
[...] Le bonheur, votre bonheur, ne peut naître que de vous. Le bonheur, ce n'est pas une félicité continue, dans les bonnes odeurs, la bonne santé, l'amour partagé, l'haleine fraîche, le teint joli, et l'autoroute libre sous un ciel rose, qui se situe quelque part dans les possibilités de l'avenir, et qu'il s'agit d'atteindre pour s'y maintenir, à jamais.
Le continent bonheur n'existe ni en géographie, ni en politique, ni en famille. Ni en 1976, ni en 1980 et la suite. Le bonheur, c'est vous, et c'est maintenant. Ne l'attendez pas demain ou tout à l'heure, vous ne l'attraperiez jamais. Vous ne pouvez être heureux qu'à l'instant même. »
René Barjavel
Journal du Dimanche 1976
mercredi 19 décembre 2012
Se jeter en Dieu (pour entrer en Avent) avec Alexandre Jollien
Comment le chrétien peut-il vivre son affectivité, comment l’Évangile peut-il imprégner notre mode de vie ? Dans ma quête, un livre m’a particulièrement éclairé. Écrit par le jésuite J.K. Kadowaki, le Zen et la Bible, chez Albin Michel, en appelle à une conversion de tout l’être, affectivité comprise. Précisément, il s’agit de cheminer vers une unité de l’être.
Dans la conversion, le corps ne doit pas être perçu comme l’adversaire à abattre. Précisément, pour que la Bonne Nouvelle puisse descendre dans le cœur, elle doit embrasser tout l’être, corps compris. Aussi la prière, l’amour ne sauraient se borner à une posture intellectuelle. Aimer ses ennemis, par exemple, peut n’être qu’un précepte théorique s’il n’a pas envahi la région de l’affectivité, s’il ne relève que d’un effort volontaire, voire d’une posture. De même, lorsqu’on parle d’abandon, c’est tout l’individu qui doit s’abandonner à Dieu. Pour ce faire, Kadowaki nous convie à faire de chaque phrase de l’Évangile une invitation à la pratique, un puissant appel à la metanoia. Surtout, ne laissons pas la parole devenir une rengaine dominicale.
L’auteur, qui a rencontré sur le tard le christianisme, tire de son expérience du zen quelques fécondes indications. Il pointe notamment le danger de limiter la religion à une vue de l’esprit quand se faire disciple du Christ, c’est mettre tout l’être au service du royaume de Dieu.
Mais donnons-lui la parole : « Pour recevoir le royaume de Dieu, il faut avec joie entrer chez soi et vendre tout ce qu’on a : c’est le total abandon. On doit revenir à son propre soi et alors abandonner ce soi avec toute la force de son esprit et de son corps. » Voilà qui est concret et invite assurément à un dépouillement de tout l’être.
Comme les moines bouddhistes méditent un koan, une énigme qui vise à sortir les disciples de leurs raisonnements logiques, chaque verset du Nouveau Testament peut devenir l’occasion d’écouter, de sentir, de vivre l’appel de Jésus pour l’enraciner dans sa manière d’être. Les paraboles, les gestes inattendus du Christ ne déconcertent-ils pas le légalisme, et les calculs intéressés ? J’aime relire ainsi les versets de Matthieu 16, 24 : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive. » Qui pourrait tenter de vivre ces lignes en restant dans les étroites limites de l’adhésion intellectuelle ? Pourquoi ne pas renoncer à soi-même avec notre corps et notre âme pour être disciple du Christ ?
Suivre Jésus, c’est assurément réorienter la totalité de sa personne, se changer soi-même, ouvrir son cœur, élargir son esprit. Au-delà des concepts, il sied avant tout de retrouver l’esprit d’enfance si cher aux Évangiles. Comme un enfant, c’est une unité, un corps, une âme, des sentiments, un tout qui va vers Dieu et se jette tout entier dans les bras du père.
Dans la conversion, le corps ne doit pas être perçu comme l’adversaire à abattre. Précisément, pour que la Bonne Nouvelle puisse descendre dans le cœur, elle doit embrasser tout l’être, corps compris. Aussi la prière, l’amour ne sauraient se borner à une posture intellectuelle. Aimer ses ennemis, par exemple, peut n’être qu’un précepte théorique s’il n’a pas envahi la région de l’affectivité, s’il ne relève que d’un effort volontaire, voire d’une posture. De même, lorsqu’on parle d’abandon, c’est tout l’individu qui doit s’abandonner à Dieu. Pour ce faire, Kadowaki nous convie à faire de chaque phrase de l’Évangile une invitation à la pratique, un puissant appel à la metanoia. Surtout, ne laissons pas la parole devenir une rengaine dominicale.
L’auteur, qui a rencontré sur le tard le christianisme, tire de son expérience du zen quelques fécondes indications. Il pointe notamment le danger de limiter la religion à une vue de l’esprit quand se faire disciple du Christ, c’est mettre tout l’être au service du royaume de Dieu.
Mais donnons-lui la parole : « Pour recevoir le royaume de Dieu, il faut avec joie entrer chez soi et vendre tout ce qu’on a : c’est le total abandon. On doit revenir à son propre soi et alors abandonner ce soi avec toute la force de son esprit et de son corps. » Voilà qui est concret et invite assurément à un dépouillement de tout l’être.
Comme les moines bouddhistes méditent un koan, une énigme qui vise à sortir les disciples de leurs raisonnements logiques, chaque verset du Nouveau Testament peut devenir l’occasion d’écouter, de sentir, de vivre l’appel de Jésus pour l’enraciner dans sa manière d’être. Les paraboles, les gestes inattendus du Christ ne déconcertent-ils pas le légalisme, et les calculs intéressés ? J’aime relire ainsi les versets de Matthieu 16, 24 : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive. » Qui pourrait tenter de vivre ces lignes en restant dans les étroites limites de l’adhésion intellectuelle ? Pourquoi ne pas renoncer à soi-même avec notre corps et notre âme pour être disciple du Christ ?
Suivre Jésus, c’est assurément réorienter la totalité de sa personne, se changer soi-même, ouvrir son cœur, élargir son esprit. Au-delà des concepts, il sied avant tout de retrouver l’esprit d’enfance si cher aux Évangiles. Comme un enfant, c’est une unité, un corps, une âme, des sentiments, un tout qui va vers Dieu et se jette tout entier dans les bras du père.
Alexandre Jollien est un philosophe et écrivain né en 1975 à Savièse, en Suisse.
Source : La Vie 2009
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mardi 18 décembre 2012
Santé et huile de palme
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lundi 17 décembre 2012
Urgence du monde
Le monde entier vous appartient. Mais l’homme s’identifie à sa profession, à sa religion, à sa culture, à sa nationalité, à sa langue, à sa région, à son sexe, et ne considère qu’en tout dernier lieu qu’il est un être humain.
De nos jours, les gens se limitent à leurs pratiques religieuses, à leurs symboles et à leurs coutumes ; ils négligent le fondement spirituel – les Valeurs Humaines de compassion, de gentillesse, de co-opération, la paix de l’esprit, la joie, et un sourire qui ne se dément jamais !
Dans une société empoisonnée par la violence domestique et collective, il devient urgent de « mondialiser » la sagesse. Nous avons fait des pas de géants dans les domaines technologiques, mais nous nous sommes jusqu’à présent très peu penchés sur les besoins émotionnels et spirituels de l’individu.
Entretenir un sentiment d’appartenance avec le monde entier, s’élever au-dessus des considérations mesquines de couleur, de culture ou d’origine sociale, voilà l’urgence aujourd’hui. Nous ne sommes plus isolés dans des compartiments fermés, le monde est devenu une seule famille.
Sri Sri Ravi Shankar
De nos jours, les gens se limitent à leurs pratiques religieuses, à leurs symboles et à leurs coutumes ; ils négligent le fondement spirituel – les Valeurs Humaines de compassion, de gentillesse, de co-opération, la paix de l’esprit, la joie, et un sourire qui ne se dément jamais !
Dans une société empoisonnée par la violence domestique et collective, il devient urgent de « mondialiser » la sagesse. Nous avons fait des pas de géants dans les domaines technologiques, mais nous nous sommes jusqu’à présent très peu penchés sur les besoins émotionnels et spirituels de l’individu.
Entretenir un sentiment d’appartenance avec le monde entier, s’élever au-dessus des considérations mesquines de couleur, de culture ou d’origine sociale, voilà l’urgence aujourd’hui. Nous ne sommes plus isolés dans des compartiments fermés, le monde est devenu une seule famille.
Sri Sri Ravi Shankar
dimanche 16 décembre 2012
Rituels de l'avent (3) : la crèche
La crèche
Le mot désigne au départ la mangeoire où la Vierge a couché son nouveau-né. Par extension, il renvoie à l’étable ou à la grotte où Jésus naquit. Dans la tradition, la première crèche est attribuée à saint François d’Assise, en 1223. Lors de la nuit de Noël, il rassembla les habitants dans une grotte, près de Greccio, en Italie : il la garnit de foin et fit dresser un autel au-dessus d’une mangeoire. Ces représentations furent remplacées par des figurines et entrèrent dans les maisons au XVIIIe siècle. La crèche met en scène la Nativité pour nous faire méditer sur son message : le mystère de l’Incarnation, de Dieu qui s’est fait homme, et la naissance de Jésus, non dans l’or, mais dans la pauvreté.
Les personnages mentionnés par les Évangiles sont l’enfant Jésus, Marie, Joseph, les bergers avec leurs moutons et les rois mages. Au sommet de la crèche, on dispose l’ange qui s’est adressé aux bergers, et une étoile en référence à celle des mages.
• Claude et Marylène, 61 ans, Bourges (18).
« C’est dans le salon que nous installons la crèche. Sa présence nous rappelle l’arrivée prochaine de Jésus, et, surtout, les conditions de sa naissance : Dieu s’est fait chair pour nous, et pour vivre lui-même la précarité. C’est un message d’amour. L’Avent nous habille le cœur pour nous préparer à Noël en resserrant les liens entre les différentes générations. Nous aimons partager l’aménagement de la crèche avec nos trois petits-enfants, qui nous aident à décorer la maison. La nuit de Noël, nous plaçons l’enfant Jésus à minuit pile, avec toute notre famille réunie. »
• Claude et Marylène, 61 ans, Bourges (18).
« C’est dans le salon que nous installons la crèche. Sa présence nous rappelle l’arrivée prochaine de Jésus, et, surtout, les conditions de sa naissance : Dieu s’est fait chair pour nous, et pour vivre lui-même la précarité. C’est un message d’amour. L’Avent nous habille le cœur pour nous préparer à Noël en resserrant les liens entre les différentes générations. Nous aimons partager l’aménagement de la crèche avec nos trois petits-enfants, qui nous aident à décorer la maison. La nuit de Noël, nous plaçons l’enfant Jésus à minuit pile, avec toute notre famille réunie. »
samedi 15 décembre 2012
Méditation et relaxation pour un monde meilleur
Dès ma première méditation, j'ai eu l'impression de tomber en chute libre au fond de moi-même et une joie indicible m'a envahi. En quelques semaines, je me suis transformé. J’ai commencé à comprendre cette phrase mystérieuse : "Le bonheur n'est pas au-dehors, mais au-dedans de soi."
Progressivement. la colère, l'anxiété, les peurs qui m'habitaient se sont estompées. Ce fut une bénédiction.
J'ai vu des écoles pourries connaître un changement à 180 degrés grâce à la méditation. Il ne s'agit pas d'un remède de surface : les jeunes qui méditent, ne serait-ce qu'une fois par semaine, apprennent à plonger en eux-même et une vraie force s'anime en eux. Pareil pour les profs. Quand nous aurons appris cela à un million de gamins, l'effet sera énorme.
David Lynch
La fondation du réalisateur oeuvre pour l'enseignement de la méditation aux enfants défavorisés.
David Lynch médite 2 fois par jour pendant 20 minutes depuis 1973.
Source : Clés
J'ai vu des écoles pourries connaître un changement à 180 degrés grâce à la méditation. Il ne s'agit pas d'un remède de surface : les jeunes qui méditent, ne serait-ce qu'une fois par semaine, apprennent à plonger en eux-même et une vraie force s'anime en eux. Pareil pour les profs. Quand nous aurons appris cela à un million de gamins, l'effet sera énorme.
David Lynch
La fondation du réalisateur oeuvre pour l'enseignement de la méditation aux enfants défavorisés.
David Lynch médite 2 fois par jour pendant 20 minutes depuis 1973.
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