mercredi 12 juin 2024

Débrouille

 

DEBROUILLE
le temps n’existe pas
le temps passe
je m’en débrouille
tout est écrit
tout est possible
je m’en débrouille
tout est dérisoire
tout est important
je m’en débrouille
je ne peux rien
je dois agir
je m’en débrouille
personne n’est coupable
chacun est responsable
je m’en débrouille
pas de but
un chemin
je m’en débrouille
pas de moi
un je
je m’en débrouille
pas de libre arbitre
un choix
je m’en débrouille
ne rien attendre
tout espérer
je m’en débrouille
la tragédie
la merveille
je m’en débrouille
tout est obscur
tout est limpide
je m’en débrouille
le nirvana est le samsara
le samsara est le nirvana
je m’en débrouille
car n’est ce pas
dans la vie
il s’agit d’apprendre à se débrouiller
 
Gilles Farcet 
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mardi 11 juin 2024

Vigilance aux émotions

 Tenzin Palmo, Reflection on a mountain lake (Snow Lion Ed) .


"Une autre manière de travailler avec les émotions négatives, une fois que nous avons développé une grande vigilance, consiste à voir les pensées et les émotions dans leur nature essentielle dès qu'elles surgissent, au lieu de sauter dessus et de se laisser emporter par elles . Lorsque nous regardons à l'intérieur des pensées et des émotions, nous voyons qu'elles n'ont rien de solide. Elles sont transparentes et fluides. Leur nature est vide. Si nous pouvons voir cela au moment même où les pensées et les émotions se présentent, alors, sur le champ, nous les transformons en une énergie extraordinairement claire. 
Des moments comme ceux-là nous amènent à une très grande acuité de vision. À leur source toutes les émotions négatives sont des formes de l'énergie de sagesse. Elles sont de l'énergie de sagesse qui a été déformée. C'est pour cette raison que dans le Mahayana et en particulier dans le Vajrayana, les émotions négatives ne sont pas déracinées. Elles sont simplement comprises et vues dans leur vraie nature. Cela donne accès à des niveaux très profonds d'énergie pure. Mais cela présuppose un très haut degré de vigilance. Si nous avons ce haut degré de vigilance, quelle que soit l'émotion qui se présente, celle-ci est instantanément libérée. Il n'y a alors plus de problème."
 
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lundi 10 juin 2024

Nihilisme

 Les valeur et le sens établissent des limites bienveillantes à nos actions

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dimanche 9 juin 2024

Sans mesure

 

Au terme de mes jours
je ne retiendrai rien
d’autre que la lumière
aux lignes inlassables
son œuvre sans mesure
où se diluent
les horizons blessés
l’éblouissante éclaboussure 

 
"Près du surgissement", poèmes de Sabine Dewulf et photographies de Stéphane Delecroix, 
Editions Pourquoi viens-tu si tard ?, 2024
 
 
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samedi 8 juin 2024

Impossible repos

 


À quoi reconnaît-on les gens fatigués ? À ce qu'ils font des choses sans arrêt. À ce qu'ils rendent impossible l'entrée en eux d'un repos, d'un silence, d'un amour. Les gens fatigués font des affaires, bâtissent des maisons, suivent une carrière. 
C'est pour fuir la fatigue qu'ils font toutes ces choses, et c'est en fuyant qu'ils s'y soumettent. Le temps manque à leur temps. Ce qu'ils font de plus en plus, ils le font de moins en moins. La vie manque à leur vie. 
Entre eux-mêmes et eux-mêmes, il y a une vitre. Ils longent la vitre sans arrêt. La fatigue se voit sur leurs traits, dans leurs mains, sous leurs mots.
La fatigue est en eux comme une nostalgie, un désir impossible...
~ Christian Bobin
Une petite robe de fête
 
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vendredi 7 juin 2024

Espace de perception


 L'essentiel est de ne pas mettre l'accent sur la perception, mais sur l'espace dans lequel la perception s'exprime.

Le travail corporel est l'une des multiples expressions de ce regard libre.

Cela peut vous aider à vous rendre compte  de la constante  réactivité dans laquelle vous vivez.

Avec une grande sensibilité corporelle, vous allez immédiatement percevoir votre réaction, votre défense.

Il y aura un déplacement de l'énergie.

Au lieu de vous situer dans la réaction, vous allez vous situer dans cet espace.

Votre réaction vue et acceptée comme telle, va s'effondrer par manque de carburant, dans votre écoute libre de toute attente.

Eric Baret - le yoga tantrique du cachemire 

Peinture : Gérard Beaulet

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jeudi 6 juin 2024

Au cœur du chaos

 Mes chers amis,


La méditation, telle que je la partage avec vous a deux facettes, qui sont 2 faces de la même pièce.

La pratique de base de la méditation est la pacification mentale, shiné (en tibétain) ou shamatha (en sanskrit) et l'intention profonde est la vision profonde, lakhtong (en tibétain) ou vipassana (en sanskrit).

Nous essayons d'abord de poser notre attention en un point (par exemple sur la respiration) afin que notre esprit ne poursuive pas toutes les pensées qui surgissent. Le fait de poser notre attention en un point permet de prendre conscience du chaos qui existe dans notre esprit, ce surgissement permanent de pensées que nous avons l'habitude de poursuivre en y réagissant par d'autres pensées dans un processus sans fin.

Le but n'est pas de stopper les pensées, ni d'arriver à un état particulier.

L'intention est juste d'expérimenter ce qui est là, dans l'immobilité du corps, ce qui est une source de distraction en moins.

Cette expérimentation peut être plaisante jusqu'à l'extase ou déplaisante jusqu'à l'abandon de la méditation. L'important est juste de traverser l'expérimentation de l'instant.

Quand nous sommes juste dans l'expérimentation de l'instant, notre véritable nature, cet esprit clair et connaissant, se dévoile car nous sommes sortis de l'attachement et de l'aversion liés à la saisie d'un moi réellement existant, à la saisie de l'égo.


Cela est la vision profonde qui est l'autre facette de la méditation. La réalité commence à être vue telle qu'elle est. Nous nous sommes mis en chemin vers nous-mêmes et nous réalisons que nous y sommes, nous sommes en ce non-lieu que nous n'avons jamais quitté, nous réalisons que tous les phénomènes, toutes nos perceptions, ne sont que des mouvements de notre esprit..

La réalisation de cela permet à nos qualités inhérentes de se manifester : l'amour, la compassion, la joie et l'équanimité.

Nous n'avons pas de chemin à parcourir car notre véritable nature, notre nature de bouddha, le Christ en nous, ont toujours été là, mais étaient voilés par notre ignorance, notre vue erronée sur nous-mêmes et sur le monde.

Nous pouvons commencer par lakhtong ou par shiné, mais la vision directe de notre véritable nature, sans avoir habitué son esprit à se poser en un point, risque d'être très vite voilée par des émotions perturbatrices liées à nos attachements et nos aversions.

La pratique de shiné me semble à ce jour incontournable pour arriver à vraiment se libérer de la souffrance. Mais shiné peut aussi se faire dans le mouvement, c'est pourquoi j'ai inclus dans la pratique d'hier de la marche méditative.

Je vous présente ici en quelques mots l'essentiel de la méditation, mais cela nécessite bien sûr de beaucoup plus longs développements et surtout une pratique contemplative.

Je vous souhaite  à tous une belle journée, libres de trouver cette paix toujours présente au cœur du chaos.

Philippe Fabri

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mercredi 5 juin 2024

Se libérer du mental

 


  • Écoutez aussi souvent que possible cette voix dans votre tête. Prêtez particulièrement attention aux schémas de pensée répétitifs, à ces vieux disques qui jouent et rejouent les mêmes chansons peut-être depuis des années. C’est ce que j’entends quand je vous suggère « d’observer le penseur ». C’est une autre façon de vous dire d’écouter cette voix dans votre tête, d’être la présence qui joue le rôle de témoin.

  • Lorsque vous écoutez cette voix, faites-le objectivement, c’est-à dire sans juger.

  • Ne condamnez pas ce que vous entendez, car si vous le faites, cela signifie que cette même voix est revenue par la porte de service. Vous prendrez bientôt conscience qu’il y a la voix (Le mental) et qu’il y a quelqu’un qui l’écoute et qui l’observe qu'on appelle la conscience.

  • Cette prise de conscience que quelqu’un surveille, ce sens de votre propre présence, n’est pas une pensée. Cette réalisation trouve son origine au-delà du « mental ».


    (Le pouvoir du moment présent - Eckhart Tolle)
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lundi 3 juin 2024

Tout sert !

Y aurait-il la moindre parcelle de vivant qui n’ait son utilité ?

J’ai beau scruter : dans le monde végétal, tout sert. Le plus visible est la chaîne alimentaire. Mais pas seulement. Le végétal contient des principes actifs pour soigner les animaux et les humains. Il constitue la base de la pharmacopée. Il régule le climat. En se nourrissant du minéral terrestre et de la lumière céleste, il montre subtilement l’amour inconditionnel : recevoir-donner.


Le minéral qui nourrit le végétal est indissociable de la chaîne du vivant. Chaque atome, dans sa spécificité, s’unit à un autre pour constituer le socle de la vie terrestre visible. Par exemple le carbone aux multiples affinités ou la combinaison hydrogène-oxygène pour son environnement gazeux.

Y aurait-il le moindre insecte, le moindre animal qui n’ait son utilité ? Même si je connais peu d’animaux parmi leur immense diversité, je sais que chaque espèce possède un instinct dominant qui lui est propre, et lui donne une façon unique d’exister. Et nous sommes la sommation du monde animal. Nous leur devons la base de ce qui constitue notre personnalité.

Avec un petit truc en plus : la parole. Tout a son utilité. Et l’homme n’aurait pas d’utilité ?

Au sommet de l’évolution, le petit dernier arrivé sur terre n’aurait pas sa place active dans la chaîne du vivant ?


L’être le plus complexe de la création a, comme les autres, son utilité. Bien sûr, son originalité, c’est qu’il doit trouver sa propre utilité. Elle est forcement singulière car chaque être humain est singulier.

Mais la famille humaine a reçu et sait la nature de son service, à la suite des règnes qui nous ont précédés. Être comme le minéral, croître comme le végétal, instinctivement ensemble comme l’animal, en le sachant par sa personnalité, son rôle : donner de l’amour. 

Mettre de la paix là où il y a la guerre, de l’ordre là où le désordre gouverne, mettre de la douceur où la haine domine.

Donner de l’amour, selon sa propre forme, voilà l’utilité dévolue à chacun.

Christian Rœsch

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dimanche 2 juin 2024

Le feu de la vie

Qu’est-ce qui préoccupe les gens dans la vraie vie comme disent les journalistes ?

Est-ce le pouvoir d’achat ? La guerre qui nous entoure ? Le prochain week-end prolongé ?

La destruction de la nature ? Les élections européennes ? La faim dans le monde ?

Non, ce n’est aucun de ces sujets. C’est la somme de tous les sujets qui provoque une certaine inquiétude. Derrière, se profilent les grandes questions sous-jacentes : Quel est le sens de tout ça ? Pourquoi la souffrance ? Qu’y puis-je ? Pourquoi suis-je sur terre ?

Sans réponse, la vie suit son cours comme l’eau va à la mer… et finit comme une goutte dans l’océan… dissoute.

Pourquoi certains, à l’occasion d’une souffrance importante, de circonstances particulières, ou sans raison apparente, ne se contentent pas de non-réponse ?

Ils lisent, écoutent, examinent, se questionnent. Et parfois entendent ce que le feu de la vie leur répond. 


Le feu de la vie a toujours deux aspects inséparables : chaleur et lumière. 

La chaleur répond par l’amour : Nous sommes nés de l’amour pour incarner l’amour. 

La lumière répond : L’existence humaine a du sens ; nous sommes là pour progresser en connaissance de l’ordre de l’univers, en servant cet ordre avec amour.

Ce feu, c’est la foi. Autrefois, elle consistait à croire ce qui avait été dit et que les yeux ne voyaient pas. Et c’était juste. Aujourd’hui, la foi demande à expérimenter ce qu’on ne voyait pas. 

Voir, entendre, suivre et vivre le feu de la vie.

La Tradition chrétienne l’appelle Esprit-Saint.

« Demandez, demandez sans cesse. Il vous sera répondu ».

C’est la nouvelle Pentecôte, individuelle.

Toujours la même, en réalité ; le feu ne change pas.

Christian Rœsch

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samedi 1 juin 2024

Qu'est ce qu'être normal ?

(extrait du "carnet")

Daniel Roumanoff raconte qu’ayant emmené Swamiji sur un marche en normandie, ce dernier fit ensuite la réflexion qu’il n’y avait vu qu’une seule personne « normale »
De fait , Swami Prajnanpad présentait souvent comme un accomplissement rare et considérable le fait de devenir ce qu’il appelait « normal ».

« Normal », un mot bien ambigu de par ses connotations…
Comment comprendre cette notion de « normalité », propre à prêter à bien des confusions , notamment eu égard aux « normes » auxquelles on se réfèrerait ?
« Normal » selon quelles normes, au juste ?
Etant entendu que les normes, comme la morale qui d’ailleurs en est une, évoluent, voire changent considérablement selon les époques et cultures…
Qu’est ce donc, en tant que personne, que être de plus en plus « normal , ou de moins en moins « anormal », par delà les critères moraux, les références et appréciations subjectives ?
Je propose ici quelques pistes nées d’une longue observation et réflexion.
Ce que j’appelle ici « anormalité » doit être entendu au sens que lui confère Swami Prajnanpad. Ce terme n’implique aucun jugement ou rejet qui seraient eux mêmes des manifestations d’ « anormalité ». Il s’agit en quelque sorte d’un terme technique, comme lorsque l’on dit d’une personne en mauvaise santé qu’elle est malade ou « souffrante » .
Se sentir « en place", comme si tout en notre personne était désormais à peu près en ordre.
En place et à sa place.
Ce sentiment pourra être favorisé par l’âge et la maturité, étant bien entendu qu’il ne suffit pas d’avancer en années pour se sentir en place et à sa place.
Un enfant ou un jeune non perturbé (cas de figure certes bien rares) pourraient aussi connaitre ce sentiment.
Se sentir perpétuellement ailleurs qu’à sa place, notamment passé un certain âge, constitué un symptôme d’ « anormalité »;
Eprouver une intensité de vie, oui, mais pas ou très peu de tendance à l’excès en quelque domaine que ce soit.
Une capacité à user de tout mais n’abuser de rien.
Toute propension à l’excès (ne pas confondre excès et aptitude à « se lâcher » aux moments et dans un contexte approprié) est un signe d’ « anormalité ».
Une totale absence de rigidité coïncidant avec une grande rigueur.
Par conséquent, une éthique (ne pas confondre avec morale) en même temps que une vive souplesse, une capacité d’adaptation sur tous les plans, aussi bien en matière alimentaire que pour tout ce qui touche au mode de vie et comportements.
Toute rigidité dans quelque domaine que ce soit est un symptôme d’anormalité.
Une radicale absence de principes (ne pas confondre avec absence d’éthique )
Une profonde indifférence aux idéaux, quels qu’ils soient (ne pas confondre avec des points de visée inspirants).
Des valeurs, oui, mais intégrées et ne relevant pas de l’idéologie, des croyances, de la religion.
De ce fait une absence d’opinions, sinon totale, du moins d’opinions arrêtées et inamovibles auxquelles s’identifier.
De ce fait une imperméabilité à tous les nationalismes, régionalismes, corporatismes ,(ce qui n’exclue en rien de se sentir en tant qu’humain lié mais non identifié à une nation, une région, une corporation,) aux discours identitaires , quelqu’ils soient et d’où qu’ils viennent.
Toute pulsion prosélyte en quelque domaine que ce soit, toute mise en avant revendicatrice d’une identité, toute propension à brandir une morale, à défendre bec et ongles un « camp » , tout extrémisme, religieux, politique, artistique, ou autre, constituent des symptômes d’« anormalité ».

Une liberté intime vis à vis de tous les cadres, contextes, institutions y compris spirituelles, cette liberté se traduisant paradoxalement par une aptitude à respecter et se conformer à tous les cadres, contextes et institutions y compris spirituelles, dès lors que cela s’avère nécessaire et juste.
Toute identification à une institution , tout comme le rejet de principe du moindre cadre institutionnel, constituent des symptômes d’« anormalité »
Une capacité prononcée à la remise en cause coïncidant paradoxalement avec une profonde confiance en soi (ne pas confondre avec prétention ).
Une personne « normale » est toujours disposée à s’expliquer si nécessaire mais ne se justifie jamais. Pas plus qu’elle n’alimente et ne participe à de pseudo débats et autres caricatures de discussions (sur les réseaux sociaux, en particulier, comme dans le quotidien en général)
Toute inaptitude à se remettre en cause constitue un symptôme d’ « anormalité ». Toute propension à vainement « débattre » et à confronter stérilement des opinions sans que quiconque soit prêt à la moindre remise en cause constitue un symptôme d’« anormalité »
Une aptitude aussi bien à la relation qu’à la solitude, à la convivialité qu’à l’isolement.
Toute inaptitude à la solitude aussi bien que toute forme de misanthropie constituent des symptômes d’ « anormalité »
Une aptitude à être heureux, à pleinement goûter ce qui nous est donné ;
à ne pas se rendre malheureux par le jeu des comparaisons, pensées, émotions justifiées et donc alimentées…
Ne pas se réjouir chaque jour de ce qui nous est donné constitue un symptôme d’ « anormalité »
Une créativité naturelle, la créativité ne se limitant pas aux domaines artistiques.
Toute inaptitude à innover , à raisonner en dehors de la boîte, constitue un symptôme d’ « anormalité »
Une aptitude à tranquillement mener quantité de choses de front.
Tout débordement persistant, qui plus est chronique, est un symptôme d’anormalité.
Une relative tranquillité.
Toute agitation persistante constitue un symptôme d’ « anormalité »
Etre fiable.
Pouvoir compter sur soi même et savoir que les autres peuvent compter sur vous.
De ce fait être constant. Un personnage ne chasse plus l’autre.
De ce fait, être responsable : en capacité à répondre de manière juste à ce qui est demandé.
Toute non fiabilité chronique, toute inaptitude à tenir sa parole, à faire même des choses simples auxquelles on s’est engagé ou qui nous sont objectivement demandées, constituent des symptômes d’ « anormalité
Etre naturellement et a priori ouvert : une ouverture naturelle à l’autre, aux autres, avec de temps en temps là aussi la nécessité de reprendre les commandes.
Par la même une forme de générosité procédant d’un ressenti de non séparation au sein de la différence.
Trouver sincèrement sa joie en celle de l’autre.
Une aptitude à la compassion, ou tout du moins à un certain degré de cette qualité sacrée.
Toute fermeture, toute attitude méprisante ou négligente de l’autre, quel qu’il soit, tout jugement auquel on s’identifie, constituent des symptômes d’anormalité
Un souci continu de l’essentiel.
Une aptitude à spontanément discerner l’essentiel de l’accessoire, l’anecdote du principe .
Toute indifférence prolongée aux enjeux essentiels de la condition humaine constitue un symptôme d’ « anormalité ».
Une capacité à distinguer le vrai du faux.
Une acuité d’évaluation - dépourvue de jugement.
Un œil acéré permettant, sans rejet, de détecter les postures, les faux semblants, les attitudes, les prétentions, tout ce qui n’est pas « en place » et ajusté.
Et du « bon sens », beaucoup de bon sens, c’est à dire un sens de ce qui est objectivement juste, sain, en place, et de ce qui ne l’est pas dans l’instant , encore et toujours en toute liberté vis à vis des opinions, critères et normes en vigueur.
De ce fait une méfiance (non rejetante) instinctive vis à vis de tout ce qui peut relever du simplisme, des amalgames , des raccourcis.
Une personne normale est naturellement peu réceptive aux discours réducteurs, aux théories fumeuses et, en matière spirituelle, aux revendications et proclamations « d’éveil ».
Une personne normale est essentiellement simple mais jamais simpliste, toujours attentive à la complexité et ne cherche en rien à nier cette dernière.
Toute attirance pour les théories simplistes, les idéologies réductrices, les raccourcis et autres constituent des symptômes d’ « anormalité ».
Enfin, plus une personne est normale, moins il lui viendra à l’idée de s’attribuer quoi que ce soit, y compris sa "normalité"

Gilles Farcet
 
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vendredi 31 mai 2024

Un bruit méditatif

 Mes chers amis,


Je reprends des propos de Jean Marc Falcombello dans sa méditation de lundi : "un bruit nous dérange tant qu'il nous dérange".

En effet quand nous ne sommes plus dérangé par ce bruit, il ne nous dérange plus !

Oui, c'est évident, et alors ?

Alors cela signifie simplement que le bruit n'est qu'une cause à laquelle nous pouvons réagir ou pas. Le dérangement n'est pas inhérent au bruit, mais est inhérent à nous, puisque le même bruit peut nous déranger ou pas.

Quelle est la réaction la plus utile, lutter contre le bruit ou prendre conscience de notre réaction, de notre dérangement. Si la cause est facilement modifiable, faisons le nécessaire. Si la cause n'est pas modifiable, voyons si nous pouvons modifier notre réaction.

Ceci ne vaut évidemment pas que pour les bruit, mais vaut pour toutes nos perceptions.

La méditation est un moment où nous pouvons essayer de prendre conscience de nos réactions, de ce qui nous dérange...

Avec ma profonde amitié pour vous tous, je vous souhaite à tous une très belle journée, conscient de ce qui vous dérange.

Philippe Fabri

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