dimanche 8 mai 2011

Savoir glisser avec Alexandre Jollien

À l’heure où le Japon donne une leçon d’humanité, de courage et de solidarité, à l’heure où le pays du Soleil-Levant est cruellement frappé, j’ai demandé à mon professeur de japonais un dicton qui puisse illustrer la philosophie de ce peuple. Il m’a cité : « Kofuko no kaidan wa subekkoi », ce qui signifie : « L’escalier du bonheur est glissant. » À première vue, je n’ai pas trouvé tout cela terrible. Je cherche, tant qu’à faire, dans la félicité, un état stable et durable, quelque chose qui résiste aux coups durs, qui demeure, qui soit coriace, en somme : l’ataraxie des grecs, l’apathie du stoïcien qui ne bronche pas dans l’épreuve. Pourtant, en y réfléchissant d’un peu plus près, je me demande si la joie ne consisterait pas tout simplement à savoir glisser, à emprunter l’escalier du bonheur sans s’accrocher. Dans cet art, les traditions religieuses se rejoignent. Le Bouddha invite à la non-fixation, Jésus au détachement, au renoncement à soi, à la légèreté évangélique, en un mot. Dès lors, considérer l’existence comme un escalier, c’est peut-être rester attentif, disponible à ses hauts et ses bas, aux imprévus du quotidien, aux coups plus ou moins fatals du sort.

Dans mes fantasmes, je ne désire surtout pas descendre, et pour tout dire, je souhaite carrément monter toujours, marche après marche, vers le sommet et encore plus haut… Ce proverbe me ramène à l’ici et maintenant, à la vie et à ses règles du jeu. Je me sens si éloigné de ces volontaires qu’on appelle « liquidateurs », engagés de leur plein gré pour accomplir une tâche qui pourrait leur être funeste. Je ne suis pas prêt à dégringoler dans l’escalier du bonheur, je ne suis pas libre de courir ces marches en haut et en bas. En ce moment, cependant, des petits ennuis mécaniques me rappellent à l’ordre. Ma santé fait aussi des hauts et des bas, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle reste fragile. Un jour, il y a un léger mieux, et le lendemain, tout est à recommencer. À nouveau, considérer la santé psychique ou physique comme un escalier congédie la tentation de s’installer dans un état et nourrit une sorte de gratitude paradoxale. Aujourd’hui, je vais bien. Tant mieux. Demain est un autre jour. Le philosophe avait un peu oublié son corps handicapé et, négligeant, je suis ramené à l’ordre. 


Pour agir et tenter de monter quelques marches vers le mieux être, je pratique depuis peu le judo, la voie de la souplesse. Les premières leçons ont été consacrées à apprendre à chuter, ramasser une gamelle sans se faire mal, sans se crisper comme sur l’escalier du bonheur. Tomber avec aisance, prudemment, tout en douceur. Cent fois par entraînement, je suis à terre et je me relève. Cela me fait penser à un moine à qui l’on demandait ce qu’il fabriquait dans un monastère. Il répondait : « Je tombe, je me relève, je tombe et je me relève. » Là aussi, il s’agit de ne s’accrocher à rien. Quand la joie me visite, je la laisse habiter en moi, lorsqu’elle me déserte quelque temps, je ne m’affole pas. L’autre jour, à l’entraînement, un jeune homme a longuement sangloté. Il avait sans doute descendu quelques marches dans l’escalier de la performance. J’ai beaucoup pensé à lui. Je pleure parfois mais pas pour le judo. Sur le tatami, à chaque fois que je tombe, je rigole plutôt car, me revient à l’esprit la parole d’un médecin qui me prédisait que je ne marcherais jamais. C’est certainement l’avantage de partir du plus bas de l’échelle. Mais voilà que je dégringole méchamment si je commence à faire des hiérarchies. Chaque marche est occasion.

Alexandre Jollien est un philosophe et écrivain né en 1975 à Savièse, en Suisse. Son dernier livre, le Philosophe nu, est paru au Seuil. (Source : La Vie 2011)

samedi 7 mai 2011

Le temps des cerises

Les cerises sont particulièrement riches en vitamines (A et C), en minéraux (cuivre, notamment) et en antioxydants, principalement anthocyanines. Ce sont plus spécialement les cerises rouges et acidulées (griotte, 'Montmorency', 'Balaton') qui sont intéressantes en raison de leur pouvoir antioxydant. Elles sont à privilégier lorsqu'on veut en faire une cure de santé, car elles sont également moins sucrées et moins caloriques que les bigarreaux, par exemple (environ 2% de sucre en moins). Des études cliniques ont montré que le jus de cerises acidulées avait des effets positifs avérés sur la prévention des maladies cardiovasculaires, de certains cancers et des douleurs inflammatoires. De plus, l'action diurétique de la cerise la rend particulièrement utile en cas de douleurs articulaires.
Toutefois, plus que le fruit, c'est surtout la queue de cerise qui est réputée pour cette propriété déjà mentionnée par Pline l'Ancien. En effet, la décoction de queues de cerise (10 à 15 g par tasse, 2 à 3 fois par jour) est un des remèdes naturels les plus réputés pour faciliter le drainage de l'organisme et lutter contre la rétention d'eau.


Propriétés diurétiques :
Ces effets diurétiques seraient dus à la présence de flavonoïdes et de sels de potassium. Ils ont été confirmés scientifiquement par une étude publiée en 2009, qui a aussi montré qu'ils pouvaient s'accompagner d'une élimination accrue de sodium et de calcium. Par conséquent, une cure de queues de cerises peut être contre-indiquée chez les personnes souffrant de calculs rénaux.
Il est facile de récolter et faire sécher les pédoncules des cerises en prévision des tisanes pour toute une année. Toutefois, il faudra privilégier les cerises du jardin ou les cerises bio, car les pédoncules peuvent concentrer les pesticides des cultures conventionnelles.

Source : Les 4 saisons du jardin

vendredi 6 mai 2011

Chogyam Trungpa par Fabrice Midal

Fabrice midal nous parle de l'enseignement du bouddhisme par Chögyam Trungpa (Il a fait œuvre de pionnier en apportant les enseignements bouddhistes du Tibet en Occident au début des années 1960.)
On ne peut saisir la dimension de présence du Bouddha...

jeudi 5 mai 2011

De l'énergie avec les purées d'oléagineux

Les purées d'oléagineux sont très pratiques à utiliser: une cuillère à soupe dans un curry, une poêlée ou une soupe, une autre dans des gâteaux aux fruits ou au chocolat, encore une autre dans des cakes, quiches et clafoutis (salés ou sucrés)...

mardi 3 mai 2011

La découverte accélérée des plantes

En accéléré pour mieux voir que les plantes vivent en prenant leur temps !

lundi 2 mai 2011

Sortie le 9 mai... Le Jeu des Miroirs


Le jeu des miroirs
Découvrez votre vrai visage avec
Douglas Harding et Jules Supervielle
par Sabine Dewulf
 Illustrations de Josette Delecroix

Au-delà de nos caractéristiques physiques, prenons-nous suffisamment en compte les richesses qui constituent l’ensemble de notre être ? Quelle image avons-nous de nous-même, sinon celle d’un moi permanent et distinct du reste du monde ? Une image presque figée et reconnaissable dans un miroir, que nous enfermons trop facilement dans les frontières de notre corps…


Le Jeu des Miroirs vous propose une approche différente : la vraie découverte de votre visage infiniment plus riche et vivant que vous ne le pensez, grâce à des exercices inventés par Douglas Harding, un sage contemporain.


Ce coffret, comprenant un livre et 52 cartes, vous entraîne à déployer votre être vers un accomplissement universel. Il vous offre le moyen de vous connaître davantage et d’établir une relation moins crispée, plus juste, bienveillante et harmonieuse avec vous-même. Vous prendrez peu à peu conscience de votre je profond en explorant toutes vos possibilités d’être vous-même.


Chaque carte présente un symbole ou un bref poème, tous tirés de l’œuvre de Jules Supervielle. Ce symbole ne parle que de vous et de vos propres possibilités d’évolution : de l’être instinctif et égocentré du début (le Chasseur) à celui qui se rend réceptif à l’univers entier (la Mystique)…


À travers le Survivant, la Guérisseuse, la Méditante, l’Animal, la Paysanne, libérez-vous peu à peu de l’identification à des modèles et devenez ouvert et accueillant pour les autres et pour vous-même !


Sabine Dewulf, agrégée de lettres et docteur ès lettres, professeur de français au collège, a publié plusieurs livres sur la littérature du XXe siècle. En juin 2004, le Souffle d'Or publie son œuvre Les Jardins de Colette, sous la forme d'un coffret.

ou disponible au Souffle d'Or

dimanche 1 mai 2011

Comme un cheval rétif... par Joshin Luce Bachoux

Je suis devant la douleur comme un cheval rétif devant une rivière. Grosse de courants dangereux, d’obstacles et de dangers, cette rivière m’effraie, et j’essaie de toutes mes forces de ne pas y entrer. Je ne veux pas y aller, je me bloque, je refuse, et pourtant il n’y a pas d’autre chemin à ce moment-là devant moi. Ou plutôt, car mon image n’est pas tout à fait juste, je suis déjà dans le cours de la rivière, et je suis déjà en train de me débattre de peur de m’y noyer.
Tout naturellement, la douleur m’effraie : je sais qu’elle va me dépouiller de mes repères et de mes projets. La douleur nous met à nu : comme un torrent forçant une digue, elle arrache au passage nos certitudes, elle nous montre fragiles, là où nous nous pensions forts.


Alors je cherche un raccourci, un chemin de traverse qui m’évitera cette épreuve de la douleur ; parfois je tente de fermer les yeux, de la nier, de faire « comme si » elle n’existait pas ; d’autres fois, je m’y laisse engloutir, pensant que si je m’y perds, si je disparais, il n’y aura plus personne pour subir cette douleur.
Mais ces deux tentatives sont des leurres : pour parvenir à la non-douleur, il n’y a pas d’autre chemin qu’accepter la douleur. La fin de la douleur se trouve dans la douleur même.
Le Bouddha a dit que, pendant notre vie, nous sommes frappés de deux flèches : la première, celle à laquelle nul n’échappe, est la douleur physique – maladie, invalidité, amoindrissement dû à la vieillesse – ou morale – regrets, séparation, deuils. Mais la seconde, qui la suit, est la peur de cette douleur ; et celle-là, lorsque nous la reconnaissons, peut être évitée. La flèche de la douleur prend de multiples formes, mais il n’est pas de vie qui en soit exempte. Elle est inévitable. Mais la flèche de la peur, celle-là, nous en sommes à la fois auteur et victime. Cette flèche s’appelle « Non ».


La peur nous fait refuser ce qui est : emportée par la rivière, je suis encore en train de dire : « Je ne veux pas », alors que ma lutte pour ne pas sombrer ne peut passer que par le « oui », total, assumé, prononcé de tout mon être.
Que faire alors de cette douleur ? Bien sûr, être accompagné, pouvoir dire sa peine dans une oreille attentive, pouvoir se tenir à une main amie aide, sinon à ne plus se sentir seul dans cette souffrance, mais à s’appuyer, à reprendre pied, à reprendre souffle.
Toutefois cela reste parfois insuffisant pour ne plus être blessé par la seconde flèche. Là, je dois agir, reconnaître la douleur, accepter qu’il y ait cette souffrance dans ma vie. Un ami chrétien me disait : « Je dirais de déposer sa douleur au pied de la Croix. Car Jésus s’est offert pour porter ce qui nous est insupportable. » Pour un bouddhiste, entrer dans le face-à-face silencieux avec le Bouddha au cours de la méditation apporte calme et apaisement.


Et alors, peut-être, après avoir été consumé par cette traversée de la douleur, après que l’acceptation a rafraîchi nos brûlures, lorsque nous avons reconnu la nouvelle force que cette traversée nous a apportée, alors peut-être pourrons-nous tourner la tête et prendre conscience de l’universalité de cette douleur, voir tous les autres qui sont eux aussi emportés dans ce courant de la souffrance – peut-être, après avoir traversé la douleur, pourrons-nous retourner dans la douleur pour tendre la main à celui qui s’y perd... Le début de la compassion ?

Joshin Luce Bachoux, nonne bouddhiste, anime la Demeure sans limites, temple zen et lieu de retraite à Saint-Agrève, en Ardèche.
Source : "La Vie" avril 2011

samedi 30 avril 2011

vendredi 29 avril 2011

Rencontre avec Edgar Morin (1)

En 1974, Edgar Morin, sociologue et philosophe français, nous parle de biologie, d'éthologie...

jeudi 28 avril 2011

Matin d'avril avec Kenneth White

Kenneth White est un poète et penseur contemporain, né le 28 avril 1936 à Glasgow. Il réside en France depuis les années 80 à Trébeurden (Bretagne). Théoricien de la « géopoétique », poétique porteuse de sens et de pensée, il alterne des récits de « voyages philosophiques » et les poésies épurées.

Le lin et ses avantages

Le lin, une plante qui s'avère intéressante pour de nombreuses utilisations :

mercredi 27 avril 2011

Des sons qui soignent

Dans la médecine traditionnelle chinoise, ou dans la pratique du shiatsu, les sons sont utilisés pour ouvrir le chemin de la guérison. Ouvrez l'oreille !