jeudi 22 décembre 2022

Heureux solstice !

 Heureux solstice à tous ! Ce stade de l'année est aussi traditionnellement nommé "porte des dieux" : c'est le moment où le soleil amorce sa remontée et où la lumière en nous-même franchit une étape décisive...  

Dans le conte du "Diable aux trois cheveux d'or" (les frères Grimm), ce que j'ai nommé la "porte d'or" correspond à ce solstice d'hiver : elle permet de franchir le seuil de notre royaume intérieur...


LE SYMBOLE DE LA PORTE D'OR :

"La porte d’Or symbolise la victoire du héros : elle lui permet de réintégrer le château du roi et de retrouver son statut de gendre et d’héritier du trône. L’or est ici présent à double titre : c’est à la fois le trésor spirituel - les trois cheveux rapportés au roi - et le trésor matériel, transporté par les quatre ânes. C’est cet or matériel  qui suscite l’apaisement, puis la convoitise du vieux roi. A l’hypocrisie de son attitude qui appelle le héros « mon cher beau-fils » parce qu’il aimerait s’enrichir encore davantage, l’enfant né coiffé répond par une ruse mensongère : l’or se trouve de l’autre côté du fleuve de l’enfer, à la place du sable… On voit bien la différence entre les deux trésors – ce pourrait être l’une des morales de ce conte : l’or spirituel conduit aux portes du royaume alors que l’or matériel mène droit à l’enfer(mement). Pour le héros, la grande clef d’or qui borde la porte d’entrée du château fait le lien entre le jardin paradisiaque que l’on voit par l’ouverture et l’entrée somptueuse du palais. Le dehors et le dedans se réconcilient, le royaume devient accessible !"    

LE HEROS DE L’HISTOIRE, C’EST VOUS !

"Vous êtes invité à franchir à votre tour le seuil de la porte d’Or. Ce symbole correspond à une situation où vous avez le sentiment d’avoir réussi à accomplir un projet qui vous tenait à cœur. Quelles ont été jusqu’ici vos grandes satisfactions, avec un profond sentiment d’unification intérieure à la clef ? Quels pourraient être vos futurs défis ? Quel sera votre prochain grand objectif ?"

Sabine Dewulf

Extraits du coffret "Les Trois cheveux d'or - Parcours de guérison avec les frères Grimm et Pierre Dhainaut", avec la collaboration d'Eric Ric Dewulf et de Stéphanie Delcourt, Editions LE SOUFFLE D'OR, 2016.

mercredi 21 décembre 2022

Vérité qui ouvre

 


En matière de sadhana, de transformation intérieure, on demeure prisonnier de ce qu'on refuse, même tant soit peu, et on est libre de ce à quoi on dit oui.

Et vous verrez comment naît déjà en nous, chaque fois que nous avons pu accepter pleinement qu'aujourd'hui nous sommes ceci -- voilà la vérité-- un sentiment nouveau, inconnu de liberté et de sérénité dans l'acceptation.
Simplement parce que nous ne sommes plus en conflit avec la vérité, notre vérité d'aujourd'hui, le chemin est à nouveau ouvert devant nous.


Arnaud Desjardin, rencontre avec Arnaud et Denise Desjardin.

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mardi 20 décembre 2022

A pas de loups


"Guérir, c'est toucher avec de l'amour 

ce qui a été précédemment touché avec de la peur..."

Stephen Levine

Alexandra Dvornikova  illustration

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Entre Circé et Jodo

 


Aujourd'hui c'est dimanche, jour de repos. Hier samedi, notre nièce Inès nous a amené sa petite fille Circé de trois ans pour que nous prenions soin d'elle. J'ai proposé un jeu à la petite fille. Je serais un ogre essayant de me reposer, en train de faire une sieste. Circé devrait me réveiller brutalement. Le

Ogre protesterait, puis retournerait au sommeil. Elle me réveillerait à nouveau, je reviendrais protester puis m'endormir et ainsi jusqu'à épuiser. Je te conseille de voir ce qui s'est passé. Pascale a tout filmé sans que Circé et moi nous en rendions compte. J'ai compris que la meilleure pause pour six jours de travail est de jouer avec les enfants.

.🎥 par @pascale_montandonjodorowsky

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lundi 19 décembre 2022

Le passé a passé...

 Qu’en est-il des mémoires des vies antérieures ? 


Eric Baret  -- Nous sommes surtout affectés par la mémoire de cette vie-ci. Mais le futur qui nous affecte encore davantage que la mémoire,. Le problème, c’est le futur. Libéré du futur, le passé n’existe plus ; il n’y a plus de direction, plus rien derrière vous. Tant qu’il y a une direction, il y a un passé. Chercher à se libérer du passé est un manque de pédagogie. Il est plus approprié de se libérer du futur. Sans futur, vous n’avez nulle part où aller. Quand vous cherchez profondément, vous constatez que le but de votre recherche ne peut pas être un résultat, ni le résultat de quoi que ce soit. Vous ne pouvez pas aller « vers », mais uniquement vous ouvrir à la non-voie. Libéré de tout système de vouloir arriver à quelque chose vous êtes dégagé de toute activité. Alors, vous tournez la tête, vous n’avez pas de passé. Ces moments d’ouverture englobent nos vies antérieures qui sont ici et maintenant ; elles n’ont jamais été dans le passé. Les vies antérieures ou futures sont dans l’instant. Vous quittez l’élément psychologique car c’est la psychologie qui pense en termes de passé et de futur. L’expérience est uniquement dans l’instant. Laisser le passé à ce qu’il est, et voir vraiment ce que vous êtes. La recherche visant à se libérer du passé est sans fin. Le passé a toujours des antécédents ; on peut toujours aller plus loin. L’horizontalité est sans fin. Dans la sensibilisation corporelle, on est chaque jour de plus en plus attentif, on ressent de plus en plus, on voit de plus en plus ; c’est sans fin. Quand le corps va nous quitter, il n’aura jamais exploité la totalité de son potentiel, ce n’est pas possible. Cette recherche est une perte d’énergie. Il n’y a rien à devenir. Dans le non-devenir, jusqu’à un certain point, la sensibilité s’éveille à ce qui est fonctionnel. Mais vouloir devenir sensible est encore un devenir, une intention, une sensibilité orientée qui exclut. Soyez quelques instants, dans la journée, sans futur. Voyez ce qui se passe, voyez comment votre corps réagit. Cela a un impact colossal corporellement et psychiquement.

Eric  Baret - le sacre du dragon vert pour la joie de ne rien être

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dimanche 18 décembre 2022

Benoît Billot : « Arrête, où cours-tu ? »

En cette période de l’Avent 2022, le bénédictin Benoît Billot confie : « Tout m’appelle à reconnaître la Présence cachée en moi, en toi, en nous… » Et si nous en faisions notre programme de vie pour les semaines à venir en tâchant de rompre avec nos habitudes de hâte et d’avidité ? Mode d'emploi.

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Longue file devant une porte qui donne accès au parc de la préfecture ; ils étaient là depuis 5 heures du matin : des immigrés, femmes et hommes, tous en quête du sacro-saint titre de séjour. Ils en avaient tant besoin. Mais ici, calmes et silencieux, peut-être résignés, peut-être révoltés.

Certains écoutaient une quelconque musique. D’autres les yeux fermés semblaient prier. Ils savaient bien ce qu’attendre signifiait pour eux. J’avais accompagné un des frères de ma communauté, étranger lui aussi, et il était maintenant en bonne place dans la file.

À 7 heures, un petit groupe de bénévoles était apparu avec thermos de café et gobelets. Des sourires et paroles gaies les avaient accueillis lorsqu’ils avaient remonté la file. À 8 heures, agitation générale : deux vigiles s’étaient manifestés derrière la grille et l’avaient ouverte, libérant le flot qui se précipitait vers la salle des guichets. Rituel qui se répétait trois fois par semaine, avant le Covid, il y a quatre ans.

Une Présence cachée en nous

Aujourd’hui il n’y a plus de queue fatigante, mais c’est bien pire : la prise de rendez-vous se fait par informatique, avec des procédures interminables et incompréhensibles. Ces demandeurs, quel espoir insensé les a donc amenés dans notre pays ? Réponse simple pour la plupart : le désir de vivre, inscrit au plus profond d’eux-mêmes.

Pourtant, les tracasseries administratives leur font bien comprendre l’opposition de nombreux habitants de notre pays. Nous venons de le constater avec l’aventure de l’Ocean Viking. Pour répondre à ce désir, nombre d’entre eux ont affronté les pires dangers et les mers, prêts à risquer leur vie plutôt que de vivoter dans la frustration. Ils s’obstinent donc, attendent, et savent pourquoi.

Savoir quoi espérer et comment attendre ! Certes, tout être humain vit espoirs et attentes. Mais qui ira plus loin et fera l’expérience essentielle de toute vie spirituelle : ressentir qu’à la source de ces attentes se fait entendre un cri déchirant vers un Ailleurs, pourtant niché dans l’ici et maintenant ?


Et découvrir qu’il y a une Vie cachée en toute vie, une Présence au-delà de toutes les présences, un À-venir au-delà de tous les projets d’avenir. Expérience donnée comme une grâce à ceux qui s’y préparent. Thich Nhât Hanh, maître de sagesse bouddhiste, conseillait : « Arrivé dans un bouchon de la circulation, ne t’énerve pas, regarde les feux stop de la voiture qui te précède : ce sont les yeux de Bouddha qui te regardent. »

Quatre semaines pour s’exercer

Saine sagesse spirituelle du désir et de l’attente, nécessaire pour les grands insatisfaits que nous sommes, nous qui voulons avoir tout, et tout de suite. Angelus Silesius écrivait en 1675, dans le Pèlerin chérubinique : « Arrête, où cours-tu donc, le ciel est en toi : et chercher Dieu ailleurs, c’est le manquer toujours. »

Christiane Singer en avait même fait le titre d’un de ses livres. Tout m’appelle à reconnaître la Présence cachée en moi, en toi, en nous, dans nos rencontres, nos travaux, nos rêves, nos erreurs et nos impatiences. Depuis ma conception, je suis dans la file. J’y accueille avec reconnaissance la présence de mes compagnons d’attente, et la visite de celles et ceux qui viennent me soutenir. J’ai à découvrir que je suis dans la longue recherche d’un titre de séjour. Pour poser mes pieds sur le roc solide de la vie, le Royaume, qui n’est pas ailleurs, mais au fondement de ce que je suis… en attendant la naturalisation, que dans ma tradition on nomme Résurrection.

Malgré ses abominations, l’Église est bonne Mère : elle fait le cadeau de quatre semaines avant Noël pour s’y exercer ensemble. Seulement continuer la vie habituelle en la débarrassant de la hâte, de l’avidité, dans la conscience de ce « ciel en moi ». Il est là, je n’en puis douter : j’en ai eu tant de signes. Encore une parole d’Angelus Silesius : « Le Christ pourrait naître mille fois à Bethléem, s’il ne naît en ton cœur, sa naissance ne sert à rien. »


Benoît Billot est bénédictin, moine dans la ville au prieuré Saint-Benoît d’Étiolles, dans l’Essonne. Adepte du zazen, il a fondé la Maison de Tobie. Il a notamment publié Lumières dans l’ordinaire des jours et l’Énergie féconde des sacrements (Médiaspaul).

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samedi 17 décembre 2022

Un engagement spirituel

 Les gardes-fous en spiritualité. Quelques critères de bon sens pour évaluer la qualité des systèmes dans lesquels nous nous engageons. Notre nouvelle vidéo en énumère cinq.



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vendredi 16 décembre 2022

Intervalle

INTERVALLE
dans un intervalle
hors du temps et de l’espace
mais qui en mimait les formes
je voyais de loin ta silhouette
élégante en toutes circonstances
avancer vers moi
le long de cette rue familière
ressuscité de par l’esprit
et néanmoins de chair et d’os
tu me souriais
j’allais pouvoir déposer
un baiser sur ta joue
me nourrir de ta voix
creusée par une longue vie
nous faisions quelques pas
les larmes me venaient
je te savais mort depuis tant de lunes
et pourtant si présent
dans la chimie de moi
ici maintenant vivant

 Concert avec Gilles farcet



voir aussi

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jeudi 15 décembre 2022

Présence de la tristesse


 Quand la tristesse est là, si je suis triste, si je ne veux pas être triste, si je pense que c'est normal que je sois triste, sije justifie la tristesse, si j'explique la tristesse, si je quitte le simple fait de vivre la tristesse corporellement dans le ventre, les narines, les yeux, les doigts, la tristesse se fixe, se bloque et l'on peut être triste toute sa vie et en avoir toutes les somatisations possibles.

Mais si je me rends compte que la tristesse n'est pas triste et si je sens la tristesse quand une situation me rend triste, il n'y a plus de situation.

Si on laisse vivre cette tristesse, elle se dissout dans la Présence.


250 questions sur le yoga/MC.Reigner-E.Baret/almora (image : Gérard Beaulet)

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mercredi 14 décembre 2022

Lieu inspirant

Un temps de respiration.
Mettez vos index de chaque côté des narines (à la base) et respirez.
Inspir, expir, je suis vivant !


 

mardi 13 décembre 2022

Le jardin secret

La réalité n'est qu'un reflet,


seul le silence le sait !


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photos par Acouphene (2019)








 

lundi 12 décembre 2022

Citations de Christian Bobin


 La vie écrit au crayon. La mort passe la gomme.

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La mort tombe dans la vie comme une pierre dans un étang : d'abord, éclaboussures, affolements dans les buissons, battements d'ailes et fuites en tout sens. Ensuite, grands cercles sur l'eau, de plus en plus larges. Enfin le calme à nouveau, mais pas du tout le même silence qu'auparavant, un silence, comment dire : assourdissant.

Nous devrions rendre grâce aux animaux pour leur innocence fabuleuse et leur savoir gré de poser sur nous la douceur de leurs yeux inquiets sans jamais nous condamner.

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J'aime appuyer ma main sur le tronc d'un arbre devant lequel je passe, non pour m'assurer de l'existence de l'arbre - dont je ne doute pas - mais de la mienne.

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La solitude est une maladie dont on ne guérit qu'à condition de la laisser prendre ses aises et de ne surtout pas en chercher le remède nulle part. J'ai toujours craint ceux qui ne supportent pas d'être seuls et demandent au couple, au travail, à l'amitié voire, même au diable ce que ni le couple, ni le travail, ni l'amitié ni le diable ne peuvent donner : une protection contre soi-même, une assurance de ne jamais avoir affaire à la vérité solitaire de sa propre vie. Ces gens-là sont infréquentables. Leur incapacité d'être seuls fait d'eux les personnes les plus seules au monde.

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Tu veux savoir qui tu es pour moi, eh bien voilà: tu es celle qui m'empêche de me suffire.

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Le bonheur, ce n'est pas une note séparée, c'est la joie que deux notes ont à rebondir l'une contre l'autre.

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J'ai trouvé Dieu dans les flaques d'eau, dans le parfum du chèvrefeuille, dans la pureté de certains livres et même chez des athées. Je ne l'ai presque jamais trouvé chez ceux dont le métier est d'en parler.

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J'ai enlevé beaucoup de choses inutiles de ma vie et Dieu s'est approché pour voir ce qui se passait.

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dimanche 11 décembre 2022

Inspiration...

 L'approche du souffle, sur le plan physiologique de la respiration d'abord, puis sous son aspect d'énergie subtile, est considérée en Inde comme l'art royal.

Dans la pratique, tôt ou tard la respiration disparaît pour devenir courant d'énergie.

Vous ne respirez plus ; il y a ressenti.

Vous ressentez cette inspiration, ce courant de lumière, comme un arbre de Noël qui s'éclaire ; dans la rétention, cette lumière se déploie encore plus ; dans l'expiration, cette lumière lentement se résorbe ; et le repos est une nuit sans lune - unité sans séparation.

Cette nuit même fondra.

La pleine lune de la rétention deviendra également nuit totale.

Le silence se parle à lui-même.

E.Baret/le seul désir/Trait d'union

source et peinture par Gérard Beaulet

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