jeudi 3 février 2022

Quatre regards

 


Nous vivons sur la même terre, sous le même ciel, mais nous vivons dans des regards différents et chacun de ces regards, de ces « points de vue », constituent des mondes et des consciences qui parfois s’affrontent.

Changer le monde, c’est changer de regard ; pour rencontrer le monde de l’autre, il faut entrer dans son regard ou partager celui qui nous est propre.

On peut distinguer quatre grands types de regards ou de visions du monde.

1 - Un regard « physique », sensoriel, observateur, scientifique, qui, lorsqu’il y a consensus quant aux modes de perception, peut aboutir à ce qu’on appelle un monde « objectif ».

2 - Un regard réflexif, analytique, qui interroge et analyse les données reçues par les différents modes de perception sensoriels ou techniques ; ce regard peut aboutir à ce qu’on appelle le monde rationnel où le philosophe trouve sa place aux côtés du scientifique.

Le monde perçu, analysé, rationalisé et objectivé est considéré par un certain consensus contemporain comme étant le seul monde réel.

Mais il existe pourtant d’autres regards et appréhensions du monde, qu’on ne peut pas oublier ou négliger :

3 - Un regard affectif ou inter-relationnel où le monde n’apparaît pas seulement comme objet, mais comme présence ; présence vivante avec laquelle nous pouvons établir une relation affective, fraternelle et amicale.
Tel sera le regard de François, de Rumi et des saints de toutes les grandes traditions spirituelles de l’humanité.

La terre, l’univers ne se donnent pas seulement à connaître à l’œil des sens et à l’œil de la raison, mais aussi à l’œil du cœur, et c’est le cœur qui en découvrira l’harmonie, le sens et la beauté. Le regard de la philocalie, qui remercie et célèbre le Réel sous toutes les formes, ne détruit pas le regard de la science et de la philosophie, il les accomplit.


4 - Il y a encore un autre regard, regard silencieux, contemplatif, l’œil de l’intuition, qui pressent l’unité d’une Conscience qui se manifeste dans la diversité des mondes perçus, analysés, objectivés, célébrés : la Conscience même qui rend tous nos regards capables de vision. Le champ de lumière toujours invisible qui ne fait qu’un avec tout ce qui est vu et qui rend possible tous nos points de objectivés, célébrés : la Conscience même qui rend tous nos regards capables de vision. Le champ de lumière toujours invisible qui ne fait qu’un avec tout ce qui est vu et qui rend possible tous nos points de vue (objectif et subjectif), c’est-à-dire toutes nos créations, imaginations, conceptualisations, représentations du monde.

À ces « quatre yeux », ces quatre regards, il faudrait ajouter un cinquième qui serait l’œil de la synthèse, celui qui intègre les quatre grands regards que nous avons évoqués. On pourrait ainsi l’appeler l’œil du Réel, car c’est le Réel qui se connaît lui-même, à travers ces différents modes de perception, de réflexion, d’affection et d’intuition.

Ces quatre regards posés sur le monde vont entraîner quatre formes d’écologie, quatre façons de gérer et de soigner notre environnement considéré comme notre maison ou comme notre corps élargi. On le sait, l’étymologie « oiko », d’écologie, renvoie à la « maison » à notre façon d’habiter la terre.

Extrait de "Vers une écologie intégrale" de Jean-Yves Leloup
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mardi 1 février 2022

Tigre d'eau


Même si le passage officiel à l'année du Tigre d'Eau n'aura lieu que le 4 février, la transition vers son énergie est déjà bien en marche et produit des effets concrets.

Nous entrons dans une année Ren Yin 壬寅, c'est à dire une association Eau Yang et Bois Yang. En effet, la branche Yin a été représentée par le Tigre, mais est porteuse de l'énergie du Bois Yang.
Dès lors, pour avoir la tonalité de l'année, imaginez un immense chêne qui se voit soumis à la puissance du passage d'un fleuve tumultueux, dont le cours aurait été passagèrement dévié.
Dans un tel cas, deux possibilités : soit on se concentre sur l'inconfort et les contraintes qui vont être ressenties par le chêne et on passe son temps à se plaindre et à se poser en victime.
Soit on se focalise sur les qualités que va devoir déployer le chêne pour sortir de cette année, grandi et...debout.
Première chose : tenir bon dans son enracinement et la force de notre axe, en lâchant autant que possible toute résistance périphérique. En l'occurrence, la puissance de l'Eau Yang est trop forte pour être concurrencée, même par un chêne massif. Aucun sens à vouloir jouer au plus fort avec cette force de la nature. On fait pas les malins et on rentre notre force en l'enracinant (un chêne ne peut pas ployer, au contraire d'un Bois Yin).
Autrement dit, revenir à notre essence, ne pas dévier de notre axe, ne pas réinventer la roue cette année, éliminer ce qui est périphérique et non essentiel. Oser croire à ce qui nous fonde, encore et encore, contre vents et marées (c'est le cas de le dire).

Deuxième chose : patience ! (et c'est un impatient qui vous le dit). Patience, patience, patience.
Paradoxalement, ce sont dans ces deux attitudes combinées que nous retrouvons le courage et le métal symbolique du Tigre.
Petit truc : utilisez l'image ci-dessus comme un mandala. Visualisez-là, et méditez avec, en essayant d'en ressentir l'essence et les qualités qui en émergent. Avec celle-ci ou n'importe quelle autre image inspirante du même type d'ailleurs.
Et n'oubliez pas : pas de positionnement de victime en spiritualité.
Bonne pratique!
Fabrice

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Plouf, le repos.

 L’art du plouf, savoir flotter…

Retour au bercail, lessivé, crevé, excavé de fatigue et plein de reconnaissance….

Merci de tout cœur à toutes et à tous…

Sur le chemin de Nietzsche, à nouveau une vie pépère, contemplative…

Epuisé, je dévale la pente qui conduit au lac. 

Sur le chemin, une jeune femme en pleurs, des enfants qui jouent. 

Beauté et tragique de l’existence.

Je n’avais jamais compris le poème de Basho…


Interprétation toute personnelle : 

Un vieil étang, 

Une grenouille,

Plouf.

Le vieil étang c’est le fond du fond, le calme, la paix, la nature de Bouddha qui rayonne en chacun de nous.

La grenouille ? Ca pourrait être les tracas, le stress, le bruit, les peurs, la blessure, le manifesté…

Plouf, retour au calme, plongeon dans un océan de paix. Tout est paix, au fond du fond.

Apprendre à flotter dans l’étang, ne plus craindre les croa croa croa, oser le grand plouf dans la profondeur… 

Le défi... Le vrai repos. Plouf...

Merci à toutes et à tous. Votre soutien me réconforte. Plouf…

Prenez soin de vous. Prenons soin de nous sans laisser personnes sur la touche.

Bisous

Alexandre Jollien

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lundi 31 janvier 2022

Ma mère est toujours avec moi...

 


Le jour où ma mère est morte, j'ai écrit dans mon journal : "Un grave malheur de ma vie est arrivé. "J'ai souffert pendant plus d'un an après le décès de ma mère.

Mais une nuit, dans les hautes terres du Vietnam, je dormais dans la cabane dans mon ermitage. J'ai rêvé de ma mère. Je me suis vu assis avec elle, et nous avons eu une merveilleuse discussion. Elle avait l'air jeune et belle, ses cheveux coulaient vers le bas. C'était si agréable de s'asseoir là et de lui parler comme si elle n'était jamais morte.

Quand je me suis réveillé, il était environ deux heures du matin, et j'ai senti très fort que je n'avais jamais perdu ma mère. L'impression que ma mère était encore avec moi était très claire.

J'ai compris alors que l'idée d'avoir perdu ma mère était juste une idée. Il était évident à ce moment-là que ma mère est toujours vivante en moi.

J'ai ouvert la porte et je suis sorti. Toute la colline a été baignée au clair de lune. C'était une colline recouverte de plants de thé, et ma cabane était installée derrière le temple à mi-chemin. En marchant lentement au clair de lune à travers les rangées de plants de thé, j'ai remarqué que ma mère était toujours avec moi. Elle était le clair de lune qui me caressait comme elle l'avait fait si souvent, très tendre, très douce... Merveilleux !

Chaque fois que mes pieds touchaient la terre, je savais que ma mère était là avec moi. Je savais que ce corps n'était pas le mien, mais la continuation vivante de ma mère et de mon père et de mes grands-parents et arrière-grands- De tous mes ancêtres. Ces pieds que je voyais comme "mes" pieds étaient en fait "nos" pieds. Ensemble, ma mère et moi laissions des empreintes dans le sol humide.

A partir de ce moment, l'idée que j'avais perdu ma mère n'existait plus. Tout ce que j'avais à faire était de regarder la paume de ma main, sentir la brise sur mon visage ou la terre sous mes pieds pour me rappeler que ma mère est toujours avec moi, disponible à tout moment.

~Ce Nhat Hanh

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samedi 29 janvier 2022

Croyance et souffrance


 D’après mon expérience, la confusion est la seule souffrance. Vous êtes dans la confusion quand vous vous opposez à ce qui est. Quand vous êtes parfaitement clair, ce qui est est ce que vous voulez. Quand vous voulez quelque chose d’autre que ce qui est, vous pouvez alors être sûr d’être en pleine confusion.

Le Travail nous ramène toujours à ce que nous sommes vraiment. Chaque croyance assez investiguée pour être comprise, permet à la prochaine d’émerger. Vous défaites celle-là aussi. Puis vous défaites la suivante, et la suivante. Et vous découvrez qu’en fait, vous attendez avec confiance la prochaine. Au bout d’un moment, vous remarquerez peut-être que vous traitez en ami chaque pensée, chaque sensation, chaque personne, chaque situation. Jusqu’à en arriver à vous demander où vous pourriez bien trouver un problème. Jusqu’à finalement remarquer que vous n’en avez plus, depuis des années. 

A travers l’investigation, nous découvrons que l’attachement à une croyance nous fait souffrir. Avant l’histoire, il y a la paix. Puis une pensée nous passe par la tête, nous la croyons, et la paix semble disparaître. Nous remarquons à ce moment-là une sensation de stress, nous investiguons l’histoire qu’il y a derrière elle, et réalisons qu’elle n’est pas vraie. La sensation nous indique qu’en croyant la pensée, nous nous opposons à ce qui est. Elle nous dit que nous sommes en guerre avec la réalité. Quand nous remarquons que nous croyons un mensonge et vivons comme s’il était vrai, nous nous retrouvons à l’extérieur de notre histoire. Alors l’histoire disparaît à la lumière de la conscience, et seule demeure la conscience de ce qui est. La paix est ce que nous sommes en l’absence d’une histoire, jusqu’à ce qu’une nouvelle histoire stressante apparaisse. L’investigation finit par devenir vivante en nous comme la réponse naturelle et non formulée de la conscience à l’émergence de toutes pensées ou histoires.

Vouloir que la réalité soit différente de ce qu’elle est à cet instant revient à essayer d’apprendre à un chat à aboyer. Vous pouvez lui apprendre, et lui apprendre, et à la fin, le chat lèvera les yeux vers vous et fera: “Miaou!” Vouloir que la réalité soit différente de ce qu’elle est, c’est sans espoir. Vous pouvez consacrer le reste de votre vie à apprendre à un chat à aboyer. 

Je suis amoureuse de ce qui est, non par spiritualité, mais parce que c’est douloureux quand je me dispute avec la réalité. Aucune pensée au monde ne peut la changer. Ce qui est est. Tout ce dont j’ai besoin est déjà là maintenant. Comment puis-je savoir que je n’ai pas besoin de ce que je veux? Je ne l’ai pas. Tout ce dont j’ai besoin m’est donc accordé.

Vous ne pouvez pas avoir de haut sans bas. Vous ne pouvez pas avoir de gauche sans droite. C’est ça la dualité. Si vous avez un problème, vous devez déjà en avoir la solution. La question est: “Voulez-vous vraiment la solution? ou voulez-vous prolonger le problème indéfiniment?”

Katie Byron

vendredi 28 janvier 2022

« Dissociez l'adulte et l’enfant » (Swami Prajnanpad)



Commentaire d'Arnaud :
Même si vous progressez sur le chemin et qu'en tant qu'adultes vous devenez plus lucides, plus mûrs, plus intelligents, l'enfant, lui, subsiste tel quel. Il n'évolue pas, il ne mûrit pas, il demeure.
Simplement, il jouera un rôle de moins en moins important dans vos existences. Mais même en ayant beaucoup progressé, il y aura encore des moments où un enfant de deux ans qui, lui, n'a pas du tout changé affleurera à la surface.
Votre progrès, c'est la manière dont vous allez vous situer par rapport à cet enfant. Pour lui, certaines situations seront toujours insupportables, en ce sens que s'il est marqué par un abandon, tout signe actuel d'abandon touchera toujours une plaie à vif. Le symptôme d'aujourd'hui va être interprété émotionnellement et mentalement par l'enfant. C'est l'appréciation par un cerveau et un cœur puérils d'une situation présente, c'est-à-dire une vision – erronée, certes, mais qui s'impose – de la réalité à laquelle l'enfant donne inévitablement un contenu menaçant, déchirant, intolérable.
Ne tentez pas cette acrobatie qui consisterait à ce que l'enfant en vous accepte ce qu'en aucun cas il n'acceptera, ce qu'il ne pourra jamais accepter, cet enfant dont la définition est de ne pouvoir que refuser.

C
herchez en tant qu'adultes à vous dissocier de l'enfant. Considérez qu'il y a en vous deux lieux psychologiques, deux manières de vous situer, l'une qui est l'enfant, avec ses émotions douloureuses, l'autre qui est l'adulte, lequel est détendu, à l'aise, en paix. Ces deux mondes sont complètement différents mais il est possible de passer de l'un à l'autre.
La question n'est donc pas de faire grandir l'enfant mais de dissocier l'adulte de l'enfant. Ou, autre manière d'exprimer la même idée : on ne guérit pas les empreintes passées, on en émerge.
« Dissociate adult and child », disait Swâmiji. « Dissociez l’adulte et l’enfant. »
Lorsque Swâmiji a dit ceci, j’ai commencé par tiquer, comme je le faisais souvent : « Ah ! encore une dualité, s’il y a l’enfant et l’adulte, ça fait deux... » Non. Ça ne fait pas deux. Parce qu’aujourd’hui, ce qui est vraiment réel, c’est l’adulte qui voit les choses telles qu’elles sont et que l’enfant, lui, appartient au passé : vous n’avez plus trois ans, vous n’avez plus deux ans et demi. Si vous pouvez dissocier en vous l’adulte et l’enfant, vous pourrez être vraiment dans le monde réel, ici et maintenant, et pas dans le monde recouvert par les projections de l’enfant.
Swâmiji disait aussi : « L’ego, c’est le passé qui recouvre le présent. » L’ego, c’est l’enfant en vous qui vient recouvrir le présent. Vous pouvez voir en vous l’enfant qui est toujours là, pour l’éduquer avec amour. Mais tant que l’enfant sera là, vous ne serez ni un adulte ni un sage.
(Les formules de Swami Prajnanpad)
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A se rappeler et à pratiquer le plus souvent possible !

jeudi 27 janvier 2022

Une présentation du shiatsu


Je suis toujours étonné de ce que peut apporter cette technique... qui quelquefois devient pour moi un art, une porte pour entrer en contact avec le mystère du vivant.


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source Europe 1




mercredi 26 janvier 2022

Les émotions

 


Les émotions. Ce que l'on appelle trop facilement « le stress » (un mot-valise qui ne veut rien dire) est en réalité une émotion, ou plutôt un cortège d’émotions qui nous assaillent avec parfois une grande violence ET une grande constance. Il y a les émotions « chocs » (deuil, annonce d’une maladie grave, licenciement...), et aussi les « petites » vexations du quotidien, les « petites » agressions au bureau, les « petites » maladresses subies. Lesquelles, au final, font de « grands » problèmes. 

L'émotion, étymologiquement, signifie « mouvement de/vers l’extérieur » ; par principe, l’émotion nous fait faire des choses (souvent, n’importe quoi !). C’est son « travail » : nous faire réagir, ce qui explique qu’elle se traduise par une multitude de réactions corporelles - bourdonnements d'oreilles, « sang glacé », « sang dans les pieds », chaleur/rougeur (le rouge aux joues), transpiration chaude, sueurs froides, fourmillements, maux de ventre... - mais aussi verbales, gestuelles... Sous le coup d’une émotion, on peut jeter de la vaisselle par terre, frapper quelqu’un, crier, hurler, pleurer, dire des choses que l’on regrette aussitôt, plier bagage, etc.

En fait, une émotion naît en nous à la suite d’un événement réel ou fantasmé, et provoque un mouvement vers l’extérieur. C’est une pulsion, qui se traduit par des réalités physiologiques bien tangibles. Chaque émotion provoque une « charge » (la charge émotionnelle), habituellement suivie d'une « décharge » (soulagement, crise de larmes, fou rire...). Mal gérée, elle provoque des contractures, des douleurs articulaires, tendineuses...

Que faire ? Évacuer le surplus d’émotions au fil des arrivées. Ne pas confondre émotion (irréfléchie, fugace) et sentiment (mental, sur la durée). L’émotion - qu’elle soit positive ou négative - doit s’exprimer d’une manière ou d’une autre, se canaliser. Sinon, ça fait mal ! Donc n'ignorez pas vos émotions, ne les enterrez pas. Si c’est votre stratégie, sachez qu’elles vont ressortir un jour ou l’autre, comme des zombies, soyez-en sûr. 

Accueillez-les plutôt comme elles viennent et trouvez les outils qui vous aident à les décharger : respiration profonde, sport, sommeil profond, activité artistique...

Extrait de mes huiles essentielles anti-arthrose de Danièle Festy

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mardi 25 janvier 2022

Vivre librement l'ordinaire

MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS / AFP


"Le monde n'est si meurtrier que parce qu'il est aux mains de gens qui ont commencé par se tuer eux-mêmes, par étrangler en eux toute confiance instinctive, toute liberté donnée de soi à soi. Je suis toujours étonné de voir le peu de liberté que chacun s'autorise, cette manière de coller sa respiration à la vitre des conventions, et la buée que cela donne, l'empêchement de vivre, d'aimer."

La plus que vive


 "La vie ordinaire ne cesse de vouloir nous aider. Nous sommes fous de vouloir aller dans le spectaculaire, de croire qu'il faut toute une machinerie pour nous émerveiller. Rien de plus émerveillant que le vivant, que l'éphémère, que l'ordinaire" 

Christian Bobin  entretien dans la revue Reflets

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lundi 24 janvier 2022

Chers amis du Dharma,...

 Thayé Dorjé, Sa Sainteté le XVIIe Gyalwa Karmapa, partage le message suivant au sujet du décès de Thich Nhat Hanh. 



Chers amis du Dharma,

Thich Nhat Hanh, l’un de nos maîtres bouddhistes les plus révérés de notre époque, a quitté son corps. J’aimerais exprimer mes condoléances à tous ses étudiants de par le monde et je souhaiterais aussi nous encourager tous à nous réjouir de son activité sans limite et de son héritage atemporel.

Son décès ne signifie pas qu’il soit parti. Comme il l’a lui-même dit : « C’est seulement du fait de notre mécompréhension que nous pensons que la personne que nous aimons n’existe plus après sa mort. C’est parce que nous sommes attachés à l’une de ses formes, à l’une des multiples manifestations de cette personne... La personne que nous aimons est toujours présente. Elle est autour de nous, en nous et elle nous sourit. »

Notre lignée karma kagyü a un lien spirituel très spécial avec maître Thich Nhat Hanh parce que c’est grâce à sa bonté que nos moniales de Dhagpo Kundreul Ling ont pu recevoir les vœux de pleine ordination monastique, les voeux de bhikshuni (gelongma en tibétain), au Village des Pruniers, en 1994.

Puisque la pratique du vinaya est le fondement de tout mérite et de toute sagesse, il n’existe pas de plus grand cadeau que celui fait à la lignée du Dharma du Bouddha.

En ce qui concerne le monde, je pense que sa contribution principale était – et est encore – la pratique authentique de la spiritualité, sans séparation ni frontière.

Cette spiritualité sans frontière n’était pas que paroles et elle ne signifiait pas non plus mélanger les diverses religions et traditions spirituelles si bien que le caractère unique de chacune serait perdu.

Il a plutôt essayé, sans être source d’afflictions pour les autres, de révéler et de refléter la nature de chaque croyance d’autrui afin que chacun se sente respecté, compris et accepté dans sa singularité et ses différences. Et c’est ce respect et cette acceptation, – ce « laisser être »–, qui permettent aux autres de parvenir à la compréhension qu’au bout du compte, nous sommes les mêmes.

C’est ainsi que les afflictions se calment et s’apaisent, ce qui permet à chacun de voir la « vérité », quel que soit le nom que nous lui donnons.

Une telle activité est reconnue par les bouddhistes comme le Dharma du Bouddha.

Il n’existe rien en quoi les bodhisattvas ne s’impliquent pas, rien qu’ils n’apprennent pas afin d’apaiser les afflictions d’autrui, comme les cinq sciences et tous les outils sociaux, y compris la politique.

C’est ce qu’a fait maître Thich Nhat Hanh.

Le reste nous appartient.

Thayé Dorjé

Sa Sainteté le XVIIe Gyalwa Karmapa



Voir la vidéo en hommage sur Sagesses Bouddhistes

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dimanche 23 janvier 2022

Hommage à Thich Nhat Hanh

 Pour beaucoup d'entre nous, Thich Nhat Hanh a beaucoup compté: que ce soit par son enseignement, profond, joyeux et plein d'humour de la pleine conscience, par sa présence bienveillante et ancrée et par son incarnation d'une pratique méditative mise au service de la société.

Pensées d'amour et gratitude pour ce qu'il apporté et apporte pour un monde plus apaisé, juste et bienveillant...

De tout cœur avec la communauté du Village des Pruniers. Sa présence continuera certainement à nous inspirer et nourrir notre pratique 🌸


- J'ai demandé à la feuille si elle avait peur parce que c'était l'automne et que les autres feuilles tombaient. La feuille m'a dit: «Non. Pendant tout le printemps et l'été, j'étais très vivante. J'ai travaillé dur et aidé à nourrir l'arbre, et une grande partie de moi est dans l'arbre.

Ne dit pas que je ne suis que cette forme, car la forme de feuille n'est qu'une infime partie de moi. Je suis l'arbre tout entier. Je sais que je suis déjà à l'intérieur de l'arbre, et quand je retournerai au sol, je continuerai à nourrir l'arbre. C'est pourquoi je ne m'inquiète pas. En quittant cette branche et en flottant au sol, je vais faire signe à l'arbre et lui dire: 'Ai très bientôt.' "

"..." Ce jour-là, il y avait un vent qui soufflait et, au bout d'un moment, j'ai vu la feuille quitter la branche et flotter jusqu'au sol en dansant joyeusement, car en flottant, elle se voyait déjà là dans l'arbre. C'était tellement heureux. J'ai baissé la tête et je savais que nous avons beaucoup à apprendre de la feuille… -

 Thich Nath Hanh

Thich Nath Hanh a dédié sa vie à l'enseignement de la mindfulness (pleine conscience) mais a aussi été un activiste social engagé. Pionnier du Bouddhisme et de la pleine conscience en occident, il est l'incarnation de la paix intérieure mise au service de la société, de la paix dan le monde.

Texte de Ilios Kotsou

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samedi 22 janvier 2022

En paix avec le désir

 


Le désir est la forme active du mental.
Il est ressenti comme un manque, une sensation d'incomplétude.
Il est fondé sur le sentiment que quelque chose est inconnu, et reste à connaître.
C'est parce que nous nous sentons séparés que nous cherchons à compléter ce qui nous manque par quelque chose d'extérieur.
Mais en réalité, nous avons tout à l'intérieur de nous-même.
La pacification des désirs, c'est cela qu'on appelle la libération.
Swâmi Prajñânpad, Les Lois de la Vie.






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