mardi 14 octobre 2008

Un chemin avec Matthieu Ricard (partie 1)

« Il y a une pépite d’or au fond de chacun de nous. Elle peut être enfouie sous un tas d’immondices. Il suffit de la retrouver et de la polir, pour lui redonner son éclat », raconte le moine tibétain Matthieu Ricard. Il parle de sa spiritualité, de sa passion de photographe et du dalaï-lama qu’il côtoie régulièrement. Matthieu Ricard est l’interprète officiel en français du 14e dalaï-lama, Tenzin Gyatso. Il effectue de nombreux voyages annuellement. Cette fois-ci, il est au Québec pendant une semaine pour prononcer quelques conférences sur la paix.
Quand il n’est pas en tournée, il passe son temps dans un monastère népalais. Il y médite, bien sûr, mais il vient aussi en aide à des enfants. Matthieu Ricard est le fils du journaliste et intellectuel Jean-François Revel, mort en 2006. À propos de la méditation, le moine de 61 ans affirme qu’il n’en coûte pas beaucoup pour s’y adonner. « On peut bien prendre 15 ou 20 minutes dans sa journée pour lui donner une autre saveur. »
Matthieu Ricard a publié de nombreux livres, dont un recueil de photographies intitué Tibet - Regards de compassion.

Partie 1



Un chemin avec Matthieu Ricard (partie 2)


Partie 2



lundi 13 octobre 2008

Notre Royaume

Ce dimanche, l’évangile de Matthieu comparait le royaume des cieux à celui d’un roi. Pourquoi ce symbole est-il si présent, non seulement dans le christianisme mais aussi ailleurs, notamment dans le dénouement des contes de fée ?
La liturgie chrétienne comporte bien des éléments qui se rapportent à ce symbole du royaume : elle célèbre à la fois la royauté du Christ, son vêtement de lumière et son festin, sur la table de l’autel, nappée de blanc et ornée de fleurs : le pain et le vin, partagés par les fidèles dans une grande communion d’esprit et de corps.
Au-delà de cette symbolique proprement chrétienne, plusieurs éléments sont universels : le royaume est la racine de l’arbre couronné des séphirots, dans la kabbale juive ; il est l’accomplissement du héros dans les contes ; il constitue aussi le rêve de bien des enfants. Ce royaume, présent dans de nombreuses traditions spirituelles, est avant tout un état d’être, la métaphore de la libération de l’homme.

D’abord, on y découvre une organisation inhabituelle : le disciple-roi gouverne tous les personnages éphémères et contradictoires qui nous composent (le vaniteux, le timide, l’ambitieux, le courageux, le paresseux, le pacifiste, le meurtrier, etc.). Mais cet ordre n’est en rien une tyrannie ! Le disciple n’est pas un personnage plus puissant que les autres. C’est un humble miroir doué de lucidité, qui reflète avec bienveillance chacun des personnages entrés sur la scène du « je ». L’organisation qui en découle est toute naturelle. Nous devenons des êtres cohérents, en paix avec chacune de nos facettes, si noires soient-elles parfois.
Plus encore, ce royaume est le lieu d’une fête – plus précisément une noce. Voyons-en les composantes…
- Le festin, bien sûr. Il s’agit, sur un certain plan de nous-mêmes, de vivre une forme de plénitude : dans ces instants magiques où nous sommes réconciliés avec nous-mêmes, quels que soient nos désagréments du moment, nous nous sentons rassasiés, peut-être même ivres d’une joie supérieure. Nous n’avons pas d’autre besoin que de goûter la plénitude du silence, de la paix intérieure.
- La noce, aussi : ici et maintenant, nous nous réunifions, nous marions en nous les deux moitiés qui se séparent si souvent sous l’effet de notre diable intérieur. Ce faisant, nous réconcilions nos deux dimensions essentielles : notre masculinité solaire, dynamique, et notre féminité lunaire, réceptive.
- Le vêtement, enfin : blanc ou éclatant de lumière, il ressemble à l’aube des communiants, qui symbolise notre naissance à un état nouveau, la conscience radieuse du pur "Je suis", reliée à l’univers entier, et qui rassemble tout l’arc-en-ciel de nos êtres multicolores !

dimanche 12 octobre 2008

Hooseek, un (méta)moteur solidaire

Un moteur solidaire, HooSeek, qui grâce à vos recherches reverse de l'argent à des associations.
HOOSEEK

Bientôt, la journée d'action des bloggeurs contre la pauvreté ! A ne pas oublier !

samedi 11 octobre 2008

Le Tibet avec Matthieu Ricard

Matthieu Ricard est interviewé dans l'émission "C'est dans l'air" avant les jeux olympiques...
(désolé pour le léger décalage entre le son et la vidéo)

L'artichaut, un pouvoir anti-oxydant

L’artichaut (Cynara scolymus) est une plante dicotylédone de la famille des Astéracées (ou Composées) appartenant au genre Cynara.
L'artichaut lui-même est un chardon domestiqué et cultivé, de l'espèce Cynara cardunculus, dont la variété sauvage est sans doute Cynara cardunculus sylvestris, ayant donné naissance à deux formes : le cardon et l'artichaut. On désigne sous le nom d'artichaut à la fois la plante entière et sa partie comestible, l'inflorescence en capitule, appelée aussi tête d'artichaut. Le mot, apparu à la Renaissance, est emprunté à son nom arabe الخرشف (signifiant l'épine de la terre).

vendredi 10 octobre 2008

La passion amoureuse de Dieu par Jacqueline Kelen

Une autre interview plus ancienne (novembre 2006), où l'on peut de nouveau entendre cette voie qui aborde la souffrance et le divin
Une plume atypique. Un langage clair, sans concession. Jacqueline Kelen a publié une trentaine d'ouvrages. Enfant solitaire et heureuse, la lecture faisait partie de sa vie. Habitée depuis toujours par une sensation : « il me semblait que j'avais déjà mille ans, que je venais de bien plus loin que le jour de ma naissance » dit-elle.
Croyante, malgré les épreuves endurées, elle n'a jamais douté de cet amour total venant de Dieu...


Un hommage à Jacques Brel

Viscéralement vibrant, je ne peux oublier ces chansons pour assumer nos rêves :

jeudi 9 octobre 2008

le chemin de liberté avec Jacqueline Kelen

Certains ont apprécié Jacqueline Kelen. Licenciée en Lettres Classiques, productrice à France Culture, cette femme passionnée et passionnante se consacre depuis une vingtaine d'années aux grands mythes de l'Humanité, comme en témoignent ses ouvrages... Voici une autre interview où Jacqueline Kelen ouvre notre solitude (10 min) :

mercredi 8 octobre 2008

Juste être avec Annick de Souzenelle

Un petit extrait audio de moins de vingt minutes à déguster, pour une proximité avec le divin que nous fait découvrir Annick de Souzenelle.
La psychothérapeute Annick de Souzenelle échange sur la compassion et la jalousie.

(10 septembre 2008)


Un autre court extrait audio pour le plaisir :



voir tous les documents sur Annick de Souzenelle

mardi 7 octobre 2008

Matthieu Ricard et la méditation pour tous et partout

Dans L'Art de la méditation, vous prétendez qu'il n'est pas nécessaire d'être bouddhiste pour méditer.
Bien sûr que non. Nous en sommes tous capables! Les racines orientales du mot signifient d'ailleurs "cultiver". Méditer, c'est cultiver son esprit, l'aider à avoir une vision plus juste de la réalité, se familiariser avec la tolérance, l'altruisme, la tendresse, qualités dont nous avons tous le potentiel, mais que nous ne déployons que par instants fugaces.
A vous lire, il s'agirait d'exercer son esprit comme on exerce son corps...
C'est ça. On produit des efforts considérables pour apprendre les échecs, le ski, la musique. C'est très bien. Mais les qualités humaines aussi nécessitent un travail. Restons sur la musique: s'il s'exerce, un pianiste peut jouer du Mozart à tout moment. Eh bien, entraîné de manière régulière et sérieuse, un esprit peut, de la même manière, se montrer généreux de façon très spontanée.
Un pianiste ne devient pas virtuose en un jour. Combien de temps faut-il pour bien savoir méditer?
Ah... C'est une question que l'on me pose souvent en Occident, juste après "comment s'y prend-on?". Tout le monde n'a pas la chance de vivre dans l'Himalaya ou de côtoyer des grands maîtres spirituels comme j'en ai le privilège. Le meilleur conseil que je puisse donner aux débutants, surtout ici, où l'on vit à cent à l'heure, c'est de commencer par s'asseoir une demi-heure. [Rires.] Réfléchir au fonctionnement de son esprit, aux qualités que j'ai citées tout à l'heure, constitue un excellent point de départ.

Voir l'article en entier

lundi 6 octobre 2008

Saisir et puis ouvrir les mains


"Saisir, saisir le soir, la pomme et la statue,
Saisir l'ombre et le mur et le bout de la rue.

Saisir le pied, le cou de la femme couchée
Et puis ouvrir les mains. Combien d'oiseaux lâchés

Combien d'oiseaux perdus qui deviennent la rue,

L'ombre, le mur, le soir, la pomme et la statue.

Mains, vous vous userez

A ce grave jeu-là.
Il faudra vous couper
Un jour, vous couper ras."


(Jules Supervielle, "Saisir", Le Forçat innocent, 1930)

Hier matin, nous étions avec Daniel Morin, en Belgique. C'était l'heure de la méditation guidée. A la faveur de ses paroles, j'ai senti les pensées s'apaiser. Je me suis rapprochée de moi-même. La simplicité était là, dans l'immobilité de l'espace et du silence... Et lorsque Daniel a dit : "Laissez venir et puis surtout laissez partir...", ces vers de Supervielle me sont revenus en mémoire, dans leur netteté. Sans cesse, nous saisissons, pour nous rendre compte ensuite qu'il faut bien lâcher un jour parce que tout passe, tout nous fuit entre les doigts. Nous ne possédons jamais rien. Tout nous traverse continuellement. Dans nos mains crispées, il ne reste en réalité que des ombres de proie. Et pourtant, nous recommençons à "saisir". Il faudra un jour couper les mains, qui sont ici les métaphores du désir s'appropriant les choses et les êtres, de toute sa violence. Trancher les mains du diable... Pourquoi fermer, pourquoi serrer les mains, les poings ? Il est tellement plus juste de délivrer les choses et les êtres qui nous entourent, de les laisser vivre leur vol d'oiseaux libres. De leur permettre de redevenir à nos yeux ce qu'ils sont réellement. De les laisser être. Accompagner leur vol, sentir leur fluidité, oui. Mais les laisser être. Ce faisant, en lâchant prise, c'est nous-même que nous libérons. Les épaules se détendent, un ruisseau de paix s'écoule. La maison du moi s'ouvre au silence, au mystère, comme le dit la fin du long poème intitulé "Saisir" :



"Que tes mains s'ouvrent et laissent
S'échapper force et faiblesses,
Que ton coeur et ton cerveau
Tirent enfin leurs rideaux,
Que ton sang s'apaise aussi
Pour favoriser la nuit."

Prisonnier au berceau par Christian Bobin

Couverture du livre audio Prisonnier au berceau
© Mercure de France Durée : 2h (2CD audio)
Prix coffret 16 Euros
Cet ouvrage a reçu le Prix handi-livres du Meilleur livre lu 2006, décerné par la Mutuelle Intégrance.

En voici un extrait :





Christian Bobin.
Né en 1951 au Creusot, Christian Bobin est un enfant solitaire aimant la compagnie des livres. Après des études de philosophie, il travaille pour des bibliothèques et des musées, puis en tant que rédacteur à la revue Milieux. Ses premiers textes, caractérisés par leur brièveté, sont publiés dans les années 1980 aux éditions Brandes, puis chez Fata Morgana. En 1992, les éditions Gallimard publient Le très bas, un livre consacré à Saint François d'Assise. Cette parution marque le début d'un grand succès auprès de la critique mais aussi d'un large public. Usant de mots très simples, soigneusement choisis, Christian Bobin s'adresse directement à l'âme de ses lecteurs.

"Pendant plusieurs dizaines d'années, je n'ai eu qu'une meurtrière pour voir la vie : un rectangle ouvert sur le ciel pur. Ma vue s'est faite à cette exiguïté : j'appris à trouver dans le vol aigu d'une hirondelle ou dans l'interminable dérive d'un nuage les nourritures nécessaires à ma joie." Christian Bobin pendant l'enregistrement du livre audioChristian Bobin a grandi au Creusot, "ville aux usines dormantes". Enfant solitaire, il est longtemps resté à l'ombre de la maison familiale, comme si un ange l'empêchait de s'en éloigner. C'est donc de la fenêtre de sa chambre que ce voyageur immobile a découvert le monde. Et en contemplant la nature, le ciel, la lumière, il a appris à capter les beautés essentielles cachées dans l'ordinaire. Après la lecture, Christian Bobin répond aux questions d'Aurélie Kieffer, journaliste et présidente de l'association Lire dans le noir.
En enregistrant son livre, Christian Bobin a vécu "une expérience étrange et grave, qui aide à comprendre un peu mieux ce qu'est l'âme". L'écrivain a été très attentif à restituer la musique de ses mots. La lecture est suivie d'une plage musicale : un extrait du disque de Daniel Grosjean, "Le cycle des familles", que Christian Bobin écoutait lorsqu'il écrivait cet ouvrage.
Autre bonus, Lire dans le noir vous propose un entretien avec Christian Bobin. Il y livre ses impressions d'enregistrement, revient sur le sens de son livre, et décrit les photos qu'il avait choisies pour illustrer la version papier de Prisonnier au berceau.
En couverture du livre audio : une photo d'Edouard Boubat. Le photographe avait travaillé avec Christian Bobin et ses images reflètent parfaitement l'univers de l'écrivain. (Graphisme : Christophe Vincenzi