Un petit cadeau de la part de Fabrice Jordan (en cliquant sur le copyright)
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Un petit cadeau de la part de Fabrice Jordan (en cliquant sur le copyright)
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ESPRIT IMMONDE, EN PLEINE FORME EN 2023 ....
Nouvel an, bonnes résolutions, bonne année, etc ... Vous avez peut être envie d'un petit poème sympa pour démarrer 2023 ?
INTERPELLATION DE L’ESPRIT IMMONDE
« Quand le souffle esprit immonde sort de l'humanité, il erre à travers des lieux arides en quête d'un repos impossible. » Evangile selon Matthieu, traduction de Frédéric Boyer
« Jusqu'à quand aurais-je l'inquiétude en mon âme, et chaque jour la peine en mon cœur ? Jusqu'à quand durera le triomphe de mon ennemi ? » Psaume 12, traduction de André Frossard
Esprit immonde
toi le diviseur
comme tu t’y entends
à me tourmenter
encore
tu t’acharnes
d’autant plus
qu’il m’a été donné d’apprendre
à déjouer tes ruses
repousser tes assauts
alors tu uses de toute ton habileté
toi le malin
qui me connaît si bien
en chacun de mes recoins
tu attaques
aux endroits les plus sensibles
tu agaces
les zones les plus douloureuses
tu choisis ton moment
n’interviens
qu’aux heures les plus vulnérables
tu prends ce serviteur par surprise
lorsque tu le sens fatigué
Il est la proie de choix
qu'oeil fixe tu guettes
à l’affût du lieu
de la situation
où tu le trouveras
le plus à découvert
je m’avoue encore surpris
de la violence brute
de tes frappes
de leur soudaineté
quand la garde est baissée
à midi jubilant sans bruit
à minuit suffoquant
dans la nuit obscure
criant vers le Père
qui m’a abandonné
en ces limbes
où tu présides
oh je sais me reprendre
regagner possession de moi même
me lever encore
avec l’aube nouvelle
et vaquer aux affaires de mon Père
dont la présence peu à peu
me revient
oui
je me ressaisis
déterminé
à ce que ton règne
n’arrive pas
en moi
mais tu es si habile
tu ne renonces jamais
d’autant moins
que ton emprise faiblit
à peine ai je relevé la tête
que tu lâches tes hordes
tel ces despotes qui
lorsque leurs sujets grondent
aux abords du palais
répliquent
par une répression sauvage
alors
que puis je
moi chétif serviteur
sinon persister
dans ma récusation
de toutes tes pompes
de toutes tes œuvres
récusation qui
selon charité bien ordonnée
commence en moi même
que puis-je
sinon
pratiquer ce que je prêche
prier mon Père dans le secret
ne rien céder
aux raccourcis
aux facilités faussement rassurantes
nulle autre option
que de veiller
sur mon intention
prunelle de mes yeux
poursuivre la Guerre Sainte
jusqu’à l’heure du repos
implorer ta pitié ?
te supplier d’une trêve ?
voilà qui serait bien naïf
c’est vers le Père
que je peux me tourner
en appeler à sa clémence
ne pourrait il lui
considérer
la poignée de mérites
de ce serviteur fidèle
le prix qu’il a déjà payé
faible est l’endurance de ce serviteur
au regard
de ce qui est demandé
sa carrure est chétive
malgré toutes les bénédictions
dont il a été inondé
que gémit-il il lui le nanti
lui l’élu
lui le choyé
et cependant …
mais qu’il soit fait selon Ta volonté !
Gilles Farcet
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La nature est un recueil
où la lumière transforme
tout ce qu’elle touche
en poème
Renaud Rindlisbacher
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Toute vie
est un départ
qui se réitère
d’heure en heure,
jour après jour,
saison après saison,
et rien ne peut
endiguer cette marche
où nous allons
à la recherche
d’un horizon
ébloui de lumière
dont l’origine
se tient discret
tout au fond
de nos cœurs …
Bernard Perroy
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Tout est changement. Comme les pas hésitants de l'enfant qui apprend à marcher, le but est la recherche d'un équilibre pour découvrir le monde. A travers le yinyang, c'est un espace intérieur qui s'ouvre, peuplé d'animaux qui nous entraînent dans de multiples directions...
La douceur, elle, réfléchit comme un organisme végétal autonome qui croît, même sans lumière. Elle est une forme supérieure d’intelligence. Elle suppose d’abord d’être complice avec soi-même : je me suis aperçue que bien souvent, une personne violente est une personne qui souffre. Une personne douce est quelqu’un qui a déjà fait la paix avec ses cataclysmes intérieurs.
Il faut nuancer pour ne pas confondre : la douceur n’est pas la mièvrerie. Les deux ne se ressemblent ni dans la forme ni dans le fond. Quand j’évoque la douceur, je parle de l’art ingénieux de savoir glisser sur les conversations, sur les conflits et sur les malheurs. Il ne s’agit pas de dénier la vérité mais d’encaisser le réel et de le fondre dans tout ce qu’on porte de poétique en soi — un mélange de tact, de subtilité et de conscience des choses — afin d’apprecier les événements avec recul et répondre de la manière la plus efficace.
À quoi tout cela sert-il ? À conserver ce qui rend digne tout humain : rester soi quoi qu’il arrive. L’authenticité est une grâce qu’on ne peut ni feindre ni acheter. Sans cette boussole nous prenons le risque d’égarer l’essentiel : la beauté de nos âmes. La violence n’étant rien d’autre, finalement, qu’un miroir déformant.
La douceur, elle, est une terre sauvage et paisible. Elle exige de la souplesse mentale et de l’ouverture d’esprit ; un travail d’équilibriste que la violence ne maîtrise pas.
La violence l’ignore mais elle est si raide, aride et arc-boutée, qu’elle est condamnée à ne jamais grandir, contrairement à la douceur qui elle seule donne naissance à l’espoir, cet acte militant unique qui ouvre tous les champs des possibles. »
Ines Leonarduzzi
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En ce mois de décembre, nous célébrons Noël et la fin de l'année. Mais savez- vous que les 12 nuits qui suivent cette fête ont une particularité peu connue et qu'elles sont appelées les douze nuits saintes ?
Pendant la célébration des Nuits Saintes, les fenêtres des cieux sont ouvertes et les voiles sont levés entre le Ciel et la Terre. Les nuits sont habitées et notre foyer visité par des mondes célestes. A la campagne, les paysans parlent doucement dans leurs écuries pour ne pas faire fuir ces bons esprits apportant bénédiction à leur cheptel.
Les Nuits Saintes commencent la veille de Noël, le 24 décembre, lorsque les forces de la Nature se sont retirées dans la terre et qu'un calme règne autour de nous. Nuit après nuit, jusqu'au 6 janvier, nous pouvons accompagner le ciel pour poser les semences des 12 prochains mois et pour donner naissance à un monde nouveau grâce à l’amour et au respect que nous portons à la terre et la création.
Pour le rituel des Douze Nuits, 12 bougies sont placées en cercle et une 13ème, au centre, honore la lumière du soleil. Chaque soirée, nous méditons pour que nous puissions apporter ensemble notre lumière sur Terre pour l'année à venir. Chaque méditation est emportée dans la nuit qui suit et chaque nuit sainte correspond à un mois de l’année qui vient. Portez une attention particulière à vos rêves pendant cette période car ils peuvent devenir prophétiques.
Ulrich et Nathalie
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Ni intelligence ni sentiment, c'est l'amour qui pense, et la pensée elle-même devient un seul acte d'amour, son effusion, son émanation, son rayonnement comme un écoulement continu qui fait de la contemplation l'expression la plus pure de notre unité.
Il faut tant de silences pour rejoindre le silence. Tant d'abandon pour recueillir une poignée de présence - pas plus grosse qu'un cœur d'oiseau - incommensurable sous le front enfin lisse et tranquille."
Philippe Mac Leod - Variations sur le silence
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Evangile selon Saint Jean, ”Evangiles”, nouvelle traduction de Frédéric Boyer, Gallimard
Ce moment de l’Evangile n’est pas un passage “ de Noel” et il me touche toujours autant.
Comme toujours avec ces textes il peut être compris de tant de manières, à tant de niveaux différents, depuis le niveau littéral (allusion au futur martyre de Pierre) jusqu’à une toute autre perspective, celle de l’intériorité, l’une n’excluant d’ailleurs pas l’autre. Pierre, le disciple sur lequel le Christ s’appuie et qui pourtant connaîtra bien des résistances, doutes, « reniements »
Accompagner le Christ, autrement dit suivre la voie a un degré d’engagement radical c’est bien abdiquer une illusion de liberté propre à « la jeunesse » pour avec la maturité consentir de plus en plus à ne rien contrôler et à aller là ou l’égo ne veut surtout pas, à aucun prix, aller .
Une invitation bien peu mièvre et qui n’a guère de chances d’être très populaire, quelle que soit l’époque…
Gilles Farcet
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Le Dieu en qui je crois aujourd’hui (mais il m’en a fallu, du temps) tient davantage de la lumière intérieure, du dynamisme qui est l’âme de tout créé et de tout être humain, bien plus que d’un être extra-cosmique qui se serait penché sur l’homme, il y a 2 000 ans, pour enfin le sauver de je ne sais quel péché… Jésus, homme parmi les hommes, avait sans nul doute, comme personne avant lui, saisi le souffle de qui il tenait la vie, cette lumière incréée qui luit au cœur secret de tout être humain. Il vivait depuis toujours, comme personne avant lui, de cette lumière essentielle, au point d’en être unifié et irradiant.
Il ne parlait pas de la lumière : il avait la conscience claire d’être de cette lumière. Il ne prétendait pas montrer à ceux qu’il rencontrait une route bornée de signaux de morale ou de piété qui conduirait à cette haute qualité d’existence à laquelle tout homme est appelé : mais il disait être lui-même ce chemin, tant il savait que sa vie était sourcée en ce Dieu qu’il nommait « Père », se sachant, comme personne, ruisseau qui n’existe que dans la grâce d’une source, lié au Père de toute vie comme la vague et l’eau ne font qu’un. Il aimait dire « moi et le Père, nous sommes un » (Jean 10, 30). Vivre de lui, c’est le devenir autant que lui.
C’est peut-être ça, l’étrange mystère de Noël. Non pas l’histoire ressassée par des Contes des mille et une nuits d’un Dieu tombé du ciel, mais la prise de conscience, en l’homme de Nazareth, d’une source de lumière incréée qui luit au plus profond de chaque être humain, même lorsqu’elle est masquée par des gravats, des détritus et les cadavres de nos rêves. La lumière est et ne demande qu’à passer… Le bonheur de Jésus, c’était de révéler cette présence intime. Il proposait à ses disciples, quand il les envoyait au-devant de lui, de dire à celles et ceux qu’ils rencontraient « le royaume de Dieu est au-dedans de vous » : ne parlait-il pas de la lumière intérieure ?
Noël : non pas l’histoire d’un Dieu qui cherche à entrer dans nos vies, mais à se libérer et à se déployer en nous, et à sortir en filets de lumière, comme des flammèches dans les chaumes, afin qu’à d’autres prenne le feu de la divine tendresse. « Le Christ serait-il né mille fois à Bethléem, écrivait Angelus Silesius, s’il ne naît pas en toi, c’est en vain qu’il est né. » Cette lumière-là est source de la paix intérieure : elle seule rend possible l’amour.
Raphaël Buyse. Prêtre dans le diocèse de Lille, il est membre de la Fraternité diocésaine des parvis. Il a notamment publié Lueurs de Noël. Contes inspirés de l’Évangile (Salvator), Autrement, Dieu et Autrement, l’Évangile (Bayard).
---------------- source : La Vie