jeudi 10 mars 2011

D'infinis paysages avec Juliette Binoche et Louise Labé

Juliette Binoche est la marraine du 13ème printemps des poètes.


"Je ne porte la poésie que lorsqu'elle branche les antennes des profondeurs, c'est à dire qu'elle ose une sincérité déconcertante. La poésie est un langage de l'invisible, un ressenti qui s'exprime avec le concentré, le peu, le dense. Le moins pour le plus, elle se retire pour attirer. C'est une opération à coeur ouvert où le verbe prend corps. La poésie peut me transporter, me transformer mais je dirais même plus, elle me fait me reconnaître et là c'est le bonheur. J'ai ce sentiment de proximité avec Antjie Krog, Rumi, Tchouang Tseu, Hafez, Michaux, Char... 
La poésie reste pour moi l'art le plus sacré, comme une incantation à l'homme, à sa nature, une musique intérieure libre de toute religion, où on ose sa nullité, où le mot est dans sa verticale. Il y a des poésies qui déchirent, qui crient, il y a celles qui réconcilient, celles qui nous touchent, qui nous enchantent, qui nous provoquent, qui nous font sourire. Le fil intérieur des mots nous appartient, comme une goutte d'eau qui nous fait survivre." Juliette Binoche


Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J'ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m'est et trop molle et trop dure.
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.


Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;
Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.


Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.


Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.
Sonnet VIII

mercredi 9 mars 2011

Arnaud Desjardins et la paix profonde (2)


Une interview d'Arnaud Desjardins sur la radio RCF


Même si ce n’est pas encore accessible tout le temps, en toutes circonstances loin s’en faut, des expériences de retournement, de détente soudaine parfois même au cœur d’une émotion, d’un conflit - et nous en faisons tous - viennent contredire deux de nos croyances les plus tenaces : la première est qu’en tant qu’adulte nous avons besoin d’être aimé, la deuxième est que nous ne pouvons aimer que sous certaines conditions seulement. J’ai la certitude que l’amour ne dépend pas des conditions et circonstances, des autres, de ce qu’ils font ou disent, et qu’il est n’est pas un besoin mais un état, notre état naturel, l’état de bonheur paisible d’où nous sommes issus.

mardi 8 mars 2011

Arnaud Desjardins et la paix profonde (1)

Réalisateur à l'ORTF de 1952 à 1974 Arnaud DESJARDINS est l'un des premiers occidentaux à avoir fait connaitre à un large public, les spiritualités orientales. Sa vie a été une longue quête spirituelle qui l'a conduit à s'engager activement dans le dialogue interreligieux. Il vient de publier "La paix toujours présente" aux éditions de la table ronde :


Une interview d'Arnaud Desjardins sur la radio RCF

lundi 7 mars 2011

Des poêles et du teflon (PFOA et PTFE)

Une émission très intéressante sur l'anti-adhérence à la souffrance des poêles (la façon de les culotter)... Attention c'est chaud !

dimanche 6 mars 2011

Un souvenir de Lee Lozowick


Merci à la personne qui m'a envoyé ce message sur Lee Lozowick pour illustrer cette vidéo :


Lee Lozowick is dead and other inside jokes.


Lee Lozowick is dead.
to say that is to stop the world turning
to silence the thunder
to slap the sky into shedding tears


Mr Lee has dropped his body.
to say that is nothing.
doesnt matter.
doesnt matter to those who knew him
cant matter to those who dont


Of what value is it to have a living Master in the world?
Infinite value.
Of what value is he when he leaves this world?
Infinite.


Nothing changes.
Everything is in endless flow,
just as it ever was.
We are always in the Work
and the Work is always in us.


And soon we will all face our own transitions.
Just as Lee has now shown us how to do.


So we go on.
jai guru. jai guru. jai guru.
Forever.






Lee Lozowick est mort et autres blagues privées.


Lee Lozowick est mort.
dire cela, c’est faire arrêter le monde de tourner
c’est faire taire le tonnerre
et gifler le ciel jusqu’aux larmes


Mr Lee a abandonné son corps
dire cela n’est rien
ce n’est pas grave.
ce n’est pas grave pour ceux qui le connaissaient
ça ne peut pas l’être pour ceux qui ne le connaissaient pas


Quelle valeur cela a-t-il d’avoir un Maître en vie dans le monde ?
Une infinie valeur.
De quelle valeur est-t-il quand il quitte ce monde ?
Infinie.


Rien ne change.
Tout est dans un flux permanent,
comme ça l’a toujours été.
Nous sommes toujours sur le Chemin
et le Chemin est toujours en nous.


Et bientôt nous serons tous confrontés à nos propres passages.
Tout comme Lee nous a maintenant montré comment faire.


Ainsi, nous poursuivons.
jai guru. jai guru. jai guru.
Pour toujours.
(Traduction de Nathalie)

samedi 5 mars 2011

Apprendre à lâcher-prise par François Roustang

Est-il possible d’apprendre à lâcher prise ?
Oui, mais en ayant conscience que dans certains cas extrêmes d’anxiété, de vulnérabilité, de désorganisation mentale, ce ne le sera pas. Et cet apprentissage n’est ni de l’ordre de la volonté, ni de celui de l’intelligence. Selon moi, c’est de l’ordre de l’éducation à la sensorialité. Il s’agit d’apprendre à percevoir le réel sur un mode qui ne doit rien à la connaissance intellectuelle, en se branchant sur la multitude de perceptions auxquelles, en temps ordinaire, nous sommes fermés : la voix de nos interlocuteurs, leur respiration, leur odeur, leurs gestes.


En quoi cette attitude peut-elle m’aider à faire le deuil de l’homme de ma vie qui, lui, ne m’aime pas ? Ou me permettre d’accepter que mon enfant ne soit pas un futur énarque ?
En premier lieu, en vous incitant à regarder, à écouter vraiment cet enfant, au lieu d’avoir de lui une image fausse, fabriquée par vous. Et qui, justement, vous empêche de le connaître, et donc de savoir qu’il ne fera jamais une grande école. Si l’homme dont vous êtes éprise est l’homme de votre vie, vous le saurez et il le saura. Sinon, c’est qu’il s’agit d’un pur fantasme. Savez-vous seulement qui il est ? Regardez-le ! Vous souffrez de son manque d’intérêt à votre égard, que risquez-vous en cessant d’espérer ? De découvrir que vous êtes seule et de devoir assumer cette vérité ?


Pour la psychanalyse, tant que nous n’avons pas découvert la cause véritable de nos difficultés, enfouie dans l’inconscient, lâcher prise est impossible. En tant qu’ancien psychanalyste, qu’en pensez-vous ?
Je pense que connaître avec précision la cause de nos symptômes est impossible. Et qu’essayer est inutile. Mais certaines personnes, avant de lâcher, de pouvoir dire : « Stop, je passe à autre chose », ont besoin de parler à un thérapeute, plusieurs fois par semaine, pendant des années parfois. Je n’ai rien à leur proposer. J’en suis conscient : plus j’avance, plus je sais qu’en ce domaine la modestie est nécessaire.


Source : Psychologies.com

vendredi 4 mars 2011

Pratiquer... sans contraintes...

Pratiquer augmente la stabilité mentale. La pratique doit être source de joie. 
Une trop grande fatigue peut se révéler nocive. Si vos forces diminuent, reposez-vous.



Une trop grande contrainte agit à l'inverse des résultats recherchés. 
Elle ouvre dans notre esprit épuisé un espace vacant dans lequel s'engouffrent nos émotions négatives.

Le Dalaï-Lama

jeudi 3 mars 2011

Le lait cru (fin)

Thermisation, pasteurisation ou tout simplement du lait cru... Des scientifiques nous montre que la protection n'est pas obligatoire avec les méthodes modernes :

mercredi 2 mars 2011

mardi 1 mars 2011

La Paix toujours présente avec Arnaud Desjardins

Cet ouvrage a été composé à partir de réponses données à différents auditoires en quête du sens de l'existence. L'auteur y prouve qu'au-delà, ou plutôt, en deçà des philosophies et des théologies contradictoires, un dénominateur commun à toutes les voies de transformation personnelle — religieuse ou non — fait l'unité : il s'agit de demeurer dans la paix, la sérénité et l'amour, valeurs qui n'ont pas de contraires. Ce dépassement des opposés (réussite/échec, bonheur/malheur, création/destruction...) demande ce que la tradition chrétienne désigne par « la mort du vieil homme » et « la naissance de l'homme nouveau », ce que le soufisme dénomme « fana » et le bouddhisme « nirvana ». Plus qu'un changement, c'est une véritable métamorphose intérieure à laquelle nous convie Arnaud Desjardins. Le verset le plus célèbre des Upanishad nous concerne tous : « De l'irréel conduis-moi au réel, des ténèbres à la lumière, de la mort à l'immortalité. » Il y a en nous une énergie fondamentale qui ne meurt pas : à nous de la trouver.



Rencontre avec Arnaud Desjardins.

Marc de Smedt - Ce livre me semble fait de réponses très personnelles à des questions qui se posent à tous. Est-ce vrai ?
Arnaud Desjardins - Oui, et j'ajouterai que j'ai décidé que ce serait mon dernier livre, mon testament. Tout a été dit, seule change la façon de le dire. Je ne vois pas ce que je pourrais ajouter à mon message. A quatre-vingt-cinq ans passés, j'ai juste voulu insister dans cet ouvrage sur la guérison psychique et spirituelle qui se trouve à la portée de chacun, à condition que l'on cherche à connaître un état intérieur de sérénité, de liberté et de plénitude.

Marc de Smedt - Quels moyens préconisez-vous pour y arriver ?
Arnaud Desjardins - Vous savez, toute expérience courante est faite de contraires : la frustration se mêle à la gratification, la joie à la tristesse, la satisfaction à l'insatisfaction... Le tout est de trouver en soi l'état qui n'a pas de contraires. Il n'est pas réservé à une minorité de sages et de libérés vivants ! Dans mon livre, j'explique en détail comment nous libérer de ce jeu d'émotions, de pensées et d'inquiétudes qui nous habite.

Marc de Smedt – Beaucoup de personnes sont actuellement habitées par l'inquiétude écologique, financière, humaine. La perte de sens est générale, la peur de l'avenir occulte tout. Que faire pour contrer cette sinistrose ambiante ?
Arnaud Desjardins - D'abord, chacun doit savoir ce qu'il peut faire personnellement pour agir efficacement dans la réalité et selon les circonstances qui se présentent à lui, afin de réagir avec sagesse à son propre niveau. Et puis il faut trouver en soi ce qui est épargné par la peur permanente. Vivre dans une certaine paix intérieure aide à faire partie de la guérison du monde plutôt que de sa maladie ! Le monde intérieur est vaste : essayons de ne pas y voir que les nuages et trouvons en nous-mêmes le ciel bleu qui sous-tend tout cela !




Le lait cru (1)

L'histoire du vacherin revue et corrigée pour entrevoir les peurs infondées...

lundi 28 février 2011

AOC et camembert au lait cru (0)

Je vous propose une petite série sur le lait cru car j'adore le fromage... A suivre donc tout d'abord la confrérie du camembert pour arriver, au dernier post sur ce sujet, à la réhabilitation scientifique du lait cru... Bonne dégustation !:

dimanche 27 février 2011

L'autre monde avec Philippe Mac Leod

L’éternité n’est pas pour demain, elle est la clé de notre vie présente, d’une finesse extrême, qui d’un tour, sans bruit, l’ouvre à sa pleine dimension. L’autre monde surgit de celui-ci qui le façonne, comme à l’intérieur d’un œuf. C’est par la terre qu’on rejoint le ciel. Elle nous élève, nous soulève. Elle nous enseigne même, en puisant dans ses innombrables paraboles, mais pour un fruit qui mûrit dans un espace et une lumière qui la dépassent infiniment. Tout m’appelle, tout autour de moi devient signes, signes visibles d’une réalité toujours plus loin, plus secrète, plus intérieure...

La vie qui s’écoule ne nous présente pas seulement l’image d’un passage, d’une traversée, elle est le lieu même du secret, sa résonance, dont nous devinons à peine le fin mot, dans un murmure intermittent. L’éternité à laquelle j’aspire agit en moi à la manière d’un ferment, jusqu’à l’éclatement de mon enveloppe provisoire. Me perdre, me distendre, m’oublier, voilà l’autre monde, car on ne peut s’abîmer que dans un plus grand que soi. Il faut d’abord avoir ce goût-là, cette soif des lointains, pour rendre vie à un ailleurs qui deviendra une véritable passion.

À quoi ressemblerait l’espérance si elle n’était que désir de continuité, refus de partir, si elle se dérobait à cette force d’arrachement, de dépassement qui ne cesse de nous travailler, en prenant appui sur chaque aujourd’hui ? On ne peut plus concevoir la vie éternelle à la manière d’une récompense bien méritée. Commençons par rejoindre en nous ce qui déjà ne nous parle que de lumière, cessons surtout d’y projeter nos modèles domestiques, pour traverser la mort comme nous aurons traversé la vie, avec le seul désir de Dieu, sans rien emporter, en laissant tout derrière nous, et ne considérant que cette incomparable dignité humaine qui tient à sa position unique dans la splendeur de la Création. 


Le paradis ? Plus qu’en nous, il est nous-mêmes. Ou plutôt, ce pour quoi nous sommes faits. Une plénitude à laquelle nous aspirons par un désir imprimé au plus clair de notre cœur, au plus tendre du noyau qui nourrit un autre jour, en nous mais comme séparé par un degré infranchissable, une différence d’échelle infime et cependant insurmontable. On y entrera en se délestant, grâce à la transparence d’âme que notre existence nous aura permis de développer. Le reste tombera comme une vieille peau, une gangue devenue inutile, l’enveloppe sèche qui libère le fruit mûr d’une vie longtemps cachée, comme si l’espace de notre cœur, soudain, devenait tout l’horizon...

Joie d’être en Dieu – de passer en Dieu – dans une lumière qui me transforme à mesure qu’elle m’absorbe... Nous la rejoindrons comme par enfantement, par une vie qu’il nous faut porter jour après jour à son terme... Quel chemin parcouru depuis les balbutiements de l’homme ! En même temps que ses premiers pas sur la terre naissait la lueur timide du mystère, sous une peau qui le distinguait à peine de l’animal, alors qu’en lui le monde résonnait, l’espace se creusait, libérant une clarté grandissante qui continue de croître à travers notre intériorité présente. C’est par cette découverte d’un être unique, inaliénable, qui s’impose comme un absolu par son caractère indépassable, que Dieu se manifeste encore aujourd’hui, dans un ciel intérieur sans bord ni fond, une transparence infinie dont l’éternité devient le lumineux aboutissement...



Philippe Mac Leod est écrivain, il a publié plusieurs recueils de poésie. Son dernier ouvrage, l’Infini en toute vie, est paru aux éditions Ad Solem.
Source : "La Vie"
Voir tous les articles de Philippe Mac Leod