mardi 25 octobre 2022

Il est impossible de m'enfermer

J'avais envie de partager avec vous une expérience que nous avons faites à l'atelier chez nous samedi. 

Cette expérience a l'air simplette et anodine, mais méfiez-vous, fondamentalement il s'agit de votre vraie liberté. 

Est-il possible de vous enfermer dans une pièce ? Pour cela il faudrait que toutes les issues soient bien fermées. Il serait donc nécessaire, si la pièce est rectangulaire, qu’il y ait quatre murs, un plancher et un plafond, tous bien reliés entre eux. 

Combien de murs puis-je voir dans une pièce ?

Un à gauche, un en face et un à droite, soit trois murs et trois murs ne suffisent pas à m’enfermer !


Vous pourriez me dire qu’il suffirait que je me retourne pour voir le quatrième mur. Oui, mais alors je perdrais de vue le mur qui était devant moi et je n’en verrais toujours que trois et si je m’allongeais sur le sol, je verrais bien les quatre murs mais je ne pourrais plus voir le sol.

Je ne peux jamais voir que cinq des six éléments qui pourraient m’enfermer : habituellement trois murs, un plafond et un plancher, le sixième côté est toujours libre ! Certains petits malins pourraient objecter qu’en me plaçant dans un coin de la pièce, je pourrais voir les quatre murs, le sol et le plafond. Objection rejetée ! À l’endroit où je suis, les murs à ma droite et à ma gauche ne sont plus reliés car il manque un angle de la pièce et je ne suis toujours pas enfermé.

En réalité, je suis l’ouverture au sein de laquelle la pièce apparaît. Je n’ai jamais été enfermé dans une pièce, mais la pièce a toujours été « en moi » ! Je peux bien sûr toucher avec ma main le mur qui est derrière moi pendant que je vois les trois autres murs. Cette sensation apparaîtra dans l’Espace ouvert que je suis et je ferai une construction mentale de ce quatrième mur, mais cela ne bouchera pas l’ouverture que je vois juste là où je suis. Le quatrième mur n’est jamais qu’une pensée, une imagination, une construction mentale.

Je sais que, vu de l’extérieur, vu par une autre personne, le corps que j’ai est enfermé dans la pièce. Ce savoir, cette connaissance n’est pas une réalité pour moi, mais simplement une pensée, seulement vraie selon le point de vue des autres. Cela fait partie de l’idée que je me fais du monde, de ce monde que je reconstruis en permanence dans mon petit esprit, c’est une vue illusoire du monde.

Plutôt que d’imaginer le sixième élément qui pourrait m’enfermer, pourquoi ne pas faire confiance à ce que j’ai découvert du côté du mur manquant, cet espace clair, illimité, conscient, accueillant les trois murs, le sol et le plafond et tout ce qui se présente à moi, y compris ce corps de chair dans lequel je ne suis pas enfermé. 

Cet espace est ma liberté et ma source vive ; y construire un mur mental c’est me couper de la source. Le corps que j’ai peut être enfermé dans une pièce, mais moi, je n’ai jamais été enfermé dans une pièce, je n’ai jamais été enfermé dans un corps. Je suis pure présence. Personne n'a le pouvoir de m'enfermer. Je suis libre !

Notre difficulté est de faire la différence entre ce que nous observons du monde et la construction mentale que nous en faisons. La construction mentale est très intéressante mais il ne faut pas perdre de vue que ce n’est qu’une construction mentale et pas une réalité observable.

Je vous souhaite à tous une très belle journée, totalement libre.

Philippe Fabri

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lundi 24 octobre 2022

Appel de la lenteur

 


"Nous vivons sous la férule d'un dieu qui s'appelle le progrès, un dieu aveugle, qui ne fait qu'une seule chose : 

se précipiter, qui ne sait même plus pourquoi il se précipite et qui, voyant les dégâts qu'il cause, prétend guérir les maux qu'il cause lui-même. 

La lenteur est une merveille."


Christian Bobin

Interview Radio France





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Simple voie

 


"Aujourd’hui, je me rends compte que la voie de la simplicité volontaire ne constitue pas seulement le meilleur chemin pour la santé de ceux qui l’empruntent, mais qu’elle est sans doute l’unique espoir pour l’avenir de l’humanité."


Serge Mongeau - La simplicité volontaire, plus que jamais





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dimanche 23 octobre 2022

Joies et silence

 

Livres Joies de Anne Ducrocq



Bouddha Dunhuang - Bois polychrome
Musée Guimet.

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vendredi 21 octobre 2022

Bâillements

 


Souvent après un shiatsu, il y a des bâillements. La zone cérébrale impliquée n'est toujours pas identifiée.

L'un des effets à noter du bâillement est qu'il relaxe. Ce comportement réflexe agirait comme un stimulateur permettant de se reconnecter à notre environnement. (Source : science et avenir )

Je vous conseille d'entrebâiller la porte de la détente en ouvrant la bouche. Vous pouvez même en profiter pour étirer la langue...


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Assouplissement intérieur

 

L'Adhyatma Yoga ou le shiatsu vous propose de transformer vos murs en branches vivantes. 


Le but : écouter le chant d'oiseau de votre cœur.

http://www.azur-shiatsu.com/

(Artiste : Pejac)

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jeudi 20 octobre 2022

Connaissance du corps

 


"Faisons d'abord un peu connaissance avec notre corps. Ses mouvements, ses contractions, sa possibilité de relâchement constituent un vaste champ d'étude. L'ignorance que l'Occidental a de son corps est quelque chose d'effarant. Les sports n'en donnent qu'une connaissance grossière et limitée. Seules la danse  et la pratique du hatha-yoga ou du taï-chi chinois donnent à certains une conscience un peu meilleure de ce corps. Le corps qui change, certes, mais qui change beaucoup moins vite que les pensées et les émotions, constitue un point d'appui très important. Il y a un lien étroit entre le corps, nerfs, plexus, glandes endocrines, respiration, et les émotions. Donc une certaine façon d'être dans son corps, de le connaître de l'intérieur, s'avère indispensable. D'où la nécessité, sur toutes les voies, d'un minimum de yoga physique (tenue de la colonne vertébrale, centre de gravité dans le ventre, relâchement musculaire quelle que soit la position). Le corps aussi peut et doit être transformé.

Ici, tout de suite, nous nous heurtons à un paradoxe apparent: c'est à l'intérieur du corps, que se révèle une réalité qui transcende la conscience limitée par le corps. A l'intérieur et grâce au corps.

Si la méditation est l'effort pour prendre conscience de ce qui en nous ne change pas, c'est aussi l'effort pour prendre conscience de ce qui, en nous, peut subsister après la mort du corps physique et peut être "immortel".

Arnaud Desjardins - Les chemins de la Sagesse

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mercredi 19 octobre 2022

Le métal, pour des limites plus justes

Protégez-vous et définissez des limites saines en activant le Métal dans plusieurs dimensions.
C'est le thème de la nouvelle vidéo des Portes du Tao.
Bonne pratique !
Fabrice Jordan


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mardi 18 octobre 2022

Cinq ou 10 minutes pour être


lundi 17 octobre 2022

Feuille qui lâche prise...

Déjà octobre …

Et dans l’air aux frissons de soie
Tout barbouillé de brume,
La feuille
Plume sans aile
Délicatement
Se pose
Et boit.
Elle boit ce que l’ondée
D’automne ce matin a déposé
Larmes, perles ou diamants
Peu importe le nom qu’on leur donne
Alors la feuille vit et s’abandonne
Un peu encore
Un peu jusqu’à demain
Ou après demain
Aux rives d’une nouvelle aurore.
Francette LeGuen
Les couleurs du temps

Voir le beau recueil d'où est extrait ce texte :
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dimanche 16 octobre 2022

Joie du nouveau


 "Comment cultiver la légèreté, l'allégresse ? Cicatriser sans nier, renier la blessure ? se délivrer des chaînes les plus pesantes, comme des plus subtiles, celles dont on se libère en arrachant un peu de chair… 

Le secret serait-il de renouveler à chaque aube le vœu de bonté ?... Aller vers ce qui vient, les mains nues, le cœur simple, sans anxiété ni impatience. La joie du vif plutôt que le poids du mort."

Colette Nys-Mazure - Célébration du quotidien

peinture: Andrew Wyeth 1917-2009 - Chambered Nautilis 1956

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samedi 15 octobre 2022

La Vie

 


Etre entièrement vivant, entièrement humain et complétement  éveillé, c'est être continuellement jeté hors du nid. Vivre complétement c'est être sans cesse dans le no man's land, c'est faire l'expérience de chaque instant complétement neuf et frais. 

Vivre, c'est être disposé à mourir encore et toujours. Du point de vue éveillé, c'est ça la vie. 

Pema Chödrön

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vendredi 14 octobre 2022

La Voie tracée par Graf Dürckheim ! Un chemin de transformation ?


Noël 1968.


C'est mon troisième séjour à Rütte. Graf Dürckheim m'offre son dernier ouvrage publié en français 
Pratique de la Voie intérieure, avec pour sous-titre "Le quotidien comme exercice".

Les premières lignes du premier chapitre, me touchent au point que je les copie afin de m'en imprégner : « Tout travail, tout métier, tout art, exige un entraînement pour que “l'œuvre” réussisse. Certes, nous le savons tous et chacun de nous, à travers l'épreuve de l'existence, s'instruit et s'exerce, intégrant ses propres expériences. Cependant, on ignore le plus souvent que ceci est également valable pour la réussite de l'œuvre la plus importante de notre vie : la réalisation de notre Être ».

J'ai l'impression d'avoir entre les mains la clé de compréhension de ce qu'en Orient et en Extrême-Orient on appelle la Voie : se prendre en mains comme l'artisan qui, quotidiennement, reprend dans ses mains l'œuvre non encore achevée.

Si je comprends bien, l'achèvement n'est autre que le fruit d'un processus de transformation engendré par l'exercice. En réalité il s'agit, je le vérifierai plus tard, d'une totale incompréhension de ce que propose Graf Dürckheim à une personne en quête de sens.

Mai 1969 - Septembre 1974.

Je quitte Bruxelles pour la Forêt Noire. Rütte, un hameau situé au cœur de la vallée du silence où des personnes viennent de tous les coins du monde pour rencontrer le vieux sage de la Forêt Noire.

Cinq années dédiées à la connaissance de soi en s'engageant sur « Un chemin d'expérience et d'exercice » à ne pas confondre avec ce qu'on pense être « Un chemin d'exercice et d'expérience ».

J'ai moi-même commis cette erreur qui consiste à penser que le Zen, qui n'a de réalité que lorsqu’on pratique un exercice (Zado, Kyudo, Chado, Kendo etc.) est un chemin à suivre dans le but d'obtenir un résultat ... ultérieurement. Une pratique qui s'appuie sur la loi de cause (l'exercice) à effet (l'expérience). Quelle espèce d'expérience ? En abrégé : ce qui va faire du bien à MOI.

Un chemin d'expérience et d'exercice ? Expression qui laisse à penser que l'EFFET précède la cause. Et il en est bien ainsi.

J'ai souvenir de mon étonnement lorsque, quelques semaines après m'être installé à Rütte, Graf Dürckheim me dit : “Lorsqu'il s'agit de la Voie intérieure, tout commence avec une expérience". Et il ajoute, “Quand avez-vous vécu dernièrement une EXPÉRIENCE MYSTIQUE, ce que j'appelle une expérience qui révèle la présence de NOTRE NATURE ESSENTIELLE ?”

La question me trouble, en réalité elle m'effraie. Ma réponse est immédiate : "Jamais !” Jamais encore ! Et voici la transcription du dialogue qui a suivi :


K.G.D. — Votre réponse m'étonne. D'autant plus que lors de notre dernière rencontre vous m'avez parlé de l'enchantement que vous aviez ressenti au cours d'un entraînement à la course à pied, dans la Forêt de Soignes, lorsque vous étiez en Belgique. Rappelez-moi ce que vous avez éprouvé en cette circonstance.

J.C. — Je pourrais dire que d'un instant à l'autre je n'avais plus le moindre souci. C'est lorsque s'imposait le deuxième souffle que j'avais l'impression d'être tout à coup en ordre, tout simplement en ordre ; l'impression que je pourrais courir des heures sans être phagocyté par mille pensées.

Comme l'animal vivant dans la Nature, tous les sens étaient en éveil. L'impression que vivre, c'est être touché par le chant des oiseaux, touché par le craquement du bois mort écrasé par la foulée, touché par l'air frais qui caresse le visage. Et, paradoxalement, alors qu’au départ d'une compétition (3000 mètres) je me sentais stressé, tendu, inquiet (du résultat) lorsque je courais ainsi, sans autre but que celui de courir, porté par un rythme qui d'instant en instant se renouvelle, je me sentais absolument calme, plein d'une vitalité calme. J'avais lu, dans le livre de Herrigel, que son maître de tir à l’arc lui disait : Ne tirez pas ... laissez cela tirer ! En vous parlant, je vois qu’au cours de ces entraînements je ne courais pas, cela courait !

K.G.D. — Voilà ! Oui voilà ce que j'appelle l'expérience de l'être, le toucher de l'être. Ce moment au cours duquel notre vraie nature se dévoile. Le moi mondain, le moi conditionné, s'efface et laisse place au vrai soi-même. C'est alors qu'une question s'impose : “Que pourrais-je bien faire afin de rester en contact avec cette manière d'être au monde ? Etre et se sentir calme, être et se sentir en ordre, être et se sentir confiant, être et se sentir en paix intérieurement ?”

La réponse est simple : un EXERCICE. Non pas un exercice qui me permettrait de fabriquer ce calme, cet ordre intérieur. Parce que ces qualités d'être - qui font d'un homme un être humain – sont innées et toujours présentes au plus profond de chacun de nous. Mais un exercice qui va me libérer de ce qui entrave le contact avec le vrai soi-même.

Quel exercice ? Par exemple zazen.

Ce que j'ai découvert au cours de mon séjour au Japon c'est que, en ce qui concerne notre vie intérieure, nous ne souffrons pas d'un manque (qu'il faudrait combler en faisant des exercices) mais que nous souffrons d'ignorer ce qui ne manque pas. Pourquoi pratiquer zazen ? Afin de perdre l'ignorance.

Octobre 2022.

Un élève du Centre m'a transmis, il y a quelques jours, le récit que voici :

« Un maître de Kyudo (le tir à l'arc traditionnel) était reconnu comme un maître de vie autant que de tir à l'arc. Un jour, son plus brillant élève atteignit trois fois de suite le centre de la cible, dans un concours national. Tonnerre d'applaudissements. Félicitations de toutes parts pour l'élève et pour le maître.

Le maître, malgré tout, sembla indifférent. Même critique.

Lorsque, plus tard, l'élève lui demanda pourquoi, il dit : “Il te reste à apprendre que la cible n'est pas la cible.”

- Qu'est-ce qui est la cible ? demanda l'élève.

Mais le maître ne le dit pas. L'élève aurait à l'apprendre par lui-même, un jour, parce que cela ne pouvait pas se transmettre avec des mots.

Un jour, il découvrit que ce qu'il devait viser, c'était non la performance, mais l'attitude ; pas le centre de la cible, mais la disparition de l'ego ! »

Voilà de quoi nous encourager à pratiquer zazen pour une bonne et seule raison : parce que c'est l'heure.

Jacques Castermane

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