lundi 8 décembre 2014

A propos du don (1)


Alain Caillé : ... L’abbé Pierre a fondé le mouvement Emmaüs avec un désespéré qui voulait se suicider. Il écrit dans ses mémoires : « Tout à coup, face à cet homme, je fis le contraire de la charité. Au lieu de lui dire “Viens, je vais t’aider, te donner quelque chose”, je lui ai dit “Écoute, de toute façon, tu n’as plus rien à perdre, viens plutôt m’aider”. » Cette histoire est au cœur du mécanisme universel du don. Le véritable don, ce n’est pas de donner. C’est d’offrir à l’autre la possibilité de donner.

Alain Caillé, économiste et sociologue, a publié en 2014 : la Révolution du don.


Louis Bertignac : « Je trouve juste sympa de me sentir utile »

« Je ne vois pas dans la solidarité une sorte de devoir social de l’artiste. Je trouve juste sympa de me sentir utile. Je soutiens deux petites structures, dont une école de musique à Katmandou, au Népal. Je reçois chaque jour au moins trois demandes de parrainage. J’avoue que ce n’est pas toujours facile de choisir qui aider. Je suis particulièrement sensible à la myopathie, qui a coûté la vie à un membre de ma famille. Je trouve gênant que certains producteurs ou maisons de disques démarchent les associations et se bousculent au portillon des manifestations pour s’en servir comme d’un tremplin de promotion pour lancer de nouveaux artistes. »

Mobilisé pour le Téléthon


Garou : « En tant qu’artiste, on a le devoir de servir de grandes causes »

« Pour moi, un artiste est un peu un docteur de l’âme. Il a ce pouvoir magique de rendre les gens heureux, au moins le temps d’un spectacle. Quand on dispose d’un tel privilège, j’estime qu’on a le devoir de le mettre au service de grandes causes. C’est ce qui m’a poussé à devenir ambassadeur de One Drop, organisme engagé dans la lutte pour l’accès à l’eau potable, à soutenir une maison de soins palliatifs au Québec ou à m’engager pour le Téléthon cette année. N’y voyez pas un moyen de faire ma promo à moindre frais. Franchement, j’aurais bien plus d’intérêt à donner un concert rémunéré dans une grande salle. Mais je sais que les malades ont besoin du soutien de chanteurs populaires pour créer une grande chaîne de solidarité et encourager les dons. » 

Parrain du Téléthon 2014


dimanche 7 décembre 2014

Patrice Gourrier, ma marche intérieure

À la suite de Jérôme Kerviel, il a sillonné les routes de France pour dénoncer la « tyrannie des marchés financiers ». Au fil des kilomètres, c’est un véritable bouleversement intérieur qui l’a traversé.

Mai 2014, frontière franco-italienne. Nous dînons avec Jérôme Kerviel, en compagnie d’un journaliste. « Je vais être arrêté dans les prochains jours. Je ne pourrai donc pas tenir ma promesse faite au pape : marcher jusqu’à la place de la Bourse, contre la tyrannie des marchés financiers et pour une économie au service de l’homme. » Lorsque j’entends ces mots de Jérôme, que je connais depuis seulement quelques jours, une décision s’impose à moi : cette marche, c’est moi qui vais la poursuivre. L’évidence relève de la fulgurance, le sentiment de paix intérieure est immédiat : ma place est là. Tout à coup, je n’ai plus peur. Peur de quitter ma chère paroisse de Saint-Porchaire, où je termine, un peu épuisé, mon mandat, peur de ne plus avoir d’agenda, peur de l’inconnu. Pour quelqu’un d’hésitant comme moi, pieds et mains liés à ses sécurités, c’est la planète Mars.

Quelques jours suffisent pour vider mon bureau à Poitiers et donner la majeure partie de mes affaires. Le besoin d’allègement est aussi criant que stupéfiant. Spontanément, je vois une prière, une seule, pour accompagner ma marche, heure par heure : celle du cœur. « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pêcheur. » J’ai le sentiment que tout ce contre quoi je veux lutter ne pourra évoluer qu’avec la grâce de Dieu. À échelle humaine, on attend un retour sur investissement immédiat. Mais les fruits de ce combat fleuriront peut-être dans 100 ans… Cela ne m’appartient pas. Après quelques jours de retraite à l’abbaye de Lérins, je suis officiellement en « temps sabbatique » pour « une marche de spiritualité et de solidarité », d’après les propres mots de mon archevêque, Mgr Wintzer. Muni de mon petit sac à dos, contenant trois vêtements, un bréviaire, l’Évangile et Récits d’un pèlerin russe, je pars seul sur les routes.

La rencontre avec Jérôme Kerviel a été le détonateur de tout ce qui résonnait en moi depuis des années. Durant cette marche, je me suis aperçu que j’avais perdu une partie de moi-même. Qu’avais-je fait de mon caractère militant si présent dans mes années étudiantes ? Jusqu’à l’âge de 38 ans, j’ai dirigé une maison d’édition. Mon patron m’expliquait que le salarié devait être adaptable, flexible et recyclable. Je lui rétorquais qu’il ne parlait pas là d’un être humain, mais d’un tuyau. En tant que prêtre ensuite, j’ai publié un ouvrage, Lettre ouverte au prochain pape, où je n’ai pas hésité à affirmer que notre société « sacrifie l’homme sur l’autel du profit ». En cela, les propos du pape François me rejoignent totalement aujourd’hui. En nous invitant à aller aux périphéries existentielles, il a ébranlé mes certitudes : « Comment mettre en application ce qu’il dit tout en étant présent dans ma paroisse ? » Puis il y a eu Lampedusa : « Pleurez-vous lorsque vous voyez les cadavres ? » Sa question m’a transpercé. Non, je ne pleurais plus depuis longtemps. J’en étais horrifié. « Mon cœur serait-il devenu dur ? »

Je vois cette marche comme un dévoilement intérieur. Alors que son moteur premier était de prier pour les victimes de la finance et des banquiers, elle s’est révélée être aussi un parcours initiatique, personnel. Sur le plan affectif notamment. Intensément, j’ai demandé à Dieu le don des larmes. Le premier jaillissement a eu lieu lors de ma dernière messe à Saint-Porchaire, la veille de mon départ. Depuis, elles ne cessent de couler, dans les joies et dans les peines, dans la souffrance rencontrée chez l’autre, au bord d’un chemin, à même le bitume. En tant que prêtre et psychologue, j’ai toujours été touché par le malheur des gens. Mais par manque de temps, je n’allais pas jusqu’au bout de la compassion. Mon agenda rempli entravait la disponibilité de mon cœur.

Au fil des kilomètres, tout imbibé de la prière du cœur, j’ai découvert physiquement qu’une vie ne vaut que si elle est donnée. J’ai pu vivre concrètement la Parole, en serrant des mains, en enserrant dans mes bras. De tels gestes pouvaient être source de peur ou de gêne auparavant. En me rapprochant de Dieu durant cette marche, je me suis rapproché des hommes. J’ai vécu là une véritable conversion intérieure.

Sans programme, agenda, statut, j’ai appris à vivre de la Providence, tout en préservant une discipline de vie, avec des temps de prière, de méditation et l’eucharistie. Ma manière de célébrer la messe a changé. Elle est censée durer une demi-heure la semaine et une heure le dimanche. Désormais, si j’en ressens le besoin, je marque des temps d’arrêt, de recueillement, sans être stressé par l’attente des paroissiens. Je vois qu’ils comprennent.

Ma marche avec Jérôme Kerviel n’est pas finie. Nous ignorons quand nous l’achèverons, mais nous repartirons. Moi-même, je regagnerai les routes, seul. En quête de quoi ? Je l’ignore. La marche est un état d’esprit. Depuis mai, elle n’a jamais cessé. Mon évêque m’a nommé responsable d’un centre de méditation à l’abbaye Sainte-Croix, chez des bénédictines. Je rendrai service en paroisse comme prêtre auxiliaire à Poitiers, mais ne serai plus en charge de. C’est très différent. Paradoxalement, je ne me sens pas perdu devant l’inconnu de la Providence : au contraire, je n’ai jamais été aussi comblé, en paix et affirmé dans mes convictions. Je n’ai pas assez de recul sur ce qui se passe aujourd’hui dans ma vie, mais je sais une chose : je ne peux plus être le même prêtre qu’avant.

Propos recueillis par Anne-Laure Filhol

Les étapes de sa vie
1960 Naissance à Paris.
2000 Ordonné prêtre.
2004 Devient chroniqueur aux Grandes Gueules !, sur RMC.
2005 Publication de Lettre ouverte au prochain pape.
2006 Nommé curé à la paroisse de Saint-Porchaire (86).
2008 Ouvre un cabinet de psychologie clinique à Poitiers (86) (fermé en 2014).
2008 Prend la défense de Jérôme Kerviel au micro de RMC.
Mai 2014 Débute sa marche.
Depuis septembre Responsable du centre de méditation à l’abbaye Sainte-Croix (86).
6 novembre Publie le Jour où ma vie a basculé (Le Passeur Éditeur).


Un centre de méditation
Le père Gourrier a été nommé responsable d’un centre de méditation par son archevêque, Pascal Wintzer. Les sessions ont lieu chez les sœurs bénédictines, au sein de l’abbaye Sainte-Croix, à Saint-Benoît (Vienne). Les activités de ce centre s’articulent selon deux axes : l’un thérapeutique (gestion des pensées et émotions, ruminations, stress…), l’autre spirituel, inspiré notamment de la spiritualité des Pères du désert (respiration, assise, silence et apaisement des pensées, messes méditatives, marches spirituelles…). Les deux se déclinent sous forme de journées, sessions, cycles, stages, retraites.
Renseignements : 06 11 68 41 78 ou www.gourrier-meditation.fr

Méditer avec Jacques Castermane


Suis-je né pour être agité, tendu, inquiet, stressé ?

Un maître zen, Hui-Neng, indique que le calme et la sagesse sont les fondements de sa méthode. Quelle méthode ? La méditation de pleine attention !


Pourquoi méditer ? Parce que le calme intérieur existe déjà au niveau d’être qu’est notre nature essentielle qui n’est autre que Je suis corps (Leib - IchLeib).
Le calme est une ressource du corps vivant, une ressource de « l’homme doué de vie ».

Le mental (mind) appartient au mécanisme de l’esprit et fait que « l’homme est doué de raison ». Le mental permet la prise de conscience et la représentation conceptuelle d’un phénomène ou d’un objet (ce qui distingue l’homme de l’animal). Cependant, ce processus qui fait que l’homme est doué de raison peut devenir le domaine du souci, de l’inquiétude, de l’appréhension, de l’agitation.

Est-il raisonnable de dire que le corps-vivant (Leib) est le domaine du calme, de la confiance, de la paix intérieure ? Raisonnable ... non ! Mais rien ni personne ne peut vous empêcher d’en faire l’expérience. Comme ce moine zen qui s’écrie, plein de joie, en sortant d’une séance de méditation : « Quel miracle, quel mystère ... je respire ! Et par la pleine attention au simple va et vient du souffle... tout en moi se calme ».

Méditer ? C’est faire marche arrière, revenir à ce que je suis à l’origine, au commencement : un être « doué de vie » qui ne peut imaginer que, quelques années plus tard, il deviendra un être « doué de raison » ! La respiration, plus exactement l’acte de respirer, est sans doute la manifestation vitale la plus proche et la plus intime. Je respire ! C’est une action qui est libre de tout savoir et de tout savoir faire. Méditer ? C’est apprendre l’art d’accueillir l’irruption du souffle. Méditer ? C’est apprendre à accueillir l’irruption du calme.

Jacques Castermane

vendredi 5 décembre 2014

Fait d'hiver...pour une ferveur...

Un fait divers qui m'avait ébranlée. Un employé des chemins de fer était entré dans un wagon frigorifique pour le nettoyer, et la porte s'était refermée derrière lui. Et le voilà enfermé dans ce wagon frigorifique. Comme c'était un vendredi soir, il est resté tout le week-end dans ce wagon frigorifique et évidement il est mort de froid. Seulement voilà, la réfrigération n'était pas branchée et il y avait 18° dans le wagon ! A l'autopsie, son corps a montré tous les symptômes d'une mort par refroidissement. Cet homme est donc mort de la représentation qu'il avait du froid. Il est mort de son imaginaire ! C'est quelque chose d'extraordinaire ! 

Nous vivons et nous mourons de nos images, pas de la réalité. La réalité ne peut rien contre nous. La réalité n'a pas de pouvoir contre nous. C'est la représentation que nous en avons qui nous tue ou qui nous fait vivre. Imaginez le contraire, imaginez un employé des chemins de fer enfermé dans un wagon frigorifique branché mais qui survivrait en visualisant le soleil tout un week-end. C'est aussi possible. Bien sûr que c'est possible et c'est ce que nous avons à faire dans cette société, où nous mourons de froid, où nos cœurs meurent de froid. Les pensées négatives sont puissantes et nous aspirent vers leur noirceur. Et la même force est à notre disposition dans la ferveur. 

 Du bon usage des crises (p.70) 
Christiane Singer


mercredi 3 décembre 2014

Tristesse et joie avec Christian Bobin

Il y a quelque chose de terrible dans chaque vie.
Il y a, dans le fond de chaque vie, une chose terriblement lourde, dure et âpre.
Comme un dépôt, un plomb, une tache.

Un dépôt de tristesse, un plomb de tristesse, une tache de tristesse.
À part les saints et quelques chiens errants, nous sommes tous plus ou moins contaminés par la maladie de la tristesse. Plus ou moins. Même dans nos fêtes elle peut se voir.

La joie est la matière la plus rare dans ce monde. Elle n’a rien à voir avec l’euphorie, l’optimisme ou l’enthousiasme. Elle n’est pas un sentiment. Tous nos sentiments sont soupçonnables.
La joie ne vient pas du dedans, elle surgit du dehors — une chose de rien, circulante, aérienne, volante.

On lui accorde beaucoup moins de crédit qu’à la tristesse qui, elle, fait valoir ses antécédents, son poids, sa profondeur. La joie n’a aucun antécédent, aucun poids, aucune profondeur.
Elle est toute en commencements, en envols, en vibrations d’alouette.

C’est la chose la plus précieuse et la plus pauvre du monde.
Il n’y a guère que les enfants pour la voir. Les enfants, les saints, les chiens errants.
Et toi. Tu l’attrapes au vol, tu la redonnes aussitôt, il n’y a rien d’autre à en faire.
Et tu ris, tu ne sais que rire devant tant de richesse donnée, reçue.

Tu as pourtant affaire, comme chacun, à cette chose terrible dans ta vie, à cette ombre terriblement lourde, dure, âpre.
Tu lui fais place comme au reste. Tu ouvres la porte à la tristesse si aimablement qu’elle en est perdue, qu’elle en perd ses manières sombres et qu’on ne la reconnaît plus.

La grâce se paie toujours au prix fort. Une joie infinie ne va pas sans un courage également infini.
Dans tes rires c’est ton courage que j’entendais: un amour de la vie si puissant que même la vie ne pouvait plus l’assombrir.

extrait de "La plus que vive "
Christian Bobin


mardi 2 décembre 2014

lundi 1 décembre 2014

Une petite tisane... sans pesticide pour l'hiver...


Les bienfaits des tisanes...



Moi qui prend des tisanes "yogi Tea"...
(tests suisses qui seraient bienvenus en France)



dimanche 30 novembre 2014

En Avent !



L’Avent ? C’est l’un des rares moments de l’année où l’on prend le temps… d’attendre.
Du latin adventus (avènement), ces quatre semaines, ponctuées de quatre dimanches qui préparent à la venue du Christ, à la naissance du Messie, offrent une période privilégiée pour transmettre aux enfants (et aux parents !) les vertus de la patience.

Décorer, emballer, cuisiner, préparer en imaginant la joie de ceux que l’on va gâter, régaler, recevoir pour célébrer cet « avènement » de Noël, c’est tout un art ! Mais il est sans doute plus facile d’attendre en rythmant le temps de rendez-vous et de rituels.

C’est ce qu’imaginèrent au XIXe siècle des familles protestantes allemandes en lançant l’usage, durant l’Avent, de donner chaque matin aux enfants des images pieuses pour tempérer leur impatience. En 1908, un éditeur eut l’idée de lancer un calendrier avec des dessins sur un support en carton, bientôt s’y ajoutèrent des fenêtres à ouvrir sur une phrase d’Évangile, puis des biscuits et, en 1958, des chocolats ! Le calendrier ne cessa plus ensuite de se réinventer en forme de maison, de sapin… Et même en Père Noël.



Homélie du Père Gourrier


Un temps pour se recentrer...



samedi 29 novembre 2014

Les mots du bonheur avec Christophe André

Merci maman
À la question « Mais vous n’en avez pas assez d’être toujours dans l’ombre de votre mère ? », la fille de Françoise Dolto répondit : « C’est drôle, je me suis toujours vécue comme étant dans sa lumière. » Au lieu de nous sentir parfois écrasés par ce que nous devons aux autres, réjouissons-nous-en. C’est ce qu’on appelle la gratitude.

Culpabilité 
On critique souvent la culpabilité judéo-chrétienne. Mais imaginez un monde sans culpabilité ! Un monde où les vacheries faites aux autres seraient absolument indolores, ne seraient suivies d’aucun inconfort, d’aucun regret, d’aucune remise en question. Où on abuserait des faibles sans états d’âme… La culpabilité nous pousse à réfléchir à la souffrance que nous infligeons, volontairement ou non, à autrui.

Paix du Christ
J’aime bien ce moment de la messe où les paroissiens se tournent vers les autres pour se souhaiter « la paix du Christ ». Proches, voisins ou inconnus, on tente alors au travers d’un regard et d’un sourire, d’une poignée de main, d’une accolade, de faire passer un peu d’amour inconditionnel à son prochain. J’aime ce geste qui renforce et incarne le discours, qui concrétise l’intention.

Rendre grâce 
Nos ancêtres rendaient grâce bien plus volontiers que nous : pour eux, avoir à manger, vivre en paix, rester en bonne santé ou même tout simplement en vie, tout cela relevait d’une grande chance, ou plutôt de la bienveillance divine… Chez les chrétiens, chaque repas était précédé d’une courte prière nommée Bénédicité : le mot vient du latin benedicite et signifie « bénissez ». Notre vie est moins dure aujourd’hui, mais il est possible tout de même de s’émerveiller de notre chance de vivre et de rendre des grâces laïques : s’arrêter, respirer, prendre conscience, sourire, remercier qui nous voulons pour la chance que nous avons de nous trouver là.



extrait du livre de Christophe André : Et n’oublie pas d’être heureux.

vendredi 28 novembre 2014

A propos de la maladie avec Thierry Janssen


Thierry Janssen nous parle d'une autre approche de l'homme et de la maladie...
(une sélection de moments de l'émission)






jeudi 27 novembre 2014

Vigilance avec Arnaud Desjardins

«La vigilance me permet de voir ce qui est au-dehors de moi, la circonstance que je rencontre, les conditions dans lesquelles je me trouve, et de voir la façon dont je réagis. Je vois une émotion qui se lève en moi, je vois une crainte, je vois un refus, je le vois… 
Et ce JE qui voit n’est plus l’ego. C’est une vision tellement honnête et désintéressée qu’elle ne peut plus être une fonction de l’ego. Si nous sommes vigilants nous ne pouvons plus « penser », au sens péjoratif du mot penser. Nous éliminons tous les fonctionnements de l’ego qui nous coupent de la réalité. 

Cette réalité vient à nous et nous en prenons connaissance directement, par une communion, avec toutes nos facultés de perception, avec notre sensation, notre sentiment et notre intellect, de façon objective, impersonnelle, silencieuse. Si la vigilance est active, le mental fait place à la buddhi, c’est-à-dire la vraie intelligence qui voit quel acte doit être accompli, quelle décision doit être prise. C’est la nécessité même des circonstances qui vous dicte la réponse, qui décide à votre place. Sans vigilance les prétendues actions ne sont que des réactions et, comme le disait Gurdjieff, l’homme n’est qu’une machine.» 

 Extrait de: Au-delà du Moi