samedi 6 juillet 2024

Egocentrisme raconté...


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 Les sacs de grain

Chaque année après les récoltes, tous les villageois se retrouvent près du moulin du village.
Il y a une grande meule, tout le monde vient avec ses sacs ie grain.
Chacun à son tour prend une mesure de grain, la fait passer uns la meule, recueille la farine et en remplit un autre sac.

Niais Nasredin ne cesse de puiser dans le sac de son voisin immédiat. Son manège finit par être repéré, et le voisin f insurge:

Nasredin, arrête donc de prendre le grain de mes sacs !

Oh, pardon ! Tu sais, je suis un peu idiot...

Le voisin opine de la tête, mais reste sur ses positions :

Oui, mais même si tu es idiot, pourquoi tu n’en prends pas de ton propre sac ?

Je suis idiot, admet Nasredin, mais pas à ce point-là!

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La volonté divine

Un jour, Nasredin se rend chez l’imam et lui annonce triomphalement:

J’ai enfin la preuve que TOUT dans ce monde va selon la volonté du Très-Haut.

Quelle foi profonde, Nasredin, mais qu’est-ce qui t’a permis d’arriver à cette conclusion?

Oh, c’est évident, dit Nasredin. Jamais rien dans ce monde ne va selon ma volonté à MOI.



Source : Les folles histoires du sage Nasredin par Ilios Kotsou et Matthieu Ricard
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jeudi 4 juillet 2024

Voir clairement

 


Voir quelque chose clairement est l'action la plus totale qui soit.

Quand un inconnu vous aborde, vous ne savez pas si c'est votre futur mari ou quelqu'un qui veut vous étrangler. Comment le savoir ? Vous allez écouter, regarder, sentir, être présent.

Vous n'allez pas vous laisser abuser par l'apparence...

Écoutez comment est son corps, sa pupille, ses mains, la position de ses pieds, son souffle, sa tête, comment il se présente, son débit d'allocution, le ton de sa voix, quand la voix se coince, se libère... et vous allez savoir si c'est votre futur mari ou s'il vaut mieux accélérer le pas. 

Vous ne pourrez le percevoir qu'en écoutant. De l'écoute vient le geste juste. À un moment donné, cette écoute devient instantanée. Si vous ne l'avez pas instantanément, c'est qu'il reste en vous un relent de peur, d'angoisse. Il faut écouter, c'est tout. Vous n'avez pas à ôter la peur. Voir quelque chose clairement est l'action la plus totale qui soit.

~ Éric Baret

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mercredi 3 juillet 2024

Libre des contraintes


anticiper la folie
s’aligner sur la sagesse
faire face au chaos
se tenir en ordre
ne plus attendre de cohérence
se montrer responsable
ne plus s’échiner à faire taire le bruit

se tenir attentif au silence
ne plus se chercher dans le regard de l’autre
savoir où l’on est
ne plus chercher l’approbation
ne pas susciter inutilement le trouble
ne plus s’évertuer à se faire comprendre
ne pas abdiquer la clarté
ne plus vouloir
que l’autre veuille
inlassablement cependant
en appeler à son intention
ne plus vouloir
que l’autre voie
persister pourtant à en appeler à son regard
avancer ainsi
libre
de contrainte en contrainte
léger
en portant lourd
esquiver de son mieux
mines bombes chausses trappes
vivre
radicalement seul
en la meilleure des compagnies

Gilles Farcet

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on

mardi 2 juillet 2024

Pouvoir du oui...

 


Que peut le oui ? 
Rien, s'il est passivité, résignation, répression du non, accablement. 
Tout, s'il est processus dynamique, vision juste. 
Tenter d'accueillir l'émotion, de rester quelque temps en sa compagnie ; 
la voir sans la nier, la reconnaître sans la juger, 
bien sûr, c'est lui dire oui. 
Bien sûr, c'est être « un » avec elle.

Denise Desjardins
(La stratégie du oui)
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lundi 1 juillet 2024

Ce que nous ne sommes pas...

 


Profitons de ce jour de repos pour essayer de nous définir.

Comment ça ?

Nous ne pouvons nous connaître que pour ce que nous ne sommes pas.

1. Le cheval court comme un fou, mais il ne peut pas échapper à sa queue.

L'ego ne peut pas être éliminé, mais oui, il peut être apprivoisé.

2. Nous sommes en train de naître, nous vivons, nous mourons, tout ça en même temps.

3. Quand on le raconte, le temps devient la prison.

Les montres sont complices de ceux qui nous asservissent.

4. Nous sommes ce que nous croyons être, nous sommes ce que nous aimons, nous sommes ce que nous pouvons faire. Et pour être ça, nous devons avoir un but dans la vie.

5. Un arbre est vraiment un arbre quand il y a des oiseaux qui chantent entre ses branches.

Mais un arbre n'est pas un arbre s'il n'a personne pour chanter.

6. Cherche ton vrai visage dans le cœur des autres, où entre les battements de cœur et le sang, un miroir brille.

7. Nous pouvons perdre de nombreuses années à élargir l'ombre des petites choses.

Je le répète, nous ne nous connaissons que pour ce que nous ne sommes pas.

En vérité, être c'est ne rien être.

C'est merveilleux de chanter parmi les branches de notre arbre généalogique.

Nous ne sommes pas un, nous sommes tous.

Si tu n'es pas d'accord avec moi, je suis d'accord avec toi. Aussi, j'ai un espoir dans mon cœur.

Alexandre Jodorowsky

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dimanche 30 juin 2024

A voté


Aujourd'hui, je vais au bureau pour travailler sur mon bulletin de paix.

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samedi 29 juin 2024

Revenir sans cesse


Avec le temps, l'expérience qui consiste à étiqueter ses pensées « penser » devient aussi beaucoup plus claire. On peut être complètement plongé dans une rêverie, dans une remémoration du passé ou faire des projets d'avenir, totalement absorbé, comme si on avait pris place dans un avion qui s'est envolé. On est ailleurs, on est avec d'autres personnes, on a redécoré une pièce ou bien on a revécu des événements, agréables ou non, ou bien on s'inquiète énormément de quelque chose qui pourrait arriver, ou encore on retire une grande jouissance en pensant à quelque chose qui pourrait se produire, mais on y est immergé tout entier, comme si on était dans un rêve. Puis, soudain, on s'en rend compte et on revient, un point c'est tout.

C'est automatique. On se dit « penser » et, en le disant, fondamentalement, on choisit de laisser tomber ces pensées : on ne les refoule pas, mais on les reconnaît avec beaucoup de clarté et de douceur comme du « penser », pour ensuite les abandonner.

Quand on commence à se familiariser avec ce processus, on acquiert une puissance incroyable : voir que l'on peut être complètement obsédé par l'espoir, la peur et toutes sortes d'autres pensées, se rendre compte de ce que l'on fait — sans le critiquer —, et que l'on peut abandonner ces pensées.

C'est probablement l'un des outils les plus stupéfiants qu'on puisse recevoir, cette capacité de simplement renoncer aux choses, sans être pris dans l'étreinte de ses propres pensées de colère, de passion, d'inquiétude ou de dépression.

Pema Chödrön – Entrer en amitié avec soi-même

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vendredi 28 juin 2024

jeudi 27 juin 2024

Intelligence...

 La pensée est si rusée, si habile, qu'elle déforme tout pour sa propre convenance.

~ Jiddu Krishnamurti


Quand vous dites : "C’est un homme très intelligent", que voulez-vous dire ? Je pense que même si vous ne réussissez jamais un examen ou ne lisez jamais un seul livre, vous pouvez tout de même être extraordinairement intelligent. Alors, écoutez attentivement pendant que j’aborde la question de ce qu’est l’intelligence...

Pour moi, l’intelligence est la capacité de penser très clairement. C'est la capacité de penser sans qu'aucun désir personnel, aucune fantaisie, aucun espoir ni aucune peur ne soient projetés dans notre pensée. C'est de voir les faits tels qu’ils sont : voir la corruption telle qu'elle est, voir l'ambition telle qu'elle est, voir les exigences sexuelles telles qu'elles sont.

Tout voir clairement — sans aucune sorte de distorsion — est le début de l'intelligence.

~ Jiddu Krishnamurti - A Timeless Spring

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mercredi 26 juin 2024

Des pensées en images

 

Flottement intérieur

Poire divine ?

Vérité de l'époque

                                                                 Organisation mentale.

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mardi 25 juin 2024

Je vogue...


ce qu’ils appellent le monde objectif
n’est pas une affaire si sérieuse
leur rationalité
ne pèse pas si lourd
le temps ?
il n’est opérant
que dans sa dimension
toujours transpercée
par ce qui lui échappe
leur logique ?
elle subit
démenti après démenti
les apparences
qu’ils vénèrent
sont pourtant striées de mystère
le connu
dans lequel ils évoluent
et auquel il s’agrippent
est juste ce vernis
qu’un zeste d’innocence
suffit à gratter
moi vivant

j’ai vu
l’incroyable être vrai
l’improbable advenir
j’ai vu
ce qu’ils qualifiaient de rêves
se réaliser
en toute tranquillité
j’ai vu
l’invisible submerger le visible
entendu
l’inouï couvrir les bruits
ce qu’ils appellent le réel
et qu’ils croient si rigide
est poreux, élastique
pas d’univers linéaire
mais un monde
à couches multiples
j’ai tâtonné
d’une strate à l’autre
maintenant je vogue
entre des possibles
sans cesse réévalués
ET …

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Gilles Farcet

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lundi 24 juin 2024

Du roseau pensant au réseau conscient


L’homme n’est pas un « roseau pensant » comme le dit Pascal, mais plutôt un « réseau pensant », ou plus exactement un réseau de consciences plus profond que les réseaux d’affects et de concepts qui s’agitent plus qu’ils n’agissent à la surface de la planète.

Sortir de l’agitation, apaiser nos pensées, découvrir le « sigélium » (de sigè - silence) qui relie silencieusement les consciences profondes des êtres humains sur tous les continents, est-ce une issue au chaos que nous vivons ou subissons ?

Un ami me disait il y a quelques jours : « Ce n’est pas en restant assis sur un coussin qu’on sauve le monde. Vous devriez avoir honte de rester ainsi, silencieux, immobile, pendant que des hommes, des femmes, des enfants sont « rayés de la carte »… »

Je réponds : « Et vous, que faites-vous ? Assis devant votre TV, ordinateur ou smartphone, en train de regarder des images plus ou moins fabriquées, à vous exciter, vous lamenter, vous mettre en colère ou vous culpabiliser… » Est-ce que cela change quelque chose ? 

Si vous ne pouvez rien faire concrètement pour changer les évènements et le cours de l’histoire, vous pouvez encore vous changer vous-même, et puisque vous faites partie, intriquée, interdépendante de cette histoire, vous pouvez ainsi très concrètement modifier son cours, sans rajouter de la violence à la violence, de la souffrance à la souffrance, de la culpabilité ou de la condamnation, à l’horreur…

Être assis sur notre coussin, tourné vers l’intérieur et la profondeur silencieuse et bienheureuse de notre être, c’est être tourné vers la profondeur silencieuse et bienheureuse de tous les êtres, c’est communiquer et agir de façon sans doute plus subtile mais tout aussi réelle.

Nos corps séparés ne sont pas seulement matières, mais aussi énergies et ils influent les uns sur les autres. Ces corps-énergies sont aussi des corps « informés » par une information commune à tous les corps. Cette information est manifestation d’une conscience intelligente, insaisissable, infinie et cette conscience est reliée à une source silencieuse, origine de tout ce qui vit, désire, pense, aime et respire…

Dans ces instants d’assise profonde, c’est à partir de la Source silencieuse, de ce fond et de ce don abyssal que nous agissons, nous nous approchons de l’acte pur qui fait être tout ce qui est. 

Notre action n’est vraiment efficace que par participation à cet acte pur…

L’amour n’est pas un vain mot, mais une force subatomique, dont les informations structurantes défient toutes énergies et particules destructrices. 

Faut-il parler de néguentropie ? Si on veut éviter tout ce jargon pseudo-scientifique, il suffit de rappeler que l’être humain est un réseau conscient, il est traversé de mille et une informations. Si ce réseau, si cette conscience « a un cœur » et que ce cœur est apaisé, il prendra les bonnes décisions, il agira… comme la brise, comme un « trou blanc » où se résorbent les tempêtes…

 Jean-Yves Leloup, juin 2024


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