mardi 23 janvier 2024

Une voix crie dans le désert (extrait du "carnet")



Un enseignant de haut calibre se livre à une mise au point très précise en présence de toute une communauté d’élèves.  

Au sortir de cette intervention, j’entends diverses conversations mécaniques au cours desquelles les personnes « pensent » et réagissent de concert, se justifient suite à ce qui en eux a été mis en cause dans le seul but de se rééquilibrer en surface, manifestant exactement le comportement vis à vis duquel l’enseignant vient de nous mettre en garde … 

L’une des difficultés objectives de la transmission, c’est que l’invitation fervente à une pratique plus sérieuse et exigeante ne touche que les convaincus :  celles et ceux qui, soit sont déjà dans une pratique consistante et vont ainsi s’en trouver stimulés, soit celles et ceux qui sont tout au bord et à qui il ne faut qu’un petit coup de pouce, un rappel, pour passer une vitesse. 

Sans doute n’est ce déjà pas mal. 

Mais quant à ceux qui en sont encore loin, ils ne l’entendent tout simplement pas, 

Toute une part du « job » de l’enseignant(e) consiste à crier dans le désert, confiant que, quelque part, sa voix rejoindra quelque bédouin en marche entre les dunes  …

Gilles Farcet

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lundi 22 janvier 2024

Etre inconscient de l'inconscient

 Extrait de "Regards sages sur un monde fou" de Arnaud Desjardins.


"En fait, je n’ai cessé de constater combien tous les êtres humains, pas seulement le personnel politique, peuvent être menés par leur inconscient, à quel point la pure subjectivité intervient dans leurs choix, dans leurs orientations, dans l’exercice de leur profession... Si on tient compte des dynamismes profonds, relevant de la pure psychologie, qui animent des personnes, hommes ou femmes, jouant des rôles importants, on en arrive à une tout autre vision de la réalité. On voit la profondeur à l’œuvre sous la surface. Ce qui explique le monde, ce n’est pas l’appropriation des moyens de production à une époque donnée ; c’est la psychologie, la manière dont les êtres humains sont menés par des dynamismes inconscients ou subconscients. Voilà la vraie clef mais qui n’apparaît pas au grand jour. Aucune statistique ne peut mentionner cette donnée. Elle n’est pas mesurable et peut seulement être entrevue dès lors qu’on observe, qu’on écoute et que l’on cherche à voir plus loin que la surface.

Pouvez-vous donner quelques illustrations ?

J’ai par exemple rencontré un contrôleur fiscal parfaitement honorable et consciencieux qui, au cours d’une thérapie, a découvert qu’il défoulait des pulsions inconscientes à la faveur de l’exercice de sa profession. Il a demandé à être provisoirement relevé de cette activité pour en exercer une autre au sein du ministère des Finances, tant il était sidéré de sa découverte : il n’en revenait pas d’avoir vu avec quelle hostilité purement personnelle il s’était acharné sur certains contrôlés sans même en être conscient. Maintenant, est-ce qu’on ne ferait pas, peut-être, des découvertes similaires si on pouvait examiner les vraies motivations de tel ou tel des juges qui apparaissent aujourd’hui comme les champions de l’intégrité et qui traquent la prévarication chez les hommes politiques ? Je ne conteste pas qu’ils fassent œuvre civique ; je dis seulement que sous la surface, sous les intentions et motivations professées en toute sincérité, les profondeurs du psychisme sont à l’œuvre. Une personne que je connais depuis longtemps m’a raconté qu’elle avait eu pour camarade de classe de la cinquième à la terminale un garçon aujourd’hui devenu l’un de ces juges célèbres. Ce même juge, au cours de sa scolarité, année après année, choisissait une victime dans la classe, qu’il harcelait sans cesse en la traitant de « sale riche » jusqu’à ce que le lycéen en question finisse par craquer. Quand, sachant cela, on constate que ce garçon est devenu le cauchemar de politiciens et d’hommes d’affaires, on y trouve matière à réfléchir. N’ayant vraisemblablement jamais fait un travail de mise au jour de son inconscient, cet homme est mû par les mêmes dynamismes que ceux qui l’animaient lorsqu’il était enfant ou adolescent. Pourtant ni son intégrité ni sa conscience professionnelle ne sont en cause et il est, à tous égards, un « grand juge » faisant œuvre utile. Nous sommes sincères. Mais qu’en est-il de nos plus profondes motivations ? Tout psychothérapeute expérimenté pourrait étayer ce que j’évoque en donnant ses propres exemples.

Bref, sous couvert de rationalité, nombre d'êtres humains expriment des dynamismes irrationnels...


Ce qui détermine, dirige vraiment à leur insu les comportements des adultes, c’est la manière dont ils ont vécu leur petite enfance, dont ils ont réagi à certains traumatismes, fut-ce quelque chose d’aussi banal en soi que le fait d’être, en tant qu’aîné, détrôné par l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur. Je n’ai cessé de constater cette puissance de l’inconscient, même là où la rationalisation technique paraît tout à fait probante. À cet égard, je peux vous raconter encore une petite histoire vraie : en 1982, un énarque prépare un volumineux dossier sur ce qu’il appelle « la famille socialiste ». Au passage, autant je vois en quoi pourrait consister une politique socialiste de la famille, autant je me demande bien ce que peut être « la famille socialiste », mais passons... Bref, cet épais document arrive à la conclusion que la « famille socialiste » est une famille de deux enfants. Une personne de ma connaissance, elle-même socialiste et mère de famille nombreuse, lit le dossier et demande à son auteur : « Deux enfants... Pourquoi pas trois ?» En réponse à quoi l’énarque laisse échapper ce cri du cœur : « Ah non, ça fait trop mal ! » En le questionnant l’air de rien, la personne qui m’a raconté cette histoire a appris qu’il était le second d’une famille de trois enfants, le dernier né l’ayant détrôné à son tour de sa relation privilégiée avec sa mère. Voilà un bel exemple : cet homme hautement diplômé avait pondu des dizaines de pages et toute une argumentation à grand renfort de chiffres, graphiques et statistiques, pour rationaliser un ressenti qui était uniquement le fruit de sa propre histoire : dans la famille idéale il y a forcément deux enfants ! Il l’avait fait en toute bonne foi, sans un instant soupçonner qu’il pouvait être mû par autre chose que la raison éclairée au service du bien public.

Il s’agit donc d’un aveuglement...

D’un aveuglement qui dans ce cas précis ne porte guère à conséquences. Mais je suppose que les grands inquisiteurs qui ont envoyé des centaines de malheureux au bûcher étaient persuadés que leur place était réservée au paradis, à eux les gardiens de la vraie foi, chargés par la Sainte Eglise de lutter contre l’hérésie... On pourrait multiplier les exemples, tragiques ou plus anodins."

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dimanche 21 janvier 2024

Ouverture intérieure


Je ne vois rien de moi-même
Je découvre que je ne vois rien
Je prends du temps pour apprendre à voir
Je quitte progressivement le sommeil
Je refuse de moins en moins ce qui arrive
Je suis de plus en plus ouvert
Je ne cherche plus l'excitation du monde extérieur
Je suis dans la compagnie de ce qui n'est plus moi
Dans le silence du cœur apaisé

Yannick David

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samedi 20 janvier 2024

Vers pour la santé et vers à partager

 


Voilà une chose dont on ne parle presque jamais et qui devrait faire partie de notre mode de vie urbain : la lecture de la poésie. Depuis qu'on a quitté la campagne pour cette vie accélérée, la lecture de la poésie est devenue aussi essentielle que l'oxygène. Les médecins auraient dû prescrire la poésie comme traitement contre le stress. Si les poètes semblent si angoissés c'est pour que leurs lecteurs puissent mieux respirer.

D'abord un conseil : ça ne se lit pas comme un roman. Chaque poème est autonome. Prenez deux poèmes par jour : un le matin et un autre le soir. Trouvez un vers qui vous plaît et ruminez-le durant toute la journée jusqu’à ce qu'il s'incruste dans votre chair.

Dany Laferrière (L' art presque perdu de ne rien faire)

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Pouvez-vous me partagez un vers qui vous plaît  ?

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vendredi 19 janvier 2024

Relation d'aide

 


Qu'en est-il de la relation d'aide ? Qui aide qui ? En fait cette relation est parfaitement bilatérale et réciproque. Celui qui accompagne apprend autant que l'accompagné.

Personne ne sauve personne, ne sait pour l'autre. Il y a simplement la vision claire qui s'impose d'elle-même de mieux en mieux à chacun. Les choses opèrent d'elles-mêmes et dépassent notre petite personne. C'est le Plus grand que nous qui opère en permanence. 

Chacun ne rencontre que lui-même tout le temps et chacun apprend de chaque autre lui-même , s'il le souhaite ainsi. On apprend d'une autre profondeur de nous-même. 

Nos meilleurs enseignants sont donc donc nos proches, amis, nos enfants, nos conjoints et aussi tous ceux avec qui nous avons du mal. Bref tout le monde au final, tous nos frères et nos sœurs humains ou pas.

Pascal Caro

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jeudi 18 janvier 2024

Comment embrasser un porc-épic


Résumé des points importants de « Comment embrasser un porc-épic : des moyens simples d'aimer les personnes difficiles dans votre vie »

✍️ Identifiez les « porcs-épics » dans votre vie : apprenez à reconnaître les traits et les comportements qui rendent quelqu'un difficile, en comprenant leurs « piquants » comme des mécanismes de protection.

✍️ Changez de point de vue : au lieu de juger ou de blâmer, considérez les personnes en difficulté comme des individus blessés dont les besoins et les peurs ne sont pas satisfaits.

✍️ Pratiquez l'empathie : mettez-vous à leur place pour comprendre leurs motivations et leurs points de vue, même si vous n'êtes pas d'accord avec leurs actions.

✍️ Adoptez une communication sans jugement : écoutez activement sans interrompre, utilisez des déclarations avec le « je » pour exprimer vos sentiments et évitez les propos accusateurs.

✍️ Fixez des limites saines : connaissez vos limites et communiquez-les clairement pour vous protéger de la manipulation ou des abus émotionnels.

✍️ Défiez votre propre réactivité : reconnaissez vos propres déclencheurs et apprenez à réagir avec calme et assurance, au lieu de réagir de manière impulsive.


✍️Offrez un amour inconditionnel : le véritable amour accepte les individus tels qu'ils sont, même lorsqu'ils sont difficiles. Séparez leurs actions de leur valeur.

✍️ Pratiquez la patience et la compréhension : le changement prend du temps. Soyez patient avec vous-même et avec les autres lorsque vous traversez des relations difficiles.

✍️ Abandonnez les attentes : n'essayez pas de contrôler ou de changer les gens. Concentrez-vous sur leur acceptation tels qu’ils sont et sur la définition d’attentes réalistes pour la relation.

✍️ Trouvez de l'humour dans la situation : Parfois, un peu de légèreté peut désamorcer les tensions et briser les barrières de communication.

✍️ Donnez la priorité aux soins personnels : les personnes difficiles peuvent drainer votre énergie émotionnelle. Assurez-vous de vous ressourcer avec des activités qui vous apportent joie et paix.

✍️ Recherchez du soutien : n'ayez pas peur de contacter vos amis, votre famille ou un thérapeute pour obtenir du soutien et des conseils dans la gestion de relations difficiles.

✍️ N'oubliez pas que vous n'êtes pas seul : tout le monde rencontre des personnes difficiles dans sa vie. Savoir que vous n’êtes pas seul peut être une source de réconfort et de force.

✍️ Célébrez les petites victoires : reconnaissez et appréciez même les plus petites améliorations en matière de communication ou de compréhension.

✍️ Concentrez-vous sur votre propre croissance : en fin de compte, la seule personne que vous pouvez réellement contrôler, c'est vous-même. Utilisez vos expériences avec des personnes difficiles pour apprendre et grandir, en développant une plus grande résilience et compassion.

Traduction d'un post de Niks Bennie par Fabrice Jordan

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mercredi 17 janvier 2024

Silence vibratoire

 


Mes longues nuits dans la montagne m'ont rendu familier des différentes vibrations du silence, façonné par l'atmosphère du temps. Il est feutré lorsque la neige est légère, étouffé lorsqu'elle est épaisse. Les gelées qui durcissent le sol le rendent plus aérien mais, lorsque le givre gagne les rameaux, il se fait limpide ; dans l'humidité des brouillards denses, je le perçois comme enveloppant. 

Aux aurores des matins frais, quand la rosée perle les végétaux, il est léger, innocent, dansant, mais quelles que soient les conditions, il m'apaise toujours. J'entends le silence, le respire, le ressens. Ma vie a un sens.

Michel Munier - L'oiseau forêt


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mardi 16 janvier 2024

Deux haikus d'hiver ..

 


malgré le chagrin

s’éprouver reconnaissant

du feu qui crépite 


au profond de la nuit 

recevoir la présence 

qui veille quoi qu’il advienne


Gilles Farcet

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lundi 15 janvier 2024

Ressourcement de l'âme

 


À l'âme aussi il arrive, d'avoir besoin d'ombre, de repli, de recueillement, de silence profond. Elle veut s'éloigner du monde des agitations, des frénésies et des paroles aboyées. Elle se reconnait dans la nuit, la fraîcheur, la densité d'un rocher, l'immobilité d'un insecte, le scintillement de l'eau. L'âme aussi doit se ressourcer, se recharger, puiser dans ses racines des motifs d'espérer, de grandir, d'ajouter un peu de lumière à la lumière originelle des êtres et des choses. Celle dont l'intensité faiblissante fait craindre les disparitions, l'effacement d'un monde sensible digne encore du vivant : fragile, poétisé et sans cesse menacé.

Jacques Dor


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dimanche 14 janvier 2024

Cœur vivant

 


Le monde prétendu moderne est une sorte de conjuration contre la chose la plus vieille du monde et la plus solide au monde, à savoir le cœur. J’entends par cœur, pas le sentimentalisme, pas même le sentiment, mais une puissance de vie que chacun de nous peut avoir, une respiration. Ce que parfois on pouvait qualifier d’intériorité, ou dans des temps beaucoup plus anciens, l’âme. Les sociétés d’aujourd’hui sont rendues malheureuses par la mise à sac de cette intériorité. Or elle est la vraie force de chacun. Quand chacun rentre dans son centre, revient vers soi-même et retrouve quelque chose qui ressemble à l’enfance, il est invincible.

Et être invincible, c’est ne pas soumettre sa vie à l’ordre du monde. C’est laisser sa vie dans la plus grande respiration possible, dans la fantaisie, parfois dans le silence, dans une parole qui sera toujours vive, fraîche, non conventionnelle. Être invincible c’est juste être vivant.

Christian Bobin

L'orient littéraire (juin 2020)

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samedi 13 janvier 2024

Parler aux enfants

 "Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation de l’enfant.


Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.

Il apprendrait que les hommes se sont entretués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.

On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles, non plus que du présent ou d’un hypothétique avenir.

On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie. ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.

On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.

En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique ou aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions du monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.

On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui lui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.

Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses véritablement importantes plus tôt qu’on ne le fait."

Marguerite Yourcenar, "Les yeux ouverts."


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vendredi 12 janvier 2024

Six portes vers le présent

Merci à Colette Roumanoff (et à Jean-Louis Accarias) de nous permettre d'accéder à l'enseignement de Swami Prajnanpad avec six entretiens entre Daniel et Swamiji


Quatrième de couverture :

 Daniel Roumanoff a suivi Svâmi Prajnânpad dès 1959 et l’a fait connaître par de nombreuses publications. Colette Roumanoff nous livre ici un document inédit, l’intégrale de six entretiens enregistrés en 1972. C’est un témoignage pratique, applicable au quotidien, auquel le lecteur pourra s’identifier pour agir, comprendre ses motivations, rétablir son unité intérieure, développer des relations fécondes, faire de ses désirs un chemin vers l’unité.

La voie de Svâmi Prajnânpad est une voie de découverte personnelle inséparable du quotidien. Questionner ses croyances, ses désirs, son savoir-faire, goûter et ressentir la richesse de ses sensations, de ses impressions, de ses satisfactions, de ses dépits et frustrations, permet de grandir et de s’accomplir. Le système est rigoureux, pourtant il ouvre des portes : « Tout est différent, et tout est relié ». On passe ainsi naturellement du matérialisme à la spiritualité : « Tout est Un, tout est neutre. »

A travers ce dialogue entre le sage et le disciple, le lecteur est invité à revisiter son espace intérieur et son rapport au monde. Chacun de ces six entretiens montre comment dénouer ses croyances, se défaire des obligations que l’on s’impose, pour découvrir la source de ce qui nous fait vivre. En se déliant des pesanteurs mémorielles et émotives, des conflits internes, de la répression des désirs incompris, on peut faire du Présent, ici et maintenant, une porte vers le Soi.

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Le chemin peut se résumer en trois mots : 
- Différence, changement, action-réaction 
ou
- Voir, sentir, agir.

En deux mots :
- Non-séparation
ou
- Non-dualité.

En un mot : 
- OUI.

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jeudi 11 janvier 2024