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vendredi 25 août 2017

Rencontre au Village des Pruniers avec Marc Puissant


Les paroles de Thay parlant du Dharma avaient réveillé en lui, un écho insoupçonné. Et de ce feu qui couvait depuis longtemps déjà, les flammes ont jailli soudain et tout est devenu lumineux. C’était un matin d’été, début août.

Par Marc Puissant





Début août 1996
L’éclair d’un instant,
Il sût qu’il était arrivé,
Il sût qu’il était chez lui
dans sa vraie famille
La porte s’était ouverte soudain
comme ça, tout simplement.
Les paroles de Thay parlant du Dharma avaient réveillé en lui, un écho insoupçonné. Et de ce feu qui couvait depuis longtemps déjà, les flammes ont jailli soudain et tout est devenu lumineux. C’était un matin d’été, début août.
Tout cela arriva si simplement. Tous les doutes et les résistances de ces dernières années par rapport à la philosophie bouddhiste s’évanouirent, ainsi que toutes les questions métaphysiques.
Ce fut en fait, plus comme une grande caresse d’amour que comme un éclair bouleversant. Ce fut un grand silence vibrant, un bien-être ample et serein qui le pénétrait. Il se sentait unifié, en ordre, posé à sa juste place.
Et tout à coup, des larmes de joie, de bonheur se mirent à couler qu’il n’arrêta point tant elles étaient apaisantes et bienfaisantes. Et son cœur se dilata comme jamais.
Il découvrait alors en lui des espaces inconnus, des lieux ignorés aux dimensions du souffle retrouvé. le souffle qui l’emplissait et le berçait dans un long va et vient tranquille, semblable aux vagues sur la plage des beaux soirs d’été.
Ce fut beaucoup plus que les instants de bien-être éprouvés parfois dans des moments privilégiés de ces dernières années.
Qu’en dire ? de la .joie, du bonheur ? de la jouissance, de la jubilation ?
En y repensant après coup, il ne savait quel mot utiliser pour traduire justement cette extraordinaire sensation d’être, d’être là, présent, dans la présence de .... Présence vivante, Présence aimante au plus profond de lui
Oui, il se sentait aimé, accueilli, reconnu, immergé dans un bain de tendresse bienveillante. Il se vivait habité, ou plutôt il s’habitait comme jamais, jusqu’aux confins de ce nouvel espace-temps," arrêté et densifié.
Arrêté, : ;suspendu dans le temps qui lui défilait toujours au son des paroles de Thay qu’il entendait distinctement et qui pénétraient directement en lui sans aucun effort de compréhension de sa part.
Dans le même temps qu’il découvrait sa nouvelle demeure, il s’aimait et se savourait dans toutes les fibres de son corps, de son coeur, de son être. il se savait relié, en reliance avec .... avec .... avec lui, avec l’Autre en lui, avec les autres, toutes les sœurs et les frères présents ici, mais aussi, avec tous les siens vivants et morts, les ancêtres, les amis, tous les hommes, femmes et enfants du monde, tout le vivant du monde, la nature, le ciel et la terre .... en reliance dans une immense symphonie d’amour et de communion.
Silence vibrant, musique du silence aux tympans éveillés, musique du souffle retrouvé, offert. Et cette paix. Et ces larmes de gratitude. Pour la première fois, il s’était retrouvé. il s’était posé là, dans ce qu’il savait être sa vraie demeure. Et tout était tellement simple et naturel.
Il comprenait alors qu’il n’y avait rien à rechercher ou à vouloir trouver en dehors, ailleurs, mais simplement se mettre en situation de se laisser rencontrer, de se laisser trouver, surprendre, étonner, émerveiller par ce qui depuis toujours était déjà présent en lui, et cherchait à se dire.
Le cadeau lui était offert, il s’offrait ce cadeau
Et la source jaillissait féconde et abondante
Et le puits offrait son eau vive
Il avait rencontré son ermite
Et son cœur exultait et chantait d’allégresse
Cette joie, cet amour, il voulait le dire, le crier à tous, au monde entier
Alors, il rendit grâce à la Vie
A Jésus le guérisseur qui l’avait mis en route
Au Bouddha qui l’avait accueilli et éveillé ce matin à lui-même
A toux ceux et celles qui l’avaient aidé et accompagné sur le chemin
Il sût à cet instant
Que ce moment béni
Qui serait inévitablement estompé
Par le retour à la vie quotidienne
Resterait toujours comme un phare, une balise dans la nuit
Une empreinte indélébile au cœur de son être
Le signe, la preuve de la Rencontre
Et que rien ne serait plus jamais comme avant
Sur le chemin de la Vie, de la transformation,
De la compréhension et de l’Amour.

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source : bouddhaline

jeudi 24 août 2017

La cloche du rappel avec Marc puissant

De quoi devons-nous nous « rappeler » ?

Que nous sommes vivants. Mais pour être vivants, nous devons être complètement présents, ici et maintenant. Être vivant, c’est quitter le passé qui n'est plus, ne pas s’accrocher au futur qui n’est pas encore. La vie n’existe que dans l’instant, et c’est uniquement dans cette fraction de temps que nous pouvons toucher la Présence. Et cette Présence se manifeste en nous à partir du moment où nous sommes libres des pensées et des émotions. C’est pourquoi il est essentiel de s’entraîner à calmer le mental et les émotions, en acceptant ce qui est là, en ne luttant pas contre le désagréable ou en ne s’attachant pas à l’agréable. C’est dire « oui » à ce qui est dans l'instant présent.

Nous nous rappelons aussi que nous sommes invités à éveiller en nous la bonté, la compassion, la joie et l’équanimité.

La pratique de la cloche et les autres formes de rappel nous aident également à prendre conscience de ce que nous ressentons, dans l'instant. Suis-je stressé, envahi par des pensées, des émotions ou des états d'âme ? Comment suis-je dans mon corps ? Si j’observe que j’ai des tensions mentales ou physiques, je respire. Sur l’inspiration, je les accueille avec bienveillance, et sur l’expiration, je les calme, je relâche. Cette pratique du rappel est aussi l'occasion de voir avec un regard neuf que nous sommes entourés de beauté, de nous émerveiller devant un beau coucher de soleil, un cerisier en fleurs, ou le sourire de notre bien-aimée... La gratitude va toujours de pair avec la perception d’être vivant.




Ces instants de rappel sont courts en temps, mais pleins en signification...

Oui, mais on peut rarement avoir cette conscience totale en quelques secondes. À un moment, nous mettrons plus l’accent sur la gratitude, à un autre moment, nous nous interrogerons sur notre état d’âme, ou reviendrons à la présence.

La pratique bouddhiste est une voie de transformation et de guérison. Le fait d’être dans l'oubli et l'ignorance de notre vraie nature engendre des perceptions erronées sur soi et sur le monde, et crée en nous de la souffrance. Et cette souffrance se manifeste à travers l'attachement, l’avidité, l’aversion ou le refus de l'impermanence. C’est uniquement dans l’instant présent que se passe le processus de transformation-guérison de cette souffrance.

L’étape suivante consiste à développer en nous l’antidote à l'émotion accueillie. Par exemple, si
l’émotion est la tristesse, nous allons mobiliser nos graines de joie et développer ainsi ce potentiel qui est en nous. Nous allons aussi prendre conscience de ce qui fonctionne bien intérieurement et extérieurement et développer la gratitude. À tout moment nous pouvons appeler en nous la paix, la joie, la liberté... toutes ces qualités présentes au plus profond de nous.

Avec l’entraînement, on arrive à opérer ce retour à l’instant présent et à mettre en œuvre ces pratiques de plus en plus rapidement, dans l'espace de quelques respirations.


« Inviter la cloche » demande-t-il des qualités particulières ?

Dans la tradition du zen, il existe une transmission de la cloche. Frapper la cloche ou le grand bol noir -nous disons « inviter » plutôt que frapper - est une action qui implique tout notre être. Il est difficile au début d’avoir un beau son, porteur d’une énergie positive. La qualité du son dépend de l’endroit où l’on frappe, mais aussi de l’état psychologique dans lequel on est quand on invite la cloche ou le bol. De plus, il faut que les coups successifs aient tous la même intensité.

Celui qui invite la cloche revient à sa respiration, se relie à son centre, conscient qu'il est le porte-parole de la voix du Bouddha, et il récite intérieurement cette gâthâ :

« Corps et esprit en parfaite harmonie, je vous envoie mon cœur par le son de cette cloche.

« Que tous les êtres vivants qui l’entendent sortent du monde de l'oubli, de l'anxiété et de la souffrance, et qu’ils se libèrent enfin et touchent la paix présente en leur cœur. »

Thicht Nhat Hanh nous dit qu’il peut évaluer l’évolution spirituelle de ses disciples à travers trois situations : la façon dont ils marchent, la manière dont ils ouvrent ou ferment une porte, et la façon dont ils invitent la cloche.


Propos recueillis par Juliette Lérins
Revue Source 2015

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