mercredi 11 octobre 2017

Où est le problème ? avec Daniel Morin (3)


Pour la sortie de son nouveau livre, aux éditions Accarias L'originel, je vous propose d'être un avec... Daniel Morin.

Le diable c'est ce qui sépare...et Daniel c'est ce qui rassemble. 
Le diable c'est ce qui devrait ou qui aurait pu ... et Daniel c'est ce qui est. Au diable l'avarice, laissons en nous circuler l'expérience de l'instant... en voici encore un extrait

Extrait :
L’acharnement, c’est la force qui s’exprime dans l’instant. Ce n’est pas le temps qui compte, mais la force de maintenant. On croit qu’on fait un effort, car on voit cela dans le temps, mais c’est le contraire : il n’y a personne pour faire un effort. Vous constatez qu’il y a, point. Et vous êtes simplement en état de réponse au contexte. Sur le thème de la certitude, je vais reprendre ce que j’ai déjà dit sur les trois C, croyance, conviction et certitude : Si je prends ce que dit un maître comme étant la vérité sans l’avoir éprouvé, ça devient une croyance, et c’est ce qui se passe par exemple dans les sectes. C’est le premier C. Ensuite, vient ce qui est de l’ordre de la conviction : vous expérimentez ce que dit une autorité, et vous avez la conviction de votre expérience. 

Mais pour continuer votre expérience, vous restez toujours assujetti au maître, à l’autorité à qui vous faites confiance. C’est le deuxième, C, la conviction. Ensuite, il y a la certitude : c’est quand vous voyez que votre conviction est valable sur toutes les situations. Alors le doute n’est plus possible, les questions cessent. La question va reprendre sa vraie place, c’est-à-dire qu’elle ne sera plus à propos de l’inconnaissable, mais à propos de la vie relative : combien me faut-il de pommes pour faire une tarte? etc. Seule la certitude libère du doute. 

Et tant qu’il y a le DOUTE, IL Y A DES QUESTIONS.



mardi 10 octobre 2017

Où est le problème ? avec Daniel Morin (2)

Pour la sortie de son nouveau livre, aux éditions Accarias L'originel, je vous propose d'être un avec... Daniel Morin.

Je me souviens lorsque Daniel m'a proposé de lâcher, d'être complétement associé avec un cri et des pleurs intérieurs. "Ouvre, ouvre, ouvre"me disait-il. Dans ces moments là, la vie est présente aussi forte qu'à la naissance...

Extrait :
Il n’y a pas d’apprentissage pour voir ce qui est. Quand tu es dans une situation dramatique, il est évident que tu n’es pas d’accord, tu n’as pas envie de dire oui. Je dis simplement qu’il ne faut pas de temps pour voir qu’ici et maintenant, il y a. C’est tout ce que je dis, mais ça a une implication énorme. Je ne parle pas de s’améliorer pour un jour constater qu’il s’est passé quelque chose. Je ne parle pas d’un ici et maintenant là-bas ! Celui-là, un jour, tu le vivras ici ! Alors pourquoi pas tout de suite ? Je me fiche du progrès. Ce sera du bénéfice ou de la perte. L’essentiel c’est d’être là, maintenant. Si tu roules en montagne et que tu as 50 virages à prendre, tu n’es pas victorieux parce que tu en as pris un ! Tu ne t’occupes pas du virage que tu ne vois pas ! Tu obéis aux sinuosités de la route. Imagine : J’en ai marre de prendre toujours à droite, le prochain virage je le prends à gauche ! [rires] 

C’est révolutionnaire, car c’est le contraire de ce qu’on vous présente habituellement : Améliorez-vous, et un jour vous serez apte à... Non. Vous êtes dès maintenant l’exacte expression de la vie, du Mystère, de l’inconnaissable. 

lundi 9 octobre 2017

Où est le problème ? avec Daniel Morin (1)

Pour la sortie de son nouveau livre, aux éditions Accarias L'originel, je vous propose une semaine avec Daniel Morin.

Daniel Morin est pour moi un "fissureur" de coquille. Il m'a permis d'entrevoir la lumière qui est déjà là en ouvrant mon regard sur ce qui est. Bien sûr, les ombres portées de l'esprit sont revenues mais je ne peux oublier ces instants lumineux...



Extrait :

Tu voudrais une complétude personnelle qui dure, mais dans le monde manifesté, qu’est-ce qui est permanent ? Y a-t-il une chose qui ne change pas dans le monde tel qu’on le vit ? Personne ne peut saisir l’expérience du permanent. Personne. Il peut y avoir une compréhension intuitive du permanent mais pas de saisie du permanent.

La complétude dont parlent les enseignements n’a rien à voir avec le quantitatif, ce n’est pas l’inverse du manque, puisqu’on ne peut rien lui enlever, rien lui rajouter. Cette complétude, c’est l’absence du questionneur, l’absence de celui qui veut la complétude, ce qui va générer de ce fait un sentiment stable tout à fait compatible avec le monde de l’impermanence, du mouvement, du manque.

On ne peut expérimenter que l’impermanence ou le relatif, qui est une vision partielle de l’absolu mais de même nature. En tant qu’individu, il n’y a pas d’autre but POSSIBLE QUE CELUI DE VIVRE LE RELATIF À 100%, TEL QU’lL APPARAIT.

dimanche 8 octobre 2017

Etre unifié avec la maladie...


Etat d'esprit et Cancer (19 min.)
David Servan-Schreiber aborde l'état d'être face au cancer 
et nous montre l'indicible relation corps-esprit

samedi 7 octobre 2017

Calme anticancer...

Ian Gawler
Le grand calme (2 min.)


Anticancer : Prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles, David Servan-Schreiber

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vendredi 6 octobre 2017

Se laisser tomber à terre


A travers le méridien du Poumon et du Gros intestin de l'élément métal, se dessine l'hésitation au lâcher prise de la feuille automnale. Se laisser aller à la chute, rompre avec ses attaches pour un avenir incertain - celui de rendre à la terre une forme ancienne et de participer à la germination d'une nouvelle...


En ce 9e mois, la voie du Yang est affaiblie, celle du Yin est florissante. 
Les plantes et les herbes commencent à se faner, et tous les êtres entreprennent de « se cacher ». On tonifie le foie, on consolide les reins en nourrissant l’harmonie originelle, on aide la rate et l’estomac. Il convient de diminuer l’amer et d’augmenter le doux. 
Le mois d’octobre est un mois « terre », intermédiaire entre automne et hiver. La puissante montée du Yin impose d’économiser ses forces ; ce n’est pas une période propice à l’intervention active ; il faut s’adapter, se tenir au repos. Tout retourne à la terre. Il faut se protéger des vents violents et froids car ils risquent de pénétrer le foie et de l’affecter. Dans le meilleur des cas, la perturbation sera rejetée par le méridien de la vésicule biliaire pouvant déterminer des symptômes variés : torticolis – migraines ophtalmiques – vertiges – atteintes douloureuses tendino-musculaires.

(source)

jeudi 5 octobre 2017

Vagues d'oubli océaniques...




L'oubli de soi est une des plus importantes conséquences du manque d'écoute de ses peurs et de ses besoins, du manque d'attention à ce qui se passe en soi. Il entraine une incapacité à être en relation authentique et crée des relations plutôt superficielles où chacun dépense son énergie à s'occuper de l'autre pour ne pas souffrir, ce qui cause, à la longue, des souffrances beaucoup plus grandes. En effet, celui qui s'oublie ne donne pas d'importance à ses désirs, à ses besoins et à ses émotions; par conséquent la personne qu'il aime ne lui accordera pas la reconnaissance dont il a besoin puisqu'il ne se la donne pas lui-même. Se sentant négligé, il aura peur d'être abandonné. 

Malheureusement, sa peur n'est pas sans fondement puisque, très souvent, les personnes qui s'oublient elles-mêmes sont aussi abandonnées par les autres. De plus, elles sont d'autant plus démunies qu'elles se trouvent constamment dans des relations où elles finissent par être délaissées sans vraiment savoir pourquoi. Elles ont pourtant tout donné, tout concédé, tout sacrifié; elles ont abdiqué, lâché, renoncé pour sauver la paix et pour ne pas perdre.

Colette Portelance


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mercredi 4 octobre 2017

Méditation ! Que faire des pensées ? (Dominique Durand)


Les pensées font à plus d'un titre, l'objet de nos préoccupations concernant la pratique, d'une part parce qu'elles occupent le devant de la scène et nous empêchent d'être vraiment là, mais aussi parce que nous faisons de notre désir d'en venir à bout, une préoccupation supplémentaire. 
Pendant l'assise les pensées virevoltent autour de nous comme des abeilles autour d'une ruche. Des pensées qui ne sont pas forcément de hautes réflexions philosophiques, mais de simples soucis quotidiens : qu'est-ce que je vais faire ? Comment je vais le faire ? Est-ce que j'y parviendrai... De ce point de vue, la situation semble sans issue et chacun de réitérer cet aveu d'échec : malgré la pratique, les pensées sont toujours aussi présentes. Alors, pourquoi se reprendre et revenir à la sensation, puisque ces pensées demeurent présentes ? 

N'est-ce pas quelque part jouer à Sisyphe et restreindre la pratique à ces allers et retours furtifs : je pense – je sens, je sens – je pense ? Se reprendre, certes, mais comment assumer cette indication sans pour autant s'abandonner à une attitude fataliste. Comment s'engager dans une actualisation sincère de cette consigne ? Parce que c'est bien d'engagement qu'il s'agit. Le changement ne dépend pas d'un cumul d'heures de pratique, mais de la qualité d'investissement de la personne dans la pratique. Alors, de quel engagement parlons-nous ? De cette détermination à devenir intime avec le « corps qu'on est ». 

Dès le début de l'assise, se présente le hiatus qui existe entre le maelström des pensées et cette sensation du corps parfaitement immobile, actualisant et livrant l'expression d'une nature calme, tranquille, sereine. C'est là, il faut s'atteler à une tâche, sentir que le dos droit n'est pas qu'un dos droit, que le poids sur le coussin n'est pas qu'une masse de matière, que le corps entier n'est pas une pensée sur le corps. Prendre le temps de se laisser confronter par le corps, qui tout à la fois sent et se sent, réalisant l'acte d'être assis, l'acte de respirer. Réaliser, à travers la sensation, que la tenue du corps, tout à fait rigoureuse, ne comporte aucun élément superflu. Cette sobriété nous pousse vers une simplification de tout soi-même. L'expérience de simplicité met en évidence le chemin qui prend racine dans une forme corporelle. 

Notre travail est d'entretenir cette approche, d'y revenir jour après jour et de se laisser entraîner dans l'élargissement de cette connaissance de soi-même. L'intérêt sans cesse grandissant que nous portons à cet autre mode de connaissance, la place que nous laissons à la présence éloquente du corps, nous détournent tout naturellement de nos pensées. Elles n'en sont pas moins présentes, mais nous en sommes de moins en moins affectés, puisque cette autre réalité se dévoile. Nous n'avons ainsi plus à nous battre contre elles, notre pratique se soustrait à cette haute surveillance qui fait obstacle au lâcher-prise. Peu à peu l'attention se tourne tout naturellement vers cette source d'inspiration tellement plus vaste que notre « petite raison ». 

Le corps génère une connaissance intuitive qui ne souffre aucune comparaison avec les restrictions et les discriminations de notre pensée ordinaire. Le corps devient, grâce à notre pratique assidue, une autre forme de pensée, une pensée du corps vivant où les sens et l'entendement sont confondus. Peut-être ainsi pouvons-nous devenir plus réceptif, grâce à l'expérience, à ce propos de Marc Aurèle : « Songe que tout n'est qu'opinion et que l'opinion elle-même ne dépend que de toi. Supprime donc ton opinion et tu trouveras le large. »

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mardi 3 octobre 2017

Les exercices proposés au Centre Durckheim (Jacques Castermane)


La Voie de l’action, proposée par Graf Dürckheim à son retour du Japon (1947) est le Zen dans ce qu’il recèle d’universellement humain. Le Zen avoue un but : l’éveil de l’être humain à sa vraie nature (que Dürckheim désigne comme étant notre être essentiel). Le zen est un enseignement qui n’enseigne rien! Rien de théorique, rien d’abstrait, rien de spéculatif, rien d’hypothétique. Le zen est un enseignement qui n’utilise pas les moyens de la pensée discursive, cartésienne. Le zen se présente comme un chemin d’expérience et d’exercice. 

L’exercice ? Par exemple, la méditation de pleine attention (zazen). 
Pratiquer zazen c’est renoncer au désir de recevoir un enseignement depuis le dehors ; zazen c’est se mettre à l’écoute d’un enseignement qui nous est donné du dedans. L’enseignement n’est rien d’autre que ce qu’est vivre en accord avec les intentions de ce qui fait que ce qui vit … vit. Ce qu’on désigne par le verbe ê t r e. Le zen, ce n’est rien de spécial ; c’est voir, sentir, goûter la vie dans sa réalité la plus authentique, telle qu’à son origine, telle qu’au commencement de notre existence (avant la naissance de l’ego). Parmi les exercices que Graf Dürckheim a pratiqué au Japon et qu’il a perçu comme étant particulièrement importants il y a l’attention portée aux actions fondamentales du corps vivant (Leib) : l’acte de respirer, l’acte de marcher, la tenue et la forme corporelle juste, le rythme propre à chaque activité dans notre vie quotidienne (Hara). C’est dans ces actions du corps vivant (Leib) que, ce qu’on envisage comme étant notre vraie nature, notre propre essence, s’accomplit. 

L’expérience ?
L’expérience de notre vraie nature ! Je ne peux oublier ce moment au cours duquel s’imposait l’expérience que « lorsque je inspire … je n’y suis pour rien ! ». Lorsqu’on commence à sentir — du dedans — : « ce n’est pas ‘’moi ‘’ qui respire », on n’est plus séparé de notre vraie nature et se révèle le mystère qu’est l’acte d’être dans ce vécu du dedans qu’est un grand calme apaisant. Ne perdez pas votre temps. Pratiquez ! Devenir soi-même est une affaire de quotidienneté



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lundi 2 octobre 2017

Une paix qui palpite...





Les gens ont souvent une idée erronée à propos de ce que signifie « être en paix avec soi-même ». 
Quand vous êtes en paix avec vous-mêmes tel que vous êtes, cela ne veut pas dire que votre vie est constamment paisible. Cela veut dire que, même au beau milieu de vos défis les plus importants, vous pouvez toujours revenir à votre cœur, votre plus grand refuge.  

Shantimayi

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dimanche 1 octobre 2017

Ces merveilleux nuages qui nous font rêver

Partout où se trouvent des nuages, l'imagination et la rêverie sont prêts à s'emparer de nous. Pour la plus grande satisfaction des poètes, des savants et des fous. 

Les nuages lents, les nuages clairs au long des routes nous observent de si loin qu'il est difficile de savoir ce qu'ils pensent. Et peut-être même, mais nous n'osons y songer, leur regard évasif oublie de s'arrêter sur nous, poursuivant une trajectoire invisible, par-delà les lignes de peupliers qui ferment nos pays.

Quand les nuages nous font rêver

Massifs et flottants tout à la fois, ils égrènent un rivage d'incertitude, des terres suspendues, des pentes hésitantes, de vastes plateaux où d'étranges troupeaux, en caravanes longues et silencieuses, suivent des routes parallèles, qui jamais ne se rejoindront puisque nous n'avons pas le même horizon.
Et qu'y aurait-il de commun entre ces hauts fronts bombés comme des voiles, toujours un peu distraits, pensifs immensément, et les villages traversés, rabougris autour de l'unique place où clignote l'enseigne lumineuse de la boulangerie, puis la mairie et la poussière de ses drapeaux, le parking où l'on se range comme au cimetière ? Quel lien caché entre leurs libres métamorphoses et la grise évidence du bureau de poste ?
À trop contempler la flottille des nuages, le rêveur pourrait s'embarquer pour des conquêtes illusoires. Mais sur son chemin il rencontre le sage ou le gendarme, qui lui rappellent le sens des réalités - et celui de la route, dont la sinuosité nous abuserait facilement, dans l'intermède des campagnes aux lointains plus complaisants.

Les images qui s'y forment

« Qui aimes-tu le mieux ? », interroge le poète, non sans duplicité, à travers la foule hagarde se cherchant un frère : et l'étranger, lui-même passant parmi les villes, passant sur la terre, de répondre d'un regard mélancolique vers les fugitifs déjà loin, là-bas, les troublants nuages, les impondérables nuées qui pourraient nous rendre étrangers au monde, mais de cette étrangeté qui fait le monde si vaste.
Les mieux inspirés y surprennent des montagnes en gestation, d'autres des cavaliers lancés dans une course interminable, des éléphants se déplaçant d'un pas de danseuse, des visages antiques, des continents à la dérive, mais en réalité, par bouffées, comme d'une pelote, les nuages dociles se contentent de dénouer les formes, toutes les formes, celles des êtres comme des pensées, pour nous laisser dans le vague, dans cette imprécision qui fait les choses plus mobiles et plus profondes, comme l'espace dont elles résonnent.

Le regard du poète 

Et soudain, d'une déchirure des courbes de la route bâillonnant l'attention, entre la vigne et le verger, ce pré solitaire, lisse et joyeux comme un miroir tout neuf : la douceur de sa pente, la tendresse de son éclat, je ne sais, comme un cri, un appel, l'intervalle éblouissant d'un instant de vérité - sur le bord de nos routes - au détour de ce que l'on croit être nos destins - et qu'on abandonne déjà, toujours passant, toujours fuyant.
Lui aussi caresse les nuages, là-haut, les invraisemblables nuages, comme ici, sur cet arpent d'innocence, les nuages mêlent au vert les fils de leur blancheur. Ils portent le vif des vents, sur l'herbe ils sèment l'espace. Ils ne sont qu'haleine, mouvement, passage, légèreté, figures dans les airs et pleines de ces airs qu'ils nous soufflent avec la lumière en liberté. 
Et le long des routes ils chantent, ainsi qu'une musique en marge de nos vies, mais pour les ouvrir, les agrandir d'un monde qui est pourtant le nôtre et que nous avons fini par oublier - en rétrécissant le regard comme peau de chagrin - en limitant le pas aux dalles des trottoirs - jeu de marelle dont on a perdu l'arc du ciel.
Philippe Mac Leod est écrivain et a publié plusieurs livres et recueils de poésie. Auteur de « Habiter les mots »et de «Variations sur le silence »chez Ad Solem. 

samedi 30 septembre 2017

Les rives du silence...



L'homme moderne redoute le silence car il pressent, confusément, que le silence est une terre de confrontation avec l'essentiel, avec nous-même, avec notre vocation d'homme. Il faut plonger dans le silence comme on s'aventure dans le désert. 
Il nous faut retrouver le chemin du silence.

Théodore Monod,
Terre et ciel

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vendredi 29 septembre 2017

Le chemin spirituel n’apporte rien de personnel.


Vous n’allez rien y gagner, rien y obtenir.
J’ai conscience que ce n’est pas facile à entendre, ami chercheur.
Je sais que tu ne vas pas me croire, car c’est difficile à avaler, toi qui espères tant de cette quête.
J’ai conscience que souvent tu en attends quelque chose de merveilleux, qu’il y a un espoir tellement immense en toi, probablement de sortir de ta condition humaine si difficile, d’améliorer ta vie, ton vécu, que sais-je encore.
Et pourtant, quelle paix de le comprendre !
Quelle joie de ne plus rien attendre de cette quête de soi, de ne plus rien considérer comme acquis!
Quelle beauté d’accepter de n’y rien comprendre !
Et quelle douceur de se déposer dans le cœur même de la vie, pour se laisser bercer dans son mouvement naturel, quel qu’il soit, sans protection!
Juste être, ici et maintenant.
Alors à un moment donné, tu vas t’en rendre compte :
le chemin n’apporte rien du tout.
Absolument rien de personnel.
Rien, rien, rien.
A l’inverse, si tu y consens, cette quête, cette « rencontre inconditionnelle avec soi », cette plongée totale dans le réel va te prendre tout ce qui t’est personnel, tout ce que tu considères comme t’appartenant.
Tu vas te délester.
Le chercheur obtient quelques acquisitions : plus de tranquillité, de douceur, d’amour, de compréhension peut-être.
Quelques belles envolées spirituelles parfois.
Parfois même ça dure un peu, quelques années même, on a l’impression d’être arrivé quelque part, c’est agréable.
Dès qu’il se passe quelque chose, le chercheur en fait un évènement, une acquisition.
L’éveil devient un truc à obtenir, où à retrouver si on l’a «perdu».
Le chercheur fait comme toutes les personnes en ce monde : accumuler des belles choses, rejeter celles qui ne lui plaisent pas.
Mais lorsqu’il les a eues, il peut les perdre.
Sur ce chemin là, on finit toujours par perdre ce qu’on a acquis.
Je l’ai déjà dit ici : tous les états spirituels que vous allez gagner, vous allez les perdre.
La vie va et vient.
Elle fait ce qu’elle veut.
Alors entends-moi bien, surtout la prochaine fois que tu auras l’impression d’avoir encore perdu ou gagné quelque chose sur ce chemin.
Oui entends-moi bien :
Accepte de te dénuder de ce désir d’accumuler des expériences, de ce désir d’obtenir quelque chose de tous tes efforts.
Il ne s’agit pas de gagner,
ni d’accumuler,
ni de réussir,
il s’agit de perdre la totalité de ce que tu crois avoir,
de perdre la totalité de ton monde,
de lâcher tout ce que tu crois tenir.
La condition humaine c’est de porter la vie, d’en faire une affaire personnelle, une réalisation, un devenir.
La quête spirituelle récupère ce même mouvement et devient quelque chose à réussir.
Comme c’est lourd et épuisant !
Comme c’est difficile !
N’en as-tu pas marre ?
Tant que tu n’en auras pas assez marre, tu vas continuer.
Il faut parfois aller au bout de l’absurdité.
Essayer encore et encore de réussir cette quête, d’arriver quelque part, d’accumuler les expériences.
Mais un jour, tu ne pourras plus faire autrement, tu va revenir à plus d’humilité et reconnaitre profondément la vérité :
Tu ne tiens rien,
Tu ne possèdes rien,
Il n’y a rien à réussir,
Tu es déjà nu devant la vie.
Et en réalité c’est cela que ton cœur désire le plus : reconnaitre cette nudité de ton être.
C’est dans cette nudité que nous pouvons faire le don de nous-même au vivant que nous sommes.
Et nous laisser porter par son libre mouvement.
Alors ami chercheur, acceptes-tu de ne plus rien accumuler ?
De te délester de ce que tu crois avoir acquis ?
Et de te montrer dans ta plus intime vulnérabilité ?
Dans ta plus totale nudité ?
Tu te rencontreras alors dans ta plus profonde humanité.



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