samedi 11 juillet 2015
vendredi 10 juillet 2015
Hommage à Christiane Singer
Une vidéo qui nous parle d'une femme porteuse de vie : Christiane Singer
jeudi 9 juillet 2015
La méditation, une expérience unifiante du corps et de l'esprit par Dominique Durand
Voici deux lignes d'une grande sobriété et que l'esprit ne peut saisir à partir des lois habituelles de la cause et de l'effet parce qu'elles ont la fulgurance d'un koan* : « L'espace sous mon nombril en passant par les reins et jusqu'à la plante de mes pieds est le village où je suis né. »
Se permettre de réaliser quelques instants, le caractère inconcevable de ces propos, inconcevable pour une pensée cartésienne... Ce sont ceux du maître zen Hakuin Ekaku, extraits d'Orategama* publié en 1749.
La fraîcheur qui se glisse derrière chaque mot ne repose sur aucun concept intellectuel, aucune
idéologie, aucune croyance, elle évoque simplement cette possibilité de renouer avec l'innocence de notre origine en investissant la zone située dans le bas-ventre. Et il ajoute : « Quelles nouvelles peuvent arriver de ce village natal ? »
Un siècle plus tôt (1637), Descartes définissait ainsi sa propre essence : « Je compris que j'étais une substance dont toute l'essence ou la nature n'est que de penser et qui pour être, n'a besoin d'aucun lieu, ni d'aucune chose matérielle. » (Discours de la Méthode).
Nous risquons de gérer l'écart entre une pensée auto-suffisante et l'ancrage dans ce que le corps nous révèle de plus archaïque, de plus originel, sous la forme d'une opposition et de replonger ainsi dans les considérations dualistes du corps et de l'esprit qui agitent la philosophie depuis des siècles. Nous sommes en effet devant deux niveaux de conscience, deux manières de considérer l'être humain.
Le zen vient contredire la philosophie occidentale en lui opposant la radicalité d'une pratique qui engage chacun dans une actualisation personnelle du propos, la pensée ne pouvant y avoir accès.
La méditation commence par une prise de conscience de ces aller-retour entre ces deux niveaux de conscience. Elle nous révèle le pouvoir des instances identitaires situées dans le haut du corps s'opposant à cette force immanente qu'Hakuin place sous le nombril. D'un côté une pensée attachée à un cadre de référence déterminant et définissant qu'il faut projeter sur le futur, qui exige de poursuivre un projet et d'éliminer l'aléatoire, l'incertain ; de l'autre, cet autre niveau de conscience situé dans l'espace sous le nombril, qui bouleverse le mode de perception habituel parce que l'interrogation devient la seule manière de considérer le fondement de l'Etre, de l'Etre-humain.
Définir la vie à partir de ce que l'on sait et interroger la vie telle qu'elle nous arrive, sont deux options directionnelles opposées, elles mobilisent la personne à des niveaux différents.
La méditation, cependant, nous apprend qu'il n'y a pas lieu de les opposer, le simple exercice permet de conduire l'intellect ailleurs que là où il sait et d'ainsi le laisser se glisser là où la vie nous interroge et où nous interrogeons la vie. Au-delà de la pensée et de la non-pensée, un moment de pure créativité surgit chaque fois que nous prenons contact avec cet autre mode de « connaître ».
Se donner la chance, chaque jour, tout en plaçant la respiration dans le bas ventre, de se poser cette question : « Quelles nouvelles m'arrivent aujourd'hui de ce village natal ? »
Ce n'est pas le bas ventre en tant que tel qui importe, c'est la qualité de cette nouvelle approche du réel et de soi-même qui se fait dans un esprit de découverte. Le mode interrogatif n'attend pas de réponse, c'est juste une manière d'être, une certaine manière de se mettre à l'écoute de ce qui nous fait être, proche de l'étonnement, « une mise à disposition » qui ne capture rien pour son propre bénéfice.
Puissiez-vous recevoir de belles nouvelles pendant ces vacances.
• *koan : formulé la plupart du temps sous la forme d'une question, il se présente au mental analytique comme une barrière impossible à franchir ; il sollicite pour sa résolution un esprit
unifiant non discriminant.
* Orategema : ensemble de lettres écrites au seigneur Nabeshima, gouverneur de la province Setchu
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mercredi 8 juillet 2015
N’opposez pas la vie et le corps ! avec Jacques Castermane
Si je devais résumer l’enseignement que nous a proposé Hirano Roshi, lors de son séjour au Centre au mois de juin, je reprendrais cette indication qu’il n’a pas cessé de redire :
« N’opposez pas la vie et le corps ! ».
Injonction qui nous rappelle ce que dit Durckheim : « La vie n’est pas dans le corps ; le corps vivant (Leib) est la vie qui s’organise et se réalise selon son ordre ; l’être n’est pas dans le corps ; le corps vivant (Leib) est l’être qui s’organise et se réalise selon sa propre loi ».
Entrave la vie tout ce qui est statique. C’est pourquoi le maître zen attire notre attention sur le fait que, lorsqu’on pratique la méditation de pleine attention, l’ennemi est la « contraction ».
En réalité, parce que la vie est action, parce que l’être est action, l’ennemi est la contre-action.
L’ensemble des contre-actions qui s’opposent aux actions qu’est l’être.
La contre-action est la marque de ce que Durckheim appelle le « moi mondain » indissociable de la « conscience-ego » (mind) pour laquelle il importe de se fixer dans un état d’être permanent. C’est le désir fondamental de l’ego : se maintenir dans une forme, un état d’être permanent. Afin d’éviter ce danger, ne pratiquez pas par cœur !
Je sais, pratiquant moi-même quotidiennement, que le danger qui me guette est la routine.
Aussi, nous devons, chaque jour, reprendre l’exercice à zéro. Exercer la tenue juste, la forme
corporelle juste, l’exercice de la respiration juste ‘’comme si‘’ c’était la première fois. Jusqu’au jour où vous ferez l’expérience que ces actions du corps vivant n’ont pas un caractère permanent et s’organisent, se réalisent, se renouvellent, d’instant en instant.
De la même manière, exercez la parfaite immobilité ‘’comme si‘’ c’était la première fois. Jusqu’au jour où vous ferez l’expérience que, contrairement à l’idée que se fait un observateur extérieur, l’absolue immobilité du corps n’est pas quelque chose de statique ; la parfaite immobilité est pleine de la vie qui nous fait vivre et coule en nous comme l’eau du ruisseau coule … coule. C’est en exerçant l’absolue immobilité que j’ai senti, vu, goûté, que « être, c’est devenir et que devenir, c’est être ».
Expérience confirmée lorsqu’on exerce la pleine attention au souffle vital. Evitez, à tout prix, de
vouloir fixer l’attention. L’attention est une ressource du corps vivant qui coule, comme le souffle coule. La pleine attention à l’inspir qui se présente, la pleine attention à l’expir qui se présente est l’expérience immédiate de la loi de l’impermanence. Loi de la vie que l’ego refoule parce qu’elle contrarie sa vaine espérance : « Moi je suis Moi et je veux rester Moi ! »
Lorsque, parlant de la méditation, j’ai dit à Graf Durckheim « Je crois que j’ai un sérieux problème avec la respiration », il a souri et m’a répondu « Je ne suis pas sûr que vous avez un problème avec la respiration, mais ce qui est sûr, c’est que la respiration a un problème avec vous ! ».
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mardi 7 juillet 2015
lundi 6 juillet 2015
dimanche 5 juillet 2015
La vie en communauté
Le mariage n’est pas seulement une lune de miel ; c’est aussi un temps d’appauvrissement et de deuil. Chacun perd son indépendance personnelle.
Chacun sacrifie son moi égoïste à une relation dans laquelle l’homme et la femme deviennent un. C’est aussi la souffrance de la vie en communauté.
La communauté est le lieu où la puissance du moi égoïste se révèle et où il est appelé à mourir pour que les personnes deviennent un seul corps et deviennent source de vie.
Jésus dit: «Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit» (Jn 12, 24).
Jean Vanier
samedi 4 juillet 2015
Relève-toi...
Ose te tromper
Ose ne pas savoir
Ose l’incertitude
Découvre cette insécurité
Cette fragilité de ce qui t’échappe
Que veux-tu maîtriser
Qui ne s’enfuit pas ?
Que veux–tu enfermer
Qui ne soit vivant ?
Suis le mouvement
Comme chevelure au vent
Mais cherche la racine
Qui voit naître le changeant
Quitte les grandes paroles
Suffis-toi du peu
Dépasse l’insatisfaction
Inhérente à l’humain
Observe le temps passé
A courir sans cesse
Alors que l’enfant joue
Sans penser à demain
Tente la non demande
Le remerciement du rien
Aie l’intelligence fine
Qui permet l’équilibre
Entre réel et ressenti
Entre sommeil et la vie
Où que tu ailles sois présent
Surtout ne te quitte pas
Laisse venir, laisse partir
La vie s’écoule indéfiniment
Ne cherche pas à retenir
Tiens-toi dans l’ombre de toi-même
Réside dans ce qui ne paraît
N’ose pas le grandiloquent
De peur de t’y casser les dents
Evite la trop grande lumière
Elle a goût d’éphémère
Evite aussi le bruit
C’est la marque de ceux qui fuient
Cela ne semble pas facile
D’être accroché à un fil
Mais l’invisible te suit
En cela tu es garanti
Changer du grossier au subtil
En quelque sorte un nouveau style
Ne plus se fier aux apparences
Chercher plutôt la transparence
Cela semble un chemin
Une attitude sans fin
Découvre par toi-même
Vérifie si tu aimes
Yannick David
vendredi 3 juillet 2015
A ma compagne la terre !
“Pourquoi nous haïr ?
Nous sommes solidaires, emportés par la même planète, équipage d’un même navire.”
Antoine de Saint Exupéry
Photo de la Terre prise par le satellite russe Elektro L No. 1
Russel
jeudi 2 juillet 2015
Accepter de sortir de sa coquille
En chaque être humain, il y a une soif de communion, un cri d’appel pour être aimé et compris d’un autre - ni jugé ni condamné; un désir profond d’être reconnu comme précieux et unique.
Mais cette communion implique des exigences : il faut sortir de sa coquille, devenir vulnérable afin de pouvoir aimer et comprendre les autres, reconnaître chacun comme unique et irremplaçable, partager avec eux et leur donner espace et nourriture.
C’est là que se trouvent la souffrance, la peur et même parfois l’impossibilité d’aimer.
Jean Vanier,
Communauté lieu du pardon et de la fête
mercredi 1 juillet 2015
Entre annonce et guérison par Sarah
Comment dire en quelques mots le chemin parcouru entre l’annonce et la guérison ?
« Annonce «, un mot écrit sur une convocation dans un centre de cancérologie, annonce de ce que l’on sait déjà, que l’on ne sent pas, que l’on ne voit pas mais que l’on sait.
Annonce qu’ON va vous opérer, vous faire absorber plus de chimie que vous n’en avez absorbé tout au long de votre vie, que vous serez sans doute fatiguée, nauséeuse, que vous perdrez peut-être vos cheveux, vos ongles ; peut-être seulement ou sans doute ?
Et si je n’acceptais pas tout ça ? Et si je me contentais de mes aides habituelles, des plantes, des granules, de mon souffle, de l’amour autour de moi, de la vie et de la joie en moi... et si?
J’ai hésité longtemps puis j’ai accepté.
J’ai accepté mais je ne me suis pas soumise. J'ai fait la part du feu, accepté en partie pour sauvegarder l’essentiel... L’essentiel, ce que j’aime, ceux que j’aime et qui m’ont aidée, m’ont offert de leur temps, des livres et des fleurs et des chants. De petits points de lumière où la vie se tient et d’où elle peut s’épanouir. Partir de là et remonter avec eux, grâce à eux, partir de ce que je suis, de ce qui m’est proche, de ce que je sais faire et aussi de ce qui m’est encore inconnu, caché, de ce que je ne sais pas. Et je me suis surprise à chanter, à dessiner. Moi qui ne savais ni dessiner ni calligraphier, j’ai couvert des pages de lettres et d’images, des lettres de tous les alphabets que je connaissais, des mots-images et des anges : celui qui annonce en tendant une fleur, celui qui guérit et ouvre les yeux avec le fiel du poisson, celui qui se bat contre le dragon-maladie et celui qui irradie, le porteur de lumière. J’ai transformé mes craintes en messagers d’espoir. J’ai utilisé ma fatigue, je l’ai faite lenteur pour goûter chaque instant, je me suis allongée au soleil d’hiver, j’ai caressé l’écorce des arbres et senti sous leur peau circuler la vie, j’ai regardé l’herbe pousser tout doucement, les oiseaux s’approchaient de moi, plus de crainte.
Je me suis donné du repos comme un cadeau très précieux qu’on déballe lentement, je me suis donné du temps pour regarder dehors et dedans, de la douceur.
J’ai médité des heures, dans la lumière et le pépiement des oiseaux, dans l’ombre aussi et le silence, j’ai envoyé dans tous les recoins de mon corps de la lumière et de l’amour. Et mon corps a aimé. Mon corps a consenti à s’unir à mon souffle, à s’apaiser, à regarder venir et s’en aller les vagues de douleur et de fatigue et à passer à autre chose dès que c’était possible, marcher, jardiner, danser puis travailler à nouveau, voyager à nouveau...
Aujourd’hui je me sens guérie, forte, plus forte qu’avant.
Habituellement trois ans après, on ne parle pas de guérison, on dit rémission : «Atténuation ou disparition momentanée des symptômes d’une maladie aiguë ou chronique».
Mais les mots ne sont pas fermés et lorsqu’ils le sont ils demandent qu’on les ouvre. J’ai ouvert rémission, remettre, « remittere » et j’ai trouvé ainsi rendre, détendre, relâcher et encore et surtout faire grâce, restituer. Ma vie a été remise entre mes mains et j’ai envie de la garder, d’en prendre soin, de la faire grandir, de la partager.
(source : Revue Reflets)
mardi 30 juin 2015
Prisonnier du temps...
"Le temps fuit inexorablement pendant que nous restons prisonniers de notre quotidien dérisoire"
Virgile
« Il faut parfois passer par des drames pour s'en rendre compte. Moi, ça a été la perte, en quelques mois, de mon père et de mes grands-parents, qui m’ont élevé. Cela m'a fait brutalement réaliser le côté précieux de la vie. Depuis, tous les jours en me levant, je m'efforce de penser à cette phrase de Virgile, pour ne pas oublier que chaque heure, chaque seconde que “j’avale” est exceptionnelle. Et je vous jure que ça fonctionne : introverti et nerveux de nature, j'ai longtemps eu tendance à me plomber le moral en entretenant en moi une colère. Mais je me suis rendu compte que je pouvais, au contraire, m’aménager une journée extraordinaire en gardant cette vérité à l’esprit. L’apaisement, on le trouve en apprenant à accepter les choses exactement telles qu’elles se présentent. En apprenant à faire avec la réalité de la vie. »
Akhenaton
Virgile : Poète latin (v.70-19 av. J.-Ç.). Cette citation est extraite des Géorgiques (Éditions de l’Écluse, 2007).
Akhenaton, chanteur du groupe IAM
lundi 29 juin 2015
Fruit de Lumière...
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