mardi 5 février 2013

Ces ingrédients aux capacités surprenantes…

Pour éviter des désagréments (eczéma, conjonctivite, problèmes d’asthme, de rhinite... ) et préserver la nature, une première solution existe : les produits biologiques. 

Généralement élaborés à partir de matières végétales et minérales,sans colorant, parfum de synthèse ou dérivés pétrochimiques, ils sont bien plus doux que les produits traditionnels et polluent très peu,voire pas du tout. Une solution séduisante, mais qui a forcément un coût. Pour bénéficier de produits très peu coûteux, écologiques et tout aussi efficaces que ceux que l’on trouve dans le commerce, il vous reste une option : vous mettre au travail et créer vous-même votre lessive, votre liquide vaisselle ou votre nettoyant à vitres.

Pour cela, nul besoin de jouer au petit chimiste, à l’apprenti sorcier, au grand bricoleur ou à l’inventeur de génie. Des recettes simples existent et ne requièrent qu’un peu de temps et beaucoup d’application. Si elles peuvent varier, ces recettes font souvent appel aux mêmes composants « miracles », connus pour leurs qualités nettoyantes. Trois d’entre eux sont particulièrement utilisés :

LE SAVON DE MARSEILLE : composé à 72 % d’acide gras (huiles végétales), il est généralement utilisé pour l’hygiène du corps mais constitue également un ingrédient très efficace pour divers produits de nettoyage, dont la lessive. Mieux vaut l’acheter bio, afin d’éviter la présence d’additifs qui diminuent sa biodégradabilité.

LE BICARBONATE DE SOUDE : il serait trop long de lister les innombrables domaines dans lesquels le bicarbonate de soude peut être utilisé. Produit à partir de sel et de calcaire, il est 100 % écologique et biodégradable. Peu coûteux, il dispose de qualités antiacides, détergentes, désodorisantes et abrasives. Autant dire qu’il est présent dans de nombreuses recettes de lessives et produits ménagers !

LE VINAIGRE BLANC : soin du linge, nettoyage, hygiène corporelle… Le vinaigre blanc ne manque pas d’utilité. Il est économique, écologique et son acidité lui donne un pouvoir antiseptique et détartrant. Il permet donc d’éliminer la graisse et agit efficacement sur le verre et les vitres, ainsi que dans la lessive. Evitez simplement de l’utiliser sur des surfaces poreuses, où son acidité pourrait faire des dégâts.

D e s  r e c e t t e s (simples et économiques) 
Utilisés seuls, ces composants permettent déjà d’effectuer de nombreuses tâches ménagères Liquide vaisselle, nettoyant multi-usages, nettoyant à vitre : le principe reste le même, la simplicité aussi ! Des huiles essentielles sont généralement ajoutées afin de parfumer les préparations. Prêt à tenter l’expérience ? Voici quelques recettes pour vous lancer et, peut-être, changer vos habitudes…

Lessive à base de savon de Marseille
Incorporez 150 grammes de savon de Marseille en copeaux dans 3,5 litres d’eau bouillante. Ajoutez ensuite une poignée de cristaux de bicarbonate de soude. Une fois que le mélange a refroidi, versez-y une cuillerée d’huile essentielle de votre choix, afin de le parfumer. Il ne vous reste plus qu’à conditionner le tout et en utiliser une mesure à chaque lessive.

Lessive à base de cendre de bois 
 Si vous disposez d’une cheminée, la lessive à la cendre de bois est particulièrement pratique et économique ! Sa préparation est simple : récupérez les cendres de votre cheminée, tamisez-les puis faites-les macérer dans le même volume d’eau pendant 36 heures au minimum. Filtrez le liquide obtenu à l’aide d’un filtre à mailles très fines afin d’éliminer les restes de cendres (pensez à porter des gants). Vous obtenez ainsi de la potasse de couleur jaune (si le liquide est trop foncé, tamisez-le à nouveau), que vous pouvez parfumer en y ajoutant des huiles essentielles. Cette lessive naturelle se conserve pendant deux mois. Le dosage est le même que pour une lessive traditionnelle. Vous pouvez éventuellement y ajouter une dose de bicarbonate de soude pour les lessives de linge blanc, et une dose de vinaigre blanc pour les lessives de couleurs.

Liquide vaisselle 
Faites fondre un savon de Marseille entier dans 30 centilitres d’eau bouillante, puis ajoutez une cuillerée à café de bicarbonate de soude, une cuillerée à soupe de vinaigre blanc et une cuillerée à soupe de cristaux de soude. Il ne vous reste plus qu’à ajouter les traditionnelles huiles essentielles pour parfumer le mélange à votre goût.

Nettoyant à vitres 
Mélangez 40 centilitres de vinaigre blanc, 10 centilitres d’eau et 5 gouttes d’huile essentielle. Versez le tout dans un vaporisateur afin de pouvoir l’appliquer aisément. C’est prêt !

Nettoyant multi-usages 
Mêlez une cuillerée à soupe de bicarbonate de soude, une cuillerée à soupe de vinaigre blanc et une cuillerée à soupe d’huile essentielle, puis ajoutez un litre d’eau chaude et remuez pour dissoudre le mélange. Vous obtenez un parfait nettoyant pour vos sols !


lundi 4 février 2013

En savoir plus sur les cosmétiques...

Des questions sur la toxicité des produits cosmétiques et des réponses...

dimanche 3 février 2013

Le ciel intérieur par Philippe Mac Leod

Nous sommes si raides, notre enveloppe est devenue si dure, que nous ne parvenons plus à rejoindre ce fond de bonté première qui dort en chacun de nous.

Tu partiras de plus loin



Vois-tu, ce qu’on appelle le moi n’est peut-être qu’une excroissance, la cristallisation de tout ce qui nous préoccupe dans une pauvre journée. Ce à quoi nous nous identifions : nos soucis, nos insatisfactions, nos réponses aux circonstances, aux évènements  dans un rapport purement réactif au monde, en fonction, bien sûr, de la loi quasi immuable du principe de plaisir et déplaisir. En ce sens, et contrairement à l’évidence commune, le moi (ce que nous appelons le moi) n’est pas au-dedans de nous, mais totalement au-dehors, dans l’image exposée, blessée ou caressée, amoindrie ou exaltée ; une sorte de pur fantasme, une représentation de soi dans une représentation du monde.

Tu dis que j’exagère. Sans doute, mais si peu. Regarde de plus près, et vois combien, en prenant appui sur le monde extérieur plus qu’en toi-même, tu te compares, tu te focalises sur tant de détails insignifiants, tu surinvestis tes activités, tu te distrais, tu te disperses, tout cela parce que ton centre de gravité se trouve là où est ton cœur, c’est-à-dire dans un attachement excessif aux autres ou aux choses, qui te rassurent sur ton existence. Mais celle-ci n’est rien, ne recouvre en réalité qu’une infime partie de toi-même. Tu te consumes pour un vernis qui avec le temps s’épaissit et se durcit. Il nous protège tout autant qu’il nous expose. Parce que nous y sommes tout entiers, l’apparence surinvestie devient notre substance.

Bien sûr, il y a tout ce qu’on ne peut pas montrer, notre part obscure, nos petites laideurs, mais tout cela, c’est encore le paraître. Nous sommes si raides, notre enveloppe est devenue si dure, que nous ne parvenons plus à rejoindre ce fond de bonté première qui dort en chacun de nous. Et chaque fois que j’en reprends conscience, je ne puis retenir mes larmes, un flot de larmes brûlantes, de joie tout autant que de contrition, comme un mur qui fond, comme si elles seules pouvaient me guérir.

Que nous faut-il donc faire ? Rompre avec le monde, résolument, courageusement, dans une sorte de basculement qui nous oblige à reprendre appui en nous, là où nous n’existons pour rien d’autre, personne d’autre que Dieu, sans comparaison, sans référence aucune. Et alors, mais alors seulement, comme un faisceau s’élargissant à partir d’une source lumineuse, retourner vers le monde, retourner vers les autres, les choses, qui ne sont pas là pour notre propre satisfaction mais pour être illuminés du regard de Dieu capable de nous traverser.

La libération, la délivrance ressemblent toujours à une grande respiration. Le bonheur vient d’une dilatation, de cette sensation de souffle libéré, comme un grand recul au fond de soi, un immense reflux du moi naturel, qui faisait écran à la réalité invisible, à la présence de Dieu comme à la grandeur du monde. Il suffit parfois d’une toute petite baisse de tension dans nos gestes pour sentir l’infini nous envahir, nous déborder. Nous le tenons serré, comprimé comme un gaz volatil dans une boîte verrouillée. Nous ne vivons que pour et par notre image, il n’est pas étonnant que notre existence soit si étroite, que le visible ne dépasse pas l’immédiateté, sans échappée, sans réelle perspective. 


Pour en finir avec notre moi illusoire, il nous faut apprendre à être plus présents intérieurement. Toujours tournés vers l’extérieur, mais en partant de plus loin. Agir, voir, à partir de ce lieu caché où je ne suis plus seulement moi, c’est-à-dire l’ensemble de mes préoccupations, la pression de mon histoire, de mes souffrances, mais l’être de tous les êtres, le souffle où je peux entendre tous les souffles, le cœur battant et captivant de ce mystère inépuisable d’être au monde.


L’écrivain Philippe Mac Leod a publié plusieurs recueils de poèmes, dont la Liturgie des saisons, éd. le Castor astral, prix Max-Pol-Fouchet, et Au milieu de la nuit, éd. Ad Solem.

samedi 2 février 2013

Hypapante ou Chandeleur

Le jour de la Chandeleur, on mange des crêpes, pour célébrer une fête dite " des cierges " dont on ne connaît pas toujours l’origine...

Quarante jours après Noël, l’Eglise célèbre la fête de la Présentation du Seigneur au Temple, un événement décrit par le menu dans l’Evangile (Luc, chapitre II, versets 22-32). 
Une fête communément appelée aujourd’hui Chandeleur, du latin festa candelarum, la fête des chandelles ou bénédiction des cierges. 

 Petit rappel théologique. Selon la Loi de Moïse, tout garçon premier-né devait être consacré au Seigneur. Ses parents conduisirent donc l'Enfant Jésus au Temple de Jérusalem, munis d’un couple de tourterelles, ou de deux jeunes colombes, qu’ils souhaitaient offrir en sacrifice. 
Le vieillard Syméon, qui reçut l'enfant dans ses bras, reconnût le Christ : " Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ; car mes yeux ont vu ton salut (...), lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. " Propos qui faisaient écho aux prophéties d’Isaïe: "Moi,Yahvé, je t’ai appelé dans la justice, je t’ai saisi par la main et je t’ai modelé, j’ai fait de toi l’alliance de ton peuple, la lumière des nations... " ( 42, 6 ; 49, 6...). 

A Jérusalem, une fête de la Présentation sera célébrée dès le IVe siècle, enrichie d’une procession des cierges – les "chandelles " – en 450. 
En Syrie et à Constantinople, au VIe siècle, cette fête porte le nom grec de Hypapante, la Rencontre, en souvenir du jour où Jésus fut présenté à Syméon. 

A Rome, dans la seconde moitié du VIIe siècle, sous le pape Sergius Ier, Syrien d’origine, une procession des cierges se rend, dès l’aurore, du Forum à Sainte-Marie-Majeure. Au XIIe siècle, l’événement est précédé d’une bénédiction des cierges, un rituel apparu deux siècles plus tôt dans les pays germaniques. 

En Gaule franque, au VIIIe siècle, cette fête est parfois appelée Purification de sainte Marie, en référence aux Relevailles, célébrées quarante jours après la naissance du Christ. Les deux appellations se sont concurrencées pendant deux siècles, avant que la seconde ne s'impose, faisant de la Chandeleur une fête mariale au même titre que l’Annonciation, le 25 mars. 

Cependant, le calendrier romain de 1969, par fidélité aux Ecritures, ne retient pas ce nom. On accorde aux cierges bénits lors des processions de la Chandeleur un pouvoir surnaturel. Ainsi certains sont-ils conservés pour être rallumés auprès des malades, car ils chassent, dit-on, "l’esprit des ténèbres".

Source : La Vie


vendredi 1 février 2013

"Un jour, j'ai renoncé à la volonté" ave Michael Lonsdale


Gérard Miller a interviewé Michael Lonsdale en 2007, au moment où il était à l’affiche du film de Nicolas Klotz, la Question humaine. 
... Extrait...

Vous auriez pu jouer Timide, que vous avez été pendant longtemps…
C’est vrai, mais j’ai justement fait du théâtre pour m’extérioriser et progresser ! Au début, je jouais ce qui était évident. Puis, j’ai réussi à aller chercher ce qu’il y avait derrière les mots et à laisser parler en moi quelque chose de plus profond, dont je n’ai pas le contrôle, mais qui est très généreux.

L’Esprit-Saint ?
Oui, contrairement à beaucoup d’artistes qui se pensent géniaux, s’en attribuent le mérite et n’ont aucune reconnaissance pour le don reçu, je crois que cela vient de l’Esprit-Saint. Il y a en nous une liberté d’être et d’inventer que la paresse et l’ignorance occultent trop souvent. J’incite ceux que je rencontre à ne pas se fermer à ce possible élargissement d’infini.

Qu’est-ce qui vous a révélé à vous-même ?
La peinture. Il y a eu un jour où, en train de peindre, j’ai enfin respiré. Un jour où j’ai renoncé à la volonté. Je me suis alors abandonné à cette force intérieure qui sait mieux que vous ce que vous voulez ou pouvez faire.

J’imagine que le chemin a été long pour arriver à ce renoncement…
Pendant 10 ou 15 ans, j’ai ramé ! Je voulais faire un beau tableau, je le voyais dans ma tête, j’essayais de le reproduire et, au final, je m’ennuyais. Et puis, ce jour-là, alors que j’écoutais de la musique, j’ai tellement été pris que ma main a travaillé presque toute seule. Je me suis comme réveillé et j’ai vu sur la toile quelque chose qui me dépassait, au point que je me suis dit : « Mais qu’est-ce que j’ai fait là ? » Eh bien, j’avais laissé venir l’inconnu et le mystère des êtres humains, qui s’expriment quand on ne décide pas à l’avance ce qui va être et ne pas être. J’avais laissé venir l’improvisation. C’était moi, mais au-delà de la clarté intelligente de ce que j’étais. C’est ce qu’on peut appeler le mystère, et c’est ce à quoi je m’efforce d’être fidèle, au théâtre, au cinéma et dans la vie.


jeudi 31 janvier 2013

Une merveille d'étincelle par Albert Jacquard

Le bonheur (en une minute) pour Albert Jacquard
« Manifester son bonheur est un devoir ; 
être ouvertement heureux donne aux autres la preuve que le bonheur est possible. » 
de Albert Jacquard 
Extrait de la Petite Philosophie à l'usage des non-philosophes

mercredi 30 janvier 2013

« Un amour irrésistible qui me comble » par Soeur Marie Chantal


La foi, c’est de surmonter le doute. Je n’ai pas un compagnon sur lequel me reposer de manière sensible, mais je sais profondément que Dieu est avec moi, et que je peux avancer raffermie, quelles que soient les difficultés qui se présenteront. C’est là que réside le bonheur : dans cette confiance absolue qu’on place en quelqu’un. (…) 

 Je suis née dans une famille d’incroyants. C’est en constatant le réel bonheur dans lequel je vivais comme religieuse que mon frère s’est saisi de la question de Dieu. Être heureux est un témoignage ; peut-être le principal ! Dieu ne nous appelle pas au malheur quand il nous appelle à la vie monastique ; si l’on n’y est pas heureux, c’est que l’on n’y est pas à sa place. Ma vocation n’est pas la meilleure en soi ; elle correspond à ce qu’il y avait de meilleur pour moi. Avant, je n’étais pas malheureuse, mais je sentais que j’étais appelée à autre chose. L’amour irrésistible pour quelqu’un ne s’explique pas. 

 Mon bonheur est fait d’une paix et d’une joie plus profondes que les épreuves que l’on peut traverser, et qui m’indiquent que j’ai choisi la vie dans laquelle j’étais appelée à me réaliser. Je sais pourtant que je ne suis aucunement une sainte, que je n’ai pas tout vécu et qu’il y a des malheurs que je ne rencontrerai pas. Le moteur et le point culminant en sont la vie de prière. Quand j’arrive au chœur le soir, après une journée difficile, bien remplie, tout s’apaise.


lundi 28 janvier 2013

Les apports des gyms douces

Les gymnastiques douces sont des activités corporelles améliorant la circulation énergétique 
et offrant du bien-être au corps... (Pilates, Taï Chi...). 
A vous de choisir !




dimanche 27 janvier 2013

Un travail exigeant avec Charles Juliet


J'ai commencé à écrire par désir de m'échapper de ce qui pouvait m'enfermer. Ce travail n'a jamais été narcissique. C'était la volonté de faire tomber les murs à l'intérieur desquels j'étais prisonnier. La grande aventure, c'était de détrôner l'ego, puis de vivre cette mutation. Bien sûr, tout le travail de destruction préalable est forcément douloureux. Il y a toutes sortes de remises en cause. Il faut se couper de tout un tas d'attachements – à ce qu'on était, à des personnes, à des lieux – pour naître à soi-même. Il faut arriver à une grande liberté intérieure, n'être plus conditionné par tout le passé.

La grande affaire, c'est que la pensée est incluse dans cette nuit intérieure qu'elle a à élucider. Elle n'est pas libre de voir, puisqu'elle est identique à ce qu'elle a à explorer. Donc il faut qu'elle fasse retour sur elle-même pour s'affranchir de ce qui la conditionne. Tant qu'on n'a pas fait ce travail extrêmement exigeant, on a des perceptions de soi-même viciées. Dès lors, on ne peut pas se connaître.

Beaucoup d'êtres sont à la recherche de cette clarté, de cette simplicité intérieure, mais dans notre société, il n'y a rien pour les aider, dans leur entourage, non plus. Ces personnes restent alors à mi-chemin. Elles n'ont pas l'aide de l'écriture ou d'une activité quelconque. Il y a là une grande détresse, une grande solitude aussi.

Charles Juliet
(extrait d'un entretien avec Télérama)

samedi 26 janvier 2013

Etat d'Être par Arnaud Desjardins

"Pour pouvoir accomplir vos désirs de façon juste, il faudra prendre appui sur les autres aspects de l’enseignement. Dénouer certains noeuds de l’inconscient vous rendra plus à même d’assumer certains désirs et de faire ce qui doit être fait pour les satisfaire. Une des raisons pour lesquelles on meurt sans avoir accompli ses désirs et on se réincarne pour recommencer peut-être aussi stérilement à piétiner sur place est que l’on n’a jamais osé. Des inhibitions, des peurs, font qu’on n’a pas pu calmement, délibérément, faire ce qu’on portait en soi de faire. Il suffit que des influences très fortes vous aient marqué dans une autre existence ou dans l’enfance pour que des « ordres souterrains » vous interdisent l’accomplissement de certains désirs qui auraient pu normalement être accomplis. Ne considérez pas qu’accomplir certains désirs est simplement une marque d’égoïsme. C’est un devoir du disciple sur le chemin. Si certains désirs ne sont pas satisfaits, vous ne serez jamais libres, quelle que soit la sauce spirituelle que vous puissiez mettre autour de cette situation."

Arnaud Desjardins
Le vedanta et l’inconscient
À la recherche du soi III.   p. 151



vendredi 25 janvier 2013

Le pot de l'Être avec Daniel Morin



Extrait de l'ouvrage "Maintenant ou jamais-Le mirage du futur" publié avec l'aimable accord des Éditions Accarias-L'originel...  A acheter "Maintenant"

INTRODUCTION

Depuis quelques décennies, nous sommes envahis d’informations en provenance du monde entier. Le monde spirituel n’échappe pas à ce mouvement. Une des conséquences de cela est que beaucoup de gens habités par cette recherche spirituelle n’ont plus de repères fiables pour s’y retrouver au milieu d’une multitude de données plus ou moins contradictoires. De fait, la juxtaposition, voire la “mondialisation” des diverses sources traditionnelles, non seulement n’amène pas plus de clarté, mais renforce un sentiment de confusion. Chacun essaye de s’approprier ce qui semble répondre au mieux de ses demandes immédiates, et se retrouve aux prises avec des contradictions qui le bloquent et lui laissent un goût d’insatisfaction ou de manque.

L’homme, dans ce que l’on connaît de son évolution, c’est-à-dire de son adaptation à l’environnement, s’est très tôt interrogé sur la vie, la mort, la maladie, son origine, le sens du fait même d’exister dans un milieu hostile, ainsi que sa relation à ce qui le dépasse. Ce n’est pas pour rien que l’homme primitif a toujours dirigé son regard d’une façon interrogative et craintive à la fois, vers “plus haut”, vers “le ciel” , vers cette puissance mystérieuse vue comme extérieure à lui et plus grande que lui.

Il y a donc eu naissance d’un pourquoi fondamental, qui a différencié l’homme de façon marquante du reste des espèces animales. Cette question a généré la quête d’une réponse absolue, ressentie intuitivement comme libératrice et porteuse du pouvoir de maîtriser la vie. Ce va-et-vient incessant et mécanique entre la question et la réponse s’est bien sûr complexifié et sophistiqué au fil du temps.
Subtilement, cette recherche de réponse libératrice au pourquoi fondamental s’est divisée en deux branches. L’une, matérialiste, à la recherche de la paix et de la sécurité sur le plan concret, s’inscrit dans la temporalité et la causalité. L’autre, spirituelle, vise le bonheur éternel.

Aujourd’hui, nous pouvons constater que le plan matériel n’a pas répondu aux attentes de sécurité et de paix de chacun. S’il a facilité le quotidien de certains, il a dans le même temps aggravé les conditions de vie des autres. Les dirigeants des pays ont promis en vain de répondre aux aspirations de paix et de bonheur des gens. Mais ce bonheur promis est toujours pour demain, plus tard, quand… Beaucoup ont perdu leurs illusions dans ce domaine.

Les espoirs perdus ont pu alors se reporter sur les idéologies spirituelles. Les espérances déçues sur Terre ont été sublimées en l’espoir d’un bonheur éternel après la mort. Chaque tradition a représenté à sa manière cet au-delà, puis a posé ces représentations en tant que vérités indiscutables. Les grandes religions du monde promettant l’amour universel sont pourtant à l’origine de nombreuses guerres au nom du principe d’amour.
Ce qui est commun à tous les êtres humains, c’est l’envie de connaître un sentiment de plénitude qui dure face aux manques vécus dans la vie courante. De ce fait, la spiritualité a pris une place de plus en plus importante dans notre monde. Les enseignements s’y référant proposent un but, une espérance dépassant tout ce qui a pu être connu jusqu’alors, indépendamment des connaissances scientifiques ou des progrès techniques. Certains vont viser l’amour, un état de non-peur, de non-égoïsme, de compassion ou d’équanimité émotionnelle.

Au sens habituel, la spiritualité propose d’être en relation avec  l’Unicité, l’Illimité, la Totalité, le Mystère, Dieu. J’emploie ici le mot Dieu dans le sens de l’Indéfinissable, non dans le sens d’une entité créatrice qui aurait des pouvoirs suprêmes et qui punirait ou récompenserait ses créatures selon leurs mérites. Pour moi, Dieu est le Mystère de la Vie, non seulement ce que l’on appelle communément notre vie, c’est-à-dire l’espace-temps compris entre la naissance et la mort, mais aussi ce qui permet la vie.

Cet aspect de la spiritualité n’a rien à voir avec l’érudition ou l’appartenance à une tradition, une religion ou une lignée. Les vraies questions ne sont pas toujours les questions alambiquées exprimées par des spécialistes, qu’ils soient religieux, philosophes, ou scientifiques. Ceux-ci peuvent d’ailleurs être déroutés par des questions enfantines comme :Où va t-on quand on est mort ? Est-ce que grand-père est au ciel ? Où s’arrête l’univers ? Où est-ce que j’étais avant d’être dans le ventre de maman ? Qu’est-ce qu’il y avait avant le big-bang ? Etc.

Nous fonctionnons sur un mode binaire, entre le connu et l’inconnu, ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas. Nous admettons facilement ne pas connaître certaines choses, mais avec en arrière-plan l’idée qu’un jour enfin, nous les connaîtrons. Je voudrais rajouter une notion sur laquelle on n’a pas l’habitude de s’arrêter : l’inconnaissable, souvent confondu à tort avec l’inconnu.

L’inconnaissable échappera toujours à la mesure du temps et de l’espace. Il contient le connu et l’inconnu, et peut être apparenté à la notion de Dieu, d’Unicité ou de Conscience indéfinissable. L’Inconnaissable peut se révéler en tant que saveur intuitive, sans nécessiter de validation par la pensée. Ce sentiment de plénitude, de non-manque, n’apparaît que par la dissolution de la croyance à ce que j’appelle l’entité séparée. La certitude du Tout apparaît dans la partie. C’est l’expérience décrite comme grâce par des mystiques ou des personnes vivant un moment d’abandon de soi.
Chaque tradition recèle des exemples vivants de femmes et d’hommes qui sont beaux, qui font envie et qui témoignent d’une ouverture aux autres traditions, au-delà même des contradictions apparentes. Toutefois, beaucoup d’histoires traditionnelles sont considérées comme des réalités indiscutables,  et bloquent une certaine liberté de penser.

Il nous est habituel de rechercher un sens personnel à notre vie, de nous référer à des histoires transmises qui impliquent le temps et l’espace : C’est parce que j’ai vécu ceci dans mon passé que je vis cela maintenant. À mon sens, ce genre de propos est faux[1] parce que réducteur, excluant l’évidence que tout se joue en même temps, tous les échanges, tous les mouvements, sur tous les plans. Nous utilisons les croyances pour donner du sens à notre existence. Ce que j’appelle croyance, c’est prendre pour vrai ce qui relève de la pure imagination.

La première histoire fictive que l’on ne va plus mettre en doute, par habitude, est de croire à un personnage réel autonome que j’appelle moi-séparé, qui croit pouvoir gérer savie. Cette illusion première acquise comme vraie est à l’origine d’une confusion spirituelle.
Alors y aurait-il une vision déformée de la spiritualité[2]? Pour moi, oui, lorsque notre idéal prédomine sur la réalité vivante. Notre idéal, pensé comme vrai, s’oppose à la réalité présente, pensée comme ne devant pas être telle qu’elle est. Considérer qu’il devrait y avoir un autre état à la place de celui qui est déjà là, c’est considérer qu’il manque quelque chose à la vie telle qu’elle est. Cela ne s’oppose absolument pas bien sûr à un désir personnel d’amélioration dans le temps. Mais ne pas voir ce qui est reviendrait à dire qu’il manque quelque chose à la totalité présente, en oubliant momentanément que nous sommes partie intégrante de cette Totalité qui nous dépasse.

Cette déviance va être alimentée par toutes les histoires créées par l’homme pour trouver un sens à la vie, qui bien souvent entretiennent l’illusion[3] d’une finalité grandioseCes histoires entretenues de tout temps masquent la peur fondamentale de l’homme face au mystère de la vie, au grand Je ne sais pas.
Je ne cherche pas à nuire aux grandes traditions spirituelles ou aux institutions religieuses en place depuis des millénaires – ce qui est peu par ailleurs à l’échelle de l’histoire de l’univers – ni à dévaloriser d’autres points de vue idéologiques. Je ne mets pas en doute le fait que, la plupart du temps, les enseignements traditionnels tentent de prôner avec sincérité les valeurs morales de bonté et d’altruisme pour l’humanité, hélas sans grands résultats probants. Force est de constater, aussi loin que la mémoire puisse remonter, que l’harmonie humaine espérée, la santé spirituelle proposée, l’amour partagé, font cruellement défaut dans la société.

Ce livre n’a pas pour finalité de proposer une nouvelle recette en vue d’obtenir une amélioration de notre condition personnelle et relationnelle plus tard. Je propose ici une position radicalement opposée à l’idée de progression, qui consiste à vivre l’immédiateté comme étant l’expression exacte et impersonnelle de la Vie telle qu’elle est perçue. Ce n’est pas contradictoire avec la légitimité naturelle de l’homme de vouloir trouver le bonheur de son vivant.

Il y a bien sûr une apparence de progression dans la vie courante. La notion de progression n’est pas fausse en soi, si on se réfère au concept du temps, mais ne remet pas en cause l’idée de séparation : Si moi, en tant qu’entité, progresse, j’arriverai un jour au but... Ce que l’on croit personnel, ma progression, est une vue partielle de la conscience que l’on s’approprie en tant qu’individu. L’idée d’une progression ne peut exister que dans le concept du temps. Celui-ci n’existe que par comparaison entre passé, présent et futur. Dans l’idée de progression, il y a une diminution imaginaire de la distance entre moi et mon but idéalisé. Ainsi, même si les éléments utilisés dans l’approfondissement de la quête semblent très pertinents, il n’en reste pas moins que le but recherché est toujours hors de portée.

Je vais marteler et répéter de différentes façons une seule et unique chose.
Le but est dans le point de départ, ici, dans le présent, expression exacte et impersonnelle de la Réalité, de Dieu.
La dissolution de l’entité séparée n’est pas un but à atteindre dans le futur, car la vision de l’illusion d’être une entité autonome n’est possible que maintenant, là où sont nos pieds.

Puisqu’aucune chose n’existe indépendamment des autres, étant en interrelation simultanée, il n’existe pas d’extérieur à la Totalité. Il n’existe donc pas de séparation ou d’autonomie d’un élément  ayant un libre arbitre indépendant de son environnement.
J’observe que, bien que convaincus intellectuellement par la non-séparation, beaucoup d’enseignants spirituels ne placent pas cette évidence en priorité, et restent accrochés à leur croyance en une entité qui devra évoluer, se transformer, changer afin d’atteindre un état spécial personnel et permanent.
Comment celui qui se croit séparé pourrait-il un jour vivre une non-séparation ? Comment les efforts d’un personnage pourraient-ils aboutir à sa  propre disparition ? C’est aussi vain que vouloir faire l’expérience d’une absence, car il faut une présence pour pouvoir concevoir une absence.
Ce petit livre n’a pas d’autre objectif que d’insister sur ce point initial et capital : la remise en cause du moi-séparé qui se croit et se revendique propriétaire du corps vivant, en occultant ce qui permet cela. Cette remise en cause bousculerait pourtant radicalement la plupart des croyances et des espérances humaines. Car ces croyances issues de l’imaginaire servent à masquer cette méconnaissance de l’inséparabilité des éléments connus et inconnus. 

Même si mon propos est de démontrer la non-existence réelle d’un personnage ayant un libre arbitre, je souhaite réhabiliter l’apparence de l’humanité telle que nous la vivons quotidiennement.
Comment essayer de transcrire avec un minimum de mots ce qui les dépasse sans les annuler ? Comment concilier le fait qu’il n’existe que l’Unicité sans nier l’évidence de l’apparence de notre humanité en tant que moi-forme ?
Je n’ai pas l’arrogance de vouloir changer quoi que ce soit puisque le vécu de chacun, difficile ou merveilleux, est d’évidence l’expression exacte de tous les jeux d’attractions et de répulsions des éléments du mystère vivant. Comme dans le premier ouvrage[4], je suis devant l’impossibilité d’échapper à certains paradoxes, du fait même que le langage est limité, duel, et incompétent à traduire l’indicible.



[1] Quand je dis que quelque chose est faux, je ne veux pas dire que c’est mal en soi. Simplement, une logique qui est vraie dans un angle de vue limité ne peut pas l’être d’un point de vue global. C’est un peu comme si, lors d’un calcul mathématique, on devait effectuer une suite de dix opérations. Si nous vérifions les neuf dernières opérations sans jamais trouver d’erreur, puisqu’elles sont justes en valeur et en logique, mais que nous oublions de vérifier la première, le résultat final sera toujours faux. Ce principe montre qu’une erreur fondamentale peut se perpétuer sur une base logique.
[2] Quand je parle de vision déformée, je ne veux pas dire que c’est mal ou que cela ne devrait pas être, mais je veux parler d’une dérive de la vision de l’Unicité, un peu comme si le bras d’un fleuve oubliait sa source.
[3] “Illusion : erreur des sens ou de l’esprit qui fait prendre l’apparence pour la réalité. “ (Larousse)
[4] Éclats de silence – L’indicible simplicité d’être, Éditions Accarias, L’Originel, 2010


source : blog eveilimpersonnel.blogspot.fr/


EXTRAIT
"UN SEUL EXERCICE"

Daniel Morin est né à Blois en 1944. Ouvrier dans la métallurgie pendant plus de trente ans, il a travaillé aux côtés d’Arnaud Desjardins entre 1995 et 2008 et vit aujourd'hui à Montpellier. Il a publié Éclats de silence, l’indicible simplicité d’être.

Alexandre Jollien - Tu parles parfois de "plonger dans le pot de l'être". De quoi s'agit-il ? 
D - Il s'agit de tout lâcher au bout d'un expir, s'oublier un instant en tant que moi possesseur, ne plus rien vouloir, ne plus rien tenir, se vider de tous les concepts, et mourir à soi-même pour n'être plus rien de spécial, hormis être. Ce simple geste, accessible à tous ceux qui cherchent dans cette direction, aide à retrouver la conscience de l'inséparabilité entre le Tout et la partie.J'ai conscience en te disant cela de donner l’impression qu'il faudrait faire quelque chose pour trouver un état spécial. Les mots sont bien impuissants à traduire tout cela... Certains vont être inspirés pour faire l'exercice, d'autres non, et encore une fois ce n'est ni bien, ni mal. 

A-Tu te rappelles la première fois que tu as plongé dans ce pot de l'être ?
D - Non, parce que ça a été progressif. On le fait tous naturellement quand on soupire, mais ça reste assez superficiel. Le "faux moi" reste là parce qu'il n'y a pas d'abandon total. Il ne s'agit pas de vider simplement ses poumons ou sa tête, mais de tout vider, toute sa substance, et au bout, il y a une joie acausale Chaque expir est une mort, et chaque inspir est une naissance. C'est un geste d'humilité absolue qui exprime : je me rends à l'inconnaissable, je me rends à Dieu. 

A - Quand tu allais au travail, tu le faisais ?
D - Oui, sur mon vélo à 4 heures du matin, tout seul dans la ville, en appuyant sur les pédales... 

A - Et comment tu appelais ça ? 
D - Je ne l'appelais pas, je le faisais, c'est tout. 

A - Qu'est-ce qui contrarie cette posture au quotidien ?
D - Rien, puisque cette pratique n'a rien à voir avec le temps ! Quand tu parles de maintenant, tu le penses. Dès que tu le penses, tu n'y es plus. Il y a toujours un léger décalage, car on ne peut pas définir maintenant. La mauvaise façon de s'y prendre serait de se demander : Comment je vais faire pour arriver à vivre le moment présent d'une façon perma­nente ? Ce qui reviendrait à projeter la présence dans le futur !La seule possibilité de faire cet exercice, c'est maintenant. Si tu le fais une fois, tes actes auront une qualité d'être durant plusieurs heures. Tu seras en relation avec l'être et non avec l'avoir. La prati­que, ce n'est pas obtenir quelque chose, c'est mourir, là, tout de suite.Où est le problème, là, maintenant ? Où ?" 

Quatrième de couverture
Ce qui est commun à tous les êtres humains, c’est l’envie de connaître un sentiment de plénitude qui dure face aux manques vécus dans la vie courante. Or ce sentiment de plénitude, de non-manque, n’apparaît que par la dissolution de la croyance à ce qui est appelé ici “l’entité séparée”.
Nous vivons  en effet une histoire fictive que nous ne remettons jamais en doute et qui consiste à croire à un personnage réel autonome (le moi séparé), qui pense pouvoir gérer sa vie. Cette illusion première acquise comme vraie est à l’origine de nos illusions et de nos insatisfactions.
Pour Daniel Morin, l’unique racine de toutes les croyances est l’interprétation fausse que nous sommes une individualité “étanche” qui se croit propriétaire de son corps, ayant une faculté de libre arbitre.
Ce livre n’a pas pour finalité de proposer une nouvelle recette en vue d’obtenir plus tard une amélioration de notre condition personnelle et relationnelle. L’auteur propose un retournement, une position radicalement opposée à l’idée de progression, qui consiste à vivre l’immédiateté comme étant l’expression exacte et impersonnelle de la Vie telle qu’elle est perçue. La dissolution de l’entité séparée n’est pas un but à atteindre dans le futur, car la vision de l’illusion d’être une entité autonome n’est possible que maintenant.
Tout en remettant radicalement en cause nos espérances, Daniel Morin redonne de la valeur à notre humanité et réhabilite l’ordinaire. Il nous invite à “oser être vraiment soi-même”, dans la présence à l’instant.
La seconde partie de l’ouvrage est un entretien amical avec Alexandre Jollien.
La vie commence maintenant. La vie finit maintenant.

jeudi 24 janvier 2013

Quand l'amour... sans chaîne...


Une petite vidéo comme je les aime... Allez, on montre l'exemple et on fait un petit geste pour commencer la chaîne... Chaque geste compte...