jeudi 28 juillet 2011

Roland Yuno Rech... Zen et quête de sens (3)

Laisser zazen faire zazen
Notre force de vie ne doit être ni relâchée ni trop tendue. Ce qui importe, c’est qu’elle reste entièrement en état d’éveil. La méditation zen est un effort sans effort: accepter de ne rien faire de spécial, ni physiquement ni mentalement, pour que l’esprit rencontre l’esprit. Dans nos vies, selon les circonstances, on est toujours prêt à faire beaucoup de choses; se dépouiller de tous les “faire”, c’est retrouver la condition normale de l’esprit.


Troisième et dernière partie :



source : France Inter

mercredi 27 juillet 2011

Roland Rech... Zen et quête de sens (2)

‎"Ce corps impermanent est constitué d’éléments appartenant à tout l’univers : poussière d’étoile il n’appartient à personne. Réaliser cela aide à se déprendre de ses attachements et à voir l’ultime réalité de notre non-naissance et donc de notre non mort, car qu’est-ce qui naît et qu’est-ce qui meurt ?"
Roland Rech
Deuxième partie :



source : France Inter

mardi 26 juillet 2011

Roland Rech... Zen et quête de sens (1)

Roland Rech, un moine qui a décidé de vouer sa vie à la transmission du Zen. Il enseigne le zen dans des sesshin en Europe et au temple de la Gendronnière et quotidiennement au dojo zen de Nice. Il a publié ses enseignements dans des livres comme « Zen, éveil au quotidien » chez Acte Sud en 1999 et « Moine Zen en occident » chez Albin Michel en 2009.

Première partie :



source : France Inter

lundi 25 juillet 2011

A l'extérieur de nous-même ? par Andrew Cohen

La seule chose qui nous maintient en esclavage est la croyance, non mise en question, que quelque chose de fondamental nous manque. Donc, par ignorance de notre état naturel, nous nous attachons aux gens et aux choses, convaincus que grâce à ces liens nous trouverons le bonheur et la satisfaction. 
Mais cela ne marche jamais ainsi. Car là où il y a attachement, il y a peur de perdre. Et là où il y a la peur, il ne peut jamais y avoir de véritable bonheur ou de satisfaction profonde. C'est la révélation de l'Éveil elle-même qui nous montre tout ceci directement — la vérité pérenne que le véritable bonheur et la seule satisfaction durable sont en nous-mêmes en tant que notre Vrai Soi, notre état naturel, déjà plein et intègre tel qu'il est. 
Mais dans ce monde d'obscurantisme, nous sommes tous profondément conditionnés à croire que le bonheur et la satisfaction se trouvent quelque part en dehors de nous-mêmes. Quand nous voulons véritablement être libres, nous renonçons à cette façon de penser. Nous la laissons tomber parce que nous avons eu des aperçus du bonheur profond qui est déjà présent au fond de notre conscience, un contentement continu qui ne sera nôtre que lorsque nous aurons enfin cessé de chercher à l’extérieur de nous-mêmes.

Extrait de Vivre l'Eveil, de Andrew Cohen, Ed. Le Club

dimanche 24 juillet 2011

Alexandre Jollien : Éloge de l’abandon

Handicapé, le philosophe s’est battu pour donner sens à sa vie puis trouver, par la méditation et la prière, sa liberté intérieure.
La vie d’Alexandre Jollien, 34 ans, ressemble à une course d’obstacles, à un combat pour vivre et donner sens à l’existence. Né avec le cordon ombilical autour du cou, privé d’oxygène à la naissance, il est infirme moteur cérébral. On prédit à ses parents qu’il ne marchera pas, ne fera pas d’études. Or, à 8 ans, il marche, à 16 ans, fait du vélo, et à 23 ans, se lance dans des études de philo. Alexandre Jollien est aujour­d’hui écrivain et père de famille. Une farouche volonté, une réflexion lumineuse, un humour imparable, une foi exigeante, l’homme a beaucoup d’atouts. Mais il s’interroge encore. Comment dépasser le combat pour découvrir la vraie joie, s’abandonner à ce que lui offre la vie ? Dans le Philosophe nu (Seuil), son quatrième livre, il tient le journal de ses passions et explore le chemin intérieur qui rend plus libre.

Votre vie est un chemin de transformation. Quel en a été le déclencheur ?
D’abord le handicap, qui m’a poussé à donner du sens à ma vie et à lutter, puis ma conversion à l’intériorité, vers l’âge de 15-16 ans, grâce à la philosophie et à la lecture de Platon. La prise de conscience qu’il me fallait travailler à devenir meilleur plutôt qu’à mieux vivre. Jusque-là, j’avais dû me battre contre le handicap, contre la solitude et, en lisant ces pages, j’ai vu une nouvelle vocation se dessiner. À l’Institut médicalisé où j’ai vécu pendant 17 ans, il y avait un aumônier, un philosophe qui a changé ma vie. Avec cet homme, j’ai poursuivi un dialogue sur la façon d’être et de vivre qui m’a ébloui.


Que vous a apporté la philosophie, fondamentalement ?
Ce « détour » par la rationalité m’a été utile comme première étape pour me construire, me redresser. J’ai trouvé chez Aristote et Spinoza des outils qui m’ont guidé pour cesser de refuser le monde et apprendre à cheminer dans la joie. Grâce à la philosophie, j’ai commencé à aimer les livres, vers 14 ans. Cela m’a donné une rigueur, de l’analyse, des connaissances, même si je cherchais déjà de la nourriture spi­rituelle, pas de la théorie. Surtout, je voulais changer, m’améliorer, et la pratique de la philo m’a donné un autre combat : celui contre l’ignorance, les préjugés et aliénations.


Qu’est-ce qui vous a donné cette force de repousser les limites ?
Je n’avais pas le choix. Jamais il ne m’était permis de baisser les bras. Il fallait à tout prix diminuer les séquelles du handicap pour entrer dans la vie « normale ». Tous les ingrédients étaient réunis pour m’y conduire : une famille aimante, une détermination à m’en sortir et beaucoup de chance. Mais cela m’a fragilisé en m’interdisant de goûter le repos.


Après avoir lutté pour vivre debout, vous dites aspirer à l’abandon…
Oui, et c’est l’acte le plus difficile à faire pour quelqu’un comme moi qui a été nourri par la lutte, l’effort et le combat. J’ai de la volonté mais, justement, cette volonté est à double tranchant lorsqu’elle finit par vous arracher au réel : on veut toujours réussir quelque chose de plus et on finit par tourner à vide, épuisé. Ma nouvelle ascèse, c’est le repos, la rémission, le détachement. Paradoxalement, c’est ce qui exige le plus d’effort ! Pour cela, je me recentre sur mes grands chantiers, mes trois vocations de père de famille, personne handicapée et écrivain.


Qu’est-ce que cela a changé pour vous d’être père ?
Ce fut précisément comme une invitation urgente à m’abandonner, à déposer les armes. Le bonheur d’avoir un enfant n’est pas issu d’un combat, mais est donné gratuitement. La naissance de Victorine, en 2004, puis celle d’Augustin, deux ans après, m’ont fait découvrir la fragilité et la force de ce bonheur gratuit. C’est la première fois qu’il m’était donné comme cela, sans me battre, sans que j’aie aucune prise sur ce don, et c’était très déconcertant. Quand on met le sens de sa vie dans la lutte et qu’il n’y a plus de lutte, il faut chercher le sens autrement.


Et c’est par la voie spirituelle que vous cherchez un nouveau chemin de transformation ?
Oui, et c’est un abandon beaucoup plus profond et difficile que la recherche d’outils ou de techniques pour vivre. Ce matin, je relisais Etty Hillesum, cette jeune femme juive dont on a retrouvé les lettres et le journal intime tenu en camp de concentration. Elle parle de « s’agenouiller » en disant que, face aux difficultés psychologiques, il ne sert à rien de lutter par la raison, mais qu’il faut rentrer en soi, pour trouver un nouvel élan. Elle évoque une belle allégorie : nous sommes un puits plein de cailloux et, au fond, il y a Dieu. Tout est déjà là et, pour voir la source, il faut d’abord écouter en soi, écarter les cailloux. Faire acte de rémission, s’abandonner.


Vous parlez de Dieu, êtes-vous croyant ?
Oui, j’ai été baptisé, confirmé dans la foi catholique, mais cette foi reçue de mes parents, je ne l’avais jamais remise en question et donc pas intégrée dans ma vie. Elle me portait, mais restait « exportée du dehors », comme souterraine. J’ai donc fait une retraite et j’ai commencé à pratiquer avec assiduité, pendant trois ans, trois fois par jour, les exercices ignatiens : l’examen de conscience et la prière de fidélité. Cela m’a donné un cadre. Ma femme, Corine, dit d’ailleurs qu’elle a vu chez moi un « avant » et un « après » les exercices ! Mais le danger, c’était, là encore, d’en faire une recette de bien vivre, de vouloir trop bien faire. Le risque d’une prière maîtrisée est que cela se transforme en introspection. On se coupe de ses émotions et de son affectivité, on devient une belle machine à penser, détachée du corps, de l’être et de la vie quotidienne.


C’est là, nouvelle étape sur votre chemin intérieur, que vous expérimentez la méditation zen…
J’ai compris en effet que la spiritualité, pour moi, devait aussi passer par le corps, ce corps que j’ai fui pour ne pas souffrir en me réfugiant dans le conceptuel. Le zen, que j’ai découvert avec Jacques Castermane, m’apprend à faire les trois silences : le silence du cœur, de l’esprit et du corps. À être pur accueil. C’est le plus difficile à atteindre. Matin et soir, allongé, je pratique la méditation, parfois aussi dans les moments d’inaction, en attendant le bus, par exemple, ou un rendez-vous. Je me cale sur ma respiration pour quitter la pensée spéculative. Il ne s’agit pas d’« absolu­tiser » une voie ou l’autre, mais sim­plement de pratiquer. Le zen est pour moi une porte ouverte vers le silence intérieur. On y prend conscience qu’on s’appartient peu, qu’on est sans cesse traversé par l’agitation. Le premier pas, c’est d’observer et de laisser tout l’être, et pas seulement l’esprit, se convertir.


Faire du zen, est-ce conciliable avec le christianisme ?
C’est l’intériorité qui compte, peu importe les voies. Le syncrétisme, ce serait faire un peu de tout : du zen le matin et une prière chrétienne le soir. L’exercice spirituel, c’est pour moi une manière d’être tout entier au monde. Les chrétiens qui pratiquent le zen constatent que le silence intérieur conduit à la prière. Dans l’un comme dans l’autre, il s’agit de se taire et d’écouter intérieurement. Saint Benoît parlait de « s’établir en soi ». Quand on lit aussi les mystiques rhénans, Maître Eckhart ou Jean Tauler, il y a cette même invitation au détachement, au dépouillement, à l’abandon. La disponibilité, c’est une approche chrétienne de la vie. Je cherche d’ailleurs comment concilier les deux avec un maître zen chrétien. Et cela ne m’empêche pas d’aller le dimanche en famille à la messe. J’aime les homélies, les rites et la communauté. C’est un tout pour moi.


Restent vos passions indomptables. Pendant quelques mois, vous en avez fait un journal, et un livre maintenant. À quelles passions vous affrontez-vous chaque jour ?
À ma jalousie et à ma fascination pour les beaux garçons normaux que je croise dans la vie et qui me montrent que je n’ai pas tout réglé. Qu’il me faut redécouvrir une « ascèse » pour vivre mon affectivité plus librement, sans me comparer aux autres. La réalité est parfaite dit Spinoza, et c’est la comparaison qui crée la privation. C’est tout le propos de mon livre le Philosophe nu : traduire en actes ce que l’intuition et la raison perçoivent et devinent. Je sais qu’un corps ravissant et valide ne résoudrait pas toute la difficulté à vivre mais comment m’en persuader ? D’où la nécessité d’exercices spirituels, et notamment de la méditation, pour enraciner ce détachement dans le corps. Avec l’humour qui permet, dans certains cas, de mettre à distance la réalité et de rire un peu de soi et du personnage qu’on joue. Par exemple, les moqueries que je devine certains jours derrière moi quand je marche dans la rue. Eh bien, je peux me demander : en quoi cela m’apprend-il l’être humain ? Je n’y arrive pas toujours !


Au détachement, vous associez la joie indispensable.
C’est parce qu’on a la joie et non la privation qu’on peut se détacher. Au fond de toute grande joie, il y a un cœur qui s’élargit. Plus on va vers l’intérieur, plus on peut trouver la paix profonde. C’est une façon de voir qui congédie la culpabilité. Le pécheur, c’est peut-être celui qui se trompe de cible, qui cherche le bonheur en le cherchant par la volonté, au risque de verser dans l’orgueil. Ainsi, je n’ai pas choisi mon handicap, mais je peux choisir d’en faire quelque chose, de partager avec l’autre cette douleur que j’éprouve ce matin. Et ça, ce n’est pas une histoire de volonté. On dit qu’il faut se blinder, mais je crois, au contraire, qu’il faut s’ouvrir. Quand je regarde mes enfants : ils ne sont pas blindés, ils sont disponibles, innocents. Il y a chez eux cette confiance primitive et nourricière que je protège. Oser la confiance, c’est essentiel, rencontrer l’autre, c’est comme une prière. Et le christianisme, c’est justement ce chemin qui rend disponible à l’autre.


Oserais-je dire qu’être handicapé a pu être une chance pour vous, celle de vous mettre sur un nouvel itinéraire d’évolution ?
Oui... pour moi ! Mais je me refuse à généraliser. Car à quel prix ! Je sais aujourd’hui, quand je croise un beau garçon dans la rue et que j’ai l’illusion de croire que la vie aurait été plus simple à sa place, que c’est bien une illusion ! Mais c’est le résultat d’un chemin. En quelque sorte, mon handicap a été comme une obligation à la spiritualité, un impératif à chercher du sens. J’ai été contraint à m’attaquer à l’essentiel. Je n’aurai peut-être jamais une vie insouciante, une normalité parfaite… mais j’ai l’essentiel !




Philosophe, père et écrivain
1979-1991 Institution spécialisée pour IMC (infirmes moteurs cérébraux).
1993 École supérieure de commerce.
1999 Publie Éloge de la faiblesse (Cerf).
2001 Études de philosophie et de grec ancien (Dublin).
2002 Publie le Métier d’homme (Seuil).
2004 Mariage avec Corine. Naissance de Victorine. Licence de philosophie (université de Fribourg).
2006 Naissance d’Augustin. Publie la Construction de soi (Seuil).
Août 2010 Publie le Philosophe nu (Seuil).

Source : La Vie

samedi 23 juillet 2011

Un appel à l'amour animal

Danses et chants de la nature... Sentons-nous cet appel intérieur de la vie ?

jeudi 21 juillet 2011

La résolution de l'amour par Eric Baret

«Quand on réalise que l’amour est l’ultime résolution, cela s’exprime sur tous les plans. Sur le plan humain, l’amour devient silencieux et sans attente, il dissout le processus mental. Sans habitude ni analyse, il lie sans être lié. La pensée n’y a pas sa place car, lorsqu’elle s’y insinue, elle introduit le sens de la séparation et en détruit la beauté. La réflexion chasse la magie comme le parfum se dérobe à la possession. Cette évidence n’est possible que lorsque l’immensité de la solitude s’est installée. Dans cet espace où seul règne l’amour, se sentir seul est impossible, car seule la non-différence règne en maître. Cette totalité sans manque est l’espace où la « relation » peut apparaître comme célébration, intensité légère qui ne fait jamais quitter l’arrière-plan. À ce moment-là, la résonance avec un être ne connaît plus la distance et l’intimité y est intensité invisible aux yeux du monde.»
Éric Baret

mercredi 20 juillet 2011

Il y a quelques années... lumières avec Hubert Reeves (2)

Deuxième partie de notre rencontre avec le scientifique Hubert Reeves qui nous parle des limites de l'esprit humain... plutôt que celles de l'univers :

Hubert Reeves, astrophysicien canadien et auteur du livre "Patience dans l'azur : l'évolution cosmique", paru en 1981, rencontre Marcel Brisebois pour l'émission Rencontres.

Date de diffusion : 12 octobre 1982
Le scientifique, directeur de recherches au Centre national français de recherche scientifique depuis 1965, parle de sa vision du développement de l'Univers, du recours métaphysique et religieux de l'homme face aux mystères de la vie et du rôle de l'homme dans la nature. Ce grand spécialiste des éléments légers que sont l'hélium, le deutérium et le lithium, est surtout reconnu pour sa grande capacité à vulgariser la complexité de l'Univers et son fonctionnement.

mardi 19 juillet 2011

Il y a quelques années... lumières avec Hubert Reeves (1)

Je lis actuellement "Chroniques du Ciel et de la vie", ce qui n'annonce rien de bon dans le ciel... mais qui permet d'admirer la vie !
Revenons en arrière pour écouter Hubert Reeves en 1982.

lundi 18 juillet 2011

Psychologie et Spiritualité par Arnaud Desjardins

Arnaud Desjardins nous parle de la psychothérapie, une part de la voie qui est proposée par Swami Prajnanpad. Cette voie du quotidien développe la présence à soi-même, la vigilance de l'instant...

dimanche 17 juillet 2011

Un goût d'éternité... la sérénité par Christophe André

Bzzz... Tout a commencé avec le bruit d'une mouche. D'habitude, c'est agaçant, et là, non : c'est apaisant. C'est juste la vie. Comme le petit nuage qui passe dans le ciel. Comme les miettes sur la table de la cuisine déserte. Le bourdonnement dure quelques secondes, puis disparaît : la bestiole a trouvé la sortie. Dans le sillage de son vol, un silence tranquille. Et une drôle d'impression. Comment ça s'appelle, cette douceur sans cause précise, ce sentiment que tout est à sa place, et que nous n'avons besoin de rien. C'est ça, la sérénité.


Oui, c'est ça. C'est infiniment agréable. Un peu différent du bonheur : il n'y a pas ce sentiment de satisfaction ou d'accomplissement. Ce n'est pas de la joie, non plus : pas d'excitation, pas d'envie de bouger, de chanter, d'aller se jeter dans les bras des autres. Non, c'est juste la perception d'une harmonie entre le monde et nous. Qui vient à la fois du dedans et du dehors, qui concerne le corps et l'esprit. Comme dans ce passage étrange de Fernando Pessoa, dans son Livre de l'intranquillité : « Un calme profond, aussi doux qu'une chose inutile, descend jusqu'au tréfonds de mon être. » Envie de s'arrêter et de savourer. Certitude calme et silencieuse. Abolition des frontières entre nous et le monde : plus de limites, que des liens. Liens de douceur. Plus envie de rien, plus peur de rien. Plus de besoin, tout est là, déjà là. C'est comme le passage d'une grâce.


D'où émerge la sérénité qui, par moments, nous enveloppe ? Peut-être de ces ingrédients souvent propres aux vacances : de ces moments où nous recevons enfin notre dose de calme, de lenteur, de continuité. Où nous n'avons plus d'obligation de faire quoi que ce soit, ou la liberté de le faire quand nous voulons, maintenant ou tout à l'heure, ou demain. Et peut-être aussi de ces instants de solitude à contre-courant : rester seul à la maison quand tout le monde est à la plage. Et se rendre à la plage quand tous sont rentrés pour se doucher, pour dîner. On les rejoindra tout à l'heure.


Ressentir, éprouver, ne pas penser, ne pas analyser. Ne pas bouger, bien sûr, ne rien faire. Juste regarder autour de soi. Rien de différent, tout est comme d'habitude. Nous aussi, nous sommes comme d'habitude. Sauf que... il s'est passé un truc inexplicable. Une bouffée d'éternité, qui vraisemblablement ne va pas durer. Mais on en savoure chaque seconde.


Bzzz... Tiens, revoilà la mouche. Et des voix qui s'approchent. On va passer à autre chose. Ce sera agréable, mais différent. Moins éthéré, moins céleste. Nous allons revenir dans notre monde (qu'on aime aussi !). C'est Christian Bobin qui écrivait : « À chaque seconde nous entrons au paradis ou bien nous en sortons. » C'est ça, c'est exactement ça : dans quelques secondes, nous allons sortir du paradis. Sans chagrin : nous y reviendrons.

Source La Vie
Christophe André est psychiatre et psychothérapeute. Il a publié "Les Etats d'âme : Un apprentissage de la sérénité" chez Odile Jacob