Edgar Morin poursuit son exposé sur la vie... et la mort...
samedi 30 avril 2011
vendredi 29 avril 2011
Rencontre avec Edgar Morin (1)
En 1974, Edgar Morin, sociologue et philosophe français, nous parle de biologie, d'éthologie...
jeudi 28 avril 2011
Matin d'avril avec Kenneth White
Le lin et ses avantages
Le lin, une plante qui s'avère intéressante pour de nombreuses utilisations :
mercredi 27 avril 2011
Des sons qui soignent
Dans la médecine traditionnelle chinoise, ou dans la pratique du shiatsu, les sons sont utilisés pour ouvrir le chemin de la guérison. Ouvrez l'oreille !
mardi 26 avril 2011
Pour sauver les forêts primaires avec Francis Hallé
Ecoutons et répétons en echo l'appel de Luc Jacquet et de Francis Hallé pour sauvegarder les forêts primaires, trait d'union entre l'homme et la nature,
avant que n'advienne l'épouvante de l'être humain non relié...
Extraits choisis de l'émission "La Tête au carré" mars 2011
avant que n'advienne l'épouvante de l'être humain non relié...
Extraits choisis de l'émission "La Tête au carré" mars 2011
Pour soutenir le projet de film, l'adresse du site "Wild Touch"
lundi 25 avril 2011
Année de la forêt
Lieux de contes, de chansons, fonctions écologique, économique, sociale, de loisirs ... oh combien nous sollicitons nos forêts ! Rendons leur hommage aux détours de quelques rappels avec Vincent Badeau, ingénieur de recherche en bioinformatique et Etienne Dambrine, professeur d’écologie à l’université de Chambéry, spécialiste des forêts.
Extrait de l'émission "La tête au carré" de décembre 2010 :
dimanche 24 avril 2011
Des petits gâteaux avec Joshin Luce Bachoux... pour Pâques
Parfois, les demandes incessantes de notre démon intérieur défilent : la peur de ne pas avoir assez, l'avidité qui nous fait vouloir trop, le désir de saisir, de retenir…
Les couleurs du ciel, les nuages teintés de rose par le soleil levant, une masse grise et boursouflée qui guette à l'horizon, l'immensité du bleu… Voilà ce qui me frappe lorsque je sors de la cuisine en cette fin de retraite.
Depuis une semaine, nous avons passé la journée dans la salle de méditation, tantôt assis, tantôt marchant, et quelques-uns d'entre nous y ont dormi, dans le parfum flottant d'un encens léger. Petit à petit, le calme s'est installé à l'intérieur de nous; les plaintes et la colère, notre ronchonnement perpétuel se sont atténués. Oh, pas sans mal, il est vrai… Le point de départ en est souvent le « C'est toujours moi qui… », source inépuisable de récapitulation au goût amer et délicieux.
Les premiers jours, corps et esprits s'agitent dans tous les sens, décident toutes les trois minutes que cette retraite a été une grande erreur, qu'il vaudrait mieux partir… Mais avec patience, on arrive à dégager un espace, à se tourner vers les autres. Les demandes incessantes, qui nous traversent comme des vagues, s'apaisent, le souffle s'allonge; on s'installe en soi, on s'installe dans le temps, sans chercher immédiatement une distraction, en étant là, tout simplement, tout difficilement.
Au fil des jours, le silence s'est illuminé de présence. Les gestes sont plus coulés, les regards échangent une joie paisible, toute la maison semble flotter sur une mer étale. Le goût s'aiguise, nous reconnaissons des saveurs délicieuses dans le repas le plus simple. Le dernier matin, l'aube tardive est pure merveille ; il semble que cette semaine nous ait nettoyés de cette mince mais tenace pellicule qui nous sépare si souvent du monde et de nous-mêmes. Nous sommes légers, heureux, prêts à retourner au monde avec énergie et amour. Je pars pour l'approvisionnement.
La liste à la main, j'arpente les allées du supermarché. Je m'amuse des conversations saisies au passage, des visages qui m'entourent. J'ai bien une petite réserve sur la musique incessante, mais je me décide à marcher en rythme, et ça va beaucoup mieux. Les marchandises commencent à s'entasser dans le chariot, épicerie, fromage, produit vaisselle…
Encore une allée, presque fini. Et je traverse avec indifférence le rayon « sucré » quand mon regard accroche un paquet de petits gâteaux. Je m'arrête pile : des petits gâteaux devant moi, derrière, de tous les côtés. Mais depuis quand n'ai-je pas mangé de petits gâteaux ? Il me semble que tout mon être devient estomac creux : et là-bas, du chocolat ! Petits gâteaux, chocolat ? Petits gâteaux au chocolat, voilà ! Je tends la main, j'ai envie de saisir un, deux, trois paquets… En aurai-je assez ? Les autres en voudront aussi, et ils vont m'en prendre…
Ah, encore une fois redevenue démon avide ! Je vois comme il est profond ce désir de saisir, d'attraper, de retenir, de s'approprier. Non pas que ce désir soit mauvais en soi : il nous est nécessaire pour vivre. Mais il est sans fin, insatiable, et là où, tout à l'heure, j'étais légère et satisfaite je me sens maintenant pesante et vaguement mécontente. Quelqu'un me bouscule, et je reprends mes esprits ; et tant pis pour le lieu, je ris, et je ris encore : tombée du ciel le nez dans la boue, quel voyage !
Source "La Vie" janvier 2006
Les couleurs du ciel, les nuages teintés de rose par le soleil levant, une masse grise et boursouflée qui guette à l'horizon, l'immensité du bleu… Voilà ce qui me frappe lorsque je sors de la cuisine en cette fin de retraite.
Depuis une semaine, nous avons passé la journée dans la salle de méditation, tantôt assis, tantôt marchant, et quelques-uns d'entre nous y ont dormi, dans le parfum flottant d'un encens léger. Petit à petit, le calme s'est installé à l'intérieur de nous; les plaintes et la colère, notre ronchonnement perpétuel se sont atténués. Oh, pas sans mal, il est vrai… Le point de départ en est souvent le « C'est toujours moi qui… », source inépuisable de récapitulation au goût amer et délicieux.
Les premiers jours, corps et esprits s'agitent dans tous les sens, décident toutes les trois minutes que cette retraite a été une grande erreur, qu'il vaudrait mieux partir… Mais avec patience, on arrive à dégager un espace, à se tourner vers les autres. Les demandes incessantes, qui nous traversent comme des vagues, s'apaisent, le souffle s'allonge; on s'installe en soi, on s'installe dans le temps, sans chercher immédiatement une distraction, en étant là, tout simplement, tout difficilement.
Au fil des jours, le silence s'est illuminé de présence. Les gestes sont plus coulés, les regards échangent une joie paisible, toute la maison semble flotter sur une mer étale. Le goût s'aiguise, nous reconnaissons des saveurs délicieuses dans le repas le plus simple. Le dernier matin, l'aube tardive est pure merveille ; il semble que cette semaine nous ait nettoyés de cette mince mais tenace pellicule qui nous sépare si souvent du monde et de nous-mêmes. Nous sommes légers, heureux, prêts à retourner au monde avec énergie et amour. Je pars pour l'approvisionnement.
La liste à la main, j'arpente les allées du supermarché. Je m'amuse des conversations saisies au passage, des visages qui m'entourent. J'ai bien une petite réserve sur la musique incessante, mais je me décide à marcher en rythme, et ça va beaucoup mieux. Les marchandises commencent à s'entasser dans le chariot, épicerie, fromage, produit vaisselle…
Encore une allée, presque fini. Et je traverse avec indifférence le rayon « sucré » quand mon regard accroche un paquet de petits gâteaux. Je m'arrête pile : des petits gâteaux devant moi, derrière, de tous les côtés. Mais depuis quand n'ai-je pas mangé de petits gâteaux ? Il me semble que tout mon être devient estomac creux : et là-bas, du chocolat ! Petits gâteaux, chocolat ? Petits gâteaux au chocolat, voilà ! Je tends la main, j'ai envie de saisir un, deux, trois paquets… En aurai-je assez ? Les autres en voudront aussi, et ils vont m'en prendre…Ah, encore une fois redevenue démon avide ! Je vois comme il est profond ce désir de saisir, d'attraper, de retenir, de s'approprier. Non pas que ce désir soit mauvais en soi : il nous est nécessaire pour vivre. Mais il est sans fin, insatiable, et là où, tout à l'heure, j'étais légère et satisfaite je me sens maintenant pesante et vaguement mécontente. Quelqu'un me bouscule, et je reprends mes esprits ; et tant pis pour le lieu, je ris, et je ris encore : tombée du ciel le nez dans la boue, quel voyage !
Source "La Vie" janvier 2006
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samedi 23 avril 2011
Entrons dans la musique du soufisme
Rentrer dans une " tariqa ", dans une voie, c'est entreprendre un profond voyage intérieur, pour se rapprocher de Dieu. C'est cette démarche qui différencie le soufi du simple croyant musulman. Le soufisme, c'est la face cachée de l'islam, sa dimension mystique, ésotérique. Rencontre, à Istanbul, avec un soufi, Julien Weiss, d'origine française, qui est un maître de la cithare arabe.
vendredi 22 avril 2011
Retour sur André Comte-Sponville (3/3)
André Comte-Sponville a écrit "DE L'AUTRE CÔTÉ DU DÉSESPOIR", Introduction à la pensée de Svâmi Prajnanpad. Cet essai d'André Comte-Sponville sur Svâmi Prajnânpad révèle, pour la première fois, une adéquation totale entre la pensée d'un philosophe contemporain occidental et celle d'un sage de l'Inde. Prajnânpad exerce une fascination particulière sur le philosophe, car dégagé de toute illusion, de toute croyance puérile et de toute religiosité, il démontre que la "spiritualité" est avant tout un chemin vers "l'indépendance" et la "liberté".
Prajnânpad est un sage-philosophe doublé d'un thérapeute. Sa voie emprunte autant au Védantâ (texte sacré hindou) qu'à la psychanalyse freudienne, autant à la tradition qu'à la modernité.
Cet ouvrage qui se veut un hommage à l'un des grands sages de notre époque est également une réflexion éclairée et éclairante sur le sujet le plus important de l'existence humaine : la "quête du bonheur". "La sagesse se trouve exactement où tu es, il suffit de passer de l'autre côté du désespoir".
jeudi 21 avril 2011
Pour mieux connaître André Comte-Sponville (2)
André Comte-Sponville est philosophe. Son dernier ouvrage : « Le goût de vivre et cent autres propos » (Albin Michel). Alain Baraton est jardinier à Versailles. Il est l’auteur de « Je plante donc je suis » (Editions Grasset) et de « Le bon jardinier l’essentiel » (Flammarion)
mercredi 20 avril 2011
Rencontre avec André Comte-Sponville (1)
André Comte-Sponville, philosophe matérialiste, rationaliste et humaniste, est né le 12 mars 1952 à Paris.
mardi 19 avril 2011
Le dernier message de Christiane Singer
Lorsqu’elle a appris qu’il lui restait six mois à vivre, l’écrivaine Christiane Singer a commencé à rédiger ses Derniers Fragments d’un long voyage, témoignage bouleversant à l’approche de la mort. Extraits et entretien avec la psychologue Marie de Hennezel qui nous parle de l’ultime défi de son amie, décédée le 4 avril dernier.Violaine Gelly
Ses milliers de lecteurs n’attendront plus qu’elle bouscule une fois encore les bien-pensants et leurs certitudes sur l’amour, l’engagement ou la vie : le 4 avril, Christiane Singer a rendu les armes devant le cancer qui la dévastait depuis l’automne dernier. Mais elle ne laisse pas ses lecteurs orphelins. Avant de mourir, elle a remis à son éditeur le journal qu’elle tenait depuis le début de la maladie.
Entre l’écrivaine aux fulgurances spirituelles et Marie de Hennezel, la psychologue spécialisée dans l’accompagnement de fin de vie, l’histoire d’amitié était longue. Lors d’un forum sur le sacré, elles avaient partagé la même chambre. Là était née une connivence, un « chemin d’âmes sœurs » jalonné de rencontres plus ou moins lointaines. Marie de Hennezel a accepté de nous parler du livre de son amie, et de son ultime combat.
Psychologies : Qu’avez-vous éprouvé en lisant le livre de Christiane Singer ?
Marie de Hennezel : Son livre m’a totalement bouleversée. Il y a, d’une part, ce récit tellement poignant et vrai de sa maladie ; et d’autre part, cette maîtrise magnifique de la langue, cette capacité à mettre des mots justes sur ce qu’elle vit. Sans vouloir ôter à son expérience ce qu’elle a d’unique, elle m’a confirmé ce que d’autres m’ont appris, du temps où j’accompagnais des personnes en fin de vie : le propre de l’humain est qu’il est habité d’une force spirituelle qui lui permet de surmonter les pires épreuves. Christiane Singer nous le jure : « Quand il n’y a plus rien, il n’y a plus que l’amour. »
On est frappés par l’intensité de ses souffrances…
C’est là que réside le caractère d’authenticité de ce témoignage : Christiane Singer ne faisait pas l’impasse sur l’enfer de la souffrance, sur la tristesse de certains jours, sur son « potentiel de ressentiment ». Elle ne marchandait pas avec la maladie. Elle avait décidé, dès qu’elle en avait appris la gravité, de la vivre pleinement. Les moments difficiles alternaient donc avec des instants de grand bonheur, de joie, d’émerveillement. Puis, au fil des pages, la sérénité et le sentiment de liberté n’ont cessé de grandir. Pour elle, terminer ce livre a été un grand moment de bonheur : elle avait tenu le contrat qu’elle avait passé avec elle-même, celui de témoigner, chose qu’elle a fait toute sa vie à travers ses livres et ses conférences. Pour moi, c’est le livre d’un maître. Il a la même qualité et la même portée pour notre monde que le journal d’Etty Hillesum (Son journal, Une vie bouleversée (Points, 1995), qu’elle débute à 27 ans, en 1941, évoque notamment son évolution spirituelle au cours des derniers mois de sa vie – elle est morte à Auschwitz en 1943).
Alors que le débat sur l’euthanasie vient d’être relancé avec le procès de Chantal Chanel et de Laurence Tramois (Chantal Chanel, infirmière, et Laurence Tramois, médecin généraliste, ont été jugées pour avoir aidé à mourir une patiente atteinte d’un cancer en phase terminale en 2003. La première a été acquittée et la seconde condamnée à un an de prison avec sursis), que nous apprend le livre de Christiane Singer ?
Nous sommes dans un monde où l’expérience de mourir est refusée. On voudrait, comme le dit Benoîte Groult dans son dernier livre (La Touche étoile - LGF, “Le Livre de poche”, 2007), « appuyer sur la touche étoile » pour ne pas avoir à vivre son mourir. Le « temps du mourir » n’est pas valorisé. On se demande quel sens cela peut avoir de vivre encore quand on est condamné par la médecine. Christiane nous fait découvrir que ce temps est une aventure pleine de sens, l’occasion d’échanges d’une qualité exceptionnelle avec les autres, une plongée en soi dont on sort plus vivant encore. Tout cela, Christiane nous le révèle avec tellement de vérité que son expérience personnelle revêt une portée universelle. Nul doute que ce livre changera notre regard sur la vie et la mort.
Dans quel état d’esprit se trouvait-elle lors des jours qui ont précédé sa mort ?
Elle était dans l’acceptation. Chacun meurt comme il a vécu. Christiane a toujours eu cette passion, ce don de rechercher la merveille dans chaque chose. Elle a vécu cet ultime temps de vie avec la même passion. La dernière fois que je l’ai eue au téléphone, elle m’a dit : « Je suis loin, très loin, mais je suis bien. » Ce qui m’a frappée, quand je suis allée lui dire au revoir, à Vienne, en Autriche, en entrant dans sa chambre, c’est le paradoxe entre les signes évidents de sa mort prochaine, sa maigreur, sa fragilité physique, et puis l’énergie qui débordait d’elle et qui régnait dans la chambre. Son regard, son sourire étaient pleins de vitalité. Elle reposait les mains ouvertes, sans attente, prête à tout.
Août 2009
Ses milliers de lecteurs n’attendront plus qu’elle bouscule une fois encore les bien-pensants et leurs certitudes sur l’amour, l’engagement ou la vie : le 4 avril, Christiane Singer a rendu les armes devant le cancer qui la dévastait depuis l’automne dernier. Mais elle ne laisse pas ses lecteurs orphelins. Avant de mourir, elle a remis à son éditeur le journal qu’elle tenait depuis le début de la maladie.
Entre l’écrivaine aux fulgurances spirituelles et Marie de Hennezel, la psychologue spécialisée dans l’accompagnement de fin de vie, l’histoire d’amitié était longue. Lors d’un forum sur le sacré, elles avaient partagé la même chambre. Là était née une connivence, un « chemin d’âmes sœurs » jalonné de rencontres plus ou moins lointaines. Marie de Hennezel a accepté de nous parler du livre de son amie, et de son ultime combat.
Psychologies : Qu’avez-vous éprouvé en lisant le livre de Christiane Singer ?
Marie de Hennezel : Son livre m’a totalement bouleversée. Il y a, d’une part, ce récit tellement poignant et vrai de sa maladie ; et d’autre part, cette maîtrise magnifique de la langue, cette capacité à mettre des mots justes sur ce qu’elle vit. Sans vouloir ôter à son expérience ce qu’elle a d’unique, elle m’a confirmé ce que d’autres m’ont appris, du temps où j’accompagnais des personnes en fin de vie : le propre de l’humain est qu’il est habité d’une force spirituelle qui lui permet de surmonter les pires épreuves. Christiane Singer nous le jure : « Quand il n’y a plus rien, il n’y a plus que l’amour. »On est frappés par l’intensité de ses souffrances…
C’est là que réside le caractère d’authenticité de ce témoignage : Christiane Singer ne faisait pas l’impasse sur l’enfer de la souffrance, sur la tristesse de certains jours, sur son « potentiel de ressentiment ». Elle ne marchandait pas avec la maladie. Elle avait décidé, dès qu’elle en avait appris la gravité, de la vivre pleinement. Les moments difficiles alternaient donc avec des instants de grand bonheur, de joie, d’émerveillement. Puis, au fil des pages, la sérénité et le sentiment de liberté n’ont cessé de grandir. Pour elle, terminer ce livre a été un grand moment de bonheur : elle avait tenu le contrat qu’elle avait passé avec elle-même, celui de témoigner, chose qu’elle a fait toute sa vie à travers ses livres et ses conférences. Pour moi, c’est le livre d’un maître. Il a la même qualité et la même portée pour notre monde que le journal d’Etty Hillesum (Son journal, Une vie bouleversée (Points, 1995), qu’elle débute à 27 ans, en 1941, évoque notamment son évolution spirituelle au cours des derniers mois de sa vie – elle est morte à Auschwitz en 1943).
Alors que le débat sur l’euthanasie vient d’être relancé avec le procès de Chantal Chanel et de Laurence Tramois (Chantal Chanel, infirmière, et Laurence Tramois, médecin généraliste, ont été jugées pour avoir aidé à mourir une patiente atteinte d’un cancer en phase terminale en 2003. La première a été acquittée et la seconde condamnée à un an de prison avec sursis), que nous apprend le livre de Christiane Singer ?
Nous sommes dans un monde où l’expérience de mourir est refusée. On voudrait, comme le dit Benoîte Groult dans son dernier livre (La Touche étoile - LGF, “Le Livre de poche”, 2007), « appuyer sur la touche étoile » pour ne pas avoir à vivre son mourir. Le « temps du mourir » n’est pas valorisé. On se demande quel sens cela peut avoir de vivre encore quand on est condamné par la médecine. Christiane nous fait découvrir que ce temps est une aventure pleine de sens, l’occasion d’échanges d’une qualité exceptionnelle avec les autres, une plongée en soi dont on sort plus vivant encore. Tout cela, Christiane nous le révèle avec tellement de vérité que son expérience personnelle revêt une portée universelle. Nul doute que ce livre changera notre regard sur la vie et la mort.Dans quel état d’esprit se trouvait-elle lors des jours qui ont précédé sa mort ?
Elle était dans l’acceptation. Chacun meurt comme il a vécu. Christiane a toujours eu cette passion, ce don de rechercher la merveille dans chaque chose. Elle a vécu cet ultime temps de vie avec la même passion. La dernière fois que je l’ai eue au téléphone, elle m’a dit : « Je suis loin, très loin, mais je suis bien. » Ce qui m’a frappée, quand je suis allée lui dire au revoir, à Vienne, en Autriche, en entrant dans sa chambre, c’est le paradoxe entre les signes évidents de sa mort prochaine, sa maigreur, sa fragilité physique, et puis l’énergie qui débordait d’elle et qui régnait dans la chambre. Son regard, son sourire étaient pleins de vitalité. Elle reposait les mains ouvertes, sans attente, prête à tout.
Août 2009
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