vendredi 10 octobre 2008

Un hommage à Jacques Brel

Viscéralement vibrant, je ne peux oublier ces chansons pour assumer nos rêves :

jeudi 9 octobre 2008

le chemin de liberté avec Jacqueline Kelen

Certains ont apprécié Jacqueline Kelen. Licenciée en Lettres Classiques, productrice à France Culture, cette femme passionnée et passionnante se consacre depuis une vingtaine d'années aux grands mythes de l'Humanité, comme en témoignent ses ouvrages... Voici une autre interview où Jacqueline Kelen ouvre notre solitude (10 min) :

mercredi 8 octobre 2008

Juste être avec Annick de Souzenelle

Un petit extrait audio de moins de vingt minutes à déguster, pour une proximité avec le divin que nous fait découvrir Annick de Souzenelle.
La psychothérapeute Annick de Souzenelle échange sur la compassion et la jalousie.

(10 septembre 2008)


Un autre court extrait audio pour le plaisir :



voir tous les documents sur Annick de Souzenelle

mardi 7 octobre 2008

Matthieu Ricard et la méditation pour tous et partout

Dans L'Art de la méditation, vous prétendez qu'il n'est pas nécessaire d'être bouddhiste pour méditer.
Bien sûr que non. Nous en sommes tous capables! Les racines orientales du mot signifient d'ailleurs "cultiver". Méditer, c'est cultiver son esprit, l'aider à avoir une vision plus juste de la réalité, se familiariser avec la tolérance, l'altruisme, la tendresse, qualités dont nous avons tous le potentiel, mais que nous ne déployons que par instants fugaces.
A vous lire, il s'agirait d'exercer son esprit comme on exerce son corps...
C'est ça. On produit des efforts considérables pour apprendre les échecs, le ski, la musique. C'est très bien. Mais les qualités humaines aussi nécessitent un travail. Restons sur la musique: s'il s'exerce, un pianiste peut jouer du Mozart à tout moment. Eh bien, entraîné de manière régulière et sérieuse, un esprit peut, de la même manière, se montrer généreux de façon très spontanée.
Un pianiste ne devient pas virtuose en un jour. Combien de temps faut-il pour bien savoir méditer?
Ah... C'est une question que l'on me pose souvent en Occident, juste après "comment s'y prend-on?". Tout le monde n'a pas la chance de vivre dans l'Himalaya ou de côtoyer des grands maîtres spirituels comme j'en ai le privilège. Le meilleur conseil que je puisse donner aux débutants, surtout ici, où l'on vit à cent à l'heure, c'est de commencer par s'asseoir une demi-heure. [Rires.] Réfléchir au fonctionnement de son esprit, aux qualités que j'ai citées tout à l'heure, constitue un excellent point de départ.

Voir l'article en entier

lundi 6 octobre 2008

Saisir et puis ouvrir les mains


"Saisir, saisir le soir, la pomme et la statue,
Saisir l'ombre et le mur et le bout de la rue.

Saisir le pied, le cou de la femme couchée
Et puis ouvrir les mains. Combien d'oiseaux lâchés

Combien d'oiseaux perdus qui deviennent la rue,

L'ombre, le mur, le soir, la pomme et la statue.

Mains, vous vous userez

A ce grave jeu-là.
Il faudra vous couper
Un jour, vous couper ras."


(Jules Supervielle, "Saisir", Le Forçat innocent, 1930)

Hier matin, nous étions avec Daniel Morin, en Belgique. C'était l'heure de la méditation guidée. A la faveur de ses paroles, j'ai senti les pensées s'apaiser. Je me suis rapprochée de moi-même. La simplicité était là, dans l'immobilité de l'espace et du silence... Et lorsque Daniel a dit : "Laissez venir et puis surtout laissez partir...", ces vers de Supervielle me sont revenus en mémoire, dans leur netteté. Sans cesse, nous saisissons, pour nous rendre compte ensuite qu'il faut bien lâcher un jour parce que tout passe, tout nous fuit entre les doigts. Nous ne possédons jamais rien. Tout nous traverse continuellement. Dans nos mains crispées, il ne reste en réalité que des ombres de proie. Et pourtant, nous recommençons à "saisir". Il faudra un jour couper les mains, qui sont ici les métaphores du désir s'appropriant les choses et les êtres, de toute sa violence. Trancher les mains du diable... Pourquoi fermer, pourquoi serrer les mains, les poings ? Il est tellement plus juste de délivrer les choses et les êtres qui nous entourent, de les laisser vivre leur vol d'oiseaux libres. De leur permettre de redevenir à nos yeux ce qu'ils sont réellement. De les laisser être. Accompagner leur vol, sentir leur fluidité, oui. Mais les laisser être. Ce faisant, en lâchant prise, c'est nous-même que nous libérons. Les épaules se détendent, un ruisseau de paix s'écoule. La maison du moi s'ouvre au silence, au mystère, comme le dit la fin du long poème intitulé "Saisir" :



"Que tes mains s'ouvrent et laissent
S'échapper force et faiblesses,
Que ton coeur et ton cerveau
Tirent enfin leurs rideaux,
Que ton sang s'apaise aussi
Pour favoriser la nuit."

Prisonnier au berceau par Christian Bobin

Couverture du livre audio Prisonnier au berceau
© Mercure de France Durée : 2h (2CD audio)
Prix coffret 16 Euros
Cet ouvrage a reçu le Prix handi-livres du Meilleur livre lu 2006, décerné par la Mutuelle Intégrance.

En voici un extrait :





Christian Bobin.
Né en 1951 au Creusot, Christian Bobin est un enfant solitaire aimant la compagnie des livres. Après des études de philosophie, il travaille pour des bibliothèques et des musées, puis en tant que rédacteur à la revue Milieux. Ses premiers textes, caractérisés par leur brièveté, sont publiés dans les années 1980 aux éditions Brandes, puis chez Fata Morgana. En 1992, les éditions Gallimard publient Le très bas, un livre consacré à Saint François d'Assise. Cette parution marque le début d'un grand succès auprès de la critique mais aussi d'un large public. Usant de mots très simples, soigneusement choisis, Christian Bobin s'adresse directement à l'âme de ses lecteurs.

"Pendant plusieurs dizaines d'années, je n'ai eu qu'une meurtrière pour voir la vie : un rectangle ouvert sur le ciel pur. Ma vue s'est faite à cette exiguïté : j'appris à trouver dans le vol aigu d'une hirondelle ou dans l'interminable dérive d'un nuage les nourritures nécessaires à ma joie." Christian Bobin pendant l'enregistrement du livre audioChristian Bobin a grandi au Creusot, "ville aux usines dormantes". Enfant solitaire, il est longtemps resté à l'ombre de la maison familiale, comme si un ange l'empêchait de s'en éloigner. C'est donc de la fenêtre de sa chambre que ce voyageur immobile a découvert le monde. Et en contemplant la nature, le ciel, la lumière, il a appris à capter les beautés essentielles cachées dans l'ordinaire. Après la lecture, Christian Bobin répond aux questions d'Aurélie Kieffer, journaliste et présidente de l'association Lire dans le noir.
En enregistrant son livre, Christian Bobin a vécu "une expérience étrange et grave, qui aide à comprendre un peu mieux ce qu'est l'âme". L'écrivain a été très attentif à restituer la musique de ses mots. La lecture est suivie d'une plage musicale : un extrait du disque de Daniel Grosjean, "Le cycle des familles", que Christian Bobin écoutait lorsqu'il écrivait cet ouvrage.
Autre bonus, Lire dans le noir vous propose un entretien avec Christian Bobin. Il y livre ses impressions d'enregistrement, revient sur le sens de son livre, et décrit les photos qu'il avait choisies pour illustrer la version papier de Prisonnier au berceau.
En couverture du livre audio : une photo d'Edouard Boubat. Le photographe avait travaillé avec Christian Bobin et ses images reflètent parfaitement l'univers de l'écrivain. (Graphisme : Christophe Vincenzi

dimanche 5 octobre 2008

L'Espace-Temps qui relie science et spiritualité

"La physique moderne a confirmé de façon spectaculaire l'une des idées de base de la spiritualité extrême orientale : tous les concepts que nous employons pour décrire la nature sont limités, ce ne sont pas des caractéristiques de la réalité, comme nous avons tendance à le croire, mais des créations de l'esprit, parties de la carte et non du territoire. Toutes les fois que nous élargissons le domaine de notre expérience, les limitations de notre pensée rationnelle deviennent évidentes et nous devons modifier, voire abandonner, certaines de nos conceptions..." Fritjof Capra "Le Tao de la Physique"


Ecoutons Etienne Klein répondre à une question d'enfant :





"Dans le monde spirituel, il n'existe pas de divisions du temps telles que passé, présent, futur, car ils se sont résorbés en un seul instant présent où l'existence vibre de son sens véritable. Le passé et le futur sont tous deux mêlés dans cet instant présent de l'illumination, qui n'est pas immobile avec tous ces contenus, car il se meut sans cesse."
D.T. Suzuki "Le bouddhisme Mahayana indien"

samedi 4 octobre 2008

Le château du Rivau

L'expression de la Totalité avec Daniel Morin

Avant de rencontrer Daniel Morin, ce week-end, je vous propose un extrait d’une réunion avec lui, en novembre 2005 :
Q : Il y a bien quelqu'un qui met en pratique ? Il y a bien quelqu'un qui doit mettre en pratique pour arriver quelque part ?…
D : Où veux-tu arriver ? Où veux-tu aller ? Est-ce que tu peux vivre en dehors de l'instant présent ?
Q : Alors je souhaiterais que cet instant-là… Ce soit un instant dans lequel je suis détendue….
D : Mais tu ne seras jamais tout le temps détendue. C'est impossible ! Sinon c'est nier la différence. C'est nier l'impermanence.
Ce que l'on veut en fait, c'est un bonheur permanent. Et le bonheur, c'est la satisfaction, et la satisfaction, c'est le non-manque.
Ce moi est apparu, il se transforme, il change sans arrêt, c'est un flux et il va disparaître. Comment veux-tu qu'il puisse apprécier quelque chose de permanent puisque lui-même est impermanent? !… Et la paix inconditionnelle, n'est pas du tout antinomique avec l’humanité, c'est-à-dire l'apparence du temps et la recherche d’une harmonie dans le changement. Mais il n'y aura jamais de complétude là. Jamais, jamais !… Il te manquera toujours quelque chose. Il te manquera du temps, il te manquera de l'argent, de la jeunesse, de la santé, il te manquera… Il te manquera toujours quelque chose puisque tout mouvement est généré par un manque.

Q : En fait, c'est la paix qui peut être permanente, mais tout le reste ne l'est pas, c'est ça ?…
D : La paix inconditionnelle. Mais la paix inconditionnelle ne peut apparaître, en terme de qualité dans l'impermanent, que par la vision que toi - ce que tu crois être - n'a aucune existence. Et c'est simplement l'expression de la Totalité. Au moment même où tous les autres sont aussi l'expression de cette même Totalité.
Le problème, c'est que tu te crois « possesseur de … ». La pensée "moi" vole moi, mais un moi changeant, un moi flux, un moi reconnaissance de formes. Celui-ci ne peut pas disparaître, bien entendu. Quand on dit "moi, je", il y a deux sujets. Il y en a un de trop…
Là, où est le problème ? Là ?… Si tu n'es pas projetée dans le passé et dans le futur ?

vendredi 3 octobre 2008

Swami Prajnanpad et l'action...

Paroles de Svamiji


Quand vous vous trouvez dans une situation difficile et délicate faites tout ce qui est nécessaire de faire dans cette situation. Vous n'avez pas le choix. C'est la situation qui l'exige. Acceptez les circonstances où vous êtes et soyez satisfait.
---
La vie est relative. Jusqu'où faut-il aller? Douter, douter, il faut d'abord douter. Quand ce doute sera-t-il efficace? Après que vous ayez agi.
---
Acceptez émotionnellement, réfléchissez intellectuellement à ce que vous pouvez faire, et si l'action est possible, faites-la.
---
Voyez la vérité de la différence et ce qui en découle: le caractère unique de chaque chose. Mais pour agir? Voyez l'autre comme il est.

jeudi 2 octobre 2008

L'enfant et le ballon ou l'éclatement du désir


"Un jour un père emmena sa fille à une fête foraine. Ils faisaient le tour des attractions quand ils virent un homme qui vendait des ballons multicolores. L'enfant eut envie d'un ballon et elle demanda à son père de lui en acheter un. Le père accepta, l'enfant joua pendant un moment avec le ballon qui éclata. La petite fille se sentit très triste. Elle demanda un autre ballon. Le père lui en acheta un autre qui subit le même sort. Elle en demanda encore un autre en hésitant. Le père consentit à satisfaire sa demande et lui en donna un autre. Ensuite quand le ballon éclatait, le père lui en donnait un autre avant même qu'elle le demande. Ainsi il acheta 30 ballons pour elle ce jour-là et le trentième éclata aussi. Alors le père demanda: «Dois-je acheter un autre ballon?» « Non », dit l'enfant, «cela suffit je n'en veux plus». Alors ils retournèrent tous les deux à la maison et la petite fille n'eut plus jamais envie de ballons."
R. Srinivasan qui rapporte une histoire de Svami Prajnanpad

L'enfant et la grenouille

mercredi 1 octobre 2008

L'art, c'est un désert à fleurir...


J'ai trouvé sur le site de Raphaëlle Jouffroy, grâce à quelques poussières d'esprit, ce superbe diaporama sur le désert. Cela me rappelle ce voyage pour dépoussiérer "le mental" dans le Hoggar, où j'ai découvert l'art de vivre des touaregs...

"L'art nourrit et vide à la fois, il demande beaucoup d'énergie. L'art n'est surtout pas une autosatisfaction, mais un plaisir profond. Les grands artistes sont souvent de fins gourmets ou des cuisiniers raffinés, il n'y a rien d'étonnant à celà, l'art, je crois, est un hymne à la vie. " Raphaëlle Jouffroy