lundi 29 mars 2010

La nature du scorpion par Hubert Reeves


Une petite fable d'Hubert Reeves
qui pose une question sur notre nature... (2 min.)



extrait de "L'heure de s'enivrer" de Hubert Reeves

dimanche 28 mars 2010

La notion de commerce a été déviée

Pour LEXPRESS.fr, Tristan Lecomte, fondateur d'Alter Eco, et Matthieu Ricard, moine bouddhiste, dialoguent sur la crise économique et ses racines, sur une autre façon de faire du commerce et de créer de la richesse.

samedi 27 mars 2010

Un réalisme joyeux avec Alexandre Jollien

Voici ce beau texte d'Alexandre Jollien issu du quotidien "La Vie"
Montaigne écrit : « Qui craint de souffrir, il souffre déjà ce qu'il craint.» Sur le chemin de la liberté, pour accueillir la vie avec joie, il sied de prendre le problème du mal à bras- le-corps. Toutes nos peurs s'y résument. Derrière chacune d'elles, il y a la crainte causée par la souffrance. Tous les matins, je me lève en voulant à tout prix éviter les tracas, les petits accrocs. Et, tôt ou tard, ils arrivent. Rien de fort original! Le Bouddha avait déjà dit que tout est «dukkha », tout est souffrance, insatisfaction. Et même le plaisir passe. Quoi que je fasse, la vie me promet des tourments et je finirai bien par mourir. Le constat peut terrasser ou, au contraire, venir ôter une illusion tenace: souhaiter tout maîtriser et purger l'existence de toute peine. J'ai beau me barricader, la maladie, les déceptions seront immanquablement au rendez-vous. Nul besoin d'endurer le martyr ni la torture, chaque heure, ou presque, charrie son lot de désagréments. Et je note que souvent, nous sommes plus aptes à affronter les grandes épreuves que les petites difficultés quotidiennes. 
Bref, je me heurte à cette douloureuse impasse : je ressens un féroce désir de ne plus souffrir et la réalité veut que, quoi que j'entreprenne, il se présentera toujours quelques mauvaises passes. Et voilà que je sombre dans la crainte. Lorsque je regarde mes enfants jouer, je songe presque à chaque fois que j'ai oublié leur innocence. Ils sont totalement enracinés dans le présent. Aucune peur, aucune attente, nulle ombre ne vient troubler leurs amusements. Ce que je cherche désespérément par la philosophie, la joie, ils le possèdent déjà. Ils ont cet état d'esprit libre et joyeux qui ne se méfie pas encore du réel. Souvent, je tremble qu'ils perdent leur candeur, cette confiance innée que l'adulte ne connaît plus. Les revers de fortune, l'éducation, et tant de déconvenues nous poussent à fourbir nos armes, à nous réfugier dans d'épaisses cuirasses, et à craindre malgré tout. Comment, dès lors, recouvrer une légèreté aussi éloignée de la naïveté béate que du soupçon systématique? D'abord, je peux m'exercer à ne plus discuter le réel, à ne plus refuser ce que j'ai sous les yeux. Et commencer par le plus rudimentaire. À quoi bon pousser de hauts cris pour une vaisselle cassée ? Pourquoi s'attarder en de stériles querelles? Quelle perte de temps et d'énergie! Il est tant de malheurs qui peuvent être écartés grâce à un peu de bonne volonté, de pardon, ou de tolérance. Mais que faire des inévitables coups du sort? 
Ici, accepter que la souffrance fasse partie de notre condition ne tient pas de la résignation. II s'agit plutôt de ne pas dilapider nos ressources en de vains combats pour les réserver à des causes plus fécondes. Et, pour prendre des forces, pourquoi ne pas nous saturer de joie lors des minutes heureuses que prodigue l'existence ? Les vivre à fond permet d'affronter les inévitables revers: Sur la route, un mot de Jean XXIII m'aide: « Je dois faire chaque chose, réciter chaque prière, observer chaque règle, comme si je n'avais rien d'autre à faire, comme si le Seigneur m'avait mis au monde uniquement pour bien faire cette action et qu'à son bon accomplissement était attachée ma satisfaction, sans tenir compte de ce qui précède ou de ce qui suit. » Donc un réalisme joyeux est possible: connaître l'existence et ses règles du jeu et, loin de s'en accabler, y puiser sa force pour jubiler tout de même, à chaque instant.
• ALEXANDRE JOLLIEN est un philosophe et écrivain né en 1975 à Savièse, en Suisse. Il est l'auteur notamment, d'Éloge de la faiblesse et de la Construction de soi.

vendredi 26 mars 2010

La magie des nombres : le zéro chinois

Le zéro, tout comme l'infini, est une idée difficile à concevoir pour l'esprit chinois. L'idéogramme qui en tient lieu est un mot dont le sens propre est "pluie extrêmement fine". Ce n'est pas le vide ou l'absence totale, il y a encore quelque chose.
(extrait du H.S. du monde des religions, "les sagesses chinoises")

jeudi 25 mars 2010

Plantes et biodiversité (2)

La suite du documentaire nous présente la pomme d'or ou tomate et les brevets qui enferment la biodiversité, et privatisent les biens communs de notre planète.

mercredi 24 mars 2010

Les graines et la biodiversité (1)

Que mettons-nous dans nos assiettes ? Les amoureux de la terre nous permettrons peut-être de pouvoir y mettre encore quelques temps des parcelles de nature... Hybrides et entreprises nous font perdre le goût ! A suivre !

mardi 23 mars 2010

Le printemps me prit au mot... avec Joshin Luce Bachoux

Surprise ! Quand je me suis réveillée ce matin, mon lit était plein de poèmes! Ils couraient dans tous les sens, froissaient les draps, sautaient sur l'oreiller; certains me chuchotaient dans l'oreille des mots rares, des mots lisses comme des galets, des mots brillants comme des diamants; d'autres me tiraient les cheveux pour attirer mon attention, se bousculaient, criaient à qui mieux mieux, comme une bande de gamins malappris. «Silence!», ai-je crié à mon tour. Ils se sont figés un instant, avant de reprendre leur sarabande; je fronçais les sourcils, faisant semblant d'être en colère, et cela les faisait rire de plus belle, et crier, et sauter, mais en vérité, j'étais si heureuse de les voir! 
Depuis plusieurs semaines, ils m'avaient abandonnée: pas une rime, pas une césure, pas même un petit vers libre à mettre dans mes cahiers. Et là! Ils étaient assez nombreux pour un livre, que dis-je, un recueil, dix recueils, des oeuvres complètes, même! Mon imagination me représentait des dorures sur tranches, des couvertures glorieuses, des reliures artistiquement travaillées, du vélin.., quand mon regard tomba sur le réveil : «Déjà !Je suis en retard! Je suis terriblement en retard !» Je me levai d'un bond, et fonçai vers la porte. Trop tard, je me rappelai les poèmes: « Attendez-moi! Je reviens tout de suite... Oh ! non,je vous en prie, ne partez pas... » 
Mais ils se dispersaient, sautant, volant, se bousculant, petites bouffées d'inspiration, courants d'air de joie, aussi fins que les toiles d'araignée qui réunissent deux brins d'herbe, aussi transparents que gouttes de rosée dans la lumière, insubstantiels, légers... Ils filaient sous les meubles, disparaissaient dans les poutres du plafond, entre les lames du plancher.... Ils faisaient des galipettes, des cabrioles, riant sans s'arréter, indifférents à mes supplications, jusqu'à ce qu'un grand silence, un vide affreux emplisse la pièce. 
Mon œuvre ! Disparue, effacée, rayée de la surface de la terre en quelques secondes! Je ne baissai pas les bras; je semai sur le plancher, comme miettes pour les petits oiseaux, des mots susceptibles de les faire revenir: ici « printemps », plus loin « bonheur », puis « soleil», des mots qui les attirent, qui leur donnent envie de jouer avec moi, de se faufiler dans les pages de mes cahiers... Impatiente, je guettai; il me sembla entendre un murmure sous le placard, un rire étouffé vers la fenêtre. « Petits, petits... » Je pris la voix haut perchée utile pour parler aux poules: ces poèmes, vous savez, sont tout aussi grégaires et, commençai-je à penser, tout aussi bêtes... Un toussotement me fit retourner, pleine d'espoir, mais patatras! Sur le bureau, « Courrier en retard », bourré à craquer dans sa chemise rouge, tapait du pied, l'air impatient; derrière lui, en équilibre entre deux piles de factures, « Comptabilité urgente » agitait les bras pour attirer mon attention, pendant que « À classer tout de suite », débordant de toutes parts, me regardait en fronçant les sourcils. 
« Eh bien, dis-je en toussotant, vraiment, je voudrais bien jouer avec vous aussi, mais aujourd'hui, je n'ai pas le temps, non, absolument pas le temps.» Et, sans écouter leurs appels et leurs plaintes, je fonçai vers la porte, m'arrêtant sur le seuil toutefois pour leur lancer: «Qui veut se plonger dans d'affreux dossiers ? C'est le printemps, vous savez!» Alors le printemps me prit au mot, et le monde s'emplit de lumière... 

Extrait de "La Vie" 11 mars 2010
JOSHIN LUCE BACHOUX est une nonne bouddhiste. Elle anime la Demeure sans limites.

dimanche 21 mars 2010

Juliette Binoche, Thierry Janssen... Christiane Singer (suite)

Pour celles et ceux qui ont aimé Juliette Binoche dans l'extrait ci-dessous, voici la suite...


Egalement un beau texte extrait du Nouvelles Clés de mars 2010, ou Thierry Janssen nous parle de Christiane Singer :Se confronter à l'humilité.

Christiane Singer par Juliette Binoche

Il est bienvenu de parler de Christiane Singer. C'était à 23h avant-hier soir mais Phytospiritualité est content de vous en extraire la sève et de vous la faire goûter.
Quelques fragments de femmes à l'énergie vitale !


samedi 20 mars 2010

Des Etincelles III de François Cassingena-Trévedy


L'homme n'a de vie que ses veilles, ses veilles où sa vie brûle et dont un violon est l'unique flamme.

Qu'est-ce que la poésie ? L'huile essentielle des choses.

Dans chaque page de l'Évangile, si l'on regarde bien, il y a un paysage: c'est un ciel, un lac, une colline, une montagne, un désert, un champ, un jardin; c'est un arbre, un portique, une barque qui laissent imaginer tout le reste, plantés là simplement pour que l'on plante à son tour tout le reste, car il faut travailler, il faut construire, il faut « imaginer », c'est- à-dire faire image, avec Lui. Chaque page est un paysage, et le paysage n'est pas décor: il est déjà, il est pleinement évangile.

L'Église est fondée sur Pierre, et Pierre est fondé sur ses propres larmes (Mt 26, 75), si bien qu'au fond l'Église est fondée sur les larmes. Et c'est bien ainsi, car les larmes sont plus solides que la pierre même.

Garder absolument le temps de penser, c'est-à-dire de laver ses filets; de les laver consciencieusement, à l'eau claire de la nuit. Les veilleurs ont l'odorat si fin qu'ils sentent les étoiles.

Nuit - le ciel ensemencé d'un livre d'étincelles.

Etincelles III , méditations écrites de François CASSINGENA-TRÉVEDY, moine de Saint Martin de Ligugé (né le 28 novembre 1959 à Rome)

Pourquoi j’ai écrit ce livre
« Étincelles III » est la suite naturelle de « Étincelles » (2004) et « Étincelles II » (2007), puisque aussi bien c’est la même nécessité intérieure, la même « observance » (au sens quasi monastique du terme) qui me pousse à consigner, tard dans la soirée, ce petit peu de lumière aperçue, reçue, devinée, qui donne à chaque jour son prix et appelle un fraternel partage. Les étincelles sont des « élucubrations », au beau sens antique du terme, c’est-à-dire des choses écrites à la clarté de la chandelle. Les « Étincelles » sont intégralement originaires de la nuit, s’alimentent à son mystère et n’ont pas d’autre dessein que d’y faire retourner. Écriture spontanément, volontairement fragmentaire qui construit peu à peu une totalité, sans que celle-ci, totalitaire, emprisonne le moins du monde. Car si chaque étincelle est un atome de sens, l’intervalle – le blanc, ou l’espace intersidéral – qui sépare les étincelles est lui-même provocateur de sens à l’infini. L’ouvrage en son entier se conçoit comme un firmament, un océan, une forêt où chacun trace librement son chemin, ou chacun trouve un chemin pour lui tout particulièrement approprié. Livre « interactif », donc, dans tous les sens du terme. Depuis qu’elles sont parues, en leurs trois livraisons successives, les « Étincelles » ont engagé dans le public une sorte de processus nucléaire : elles se colportent grâce à l’amitié et engendrent des amitiés. »
Frère François, monastère de Ligugé

vendredi 19 mars 2010

jeudi 18 mars 2010


«Les gens réfléchissent trop à ce qu'ils doivent faire et trop peu à ce qu'ils doivent être.» 
 Maître Eckhart