dimanche 30 août 2020

Se laisser remuer par l'infini (2)

L’alchimie méditative du Tao 

 Qu’elle soit orientale ou occidentale, l’alchimie s’appuie toujours sur le même principe de l’unité fondamentale de la réalité. Elle récuse le dualisme du corps et de l’esprit et tente par ces nombreuses pratiques de rétablir leur communication native.
Le taoïsme, tant dans ses spéculations que dans ses pratiques, s’appuie sur ce principe qu’il exprime souvent par des contes comme dans le recueil du Liezi, où l’on parle d’un maître arrivé à un tel degré de liberté qu’il peut jouer un tour à un médecin charlatan en changeant à chacune de ses visites la physiologie de son corps. Ou encore de ce musicien qui parvient en raison de la profondeur de sa concentration à faire naître une saison à chaque pincement des cordes de sa cithare. Ce ne sont là que des images qu’il ne faut pas prendre au pied de la lettre. L’image sied bien à la pensée alchimique qui emprunte toujours à dessein la langue symbolique, car l’imaginaire est une dimension elle aussi intermédiaire qui permet la circulation entre l’intelligible et le sensible.
 
Ainsi, presque dès leur origine, les pratiques taoïstes ont toujours cherché à atteindre l’esprit par la transformation du corps. Durant la première dynastie impériale des Han (206 av. J.-C. - 220 apr. J.-C.), ces pratiques furent bien souvent pharmacologiques. Par la fabrication et l’absorption de pilules qui concentraient des principes très actifs, les pratiquants cherchaient à atteindre l’immortalité. Sous ce terme, il faut certes entendre ce qu’il signifie couramment, mais y voir aussi une forme d’Eveil intégral, tant du corps que de l’esprit.
Toutefois, cette voie « externe » de l’immortalité n’était pas sans danger. Parmi les substances qui entraient dans la composition des pilules figurait le cinabre. Ce dérivé du mercure, hautement toxique, faisait souvent obtenir un résultat inverse à celui escompté... 

Ainsi, à cette alchimie externe, s’est progressivement substituée une alchimie interne basée cette fois sur des exercices de concentration visant à révéler puis libérer les ressources du corps subtil. L’influence de la méditation bouddhique et des yogas indiens est clairement perceptible dans ce changement de méthode. Par une attention de plus en plus fine, le méditant taoïste entre en son corps comme en un pays secret, un monde au sein du monde, auquel il s’éveille progressivement en percevant un ensemble de correspondances. A chaque organe correspond une saveur, une couleur, un élément, un état d’esprit, une saison, une planète... Méditer consiste ainsi fondamentalement à rétablir dans toute sa liberté la communication de tout avec tout ou, comme le disait Zhuangzi, « à se laisser enfin remuer par l’infini ».

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samedi 29 août 2020

La Voie méditative du Tao (1)


Les innombrables traditions et pratiques du taoïsme chinois ont pour horizon commun le dào ou tao - la Voie -, l'ordre du monde, le flot dans lequel l'homme doit se laisser entraîner.
Pour y parvenir, la méditation, conçue comme une « alchimie interne » joue un rôle essentiel.

Alexis Lavis


...Mais avant de voir comment se déploie l’horizon méditatif propre au taoïsme, concentrons-nous sur le sens même de ce terme, dào ou tao. On le traduit communément par « Voie ». Si cette traduction n’est pas fausse, elle ne rend pas pleinement compte de toute la richesse du sinogramme. Il est en effet composé de deux parties.
L’élément de droite désigne l’idée de mouvement, l’allant, de quelque chose qui entraîne et nous entraîne. L’élément de gauche signifie à la fois la rectitude et l’ordre ou l’ordonnancement. Si l’on associe ces deux sens, nous obtenons celui de « régulation ». Le dào, bien plus qu’une voie ou qu’un chemin statique est tel un courant (au sens océanique) qui anime autant qu’il régule. Il ne s’agit donc pas tant pour le pratiquant d’emprunter un chemin que de se laisser entraîner par une lame de fond à même de transformer toute son existence en la replaçant dans une régularité plus originaire, plus vitale que les règlements nés des conventions, des circonstances et des caprices de la volonté. Ainsi le dit Liezi : « Le pratiquant rentre dans le grand métier à tisser du dào, le va-et-vient de la navette, la série des transformations qui recommence inlassablement. »


MÉDITER DANS L’HORIZON DU DÀO?

« Méditation » se dit ordinairement chân en chinois. Ce terme est la translitération phonétique du sanskrit dhyâna, qui est un des noms de la méditation dans le bouddhisme. Malgré son origine étrangère, les taoïstes recourent aussi à ce mot pour désigner leurs pratiques méditatives; principalement celles qui ont pour fin l’apaisement, l’approfondissement du silence et du repos (jing). L’influence du bouddhisme ne se réduit d’ailleurs pas au seul emprunt nominal. Les différentes écoles du taoïsme ont en grande majorité repris les techniques méditatives bouddhiques d’attention à la respiration, au corps et aux pensées en vue de cultiver un sens très fondamental de paix. Ainsi le terme « chân » désigne-t-il pour elles un ensemble de pratiques dédiées à la quiétude du corps comme de l’esprit.
Mais il existe un autre mot, celui-ci proprement taoïste, pour signifier l’ensemble des pratiques dites méditatives, et qui nomme fort bien la visée originale de la méditation dans l’horizon du dào : xiü liàn.
Le premier terme (xiü) est habituellement traduit par « pratique », mais il faut l’entendre à partir des idées de réparation, de fixation puis de décoration ou d’ornementation. Il s’agit ainsi d’une activité d’amélioration opérée à partir d’une consolidation et d’un embellissement.
Le second terme (liàn) est des plus intéressants. Il signifie littéralement « sélectionner par le feu » - chez nous « passer à l’épreuve du feu ». On le retrouve dans des expressions relatives à l’art de forger le métal, de raffiner l’huile ou d'extraire ainsi la méditation taoïste comme une pratique de transformation, de transmutation, où l’esprit devient corps et le corps esprit, tous deux réunis dès lors dans une vitalité renouvelée.
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vendredi 28 août 2020

"Principes pour le développement d'un esprit complet :



1) Étudier la science de l'art.
2) Étudier l'art de la science.
3) Développez vos sens - surtout apprenez à voir.
4) Réalisez que tout est lié à tout le reste".
Léonard de Vinci
Note : Le mot esprit vient du latin « spiritus » (dérivé de spirare = souffler) qui signifie souffle, vent. L'esprit n'est donc pas limité au mental, mais réfère à tout ce qui circule librement comme nos élans et nos actes créatifs. (Fabrice Jordan)

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mercredi 26 août 2020

Massage énergétique du visage


Posez vos mains à plat sur votre ventre et respirez normalement, sentez comme elles se chargent d’énergie chaude. 
Ensuite très doucement posez vos mains sur votre visage comme un masque. 
L’énergie bienfaisante rafraîchira votre visage ainsi que vos yeux qui resteront fermés. 
Au bout de quelques instants, faites glisser vos mains sur le côté, comme si vous ôtiez le masque. 

Souriez et portez sur vous-même un regard plein de compassion et d’indulgence.


Source : "La pause de 90 secondes" par Rolf Herkert

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mardi 25 août 2020

Le prochain pas... de lumière


La vie amène le prochain pas : ce n'est pas moi qui décide. 

Quand vous vous laissez porter par le courant, le courant vous fait contourner la pierre: vous ne pouvez pas décider. Plus vous comprenez que votre vie est inévitable, dans ses grandeurs comme dans ses petitesses dans ses joies comme dans ses peines, plus vous êtes à l'écoute de l'inévitable. Le pas se fait, vous ne faites plus de pas. 

Plus de souci, plus d'hésitation : vous n'avez rien à perdre ni à gagner. 
Vous découvrez alors qu'il n'y a plus de sagesse non plus. Ceux qui ont des expériences spirituelles sont tout à fait respectables, mais cela vous laisse indifférent. Ce qui peut être expérimenté ne vous concerne pas. Ce qui vous concerne, c'est la lumière derrière l'expérience. Vient un moment où l'on éprouve presque une forme de répulsion envers ce que l'on peut expérimenter. Toute expérience est mentale et ce qui est au-delà du mental ne s'expérimente pas. L'écoute ne peut s'objectiver. Le dynamisme vous quitte. 

Eric Baret 
De l'Abandon

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lundi 24 août 2020

Fais comme l'oiseau !

« Au lieu de voir les choses comme vous les imaginez, 
apprenez à les voir comme elles sont. 

Quand vous pourrez voir chaque chose comme elle est, 
vous vous verrez également comme vous êtes. »

Sri Nisargadatta Maharaj



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dimanche 23 août 2020

Être simple

 

Par une nuit noire, profonde et lourde, Jeha le Simple entendit un gémissement venant du fond du puits. Il passa son chemin en courant, tant il était couard. Il crut à un djinn caché derrière la margelle. Celui qui venait dans son sommeil le tirer par les pieds. Ou encore de ces esprits frappeurs qui martèlent les rêves pour les faire basculer au cauchemar et troubler la paix des dormeurs. Alors Jeha se mit à chanter fort pour se donner du courage. Mais la voix du fond du puits devint un appel pressant dont la détresse fit frissonner le Simple.

Malgré sa frayeur bien grande, Jeha en appela à Dieu pour trouver le courage de franchir les quelques mètres qui le séparaient du cri.

Petit à petit il discerna des mots, des appels au secours, ce qui finit par lui donner courage. Il se dressa, fort, droit, tel un guerrier qui part affronter les forces de la nuit.

Quelques centimètres plus tard, il comprit le sens des mots qui lui parvenaient.

« S’il te plaît, toi qui passes là-haut, toi qui entends ma voix, mon appel au secours, tends une corde au pauvre érudit que je suis. Je cherchais au fond du puits la vérité que l’on dit s’y cacher, je cherchais le sens de la vie.

- La vérité ? C’est que tu es tombé, et tu t’es mouillé d’eau, dit Jeha.

-Ah, pourquoi ajouter à mes misères? Tu écorches mes oreilles de pléonasmes infâmes ! Avoir tant étudié pour entendre tant d’ignorance ! Je te reconnais bien là, Jeha, le simple du village. Si je suis dans l’eau, je suis forcément mouillé ! Corrige-toi, s’il te plaît, et apprends à parler.

-Tu as raison, Érudit, je vais de ce pas apprendre le beau langage et reviendrai te sortir du puits quand je saurai parler. »


Conte d’Orient
source : Le grand livre de la sagesse de Yveline Brière

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samedi 22 août 2020

Politesse avec la Vie


Le jour où je vais disparaître, j'aurai été poli avec la vie car je l'aurai bien aimée et beaucoup respectée. Je n'ai jamais considéré comme chose négligeable l'odeur des lilas, le bruit du vent dans les feuilles, le bruit du ressac sur le sable lorsque la mer est calme, le clapotis. 

Tous ces moments que nous donne la nature, je les ai aimés, chéris, choyés. Je suis poli, voilà. Ils font partie de mes promenades et de mes étonnements heureux sans cesse renouvelés. Le passé c'est bien, mais l'exaltation du présent, c'est une façon de se tenir, un devoir.

Dans notre civilisation, on maltraite le présent, on est sans cesse tendu vers ce que l'on voudrait avoir, on ne s'émerveille plus de ce que l'on a. On se plaint de ce que l'on voudrait avoir. Drôle de mentalité! Se contenter, ce n'est pas péjoratif. Revenir au bonheur de ce que l'on a, c'est un savoir vivre...


Olivier de Kersauson 
Extraits de "Promenades en mer et étonnements heureux."

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vendredi 21 août 2020

Vigilance et présence


"Quand on regarde vraiment quelqu'un, on est devant lui comme sa mort bienveillante, on l'aide à se défaire des enveloppes qui entourent son âme et l'oppressent. 
Une suie de néant se dépose sur notre visage au long de notre vie. 
La mort est le gant de crin avec lequel Dieu nous débarbouille. 
L'attention commence ce travail." 

Christian Bobin
 Prisonnier au berceau

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jeudi 20 août 2020

Article sur la pratique par Alain Bayod

Il y a quatre ans le cancer et son arrivée brutale m'a rappelé  dans la douleur une évidence à méditer pour toute personne engagée sur une voie spirituelle, quelle qu'en soit la forme : l'Essentiel réside dans la pratique, maintenant. Jusque-là tout le monde est d'accord. Mais le secret de la pratique réside dans l'engagement et dans l'intensité de cette fameuse pratique. Dit autrement, de manière familière, il existe  une pratique "plan-plan", tiède, cool, peu exigeante, une pratique de "train-train" dont le mental arrive à nous persuader que c'est bien suffisant. La vraie pratique est toute autre. C'est celle où je joue ma peau,  celle qui s'impose quand l'incertitude et la mort rôdent, la pratique du guerrier sur le champ de bataille, "férir ou périr" selon l'expression du Moyen-âge. Le paradoxe est que cette pratique intense est une pratique de non action, d'abandon, de lâcher-prise, de détente, de simplicité, d'innocence, d'émerveillement et de Joie. Or nous associons généralement l'intensité du guerrier à l'action, l'affirmation, la tension, la volonté, l'héroïsme et le drame. 
Nous sommes dans une situation où l'incertitude et la mort rôdent, nous sommes donc dans une situation favorable à l'expérience de ce paradoxe. Nous sommes dans la meilleure situation pour une pratique intense et détendue,  une pratique connectée à l'Essentiel, une pratique joyeuse.
Nous sommes dans une situation - différente pour chacun - qui est réellement favorable pour faire de notre quotidien un Ashram.

Christiane Singer a écrit il y a presque trente ans:
"Le défi de notre époque n'est ni un défi économique, ni un défi politique, ni un défi scientifique, c'est un défi d'ordre à la fois psychique et mystique. Si dans ce monde où elle menace de disparaître, nous ne réveillons pas en nous la dimension d'éternité, de contemplation, d'accueil, la dimension féminine et sacrée. Si nous ne créons pas ces enclaves de silence où la frénésie se trouve suspendue, nous aurons oublié nos vocations d'hommes et de femmes"
Imprégnons nos quotidiens d'Essentiel.
Ne manquez pas nos rendez-vous quotidiens. Courage. Confiance.
Alain et Corinne

mardi 18 août 2020

Souvenirs d'un travail de connaissance de soi


Peu à peu, ressentir pleinement... 
puis voir en l'autre ce que l'on n'a pas vu en soi. 
Et se découvrir.
Devenir plus vulnérable...
Merci pour ces pas de plus en plus adulte sur ce chemin!





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