samedi 18 février 2012

Le lien sacré...

« Le sacré, c’est faire un geste avec vérité et avec amour. Aussi bien dans nos pensées, que dans la façon dont on respire, dont on s’adresse aux autres, dont on mange… Sans faire de narcissisme pour autant, l’observation de soi-même est un merveilleux moyen de voir si on est dans l’amour ou pas. »

Juliette Binoche




« J’étais le 1er janvier dernier en expédition avec quatre jeunes sur la péninsule antarctique quand, dans un endroit nommé Paradise Bay, le ciel s’est brusquement ouvert. Une merveilleuse lumière aux teintes bleutées s’est diffusée. J’étais aux confins du monde, et je n’avais jamais rien vu d’aussi beau. Je me suis sentie à ma place dans cet environnement pourtant hostile, comme reliée à une force un peu brute. Je ne sais pas si l’on peut parler de sacré ou de magie. Pour moi, le sacré est forcément lié à l’océan, à la nature. Quand on fait le choix de vivre ces aventures, on est purifié, lavé par les embruns, on se sent dépossédé de tout mais en même temps riche de tout ce qui nous entoure. Cette harmonie, ce lien sacré, est indispensable. »

Maud Fontenoy

vendredi 17 février 2012

En Veille... grâce à Arnaud Desjardins

Si un être humain veille, est en état de vigilance, l’hypnotiseur ne peut plus rien sur lui. Les ordres sont là, mais il n’est pas tenu de les exécuter, ils n’ont plus de prise sur lui, parce qu’il est, au moins momentanément, éveillé.

Il y a quelques années, Emmanuel avait demandé à son père ce qu’il aimerait avoir comme inscription sur sa tombe, le moment venu. Arnaud avait répondu par une boutade... Il avait répondu qu’on pourrait inscrire : « C’était un chic type... et... pour la Libération, c’est possible, mais ce n’est pas de la tarte !!!»


Voici deux liens pour un retour sur le départ d'Arnaud :
Par Soeur Samuel
Par Sundarî

Et une interview de Yann Le Boucher :
Info Yoga

jeudi 16 février 2012

Le miroir de l'attention avec Silvia Ostertag


Lorsqu’une fois, dans la rencontre avec une autre personne, on regarde dans ce miroir de l’attention, qu'on regarde jusqu'au bout, on peut découvrir dans le visage de l’autre les yeux de son propre regard et les traits d’une personne qui n’est personne. Visage sans nom et sans forme que je reconnais en chaque personne, en chaque forme. Visage unique, visage universel, qui en tant qu’homme dit « moi ». Quel curieux miroir, quel miracle dans ce miroir, quand on « mire » jusqu'au bout.
C’est cette expérience d’éveil qui transforme toute la personne. C’est cette expérience qui change le regard. Quand le regard change, tout change. 
Comment pourrait-on maltraiter ce visage, cet autre moi ?
Comment pourrait-on le regarder sans éprouver le plus grand respect ? On aimerait s’incliner à chaque rencontre et tout faire pour n’être qu'à son service.


Et si cette autre personne nous maltraite ? Peut-être, à ce moment, avons-nous perdu le regard qui change tout ? Une expérience de vue profonde change tout, mais pas pour toujours. Graf Dürckheim disait souvent : « L’expérience de l’Eveil ne fait pas encore un éveillé. » Mais ce qui importe à partir d’une expérience authentique c’est qu’on reprenne la pratique de l’attention, chaque fois que l’on se rend compte qu’on l’a perdue. Et si, dans la souffrance qui a pour cause une offense, on reprend cette pratique, l’attention va peut-être nous conduire à travers la douleur de la désillusion à la découverte de notre ombre. Et c’est seulement en acceptant le côté sombre en nous-même que nous retrouverons la qualité de présence dans laquelle tout évènement devient transparent à la présence de l’Être-dans-tous-les-êtres.



 Silvia OSTERTAG
extrait du livre « Cheminer »
paru à Terre du Ciel (97).

mercredi 15 février 2012

Le féminin de la sagesse

‎"Ecouter" car la communication passe par l'écoute, à commencer par la communication dans le couple.
Et "enthousiasme" car c'est une chose qu'il faut toujours garder en soi. L'enthousiasme donne vraiment des couleurs à la vie. On ne vieillit pas quand il nous accompagne.


"Voir" dans tous les sens du terme. C'est bien de regarder mais encore faut-il voir ! Voir les couleurs mais aussi les nuances...Voir, c'est identifier les choses pour ce qu'elles sont!.
Et "Vie" car il ne faut pas oublier "notre précieuse vie humaine" ainsi que l'appelle le Dalaï lama, et l'importance de ce que l'on en fait. Quand on a la chance d'être en bonne santé, d'avoir une intelligence, que l'on a la possibilité de faire des choses...il faut se servir de cette vie pour faire ces choses. C'est ce que j'essaie de ne pas perdre de vue.


Véronique Jannot

mardi 14 février 2012

L'amour au coeur de l'instant...


Rien ne dure en ce monde, pas même la « maison » de notre ego : notre corps physique. Tout naît et meurt ; c’est la loi fondamentale. Le problème est qu’entre cette naissance et cette mort, nous inventons une durée, follement désireux que nous sommes d’empêcher ce passage incessant des choses et des êtres. Comme la déesse Diane , nous désirons chasser, nous emparer des biens de ce monde. Or, comme elle, nous sommes condamnés au vagabondage car tout naît et meurt à chaque instant. Tout nous échappe ! 

Pour bien prendre conscience de cela, prenons le temps d’observer le monde autour de nous – choses et êtres vivants : où trouver la moindre stabilité ? Nulle part : même dans l’objet en apparence le plus lisse et immobile (un rocher, une table, un mur...), l’énergie bouillonne en permanence. Dans le monde subatomique, les physiciens ne sont pas en mesure de détecter la plus petite particule de matière ! La matière semble complètement insaisissable. Si l’univers entier est semblable à un jardin de reflets où les formes se font et se défont, pourquoi s’accrocher à l’une d’entre elles ? 

Pourquoi ne pas accepter joyeusement, au cœur de l’instant présent, cette danse perpétuelle des formes, de la vie qui va et vient, du passé qui s’évapore pour faire jaillir les promesses du futur ?
   Extraits de Les jardins de Colette de Sabine Dewulf, aux éditions Le Souffle d'Or, 2004

lundi 13 février 2012

Les épices et leurs bienfaits

A la découverte des épices, de la vanille... anis, gimgembre et autres plantes.

dimanche 12 février 2012

Vivre dans le monde... de Dietrich Bonhoeffer




Je continue d’apprendre que c’est en vivant pleinement la vie terrestre qu’on parvient à croire. Quand on a renoncé complètement à devenir quelqu’un – un saint, ou un pécheur converti, ou un homme d’Église (ce qu’on appelle une figure de prêtre), un juste ou un injuste, un malade ou un bien portant – afin de vivre dans la multitude des tâches, des questions, des vides insuccès, des expériences et des perplexités – et c’est ce que j’appelle vivre dans le monde –, alors on se met pleinement entre les mains de Dieu, on prend au sérieux non ses propres souffrances, mais celles de Dieu dans le monde, on veille le Christ à Gethsémani ; telle est, je pense, la foi, la métanoïa ; c’est ainsi qu’on devient un homme, un chrétien.

Le Seigneur des non-religieux (les Éditions franciscaines)

Théologien protestant allemand, Dietrich Bonhoeffer (1906-1945) s’engagea, dès la prise du pouvoir par Hitler, dans le combat de l’Église confessante face au « christianisme positif » de l’idéologie nazie. Il fut pendu par les nazis en 1945, laissant une œuvre (dont le Prix de la grâce ou Résistance et Soumission) qui est le témoignage d’un chrétien engagé dans un monde abandonné de Dieu.

vendredi 10 février 2012

jeudi 9 février 2012

Frère Roger, une figure spirituelle (2)

« En une fulgurante intuition, saint Jean exprime qui est Dieu en trois mots : « Dieu est amour. »
Si nous saisissons seulement ces trois mots, nous irons loin, très loin.
Dieu ne peut que donner son amour, il y a là tout l'Évangile.
Qui vit de Dieu choisit d'aimer.
Et un cœur décidé à aimer peut rayonner une bonté sans limites.
Qui choisit d'aimer et de le dire par sa vie est amené à s'interroger sur l'une des questions les plus fortes qui soient : comment soulager les peines et les tourments de ceux qui sont proches ou lointains ? »
Extrait de Lettre inachevée, 2006.


LE FONDATEUR DE TAIZÉ
12 mai 1915 Naissance dans le Jura suisse de Roger Schutz-Marsauche.
1936-1940 Études de théologie à Lausanne et à Strasbourg.
20 août 1940 Arrivée à Taizé.
1940-42 Accueil de réfugiés qui fuient la Zone occupée.
1949 Engagement des sept premiers frères.
1970-74 Préparation du concile des jeunes.
2004 24e Rencontre européenne à Lisbonne, la dernière que frère Roger anime.
16 août 2005 Assassinat dans l'église de la Réconciliation.

mardi 7 février 2012

Louis Lavelle, une figure spirituelle...

« Dieu est une présence, et non une existence.
Dieu n’existe pas comme un être, ni comme un idéal, mais comme source et comme fin.
C’est en lui que se produit le mouvement temporel qui nous fait être, mais il nous permet de nous constituer nous-même afin de prendre place dans son éternité. »

« La plus grave de toutes les erreurs, c’est de faire de Dieu un éternel absent, car non seulement il est la présence toute pure, mais encore c’est lui qui donne la présence à tout ce qui est. »

Aphorismes de Louis Lavelle.



Louis Lavelle est l’un des grands philosophes français du XXe siècle, pourtant méconnu du grand public. Ce fils d’instituteur s’est passionné pour la pensée de Nietzsche. Durant la Première Guerre mondiale, il est envoyé dans la Somme, puis à Verdun, où il est fait prisonnier. Dans le camp de Giessen, en Allemagne, il rédige sa thèse de doctorat de philosophie. À l’armistice, il enseigne aux lycées Henri-IV et Louis-le-Grand. Il devient titulaire de la chaire de philosophie au Collège de France en 1941, multiplie les conférences avant de s’éteindre en 1951.
Dans l’héritage non publié de Louis Lavelle, deux dossiers ont été retrouvés, l’un intitulé Spiritualité et Religion, l’autre, Philosophie de la religion. Ces manuscrits rassemblent des notes éparses, avec des réflexions sous la forme d’aphorismes. Louis Lavelle s’y exprime en témoin. Dans son cheminement personnel, il est clair qu’il ne tient pas à faire fi de l’héritage religieux reçu, à savoir sa foi chrétienne et plus particulièrement catholique. Il réussit à ne jamais durcir les différences entre le discours religieux traditionnel et la réflexion philosophique.

Ce qui peut apparaître comme pure opposition, il le dépasse par une démarche dialectique et par une intégration sur un plan spirituel plus large, celui de la « Présence totale » à laquelle nous participons tous, chacun selon sa mesure propre.

Louis Lavelle


1883 Né le 15 juillet à Saint-Martin-de-Villeréal (47).
1909 Agrégé de philosophie à Neufchâteau.
1913 Mariage.
1921 Soutien sa thèse de doctorat de philosophie, la Dialectique du monde sensible.
De 1924 à 1951 enseigne à Paris la philosophie et tient la chronique de philosophie du journal Le Temps.
Auteur de la Dialectique de l’éternel présent, composé de quatre volumes.
1951 Mort à Parranquet (47).

source : La Vie