lundi 23 avril 2012

Enluminons le présent avec Jean-Luc Leguay

Je débute la semaine en couleurs qui actuellement enluminent la nature.


Enivré par l'explosion des couleurs de la nature, le contraste est douloureux lorsque je suis de retour en ville. Mon oeil est agressé partout, en permanence. Ce déploiement de couleurs dans les journaux, les publicités criardes dans les rues me font violence. 


Après avoir connu les formes et les couleurs vraies, arriver à vivre dans le monde qui nous entoure est le combat d'un preux chevalier. J'ai envie de fermer les yeux devant ce chaos général de la couleur fausse et gratuite. Cela nous freine en profondeur, cet étalage tapageur est une barrière de plus à franchir pour arriver à la réalisation de nous-même. 


Il y a un effort supplémentaire à fournir, inconscient mais épuisant, pour trouver une harmonie intrinsèque au milieu de tout ça. Nous sommes souvent malheureux sans nous rendre compte que nous sommes sous influence. Combien d'entre nous partent un week-end dans la nature en disant "Je pars pour me retrouver " ? 
Nous allons aussi, et surtout, retrouver les formes et les couleurs vraies.


Jean-Luc Leguay, "Le maître de lumière", Ed. Dervy Poche, p. 122



dimanche 22 avril 2012

Le maître de Lumière de Jean-Luc Leguay

C'est le récit d'un chemin initiatique haut en couleur que je vous recommande à la lecture. Phytospiritualité avait déjà présenté cet homme. Il est bon de le rencontrer de nouveau...



Comme le danseur s'exerce à la barre sans relâche avant de voir ses efforts couronnés de succès, mon corps peu à peu se transforme. « Ce travail d'entraînement et d'enchaînement est capital si tu veux, un jour, prétendre représenter sur l'enluminure un vêtement de Dieu et non une forme de ton propre chaos », insiste mon Maître. Je comprends, grâce aux énergies que l'initiation a réveillées en moi, que briser une caillasse peut devenir un geste rituel qui agit sur moi en même temps que sur la matière. Avant et après ces trois jours, je ne travaille plus de la même façon. Je ne change pas seulement d'attitude, je change dans l'être. Au moment de moudre un caillou qui donnera du rose, j'entre dans la contemplation de la couleur. Et plus la poudre rose devient fine, plus elle libère son message et me guide dans mes méandres intérieurs : dans une sorte de vision, je sais alors dans quel contexte cette couleur va s'inscrire et je connais la signification profonde qu'elle donnera à l'enluminure. Une couleur enfermée dans un pot n'est rien, elle ne prend son sens et n'ouvre la voie qu'en illuminant une forme. 


Je comprends peu à peu l'enseignement souterrain, la vertu qui résident dans les gestes les plus humbles : lorsqu'un geste est juste, il n'y a pas à réfléchir, à l'interpréter, il se transcende en soi... Il peut avoir la beauté des gestes d'un officiant. Car il dénote le comportement confiant d'un homme uni à tout. Dès lors, casser une pierre a la même importance que dresser délicatement une auréole bleue autour du visage et des yeux baissés de la Vierge. "Comme tu as trié la terre pour en isoler la matière lourde et en faire jaillir la lumière, traverse ta propre matière, purifie-la en séparant le vil du subtil. Soumets la matière tour que le mystère et le réel ne fassent plus qu'un ", m'enseigne mon Maître. 


Je quitte mes sens ordinaires — les mélanges sont pestilentiels, la pierre est dure —, je me dirige vers mes sens spirituels, je vois au-delà de la forme, de la couleur, du toucher. Geste après geste, je cours d'éveil en éveil, je me libère, à mon rythme, de ce qui me bloque. Mes empêchements se dénouent. Même le bruit de mon marteau sur la pierre se transforme, au fil des mois, en incantation. Je pressens que là va être la clé de ma transformation. Un jour, une faille libératrice s'ouvre, l'esprit change de niveau et la pierre travaillée avec patience livre son trésor caché : ma propre pierre intérieure, réduite en poussière, se transforme, à son tour, en lumière bleue, jaune, rouge... 


L'enseignement ne pouvait être qu'oral et expérimental : ce que j'apprends doit être vécu, assimilé, jamais oublié. Tout est déjà imprimé en moi. Je suis un livre vivant qui, depuis l'origine, porte le secret de toutes mes transformations futures. 


Je réalise, avec des mois de recul, que, lors de l'initiation, le Maître m'a fait travailler sur les quatre éléments, terre, air, eau et feu. Ce sont les éléments constitutifs de la vie terrestre. Or, ces éléments nous fixent, nous suspendent, nous, la création, dans un état transitoire. Un enlumineur doit s'affranchir de cet état transitoire pour rejoindre un état d'éternité. « Tu dois prendre conscience de la quintessence qui se dissimule derrière chaque élément, chaque instant"...

Jean-Luc Leguay, "Le maître de lumière", Ed. Dervy Poche, p. 92-93

samedi 21 avril 2012

Longévité et bien vieillir...

Deux sujets qui nous portent : résilience et conation... si possible sans répression de la colère.

vendredi 20 avril 2012

Karlfried Graf Dürckheim et Jacques Castermane (3)

Dernière partie  ( 18 min.)

source : Les racines du Ciel (France Culture)

Nouvelles Clés. : Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez appris sa mort ?

Jacques Castermane : Des amis allemands m’ont téléphoné en fin de soirée le 28 décembre. Ce n’ était pas inattendu, au contraire. Je savais pour l’avoir revu quelques semaines plus tôt que cela pouvait arriver à chaque instant. Il n’empêche que ce qui m’a envahit, doucement, c’est une profonde tristesse. La tristesse de la séparation définitive de l’être proche. Mais en même temps je peux dire que j’ai reçu cette nouvelle très calmement parce que dans l’ordre des choses, c’est-à-dire qu’un travail sur le Chemin vous invite à intégrer ce qu’on appelle la vie et ce qu’on appelle la mort. Nous avions bien souvent envisagé le thème de la mort.

N. C. : Que vous disait-il de la mort ?

J. C. : Là encore me reviennent en mémoire quantité de souvenirs. Le 29 décembre, Christina et moi avons pris la route à quatre heures du matin pour le revoir une dernière fois. Graf Dürckheim reposait dans son bureau, là où je l’avais rencontré si souvent. Dès l’instant où je pénétrais dans cette petite pièce de quatre mètres sur quatre, je me sentais touché par une ambiance pénétrante et enveloppante : un silence.

Et dans cette dernière rencontre s’imposait le souvenir de ce qu’il disait du silence : "il y a le silence de la mort, où plus rien ne bouge ; et il y a le silence de la vie où plus rien n’arrête le mouvement de la transformation". Ce silence impressionnant était celui de la vie. Ou, comme il aimait à le dire, le silence de la grande Vie ?

Dans le cadre d’une leçon, Graf Dürckheim me pose une question inattendue : "Jacques, pensez-vous à la mort chaque jour ?" Il ne me faut pas réfléchir longtemps pour répondre que non. "Quel âge avez-vous ?" J’avais quarante-deux ans. "Si à quarante-deux ans on ne pense pas à la mort chaque jour c’est l’expression d’un manque de maturité !"

jeudi 19 avril 2012

K.G. Dürckheim par Jacques Castermane (2)

"Vous ne respirez pas, en ce moment, pour vivre dans deux ans.


Vous respirez, en ce moment, pour vivre en ce moment ! »


K.G. Dürckheim


Partie 2 ( 18 min.)

mercredi 18 avril 2012

Karlfried Graf Dürckheim et Jacques Castermane (1)






Jacques Castermane, a suivi de 1967 à 1988 l'enseignement de Karlfried Graf Dürckheim. Depuis 1981, il anime une école de méditation dans la Drôme (Le centre Dürckheim). Il a publié des entretiens avec ce maître : Le Centre de l'Être, aux éd. Albin Michel et, aux éd. de la Table Ronde, La Sagesse exercée, avec une préface d'André Comte-Sponville.



Partie 1 ( 15 min.)



mardi 17 avril 2012

Cuisson des aliments...

Je suis un peu cuit actuellement...voici une émission qui nous parle crûment de notre alimentation...

lundi 16 avril 2012

Résonances...

«La majorité des gens croit que nous recherchons tous un sens à notre vie. 
Je ne crois pas que c'est ce que nous cherchons. 
Je crois que ce que nous cherchons est l'expérience d'être vivant, de manière à ce que nos expériences de vie sur le plan purement physique soient en résonance avec notre réalité la plus profonde et intime, pour que nous puissions vraiment ressentir l'extase d'être vivant. »

Joseph Campbell
(Joseph Campbell, Bill Moyers, Puissance du mythe, J'ai lu, 1991)

dimanche 15 avril 2012

Voir et Croire...

Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu...
(Jn 20, 31)
Thomas l'incrédule (miniature du XIIe siècle)


Les deux occurrences de « voir » correspondent à deux verbes grecs différents : horaô et eidon. Il vaudrait mieux dire : « Parce que tu as regardé, tu crois ; heureux ceux qui croient sans avoir vu. » C’est qu’en vérité, il ne suffit pas de voir pour croire. Si bien que même la foi de Thomas dépasse la simple vision. Comme le dit Grégoire le Grand : « Il a vu un homme, mais il a cru un Dieu. »


source La Vie

samedi 14 avril 2012

Comment prier avec Soeur Emmanuelle

La manière de prier n’est pas toujours la même, elle évolue au cours de la vie et, au fur et à mesure que les années passent, elle se simplifie beaucoup. Quand j’étais jeune, j’aimais les belles prières mystiques. On est transporté par ces prières et, au moment où on les fait, on se sent consolé, heureux de prier et d’être avec Dieu. On est aussi content de soi parce qu’on a l’impression de bien prier et que notre âme est remplie de choses belles et bonnes. À un certain moment de la vie, il peut nous arriver de traverser une période durant laquelle on ressent une certaine aridité : la prière n’apporte plus de consolations, on s’ennuie en priant, on essaye d’écourter le temps consacré à la prière. Cela m’est arrivé à moi aussi. Notre Règle prévoit en effet une demi-heure de prière le matin et une demi-heure le soir, et quelquefois cela me semblait trop.


Et finalement, je suis arrivée à la troisième étape, celle de la prière du pauvre. On commence à se rendre compte que la prière devient quelque chose de vrai quand on se trouve devant Dieu dans toute notre nudité, notre faiblesse, notre impuissance, avec les distractions qui sont les nôtres. La prière devient quelque chose de vrai ; chaque être humain en effet a ses propres limites, plus ou moins grandes, selon sa propre condition et la période de la vie qu’il traverse. Dans la vieillesse, nous sommes obligés de voir nos limites, nous les touchons du doigt ; je crois que nous sommes alors plus proches de Dieu, (…) Dieu se penche avec prédilection sur l’être faible, sur l’être sans défense qui crie vers lui en demandant de l’aide. On se rapproche à ce moment-là de la prière du Christ sur la croix, (…) « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Évangile de Matthieu 27, 46 ; Évangile de Marc 15, 34).


Dans l’Évangile, nous voyons que Jésus prie Dieu en l’appelant « Abba ». Abba, en araméen, est un mot très simple que l’enfant utilise pour appeler son père. Un jour où je me trouvais sur les rives du Jourdain, (…) je vis un enfant sur le rivage qui voulait sauter dans l’eau, mais qui avait peur. Alors, il s’est mis à crier : « Abba ! Abba ! » et son père est arrivé immédiatement, lui a tendu les bras, et l’enfant s’est jeté à l’eau dans les bras de son papa. Je n’ai jamais oublié ce moment, avant tout parce que je me trouvais au bord du Jourdain, et puis à cause de ce cri : « Abba ! », suivi de l’arrivée immédiate du père. C’est devenu pour moi un symbole de la prière et de la vie spirituelle. On est sur terre et on a peur de l’eau, de la vie et on crie, on crie : « Abba ! Papa ! » C’est le cri de la confiance. C’est un terme affectueux qui signifie « mon cher papa ».


Mais pour arriver à prier ainsi, on doit traverser des moments d’épreuve, quand la prière ne semble plus avoir de goût, quand on ne sait plus bien à quoi elle sert, puisque, évidemment, Dieu ne nous répond pas de manière sensible. Et alors, quand on en arrive à ce point, où l’on se demande à quoi cela sert de prier, on peut dire : « Tu es mon papa, aide-moi. »
C’est à ce moment qu’entre Dieu et l’homme advient une sorte de symbiose, une union intime et très ­profonde (…). Mais même si notre prière part de ce cri : « Abba, papa ! J’ai peur, je n’y arrive pas, viens m’aider ! », cela ne se passera pas comme pour l’enfant sur la rive du Jourdain qui voit arriver immédiatement son père qui le serre dans ses bras (…). Cela se fera pourtant d’une manière plus forte que dans la vie sensible, d’une manière plus durable, éternelle, non passagère, parce qu’il s’agit d’une relation, d’un lien avec le Dieu tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible. Quand ce lien part d’un cœur de pauvre, il acquiert une force incroyable. Aujourd’hui, ma prière est devenue quelque chose d’extrêmement simple.

Ce texte est tiré des entretiens, jusqu’ici inédits, entre sœur Emmanuelle et Angela Silvestrini centrés sur les questions existentielles que chacun se pose. Éditions du Rocher, 17 €.

vendredi 13 avril 2012

Voir différemment ses traumatismes...

L’EMDR, thérapie d’intégration neuro-émotionnelle par des stimulations bilatérales alternées (mouvements oculaires ou autres), a été découverte en 1987 par une psychologue américaine Francine Shapiro.
L’EMDR permet la remise en route d’un traitement adaptatif naturel d’informations douloureuses bloquées (par exemple après un choc traumatique), la mobilisation de ressources psychiques et la restauration d’une estime de soi déficiente.

jeudi 12 avril 2012

Nos gestes disent tout de nous...Albert Palma



"L'essentiel de nos vies peut se ramener à une suite de gestes, harmonieuse ou chaotique. Comparée à celle des peuples plus proches de la nature, notre gestuelle d'humains modernes révèle de graves troubles mentaux, car c'est avec tout notre corps que nous réfléchissons _ les Grecs disaient : "L'homme pense parce qu'il a une main."


Comment revenir à cet essentiel au coeur de nous ?"


Albert Palma



Pour en savoir plus

mercredi 11 avril 2012

La médecine chinoise (2)

Cuisine diététique, préparations médicinales, masseurs de rues, qi qong... une panoplie pour le bien être.
La partie "travail à distance" est impressionnante...