Jacques Castermane nous emmène à la découverte de l'émotion....jusqu'aux os
Ceux qui font la paix
Il y a 1 jour
Cette nuit, j’ai fait un rêve. J’avais passé une de ces journées d’été, entre lumière et ombre, quand les nuages poussés par le vent qui nous arrive tout fringuant des hauts plateaux dessinent des paysages contrastés sur les grandes prairies et, les obscurcissant un moment, anticipent le sombre des grands sapins en hiver. Puis le ciel se dégage et l’on se reprend à croire que l’été, cette fois-ci, pourrait durer indéfiniment… Nous avons nettoyé le potager et fait des bouquets pour égayer chaque pièce. Nous avons discuté et ri, je ne sais plus pourquoi, par simple amitié peut-être, pour le plaisir d’être ensemble dans la beauté du jour ; puis ce fut une soirée de recueillement derrière les murs épais qui nous protègent des peurs de la nuit. 
C'est sans doute la dernière partie de foot de l'été : tout le monde boucle ses valises demain. C'est un instant à la fois gai et triste. Bizarre, ce petit pincement dans ton cœur, qui mêle bonheur et douleur. C'est Victor Hugo qui disait : «La mélancolie, c'est le bonheur d'être triste. » Tu dirais plutôt (pardon, Victor) : c'est ressentir un peu de tristesse dans son bonheur ou un peu de bonheur dans sa tristesse. En cet instant de cris et de rigolades, tu es un peu mélancolique, donc, de cette mélancolie des bonheurs finissants. L'été n'est pas terminé, pourtant, il reste encore quelque temps avant la rentrée. Ce n'est pas fini, mais ça va finir. Comme un être vivant sait qu'il va mourir, nous savons que nos bonheurs prendront fin, toujours. Les pessimistes, du coup, s'interdisent d'être heureux (« A quoi bon se réjouir puisque ça ne durera pas ? »). Et les optimistes s'en trouvent doublement motivés (« Savourons de toutes nos forces tant que c'est là, puisque ça ne durera pas. ») C'est eux qui ont raison, bien sûr.