Prier, pratiquer, se recueillir nous effraie
car il faudrait, même quelques instants,
nous extraire du quotidien agité et vivre en paix.
Les discussions futiles, la paresse active,
la suractivité sont autant de moyens habiles
pour nous empêcher de goûter à notre pure liberté.
Nos mots sont nos maux.
Nos concepts sont malades.
Dans le sens étymologique originel,
prier c'est respirer, retrouver son souffle.
Pratiquer c'est se libérer.
Le Dalaï Lama
mardi 25 mai 2010
lundi 24 mai 2010
Le jeu de la métamorphose et Lao Tseu
"A partir de ce principe immuable, l'origine est inconnaissable, tout émerge, comme le dit Laozi, « du dao à l'Un, de l'Un au deux, du deux au trois, et du trois à l'infinité des êtres ». Cette diversité est soumise à un rythme animé et unitaire qui métamorphose tout ce qui est. Aussi le sage, en son immobilité, est l'être de la plus grande fluidité. Celui qui, ne s'attachant à rien, ne fixe rien. Il est l'être prêt à toutes les métamorphoses.
C'est en ce sens que le taoïsme a donné naissance à tant d'arts martiaux. Il ne distingue pas le corps et l'esprit, le travail corporel et celui du spirituel. Le corps n'est pas considéré comme un ensemble de mécanismes, mais comme un paysage qu'il faut apprendre à connaître pour laisser les éléments qui le composent trouver leur équilibre harmonieux. Aussi, tout le travail du taoïste consiste à s'abandonner au rythme de la métamorphose, et les arts martiaux nous l'apprennent. La force vient non d'un effort de volonté, mais d'une écoute du mouvement même de la vie qui nous traverse et qu'il faut accompagner et laisser être." Fabrice Midal
dimanche 23 mai 2010
samedi 22 mai 2010
En hommage à un ami... par Christian Bobin
Il n’y a de réel que la bonté.La mort ne touche que l’irréel.
Les yeux de mon ami sont toujours clairs, vifs, malicieux.
Ce matin où j’écris, jour de son enterrement, plus que jamais.
Nous sommes peut-être comme dit la Bible de la poussière, mais de la poussière d’or.
Il ne croyait pas en Dieu. Mais Dieu s’en moque qu’on croie en lui ou pas. Seule compte la bonté.
J’ai été le témoin d’une scène superbe l’an dernier à la Toussaint.
Je l’écris ici pour mon ami Daniel Puymèges et pour sa famille : dans le cimetière Saint-Charles, un vieil homme et son petit fils ne trouvaient pas la tombe qu’ils voulaient fleurir. Au bout de cinq minutes l’enfant dit : «on n’a qu’à l’appeler !»
Christian Bobin (extrait de Creusot infos du 22 mai 2010)
Le tout simple avec Jacques Castermane
Rien n'est plus difficile d'accès à l'homme contemporain que le tout simple [...] A chacun de décider s'il veut continuer à vite se lever... pour vite petit-déjeuner... pour vite aller au boulot... pour vite être hospitalisé pour infarctus ou dépression! "Si tu ne trouves pas le calme ici et maintenant. où le trouveras-tu? Et quand? " C'est une question que je me pose fréquemment au cours d'une journée. D'autant plus si je suis derrière une dizaine de personnes à la caisse du supermarché ou arrêté à cause d'un bouchon sur l'autoroute... Jacques Castermane
Voir l'article de Psychologies en entier
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vendredi 21 mai 2010
La méditation sur la nature
"A la différence du bouddhisme, qui cherche l'éveil, et du confucianisme, soucieux de la pureté du rite garant de la continuité traditionnelle, le taoïsme est une méditation sur la nature. Le taoïste est l'être qui, s'éloignant du monde, de ses appels et de ses jeux de pouvoir, de la civilisation qui sépare de la Voie, retourne dans la nature pour la laisser agir en lui. Aussi, les peintures de paysages magnifiques et grandioses ne sont pas tant des oeuvres d'art que des témoignages d'une expérience où l'homme renonce à son propre pouvoir pour redevenir un élément du rythme du monde. Une visite à la grotte de Zhang Gong, de Shitao, est un des chefs-d'oeuvre de la peinture chinoise. Son auteur, qui a rédigé les Propos sur la peinture du moine Citrouille-Amère (Pion, 2007), réussit à évoquer un paysage par un ensemble de coups de pinceaux animés d'un rythme vibrant et saisissant. La peinture relie la création au Vide, le multiple à l'Un, et le sage, minuscule, retrouve un sens d'unité dans la contemplation de l'immensité de la grotte. Il n'est plus séparé du monde." Fabrice Midal
jeudi 20 mai 2010
5e ANNIVERSAIRE DES AMANINS
5 années déjà que le centre agro-écologique des Amanins (dans la Drôme) existe ! un lieu singulier vecteur de valeurs, une expérience en chemin ouverte à tous... Notre désir, faire des Amanins un carrefour d’échange.
Cet anniversaire du 29 mai, sera un moment de rencontre et d’échange sur le thème "Écologie et Coopération" avec pour invités : Pierre Rabhi, Isabelle Peloux, Jean-Marie Pelt, Béatrice Poncin, Patrick Viveret, Déborah Maarek et Edgar Morin.
mercredi 19 mai 2010
Le secret du non-agir (Wu Wei)
"En un sens premier, le tao est la reformulation au VIe siècle avant J.-C. de la Connaissance la plus pure et la plus traditionnelle. Laozi, auteur du texte fondateur du taoïsme, écrivit un seul traité dense et concis, le Tao-te king ou Livre de la Voie et de la Rectitude. Tous les autres textes sont des commentaires de ce livre fondamental. Le tao ou dao, que l'on traduit par « voie » est à la fois la source et la fin de tous les êtres. Le te, contrairement à la plupart des lectures, ne signifie pas « vertu », car il n'a pas une acception morale, mais plus exactement la rectitude - la façon de se comporter en conformité avec l'Ordre primordial. Le sage taoïste tend ainsi à ne rien vouloir, à ne rien rechercher, à disparaître pour que seul le tao agisse en lui. Tel est le secret du non-agir. Le sage, maître de détachement, homme ayant atteint l'impassibilité parfaite, s'identifie à la source primordiale. Il laisse évoluer les êtres selon leurs destinées, se tenant, lui, au centre." Fabrice Midal
Ici, le dieu Guandi assis (Dynastie Qing, XVIIIè s.), porcelaine à émaux famille verte (Guimet)
L'immobilité est la Voie du Tao.
En cédant elle avance.
Emergeant du vide,
elle retourne au vide.
L'immobilité est la Voie du Tao.
En cédant elle avance.
Emergeant du vide,
elle retourne au vide.
mardi 18 mai 2010
Opinions et Préjugés... sur le Tao
"Le taoisme ne présente pas une théologie de divinités, mais une administration complexe qui contient des dieux, des hommes, des points du corps et des planètes"
Ici, Wenchang, dieu de la littérature (Dynastie Qing) XVIIIe siècle. Porcelaine blanche à décor incisé (Guimet)
Ni le Ciel ni la Terre n'ont d'opinions,
car la nature accepte tout.
Le Sage n'est affligé d'aucun préjugé,
chaque personne est sacrée.
Le Tao est comme un soufflet de forge :
vide,
il ne se dégonfle pas ;
et plus il est activé,
plus il produit.
Ici, Wenchang, dieu de la littérature (Dynastie Qing) XVIIIe siècle. Porcelaine blanche à décor incisé (Guimet)
Ni le Ciel ni la Terre n'ont d'opinions,
car la nature accepte tout.
Le Sage n'est affligé d'aucun préjugé,
chaque personne est sacrée.
Le Tao est comme un soufflet de forge :
vide,
il ne se dégonfle pas ;
et plus il est activé,
plus il produit.
lundi 17 mai 2010
Le Tao, un autre chemin de l'Etre
A l'occasion de l'exposition au Grand Palais, je vous propose une semaine sur la voie du Dao. C'est un chemin que le shiatsu pratiqué me fait connaître... Je vous invite donc à cheminer sur la Voie du milieu :
Fabrice Midal : "L'exposition qui se tient au Grand Palais, à Paris, fera date. Pour la première fois, en Europe, la tradition taoïste nous est montrée à travers un parcours d'une rare intelligence. Près de 240 oeuvres très diverses, de la peinture à la sculpture, de la céramique à l'art du bronze ou du textile. Des oeuvres venues des collections du musée Guimet et d'autres musées d'Europe, des États-Unis et de Taiwan. La commissaire, Catherine Delacour, a réalisé une prouesse malgré le refus de la Chine de laisser sortir la moindre oeuvre. Allez-y. Vous ne le regretterez pas. Une aventure poétique, spirituelle, philosophique vous attend."
[...]Le taoïsme reste une énigme pour l'Occident. Le secret du non-agir, la méditation sur la nature, le jeu de la métamorphose, la quête de l'immortalité..." Extrait de "La Vie" 13 mai 2010
dimanche 16 mai 2010
Jacques Castermane et le satori
Pas de bol pour le mental, il faut le laver : Voici un extrait d'une conférence où vous pouvez entendre Jacques Castermane répondre à une question sur les expériences d'"éveils" ou satori :
"C’est l’exercice. Une activité inventée par l’homme afin de se mettre en accord, en résonance, avec « une action qui est déjà en action au plus profond de soi-même » : l’être !
Le zen est un chemin d’expérience et d’exercice.
Pratiquant moi-même, depuis bientôt quarante ans, j’observe chaque jour les effets et l’étendue d’un exercice comme la pratique méditative sans objet.
Si l’homme fait un exercice à fond, tous les secteurs de sa vie intérieure sont fécondés par cette profondeur."
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