mardi 17 octobre 2023
lundi 16 octobre 2023
L'essentiel à lire...
Texte de Sabine Dewulf :
Je vous avais promis, il y a quelque temps, une note de lecture à propos du dernier livre de Daniel Morin. La voici !
Daniel Morin, "Je, ne sait pas", éditions ACCARIAS / L’ORIGINEL, 2023. Jean-Louis Accarias
Ce nouveau livre de Daniel Morin, écrit en dépit de toute la « résistance » de celui qui fut ouvrier métallurgiste pendant tant d’années et ne se considère pas comme un enseignant spirituel, me paraît incontournable dans cette quête de « l’impossible » que mènent les chercheurs spirituels. Et ce, pour au moins deux raisons.
D’abord parce qu’il est direct, tranchant, va droit à l’essentiel. Avec lui, la métaphysique est une lame de couteau, elle découpe des phrases simples et denses, où la stupidité apprend à voler en éclats : « Le plus loin où un homme puisse aller, c’est là où il est. »
Ensuite parce qu’il témoigne avec constance du paradoxe qui fonde toute spiritualité digne de ce nom : horizontalité et verticalité (immanence et transcendance) sont indissociables. Ce paradoxe implique le fait, par exemple, que la « distinction » « unit » au lieu de séparer. Or, trop souvent, les enseignements dits spirituels privilégient l’une ou l’autre des polarités qui forment nos contraires en se coulant dans le discours, univoque par nature. Tenir les deux dimensions ensemble, celle de l’Absolu et celle du relatif, relève d’une approche différente, où la métaphysique se livre sans concession, où rôde même la poésie : « La vie, c’est l’immobilité qui danse. »
Il est, dans ce livre, beaucoup question de l’ « équilibre » : l’équilibre relatif, produit par d’incessants mouvements, n’est que l’ombre d’un équilibre parfait, parfaitement immobile, inconcevable pour notre raison dualiste. Le vrai déséquilibre ne se situe qu’entre la réalité et l’idéal que l’être humain projette sur celle-ci : « Il y a bien un je de référence, mais qui n’est pas possesseur de son histoire. Le moi-conducteur est ouvert à ce qui est, et le contexte va appeler la réponse. Il n’y a pas besoin de moi pour que l’acte se fasse, même s’il y a bien une forme je qui va être active. » Lorsque le « je » (ou le « moi ») prend conscience du fait qu’il « ne sait pas », il prend conscience par là même de son absence de liberté personnelle : « D’un point de vue absolu, personne n’a le moindre libre-arbitre. Personne ne peut décider un acte à partir de lui-même en oubliant ce qui permet que cela soit. » Il peut alors revenir à ce qui permet son existence, la source ineffable, ou Totalité immuable, encore appelée par l’auteur « le Grand Je ne sais pas ».
L’ouvrage est constitué de deux grandes parties : la première comporte un prologue, une introduction et cinq chapitres thématiques successivement intitulés « L’équilibre », « L’espèce humaine », « Moi je », « La frontière, la limite, la non-séparation » et « La psychologie impersonnelle » ; la seconde section, la plus longue, est constituée de Questions/Réponses et suivie d’un épilogue.
Daniel Morin n’enseigne pas, il répond simplement à des questions qu’on lui pose, trois jours par an. Ce qu’il aime dans ces échanges, c’est « faire vibrer le lien ». Son écoute est singulière : « […] quand une personne pose une question, je n’écoute pas vraiment ce qu’elle dit mais j’essaye de sentir ce qu’elle ne veut pas dire. » Il éclaire le présent, le déjà-là, mais ne s’offusque jamais de ce que nous demeurions dans l’illusion : « Le problème, c’est que tu veux une certitude dans le futur. Tu peux simplement revenir au présent : « Qu’est-ce que je peux faire ? » Et peut-être que la réponse immédiate sera : « Je ne sais pas. » Le seul problème que vous n’énoncez pas, c’est vouloir autre chose à la place de ce qui est. » Inlassablement, il redit, avec des variations subtiles, des angles de vue légèrement différents, ce qu’il a toujours martelé, frappé du coin de l’évidence : « Par son arrogance, l’humain veut autre chose à la place de ce qui est pour se rééquilibrer par la pensée, en imaginant un ailleurs qui n’existe pas. J’appelle ça se shooter à l’imaginaire. » Ou encore : « Ce qui met à mal l’équilibre de la société, c’est le virus de la croyance d’être une entité séparée autonome. »
Dans ces dialogues, il revient sur ce qui fonde sa propre expérience : le moi n’est pas possesseur mais conducteur ; on ne peut approcher l’absolu qu’en vivant complètement dans le monde relatif ; l’absolu est indicible ; la Totalité est parfaitement immobile et elle est inconcevable pour notre esprit ; le seul problème que nous rencontrons, c’est que nous désirons qu’il y ait autre chose à la place de ce qui est déjà là ; la séparation n’existe pas… Il décrit aussi sa relation passée avec Arnaud Desjardins, en notant que les différences de forme n’affectent pas l’identité de leur vision de l’essentiel. Il évoque également la relation maître-disciple, la réincarnation à laquelle il ne croit pas… Il distingue la « douleur » de la souffrance » et définit la peur comme « la peur de perdre » et l’oubli de notre lien avec le désir. Il reprend la métaphore saisissante de l’eau et des glaçons pour démonter notre croyance en la séparation, ainsi que le grand thème de la « demande d’impossibilité », qui est en fait une « demande d’imbécillité ». Il tente enfin de peindre cette « tranquillité de base » qu’il vit de manière constante, à partir de l'axe de ce qu'il appelle le moi-zéro, quelles que soient les circonstances et les expériences vécues, si désagréables soient-elles.
D’une manière saisissante, les mots de Daniel Morin nous permettent d’entrevoir un véritable abîme métaphysique, un vide plein de l’Être, un vertige d’expérience à la fois radicale et d’une immense simplicité.
J’aime terminer mes notes de lecture par un florilège de citations. Je les ai ici choisies pour leur pouvoir décapant ou poétique. Elles sont à savourer, à se redire, si l'on veut s'extirper de cet imaginaire où la pensée toujours s’englue, afin de voir ce qui se présente à nous, au lieu de le penser...
« Où est le contour de l’arbre qui bouge dans le vent ? […] Où est la limite de votre corps quand vous fermez les yeux ? »
« Il y aura l’action sans bénéficiaire, il y aura l’acte sans acteur. »
« Le ressenti n’a pas d’extérieur. »
« On ne peut pas atteindre ce qui est déjà là, c’est-à-dire l’expression de l’indéfinissable. »
« L’acceptation totale du relatif, c’est l’absolu. »
« On est tous exactement à notre place, comme le vent qui passe dans les branches de l’arbre, les feuilles qui bougent exactement comme elles doivent bouger. »
« Dans responsabilité, il y a réponse, c’est-à-dire la réponse la plus juste en tenant compte du contexte. »
« La vraie liberté, c’est l’acceptation parfaite, la non-discussion de la non-liberté ».
« La clé, c’est la non-discussion absolue de ce qui est. »
« Tout mouvement est généré par la loi de recherche d’équilibre dans le relatif ».
« Ce n’est pas toi qui cherches, c’est la danse de la vie. »
« […] on ne peut rien rajouter ni enlever à ce qui est déjà là. »
« Toute pensée qui n’aboutit pas à un acte est une pensée inutile. »
« On est reliés par ce que l’on ignore. »
« […] la partie est toujours pleine de la substance du Tout. »
« […] refuser nos limites revient à refuser l’infini. »
« Le mouvement, c’est la différence dans le temps. »
« l’Unicité, c’est la multiplicité reliée, interdépendante. »
« Moi + non-moi = le Tout. »
« Le relatif et l’Absolu sont toujours au même endroit. »
« l’Être étant l’extension du non-Etre, / le non-être étant la contraction de l’Être. »
« « Je, ne sait pas », tout simplement parce que « je » n’est pas un sujet séparé de son extériorité mais le reflet de ce jeu entre Rien et Tout. »
dimanche 15 octobre 2023
Sourire aux ténèbres
« Au milieu des ténèbres, je souris à la vie…
Alors, je cherche une raison à cette joie…
Je crois que la vie elle-même est l'unique secret.
Et la vie chante aussi dans le sable qui crisse
sous les pas lents et lourds de la sentinelle…
...
Une seule chose me fait souffrir : devoir profiter seule de tant de beauté.
Je voudrais crier par-dessus le mur :
je vous en prie, faites attention à ce jour somptueux !
N’oubliez pas, même si vous êtes occupés,
même si vous traversez la cour à la hâte, absorbés par vos tâches urgentes,
n’oubliez pas de lever la tête un instant
et de jeter un œil à ces immenses nuages argentés
et au paisible océan bleu dans lequel ils nagent.
Faites attention à cet air plein de la respiration passionnée des dernières fleurs de tilleul,
à l’éclat et la splendeur de cette journée,
parce que ce jour ne reviendra jamais, jamais !
Il vous est donné comme une rose ouverte à vos pieds,
qui attend que vous la preniez, et la pressiez contre vos lèvres
...
Ma chère Sonitschka, il y a tant d'insouciance dans ces nuages qui passent, comme un sourire indifférent, que je n'ai pu m'empêcher de sourire moi aussi, car je suis toujours en accord avec le rythme de vie qui m'entoure.
Devant un tel ciel, comment pourrait-on être méchant ou mesquin?
N'oubliez jamais de regarder autour de vous,
vous y trouverez toujours une raison d'être indulgente. »
Rosa Luxembourg 1871-1919 / Lettres de prison - extraits
photographie: Clarence H. White 1871-1925
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samedi 14 octobre 2023
Hommage à Hubert Reeves
Il aimait les étoiles et les arbres !
Dialogue avec les arbres millénaires
vendredi 13 octobre 2023
Croisée des chemins
Peu de personnes comprennent vraiment la nature du Travail.
L'Absolu et le relatif s'y donnent la main, le quotidien et l'intemporel.
Selon notre nature, notre structure de personnalité, un des deux pôles y est souvent privilégié et l'autre oublié, mais il nous faut tenir les deux aspects sous peine de se perdre.
Arnaud m'avait écrit, "un éleveur de papillon prend grand soin des chenilles" . De fait les deux sont nécessaires. Sans l'un, l'autre n'existe pas. Et nous devons respecter et entretenir les deux aspects en nous. Si l'on oublie l'un, on perd l'autre.
L'être humain ne peut trouver la paix et le bonheur qu'à la croisée des deux et l'accompagnant l'a compris et le vit. Il n'a pas peur de sa grandeur, ni de son humanité faillible .
Il ne prétend pas à une perfection illusoire désincarnée, ni au tout horizontal sans Verticale comme seul possible . Il vit à la croisée des deux et en comprends les différents aspects chez chacun.
Pascal Caro
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jeudi 12 octobre 2023
Le son du silence
Hier, après avoir rendu hommage à Lama Teunsang, nous avons médité sur les sons.
Nous avons développé quelques points :
- entendre ne demande aucun effort, il n'y a rien à faire pour entendre,
- nous ne choisissons pas les sons que nous entendons,
- le paysage sonore change d'instant en instant et n'est jamais identique,
- quand les sons ont disparu où sont-ils ? qu'en reste-t-il ?
- nous fermons les yeux pour mieux écouter, mais nous entendons aussi bien les yeux ouverts,
- Focaliser son attention sur les sons fait-il disparaître les pensées ?
- Où se situe le son ? Où il a été produit ? Dans mon oreille ? Dans mon cerveau ? Dans ma conscience ? Partout ?
- Qui entend le son ?
- Ne suis-je pas semblable à un océan de silence au sein duquel les sons se manifestent, semblables à des vagues ?
- Le silence de l'être, comme l'océan, est toujours présent. Les sons, tels de vagues, se manifestent au sein du silence.
- Ce silence de l'être pointe vers cette paix que nous sommes au cœur de nous-mêmes.
Philippe Fabri-----------------
mercredi 11 octobre 2023
mardi 10 octobre 2023
Pas de règles.
Il n'y a pas un personnage qui va basculer.
Parce que c'est la FIN du personnage.
Donc, le personnage ne va pas accéder à une autre réalité.
On pense toujours à partir du point de vue du personnage que l'on croit être, donc on a vraiment l'impression qu'on va se libérer de quelque chose.
Il n'y a pas de règles, on voit ce qui se fait dans l'instant.
~ Betty Quirion
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lundi 9 octobre 2023
Hommage pour un 9 octobre 1978
Le mot dans le regard
Le cœur est voyageur
L'avenir est au hasard...
L'écoute est notre vraie nature.
Nous sommes plus ou moins habitués à être à l'écoute d'un objet, de notre environnement, de notre plus proche entourage : corps, sens, pensée.
dimanche 8 octobre 2023
Se taire
Actrice, coach et poétesse, Peggy Deleray nourrit plusieurs vocations. Engagée dans l’Ordre des carmes déchaux séculiers, elle témoigne ici de sa conversion et de son combat spirituel pour témoigner de Dieu dans tout ce qu’elle fait.
samedi 7 octobre 2023
Un travail de présence
vendredi 6 octobre 2023
Quizz sur le sourire
"Nous sommes le 1er vendredi du mois d'octobre, il est temps de sourire...
La Journée mondiale du sourire a été inventée par un artiste de Worcester (USA), Harvey Ball, qui se trouve être passé à la postérité en créant le fameux smiley en 1963. Cette journée est célébrée dans de nombreux pays depuis 1999."













