jeudi 1 juillet 2021
Appelez-moi par mes vrais noms
mercredi 30 juin 2021
Pourquoi pratiquons- nous ?
Croyez-moi, même après toutes ces décennies, je me pose encore cette question tous les jours. Je pense tout le temps à arrêter. Mais je me rends compte que si je le faisais, je me retrouverais dans une situation pire que celle dans laquelle je suis maintenant. Et je devrais alors travailler encore plus dur pour me remettre sur les rails.
mardi 29 juin 2021
Arnaud Desjardins, être et avoir
« Les prestiges de notre société moderne, les prouesses techniques, l’abondance matérielle, les exploits en tous genres – communiquer à distance par le téléphone, franchir dix mille kilomètres en quelques heures avec un Boeing, envoyer des hommes sur la Lune – tout ceci nous aveugle à notre pauvreté spirituelle. Et j’affirme que les peuples sous-développés nous étaient, à bien des égards, supérieurs. Durant mes années de voyages, j’ai abondamment connu professionnellement la veulerie, la corruption et l’inefficacité de l’Asie dans certains domaines. Mais je sais aussi combien ces peuples étaient, dans leur pauvreté, favorisés par rapport à nous sur le plan de l’être. Je pense notamment aux musulmans dans la mesure où les sociétés musulmanes étaient encore non politisées (par exemple l’Afghanistan très à l’écart de la politique internationale jusqu’à l’occupation par les troupes russes), au monde de l’Himalaya (Sikkim, Bhoutan), aux réfugiés tibétains ou aux hindous appartenant à certaines couches sociales encore protégées.
Le premier enseignement avec lequel j’ai été en contact et que je n’ai jamais renié, l’enseignement Gurdjieff, était éloquent à cet égard. On nous rapportait les paroles de Gurdjieff : « L’homme doit d’abord découvrir sa totale nullité, sa complète “ merdité ”. » Il est difficile pour un Français moderne de prendre vraiment conscience de sa complète nullité. Nous avons trop de raisons universitaires, professionnelles (chacun trouvera les siennes) de considérer que nous ne sommes pas aussi nuls que Gurdjieff osait l’affirmer. Même si ces paroles vous semblent abusives – alors que mon expérience pendant des années m’a confirmé combien elles me concernaient – soyez conscients du divorce entre cette faiblesse de l’être, même si vous êtes bourrés de diplômes ou si vous gagnez énormément d’argent, et la hauteur des ambitions spirituelles.»
lundi 28 juin 2021
Utile beauté...
"La beauté, ce n'est pas où sont placées tes plumes ni comment elles brillent aux yeux du monde, mais comment tu utilises tes ailes"
Faisan doré et fleurs de coton rose par l’empereur Huizong de Song (7 juin 1082 – 4 juin 1135), nom personnel 赵佶 Zhao Ji.
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dimanche 27 juin 2021
Ignorance
"Un petit enfant, au commencement, ne se connaît pas lui-même, bientôt, il prend conscience de son corps, puis de celui des autres et se met à apprendre une foule de choses. Tout a néanmoins commencé par cette absence de connaissance. L’homme est ignorant de sa base, de son début, c’est sur cette ignorance qu’il construit sa compréhension du monde et un savoir de plus en plus complexe. Pour découvrir la vérité, ce n’est pas dans la direction de la philosophie ou de la religion qu’il vous faut chercher, c’est dans la direction opposée. Il vous faut retourner au commencement, il vous faut cerner cette ignorance initiale sur laquelle a été dressé tout le reste, il vous faut sonder ce que peut être cette connaissance négative, cette absence de tout savoir. Quand vous aurez connu cela, vous saurez toutes choses.
samedi 26 juin 2021
Culture de soi
vendredi 25 juin 2021
Accueillir la cueillette
jeudi 24 juin 2021
Réactions sans liberté...
Extrait de : La voie et ses pièges par Arnaud Desjardins
… Nous commençons à nous poser des questions : est-ce vraiment si librement que j'ai décidé d'aller tel jour à tel endroit, est-ce si librement que, m'étant rendu à cet endroit, j'y ai rencontré telle personne laquelle a eu telle influence sur mon existence ? Une première illusion, la plus grossière, de diriger son destin indépendamment à partir de sa « libre » volonté va tomber.
Je m'aperçois que mes actions ont été des réactions ou, au moins dans certains cas, des réponses. Car il ne faut pas confondre une réaction et une réponse. Dans la réaction, impulsive et compulsive, nous sommes simplement emportés, dans la réponse nous demeurons conscients, établis en nous-mêmes, en possession de nous-mêmes, nous ne sommes pas identifiés. Plus vous observez votre existence, plus vous constatez qu'en fait toutes vos actions ont le plus souvent procédé de réactions mécaniques et non pas de réponses appropriées puisque l'élément de présence à soi-même, de vigilance faisait défaut.
Envisageons notre histoire personnelle depuis la conception. En quoi notre ego tel que nous le ressentons aujourd'hui a-t-il participé à la fusion de l'ovule et du spermatozoïde ? Qu'ai-je décidé en l'occurrence, en quoi ai-je été l'auteur de l'action, l'agissant ? Des chaînes de causes et d'effets très puissantes ont ordonné qu'un homme et une femme soient attirés mutuellement, s'accouplent, que cette femme soit enceinte et qu’un être humain vienne au monde. En quoi votre ego a-t-il ensuite participé au travail de multiplication et de différenciation des cellules qui produit l’embryon puis le fœtus pour constituer en neuf mois un être humain viable, avec un cerveau, un système nerveux, digestif, respiratoire. Puis, vous êtes nés, et ce n'est pas « vous » qui avez programmé l’expulsion de la matrice.
p. 91 - 92
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mercredi 23 juin 2021
Ne pas s'entêter
Cette vidéo montre bien que les pensées nous emportent loin de la réalité de l'instant. Elles nous enferment dans des ascenseurs émotionnels.
mardi 22 juin 2021
Ensemble...
"Quand une multitude de petites gens,
lundi 21 juin 2021
Le jour de la nuit
dimanche 20 juin 2021
Rouge et rond comme une cerise...
L'arrivée des premières cerises ouvrent le champs à des réflexions mélancoliques sur le temps qui passe et la force des liens familiaux.
Chaque année, les premières cerises me rendent rêveuse et nostalgique... Les reflets rubis des grosses cerises burlat, le panaché rose et jaune des bigarreaux, mais surtout le rouge pâle de ces petites griottes rabougries, juste un noyau, à peine un coup de dent autour, et chanceuse encore si on ne tombe pas sur un ver, fort mécontent d'être dérangé dans son déjeuner.
Pff, pff, je recrache tout, je trépigne un peu... « Jette-la, grand-mère, jette-la ! » « Mais non, mon petit, c'est parce qu'elle est délicieuse, cette cerise, qu'il l'a choisie ! » « Grand-mère, je ne veux pas manger de ver, c'est dégoûtant d'abord. » Mais grand-mère sourit, indulgente, pour ce qu'elle considère des caprices de petite fille choyée et citadine.
Le regard d'un enfant de 7 ans
Les cerises, pour elle, c'est un cadeau du printemps, une surprise ardemment attendue, des journées lumineuses dans les difficultés de la vie... « On grimpait sur l'arbre, vois-tu, et on en mangeait, on en mangeait... » Je regarde cette vieille dame, plutôt ronde, qui marche si mal, et je ne la crois pas. Comment serait-ce possible... Je n'ai pas spécialement réfléchi à la question mais c'est tout à fait évident que, même si moi, je change, si je grandis, si je ne suis bientôt plus une enfant, imaginez 7 ans ! l'âge de raison.
Mes parents ont toujours été vieux, parce que ce sont des parents, c'est logique, et ma grand-mère a toujours été extrêmement vieille et a passé sa vie assise dans un fauteuil au soleil dans son petit bout de jardin. Elle a toujours eu cette peau douce toute rose, ces joues un peu froissées que j'aime embrasser, des cheveux blancs tout ébouriffés et des yeux qui se plissent pour mieux me regarder : « Comme tu as grandi ! », me dit-elle chaque fois que j'arrive. Je ne le dis pas, mais je trouve cette remarque un peu bête, les petites filles, c'est fait pour grandir, est-ce qu'elle ne le sait pas ? « Mais tu as déjà eu des petites-filles, grand-mère, tu sais bien que je vais devenir une grande ! »
Un refuge dans ma vie
Aujourd'hui, c'est jour de fête, premières cerises, et un sourire encore plus joyeux que d'habitude ; elle tourne et retourne les fruits dans ses mains, les regarde en transparence, en respire le parfum et sourit : « On se rendait malades, comme tous les gosses, et notre mère nous tirait les cheveux quand on revenait, le tablier tout tâché, la figure toute barbouillée. C'est que les cerises, c'était pour les vendre ; on les rangeait bien proprement dans un panier, et on se mettait au bord de la route. Et gare si on revenait sans argent, et avec une bouche toute rouge ! »
Je n'écoute pas grand-chose parce que je n'imagine même pas de quoi elle parle : jamais mes parents ne m'ont tiré les cheveux, jamais ils ne me laisseraient partir toute seule au bord d'une route, jamais je n'ai mangé de cerises qui n'aient pas été auparavant triées et lavées. Ce que je veux, c'est me blottir contre elle, sentir son souffle sur mes cheveux, ses bras solides autour de moi, sa main qui caresse ma joue.
Ce que je veux, c'est qu'elle soit là, qu'elle me dise que tout va s'arranger, même si je commence à ne plus la croire toujours. Mais elle est un refuge dans ma vie, une certitude, un rempart que, doucement, les jours émiettent, sans que je m'en rende compte. Elle fut mon premier grand chagrin. Aimer, être aimée. Aimer longtemps après que la personne aimée a disparu. Un amour qui continue à nous emplir, un amour rouge et brillant, un amour rond comme une cerise.
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Nonne bouddhiste, Joshin Luce Bachoux anime la Demeure sans limites, temple zen et lieu de retraite à Saint-Agrève, en Ardèche. Auteure de Tout ce qui compte en cet instant chez Points Vivre, et Une saison en méditation, au Cerf.
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