vendredi 11 juin 2010

L’abîme lumineux de Philippe Mac Leod

Un magnifique texte de Philippe Mac Leod :


Au fond de chaque regard, der­rière chaque geste, il est un espace immense, une lumière humaine qui se mêle au bleu du monde, qui par­ticipe de son infinitude. Comme elle s'épanouit au-dehors, la vie s'ouvre en dedans. Elle suscite un univers qui parachève celui qui lui a donné nais­sance. Et c'est là ce que nous avons désormais de plus grand : la flamme fragile d'une conscience, l'intérieur même de la lumière, la face secrète d'une réalité qui nous déborde.
Le sentiment que tu as de toi-même n'éclaire pas seulement ton cœur, il t'enveloppe comme une sorte de halo qui t'accompagne. Il manifeste pour ainsi dire le filigrane inimitable de ta personne. Sans la conscience, l'exis­tence n'aurait aucune profondeur. Elle seule crée l'atmosphère spiri­tuelle dans laquelle tu baignes, la réso­nance possible de ton être. Sans cette expérience unique, je ne serais pas cet homme qui te parle aujourd'hui, et si nous nous comprenons si rapide­ment, à demi-mot, c'est bien par cette réalité intime qui nous fait un. 
Considère seulement le miracle d'un oeil qui s'ouvre au monde, tremblant à la lueur quasi divine qui le traverse. Le propre de l'homme, on n'y accorde pas assez d'importance, demeure cette faculté étrange en regard de la dispersion et de la profusion des perceptions, cette faculté unique de concentration, de recueillement. La vie dans son intensité tient à la puissance de notre attention, à son pouvoir d'unification, à la luminosité de notre conscience, à l'effort régulièrement déployé pour amener à la surface les trésors qui dorment au plus profond de nous-mêmes.
C'est par cette intimité que tout prend véritablement corps et sens, corps et sens qui font la présence : un visible animé de l'invisible. L'éclat d'un visage, la douceur boulever­sante d'un sourire, le tremblement d'un souffle, d'une voix qui colore les airs, sa clarté, son étrangeté parmi l'opacité des choses, voilà le signe de l'homme : toute sa singularité tient dans la profondeur de ce mystère incommunicable, qui rejoint l'incon­naissable de Dieu.
Il faut aimer la vie, passionnément, éperdument ; croire en sa résonance divine dans le fond de notre âme ; plus loin, plus haut que les petites joies qu'on a l'habitude de lui soutirer, aimer la grandeur de son mystère, vaste comme un ciel étoilé, déchi­rant comme la mémoire des visages à jamais refermés sur leur secret.
Car c'est encore cela, le miracle étourdissant de la personne que nous sommes, comme si l'univers tenait à un fil, un mince rayon, infiniment ténu, l'absolu entrevu alors même que tout nous échappe. On se bles­serait à vouloir embrasser l'abîme tout entier, on ne peut y entrer que par sa dimension tragique, angois­sante souvent, pour en pénétrer les replis les plus cachés, apprivoiser le sentiment de son intime totalité et atteindre la lumière inimagi­nable qu'il recèle. Comme dans la Visitation, nous sommes porteurs d'autre chose que nous-mêmes, d'une présence intérieure qui nous devance, et passe des uns aux autres, à notre insu, sans bruit, sous le four­millement des mots, par-delà nos échanges parfois les plus anodins. La personne humaine n'advient que par ce qui la dilate, ce qui la transcende. Comme une brèche, une sorte d'issue inattendue, elle ne se révèle que par l'au-delà qu'elle sécrète. L'individu, lui, disparaît dans la multitude grouillante, il ne dépasse pas l'espèce. Ta personne est essentiellement béante. Unique parce qu'en son cœur elle est une. Source. Présence.


PHILIPPE MAC LEOD est écrivain, il a publié plusieurs recueils de poésie. Son dernier ouvrage, l'Infini en toute vie, est paru aux éditions Ad Solem.

jeudi 10 juin 2010

La maladie d'Alzheimer et la mort avec Marie de Hennezel (3)

"Alors que la mort est si proche, que la tristesse et la souffrance dominent, il peut encore y avoir de la vie, de la joie, des mouvements d'âme d'une profondeur et d'une intensité parfois encore jamais vécues."


Dernière partie de 8 minutes avec Marie de Hennezel

mercredi 9 juin 2010

La fin de vie avec Marie de Hennezel (2)

Marie de Hennezel est une psychologue et psychothérapeute française née à Lyon le 5 août 1946.
Elle est titulaire d'un DESS de Psychologie et d'un DEA de Psychanalyse. Elle a travaillé pendant dix ans dans la première unité de soins palliatifs de France, créée en 1987 à l'Hôpital international de la Cité universitaire de Paris. Elle anime des conférences et des séminaires de formation à l'accompagnement de la fin de vie en France et à l'étranger.


Deuxieme partie de l'interview de Marie de hennezel

mardi 8 juin 2010

Un brin de croissance

Chaque brin d'herbe possède son ange qui se penche et murmure " grandis, grandis " 
(Le Talmud)

Accompagner la vie avec Marie de Hennezel (1)


Marie de Hennezel
"J'ai accompagné, pendant de nombreuses années, des personnes en fin de vie et leurs familles. 
Cette expérience m'a convaincue de la valeur humaine des derniers instants de la vie. 
Les derniers mots, les derniers gestes, les derniers regards d'une personne, cela compte! 
Ne laissons pas mourir sans tendresse et sans cet ultime échange, ceux que nous soignons et que nous aimons!"

Interview de Marie de Hennezel sur une radio chrétienne (1) :

Extrait d'une conférence de Marie de Hennezel (octobre 2007)

Voir l'ensemble des articles sur marie de Hennezel

lundi 7 juin 2010

Le marketing olfactif

En ce début de semaine, respirons... mais pouvons-nous nous fier à notre nez ?:

dimanche 6 juin 2010

Deux petites histoires avec Christian Bobin



La maladie d'Alzheimer ou le miracle d'être en vie!
Moustache et Violettes

samedi 5 juin 2010

Ma solitude est plus une grâce qu’une malédiction par Christian Bobin

L’aptitude à être seul est-elle l’expression d’une inadaptation au monde ou d’une réalisation de soi ? Pour l’auteur du “Très-Bas”, la question ne se pose pas : Il est un solitaire heureux qui ignore l’ennui et connaît la plénitude.
Marie de Solemne :
De Christian Bobin, on sait surtout qu’il fuit les mondanités et préfère explorer le silence.
Il y consacre sa vie et son œuvre. Ses thèmes de prédilection : le vide, la nature, l’enfance, les « petites choses » comme il le dit lui-même. La solitude, il la connaît mieux que personne. Il la quête. Davantage encore depuis la perte brutale de son amie, en plein été 1995. Un deuil qu’il raconte dans “la Plus que vive” (1). Récemment interviewé par Marie de Solemne dans “la Grâce de la solitude” (2) , le poète s’interroge sur l’origine et les conséquences de ce sentiment qui, avec l’état amoureux, est sans doute le plus partagé au monde. Extraits.
1 - Gallimard, 1996.
2 - “La Grâce de la solitude”, dialogues entre Marie de Solemne et Christian Bobin, Jean-Michel Besnier, Jean-Yves Leloup, Théodore Monod (Dervy, coll. « A vive voix », 1998).

Marie de Solemne : "Parleriez-vous plus volontiers de la solitude comme d’une grâce, ou comme d’une malédiction ?"

Christian Bobin : D’abord, j’en parlerais plutôt dans sa matérialité. Avant même d’être un état mental ou affectif, la solitude est une matière. Par exemple, c’est exactement la matière que j’ai sous les yeux en ce moment. Il est 22 heures, c’est l’obscurité. Le ciel n’est pas encore tout à fait noir, il y a du silence – c’est très matériel aussi le silence –, un petit appartement dans lequel je vis depuis une quinzaine d’années, des cigarettes – que je ne peux pas m’empêcher de fumer –, des livres – que je ne peux pas m’empêcher d’ouvrir. Au fond, de manière curieuse, c’est très vite peuplé la solitude. La solitude c’est d’abord ça : un état matériel. C’est que personne ne vienne. Que personne ne vienne là où vous êtes. Et peut-être même pas soi.
Mais pour répondre à votre question, la solitude est plus une grâce qu’une malédiction. Bien que beaucoup la vivent autrement. […] Il y a deux solitudes. […] Une mauvaise solitude. Une solitude noire, pesante. Une solitude d’abandon, où vous vous découvrez abandonné… peut-être depuis toujours. Cette solitude-là n’est pas celle dont je parle dans mes livres. Ce n’est pas celle que j’habite, et ce n’est pas dans celle-là que j’aime aller, même s’il m’est arrivé comme tout un chacun de la connaître. C’est l’autre solitude que j’aime. C’est l’autre solitude que je fréquente, et c’est de cette autre dont je parle presque en amoureux.

Source

vendredi 4 juin 2010

A réfléchir ou plutôt... à vivre

"La méditation, c'est passer de la fausse dualité à la véritable non-dualité par la vrai dualité."
Emmanuel Desjardins

Détente entre chats (avec Filou et Maïla)

Entrechats ou juste se détendre... quand cela est possible :

jeudi 3 juin 2010

La recherche intérieure avec Fabrice midal (3/3)


"L’instant pur est ce qui vient comme par effraction dans l’instant présent. Nous connaissons tous ce moment où nous avons soudain la sensation d’une harmonie entre le monde, notre esprit et notre cœur. Où nos a priori tombent, au bénéfice d’une simple constatation de ce qui est et de notre présence. Sauf que, comme ce moment est bref et rare, nous pensons qu’il est sans importance et nous l’écartons. Or, le Bouddha enseigne que tout au contraire, c’est cet instant qui est le vrai. "
Dernière partie 
(émission "Les racines du ciel" 2009) :


Fabrice Midal est docteur en Philosophie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Sa thèse obtenue en 1999, porte sur le sens du sacré dans les œuvres d’art moderne.

mercredi 2 juin 2010

Le chemin intérieur par Fabrice Midal (2)

"C’est pourtant tout simple. Nous n’avons aucun effort à faire pour être nous-mêmes. Nous le sommes. Mais notre inquiétude et notre arrogance, notre manque de confiance et nos peurs, l’étouffent. En voulant s’affirmer, exister, être reconnu, on se défigure. Il suffit de se détendre, de devenir comme transparent pour que notre être se mette à chanter spontanément - où comme le dirait Rilke devienne “anonyme”."


Cette aventure intérieure est un chemin palpitant... Bonne écoute
(émission "Les racines du ciel" 2009) :


Partie 2

mardi 1 juin 2010

La quête intérieure avec Fabrice Midal (1)

"En s'appuyant sur la pensée de philosophes comme Nietzsche, en se mettant à l'écoute de grands poètes ou artistes comme Rilke, Cézanne ou Allen Ginsberg, Fabrice Midal montre comment le chemin à suivre ne consiste pas à rechercher des consolations, à s'enfermer dans l'égoïsme spirituel ou à se perdre dans le culte du bien-être : c'est une véritable aventure qui doit affronter la réalité. En restant enfermés dans une tour d'ivoire, à l'abri, croyons-nous, des souffrances et des déceptions, nous ne connaîtrons jamais la vraie joie."

Ce chemin est une aventure extraordinaire... Bonne écoute
(émission "Les racines du ciel" 2009) :


Partie 1