mercredi 2 août 2023

Corps en joie


Nous avons facilement tendance à être blasé et à penser qu'il est normal d'avoir un corps humain.Nous oublions ce grand mystère, ce miracle de pouvoir percevoir le monde grâce au corps que nous avons.
Nous percevons le monde au travers de nos 5 sens et ce, sans faire le moindre effort. Cela nous est donné de percevoir. Nous pouvons y prêter attention ou pas, mais les perceptions ont lieu.
Notre corps est doté d'un cerveau qui nous permet de penser, de réfléchir, de mémoriser.
Et tout cela fonctionne même si nous sommes malades, déprimés, tristes, joyeux ou en colère.
N'oublions nous pas de nous en émerveiller. 
Cet émerveillement nous amène à la joie d'être, une joie simple, sans objet.
Dans cette joie nous pouvons dissoudre nos douleurs, nos dépressions ou nos colères.


Philippe Fabri
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mardi 1 août 2023

Un grand OUI à la Vie

Le cadeau de l'été : rencontre avec 2 couples sur le chemin du OUI, à ce qui est.

"Être libre, c'est être libre de papa et maman."

"Etre libre, c'est se désidentifier."


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lundi 31 juillet 2023

Cette vie... et au-delà (7)

 L’union de la connaissance-sagesse et de l’amour-compassion


Une vie marquée par la recherche de la connaissance-sagesse et l’exercice sans cesse renouvelé de l’amour-compassion ; l’union de deux mouvements intérieurs afin de nous mettre en intime connexion avec l’essence même de notre conscience, l’essence même de notre être : il y a là la promesse de trouver enfin cette paix à laquelle nous aspirons depuis toujours, sans même nous rendre compte qu’à travers tout ce que nous accomplissons dans notre vie nous sommes, en vérité, sans cesse à sa recherche. Cette paix fondamentale dont nous avons tous l’intuition, nous la connaissons déjà. Certes, elle nous semble masquée par les nuages de nos pensées, de nos émotions, de nos tourments, mais comme la glorieuse brillance du soleil n’est jamais affectée par les nuages qui parfois l’obstruent, elle est toujours présente, accessible, immuable, calme, éternelle, inaltérable. Nous sommes déjà, intrinsèquement, cette paix, cette conscience. Elle est notre nature, le point de départ de toute vie et sa destination ultime. Et, de façon peut-être un peu difficile à comprendre, cette paix est, par elle-même, le chemin que nous devons emprunter pour qu’il nous mène à elle. Elle est ainsi le point de départ, le point d’arrivée et le chemin lui-même...

Dé-couvrir notre paix fondamentale, retirer ce qui couvre cette paix naturelle, comme se dissipent les nuages pour révéler l’immensité du ciel et la clarté du soleil : n’est-ce pas un magnifique projet de vie, en dépit de toutes les épreuves et difficultés passées, présentes et à venir au cours de notre existence ? Ne pourrions-nous pas nous donner la chance d’expérimenter concrètement, par nous-mêmes, cette voie afin de vérifier si elle est bonne pour nous, si c’est un chemin qui nous donne ce sentiment profond de sens et d’accomplissement dont nous avons tant besoin ? Nous seuls pouvons le décider, en connaissance de cause.


Alors quelles décisions prendre ? Allons-nous saisir la perche qui nous est tendue à travers les récits extraordinaires que nous avons abordés dans ce livre ou allons-nous nous contenter d’être fascinés par eux, sans chercher à en comprendre et à en faire quoi que ce soit ? Ne serait-ce pas là la raison fondamentale de l'oubli de ce que nous sommes vraiment — l’oubli de l’inconcevable grandeur de notre être, l’oubli de ce qui a été vécu « avant », l’oubli de ce que nous avons « décidé » de vivre sur cette terre ? Prendre la décision, en tant qu'hommes ou femmes fondamentalement libres, de choisir ou non l’amour, en étant totalement responsables de ce que nous sommes, assumant tout ce que nous faisons, tout ce que nous disons. Peu importe si, en retour, les autres n’assument pas la responsabilité des actes qu’ils posent. Oui : choisir l’amour, le laisser rayonner en nous et autour de nous, quels que soient les obstacles, quelles que soient les difficultés, profondément ancrés dans la certitude que c’est cela qu’il nous est demandé d’apprendre dans cette existence, afin de pouvoir vivre, puis de mourir en paix. Et continuer encore et encore, après cette existence, à explorer les insondables dimensions de la conscience...

Telle serait l’essence de notre mission de vie : la sagesse et l’amour, en totale harmonie avec les enseignements de ces incroyables expériences humaines qui, sans l’ombre d’un doute, nous montrent cette voie sacrée à laquelle tout en nous aspire. Une voie de joie, de courage, de dignité, d’amour et de sagesse pour apprendre à vivre pleinement cette vie.

Cette vie... et au-delà !

livre de Christophe Fauré - Cette vie et au-delà : enquête sur la continuité de la conscience après la mort.

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dimanche 30 juillet 2023

Cette vie... et au-delà (6)

 

S’aimer soi-même


Oui... car il ne peut y avoir authentiquement amour de l’autre sans qu’il y ait amour de soi. Pourtant, parvenir à s’aimer soi-même est une des choses les plus difficiles.

Rappelons-nous : en présence de l’être de lumière, les personnes ayant fait une EMI se sont senties aimées de façon inconditionnelle. Cette expérience d’amour a été si puissante, si inspirante que beaucoup d’entre elles en sont revenues avec une forte aspiration à être capables non seulement de manifester à leur tour autant d’amour, mais de s’ouvrir au respect de soi, à l’amour de soi, à l’autocompassion :

« Si l’être de lumière a pu m’accepter telle que je suis, avec tous mes défauts, imperfections et faiblesses, je peux moi aussi m’accepter telle que je suis. »

En cela, les EMI sont ressenties comme un véritable soin, une authentique réparation des blessures passées. C’est l’opportunité de mettre un point d’arrêt aux comportements d’autodestruction ou d’autosabotage et d’aller vers l’acceptation, le pardon de soi, l’accueil de tout ce que l’on est.

«Je me suis sentie aimée par cet être d’une manière qui dépassait tout ce que j’avais pu connaître. Si j’avais su combien je pouvais être aimée, peut-être n’aurais-je pas tant perdu de temps à me détester moi-même... J’ai compris que j’étais digne en tant que personne et que ça ne servait à rien de vouloir me persuader du contraire. »

Pour quelqu’un qui souffre de manque d’estime de soi ou de dévalorisation, quelle délivrance de se percevoir fondamentalement digne d’amour, quelle que soit son histoire de vie, de se voir sans l’ombre d’un doute intrinsèquement lumineux, digne d’exister au monde, sans avoir besoin de se justifier ou de recevoir l’approbation d’autrui !

Ainsi, même si on n’en a pas vécu, les EMI poussent à revisiter cette terrible tendance à nous dénigrer nous-mêmes. Elles nous montrent comment nous percevoir tels que nous sommes véritablement : des êtres fondamentalement aimants et aimables - dignes d’être aimés —, au-delà de ce que nous croyons de nous. Et si une partie de notre mission de vie était aussi d’apprendre le respect de nous-mêmes, de nous révéler nous-mêmes à notre propre nature, dans sa dimension lumineuse d’amour et de sagesse ? Les personnes qui ont vécu une EMI n’ont strictement rien fait pour acquérir ce nouveau regard sur elles-mêmes, aucun travail, aucune psychothérapie : elles se sont simplement perçues telles qu’elles étaient vraiment. Pourquoi ne pas nous ouvrir, nous aussi, à ce que nous sommes déjà ?

«J’ai découvert qu’il y avait en moi une sécurité et une dignité fondamentale qui ne dépendent pas du regard d’autrui. Elles guident mes pas et je me suis affranchie de l’opinion des autres pour décider ce qui est bon pour moi. Je n’ai plus peur d’être rejetée si je ne vais pas dans leur sens. Je SUIS et cela ne dépend de personne. »

livre de Christophe Fauré - Cette vie et au-delà : enquête sur la continuité de la conscience après la mort.

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samedi 29 juillet 2023

Cette vie... et au-delà (5)

 

L’amour-compassion


Pour que l’oiseau puisse s’envoler dans le ciel, il lui faut aussi l’aile de l’amour-compassion. S’il ne doit rester qu’un seul enseignement issu de tous ces phénomènes que nous avons abordés, c’est bien celui-là. Certes, affirmer que l’amour est l’axe essentiel de notre mission de vie peut prêter à sourire, sembler un peu grandiloquent. Et pourtant, relisez les témoignages de ces personnes qui ont frôlé la mort : n’est-ce pas l’amour qui leur est apparu comme la seule chose qui comptait vraiment dans leur existence ? Mais de quel amour s’agit-il ? En sanscrit, on découvre quatre magnifiques facettes de cette notion qui sont autant de voies d’inspirations à incarner dans notre vie :

— Maitri désigne la bienveillance ou l’amour bienveillant. Il réside dans le désir d’un parent d’aider son enfant afin qu’il gagne en confiance en lui, dans l’enthousiasme d’une enseignante qui souhaite éveiller ses élèves aux merveilles du monde, dans le souhait de construire une amitié dont on pressent la richesse. C’est un mouvement en avant du cœur qu’il est toujours possible de susciter en soi.

Karuna parle de compassion et d’ouverture quand on voit la peine ou la souffrance d’autrui. C’est le geste délicat d’une infirmière qui redresse avec douceur un malade dans son lit, c’est le désir de rejoindre une association qui apporte du réconfort à celles et ceux qui en ont besoin, c’est cet élan intérieur qui pousse à vouloir consoler une femme qui vient de perdre son compagnon.

Mudita est la joie altruiste, le partage sans calcul de tout ce que l’on est en tant que personne. C’est le don gratuit, joyeux de nos talents, de nos aptitudes, de notre intelligence, de notre sensibilité...

Upeksa est l’aspiration à la paix, à l’harmonie, à l’égalité dans le regard qu’on porte sur les autres, à l’équanimité dans l’amour ou l’attention donnée, à la non-discrimination. C’est aussi le souhait de libérer (les autres et soi-même) de tout ce qui empêche, de tout ce qui entrave...

Pas besoin de grandes missions humanitaires pour mettre tout cela en œuvre ! Pas besoin d’être un saint non plus ! Il suffit d’une simple décision, renouvelée chaque jour, chaque minute, chaque seconde, d’aligner sa vie sur une direction d’amour. C’est choisir d’offrir un sourire alors qu’on pourrait très bien s’en passer, ou de s’abstenir d’une parole blessante dont on savourerait pourtant l’impact. Ce sont des choix qui, là encore, sont entre nos mains à chaque instant. Une multitude de choix qui, isolément, semblent insignifiants mais qui, aux dires des personnes ayant fait une EMI, sont la marque première de ce qui définit une vie "réussie".

livre de Christophe Fauré - Cette vie et au-delà : enquête sur la continuité de la conscience après la mort.

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vendredi 28 juillet 2023

Cette vie... et au-delà (4)

 La connaissance-sagesse


Nous pouvons ainsi grandir dans la connaissance de nous-mêmes tant psychologiquement que spirituellement. L’auto-introspection peut être un premier pas pour clarifier nos valeurs, nos objectifs de vie, en étant sans cesse vigilants pour nous assurer que nos actes, nos paroles sont toujours en phase avec nos priorités de vie. Nous pouvons nous inspirer de livres, de conférences, de podcasts, de vidéos désormais si facilement accessibles. La connaissance de soi amène de la clarté là où il y a de la confusion sur les véritables raisons qui dictent nos choix et nos décisions. Dans la revue de vie, les personnes ne soulignent-elles pas que ce sont les motivations profondes de nos actions qui comptent le plus ? C’est une invitation à être cohérents avec nous-mêmes et avec les autres. Une invitation à ne pas « être à l’ouest », alors que nous aspirons à garder le cap que notre nord nous propose.

La psychothérapie ou toute forme de recherche intérieure de ce type peut être un autre allié de choix dans cette connaissance de soi, en permettant d’identifier nos potentiels, nos richesses, nos talents cachés, mais également en levant en nous les obstacles psychiques qui font barrage à l’accomplissement de soi, en remettant en question les croyances et les schémas de pensée limitant qui inhibent l’expansion de notre être. De même, les récits d’EMI ne cessent d’insister sur l’importance de la qualité des relations qu’on entretient avec autrui. Cela invite à développer une intelligence émotionnelle à l’égard des autres, afin d’être plus conscients, plus attentifs aux enjeux relationnels auxquels nous sommes confrontés : quelles relations nous élèvent et nous font du bien ? Comment les cultiver? Quelles autres, au contraire, nous sont toxiques et nous tirent vers le bas ? Comment les identifier et les éliminer de notre quotidien ?

La connaissance de soi passe aussi par une quête spirituelle. La démarche psychologique n’est en rien antinomique avec une telle quête, les deux sont parfaitement complémentaires. Comme le disait le psychanalyste Carl G. Jung, «psychologie et spiritualité sont deux directions de notre psyché». La méditation trouve bien évidemment une place de choix dans cette quête intérieure. C’est, depuis des millénaires, le moyen privilégié d’exploration de la conscience. On peut par exemple commencer par la méditation de pleine conscience (qui ne sont que les premiers pas sur le chemin) pour tendre vers une méditation plus «authentique» où est restaurée la dimension spirituelle qui a été, à tort ou à raison, volontairement retirée de la méditation de pleine conscience. 
La « véritable » méditation, quand elle est nourrie d’enseignements spirituels qui en expliquent les fondements, ouvre pleinement à la dimension de sagesse.

L’expression artistique - écriture, dessin, peinture, chant, danse... -, quand elle ne se met pas uniquement au service de l’ego de l’artiste, peut également contribuer à la connaissance intérieure. On peut toucher au sublime en écoutant une symphonie, en créant ou en contemplant une œuvre d’art. En nous mettant en phase avec la subtile et méconnue beauté de notre être, la créativité, sous toutes ses formes, nous prend par la main pour nous mener à nous-mêmes et inspirer autrui.

La connaissance de soi passe aussi par une communication intime et sacrée avec la nature, avec le vivant. Cela fait jaillir en nous l'ardent désir de le protéger, de le préserver, d’en prendre soin, conscients que l’écologie extérieure est à l’image de l’écologie intérieure où on ne se laisse plus polluer par les négativités de l’existence.

En suivant ces voies de connaissance, il y a fort à parier que notre vie prendra un essor jusque-là méconnu, s’enrichira d’une manière que nous ne soupçonnons pas. Tout cela demande incontestablement des efforts. C’est sûrement plus facile de ne rien faire, de vivre sans se poser la moindre question, de ne se nourrir que de Netflix ou de chaînes d’info en continu. Mais je garde toujours en mémoire les paroles désolées de certaines personnes en fin de vie que j’ai accompagnées : «J’ai perdu mon temps dans tant de choses inutiles... J’ai gaspillé ma vie, je n’en ai rien fait... et maintenant, je meurs... » Avez-vous envie d’avoir de tels regrets au seuil de votre mort ? Si le jugement que nous porterons sur notre vie au moment de la quitter repose en partie sur ce que nous avons acquis en termes de connaissance de soi, des autres, du monde, ne serait-il pas important d’y consacrer dès maintenant un peu de notre temps, d’y investir un peu de notre énergie ? Pourquoi alors ne pas chercher à vivre le plus pleinement possible, avec enthousiasme et curiosité ? La décision nous appartient. Personne ne peut la prendre à notre place.

livre de Christophe Fauré - Cette vie et au-delà : enquête sur la continuité de la conscience après la mort.

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jeudi 27 juillet 2023

Cette vie... et au-delà (3)

 L 'absence de jugement extérieur


En dépit de ces prises de conscience parfois un peu rudes, aucun récit d’EMI ne parle de jugement extérieur à celui que la personne porte sur elle-même. Quelle que soit la nature des actes dévoilés durant la revue de vie, il est étonnant de remarquer qu’il n’y a jamais la moindre notion de condamnation par une entité extérieure. C’est la personne — et elle seule — qui évalue et juge ses propres actes. On est très loin de l’idée d’un Jugement dernier où on serait soumis à la volonté d’une instance divine extérieur à soi!

« Il n’y avait personne pour me condamner. Il n’y avait que moi. Je sentais que la Lumière ne me jugeait absolument pas. J’étais le seul à le faire. Elle, elle n’était qu’amour et compréhension ! »

« Dans ce défilé de ma vie, il n’y avait que moi qui jugeais mes actes. Je ressentais intimement ce que les autres avaient ressenti suite à mes actions ou à mes paroles. Je sentais leur amour, leur douleur, leur peine, leurs blessures par rapport à ce que j’avais pu dire ou faire. Je vivais également leur bonheur quand j’avais agi pour leur bien ou pour les rendre heureux. À chaque fois, je me disais : “Oups, j’aurais tellement pu agir différemment à ce moment-là” ou encore : “Je regrette tellement ces paroles.” Le moindre détail comptait, l’événement le plus anodin avait son importance. J’étais l’unique juge de mes actions, un juge lucide et sans concession pour moi-même, mais tout en étant complètement submergé par l’amour que l’être de lumière irradiait vers moi. »


L'accès à la connaissance ultime

Un autre aspect important qu'on relève dans les récits d'EMI est la sensation d'avoir eu accès, lors de cette expérience, à une dimension ultime de connaissance et de sagesse :

« Mon champ de conscience semblait beaucoup plus large qu’ici, dans cette vie. Soudain, je SAVAIS ! Je n’en ai gardé aucun souvenir mais je sais que je comprenais des choses... que je n’aurais jamais pu savoir !

«Tout ce que je peux dire, c’est qu’à ce moment-là je savais mille fois plus de choses que je n’en sais maintenant. C’est comme si j’avais eu accès à la totalité de la connaissance universelle. Toutes les réponses étaient là. Tout était limpide. »
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Christophe Fauré parle ensuite de : 
- Le retour dans le corps 
- La difficulté à partager l'EMI

Les changements de vie à la suite d’une EMI

Impossible de terminer cette présentation des EMI sans parler des étonnants changements qu’elles induisent. Ceux-ci me semblent du reste représenter la dimension la plus inspirante de ces expériences.

Des changements liés à la conception de la vie et de la mort

On observe une diminution nette, voire une disparition de la peur de la mort. S’installe la certitude que la conscience survit à la mort du corps physique, associée à la conviction de l’existence d’une réalité spirituelle en parallèle à notre dimension terrestre. Les personnes se disent moins enclines à suivre lès dogmes religieux mais deviennent au contraire plus spirituelles. La recherche d'un éveil intérieur prend davantage de place au quotidien.

Il résulte de l’intégration complète de l’EMI davantage de sérénité, de joie de vivre, de capacité à vivre plus intensément dans le présent, en relativisant les petits tracas du quotidien.

La notion d’une « mission de vie » peut s’imposer avec force, accompagnée d’un puissant sentiment d’urgence à trouver la raison précise de son retour sur terre.

Des changements liés à la reconnaissance et à l’acceptation de soi

Du sentiment d’avoir eu accès à la connaissance universelle émerge souvent une extraordinaire soif d’apprendre, conjointement à une aspiration au développement personnel.

La confiance en soi et l’estime de soi se retrouvent souvent accrues.

Des changements dans la relation à autrui

L’amour devient une priorité absolue. Les témoins affirment s’être sentis aimés de façon inconditionnelle en présence de l’être de lumière, avec parfois l’aspiration à être eux-mêmes capables d’une même intensité d’amour. Il peut en résulter une plus grande capacité d’amour et d’empathie.

Cet amour, perçu comme la nature même de leur être (et de tout être), constituerait la base de l’interdépendance entre les êtres, unis par une étincelle divine commune et mettant à bas l’illusion de la séparation des consciences.

Les relations interpersonnelles, la tolérance, la compassion, l’entraide et l’assistance à autrui prennent une grande importance. Parallèlement, le jugement des autres sur soi perd considérablement de son emprise.

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livre de Christophe Fauré - Cette vie et au-delà : enquête sur la continuité de la conscience après la mort.

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mercredi 26 juillet 2023

Cette vie... et au-delà (2)

 

La conscience d’être mort, associée à un profond sentiment de paix


La sortie du corps s’accompagne d’un sentiment de raix, de sérénité, de légèreté, de liberté qui contraste avec es conditions souvent traumatiques ayant conduit à l'EMI (accident, noyade, etc.). Si la douleur physique était présente juste avant le début de l’expérience, celle-ci disparaît totalement dès les premiers instants de l’EMI :

"Après la violence de la collision de la voiture, la douleur s’est évanouie en un instant. Je ne ressentais absolument rien ! Je n’avais plus mal. J’étais incroyablement paisible. "

«Je me sentais comme libéré d’un énorme poids, en paix comme jamais je ne l’avais été. C’était une impression extraordinaire ! »

« En voyant mon corps étendu dans le salon après mon arrêt cardiaque, j’ai pris conscience que j’étais morte... mais ça ne me faisait pas grand-chose. Je n’étais pas triste, mais au contraire c’était très calme, très paisible. C’était comme une évidence de me retrouver dans cette situation... C’est vraiment dur de vous expliquer quel sentiment cela me procurait... mais c’est comme si je rentrais à la maison. Je me sentais en totale sécurité. »

La perception d’un tunnel et d’un environnement décrit comme « paradisiaque »

« Puis, je me suis retrouvé comme propulsé, ou aspiré, à vive allure dans une sorte de tunnel... enfin, je n’en voyais pas vraiment les parois mais je sais que c’était comme un long tunnel. C’était sombre mais pas du tout effrayant. J’avais l’impression d’aller à toute vitesse vers un point très lumineux qui était tout au bout et qui grandissait au fur et à mesure que je m’en approchais. Je ne sais pas pourquoi mais j’étais en confiance, comme si je savais ce qu’il y avait à son extrémité... je savais que j’étais déjà venu là. Cela m’était curieusement familier. »...

La rencontre avec un être de lumière

Autre élément essentiel des récits d’EMI : la rencontre avec un «être de lumière». C’est ainsi que le nomment bon nombre de personnes. Les noms qu’on lui attribue sont multiples et sont le reflet des croyances individuelles : certaines personnes l’appellent « Dieu », d’autres l’associent à une figure emblématique comme le Christ, le Bouddha, le Prophète, un archange, etc. Quoi qu’il en soit, il est clair que toutes décrivent une seule et même réalité. Or, cette rencontre est un aspect déterminant des EMI car elle semble à l’origine des changements profonds qui surviennent chez les personnes ayant fait cette expérience.

« J’étais propulsé à vive allure dans ce tunnel et, à son extrémité, je me suis retrouvé dans une intense lumière. C’était très brillant mais pas du tout éblouissant. Et cette lumière était “quelqu’un”. Je savais que j’étais en présence d’une parfaite entité de lumière, débordant d’une compassion et d’un amour infini, un être de sagesse qui me voyait dans tout ce que j’étais. Cet être n’était qu’amour et il n’y avait rien d’autre que l’amour qui existait, comme si cela était la seule et unique texture de l’univers. »

«J’ai pris alors conscience d’une immense Lumière qui m’enveloppait complètement. Elle pénétrait mon âme, qui se trouvait comme dans un bain d’amour. Elle était extrêmement intense mais sans m’éblouir. C’était une présence avec une personnalité distincte. Elle était paisible, et d’elle émanaient amour et pardon. Je ressentais auprès d’elle un sentiment de complète sécurité, comme jamais je ne l’ai ressenti. C’était la perfection. Tout était là, dans cette Lumière... »

« Il en émanait un amour qui surpasse celui que peut donner un parent, un conjoint ou un enfant. C’était mille fois plus grand, mille fois plus beau et plus profond ; c’était la combinaison de toutes les formes d’amour qui peuvent exister. J’aurais pu rester en sa présence jusqu’à la fin des temps... »

La revue de vie

La rencontre avec l'être de lumière mène à ce qui semble être un autre aspect essentiel de l'expérience de mort imminente : la revue de vie.

« En un instant, j’ai vu ma vie se dérouler devant mes yeux! C’était comme un film mais en 3D. C’était tellement intense, tellement réel ! Ça remontait en arrière : des événements les plus récents jusqu’aux plus anciens, quand j’étais bébé. »

« L’être de lumière s’est estompé et j’ai aussitôt vu défiler toute ma vie, comme s’il souhaitait me montrer ce que j’avais fait de mon existence. Cela me semblait très intentionnel de sa part, pour que je comprenne et que j’apprenne. Je revoyais les situations les plus importantes de ma vie, elles étaient intactes et je les revivais avec toutes les pensées et toutes les émotions que j’avais ressenties à ce moment-là. Je revoyais le meilleur et le pire de moi-même... J’ai compris que rien - absolument rien - n’est oublié : tout est inscrit quelque part dans l’univers et j’en faisais à nouveau l’expérience dans ses moindres détails. »

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livre de Christophe Fauré - Cette vie et au-delà : enquête sur la continuité de la conscience après la mort.

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mardi 25 juillet 2023

Cette vie... et au-delà (1)

 


J'ai lu pendant ma semaine de retraite (où j'ai pu être plus conscient de la conscience) le livre de Christophe Fauré - Cette vie et au-delà : enquête sur la continuité de la conscience après la mort (sortie Novembre 2022). Voici une série d'extraits qui sera ma série de l'été...

...Tel est le déroulé complet d’une EMI. Toutes les personnes ne vivent pas cette expérience dans sa totalité. Comme le souligne le Dr Chris Roe, professeur de psychologie à l’université de Northampton (Royaume-Uni), « chaque NDE est unique et peut inclure n’importe quelle combinaison de phases. Les phases peuvent se produire dans n’importe quel ordre. Aucune caractéristique n’est commune à toutes les EMI ». Certaines personnes, par exemple, ne passent que par le stade de sortie du corps, quand d’autres ne perçoivent que des proches décédés et réintègrent leur corps, sans traverser les autres étapes. Il semblerait que plus l’expérience est complète, plus les changements ultérieurs chez la personne sont profonds. Ainsi, l’impact sera moindre sur celle qui n’a connu qu’une sortie du corps - elle sera sujette à moins de transformations intérieures sur le long cours - que sur celle qui a vécu la totalité du processus.

Revenons en détail sur chaque élément caractéristique de l’EMI.

La sortie du corps — out-of-body expérience (OBE)

Elle survient le plus souvent dans une situation où la personne est en danger : un accident entraînant une défaillance cardiaque, un infarctus, un incident au cours d’une intervention chirurgicale... La personne prend soudain conscience qu’elle n’est plus dans son corps physique, alors qu’elle le perçoit sur le sol ou sur la table d’opération. Elle est parfaitement consciente de la situation. Ses sens sont extrêmement vifs, aiguisés, sans aucune confusion. Elle voit son corps apparemment sans vie et n’en éprouve pas de frayeur particulière. Durant une telle expérience, certaines personnes affirment même avoir éprouvé un certain détachement, un certain désintérêt à son égard.

« La première chose dont je me souviens, c’était que j’étais sorti de mon corps. Comme si je flottais au-dessus de lui. Il y avait beaucoup de monde autour qui essayait de le réanimer mais je me sentais très détaché par rapport à lui. C’était comme si je regardais un vieux vêtement que j’avais mis autrefois mais dont je n’avais plus l’utilité. Je me sentais plus vivant que jamais. Sans douleur, sans besoin d’aucune sorte. J’étais juste “là”, présent dans cette paix qui m’enveloppait. C’est là que j’ai compris que nous ne sommes pas notre corps ! »

«Je me suis soudain retrouvée à environ deux mètres au-dessus de mon corps. Je ne l'ai pas immédiatement reconnu. L’équipe médicale s’agitait sur lui. Et puis d’un seul coup, j’ai su que c’était moi... ou plutôt que c’était mon corps parce que “moi”, je n’étais plus dans ce corps ! »

La personne se rend progressivement compte que les gens qui se trouvent autour d’elle ne l’entendent pas, ne la voient pas, alors même qu’elle essaie de communiquer avec eux. Elle capte parfois leurs pensées. Si elle se trouve dans un environnement hospitalier, elle voit les tentatives de réanimation des médecins pour faire repartir son cœur. En tant que témoin direct de cette scène, elle sera par la suite en mesure de décrire avec une grande précision ces procédures, même si elle était inconsciente à ce moment-là, en arrêt cardiaque, les paupières souvent closes - voire fermées avec des compresses et du sparadrap - et sans activité cérébrale lui permettant d’enregistrer la moindre information sensorielle.

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lundi 24 juillet 2023

Conscience des pensées

 

Hier à la méditation chez nous à Saint Maxire nous avons continué l'exploration de notre esprit en nous interrogeant sur la source de notre distraction et la source de nos émotions.


Si nous voyons une corde et que nous imaginons que c'est un serpent, nous sommes distraits de la corde et avons peur du serpent, et habituellement nous allons essayer de fuir la corde. Que se passe-t-il en réalité ? Nous n'avons pas peur de la corde, nous avons simplement peur de notre pensée au sujet de la corde. Nous avons vu la corde et la pensée qui a suivi est "c'est un serpent" et les pensées se sont enchaînées pour aboutir à une émotion de peur qui est une facette de l'aversion.

Donc la réalité c'est que nous avons peur de ce qui est apparu dans notre propre conscience, nous avons peur de nos constructions mentales. C'est en soi une très bonne nouvelle car à ce niveau nous avons tout pouvoir de faire se dissoudre cette peur qui n'est qu'un mouvement de notre esprit. Cela nous amène à prendre conscience petit à petit, pas à pas, que notre problème n'est pas tant ce qui arrive et sur lequel nous ne pouvons pas grand chose, mais la relation que nous entretenons avec ce qui arrive.

La clé de ce travail est de prendre conscience des pensées qui ce lèvent après une simple perception qui est factuelle. Et nous pouvons observer que suite à une perception, nous pouvons observer un mouvement de notre esprit, ce qui est humain et toute à fait normal. Ce mouvement est le plus souvent rempli d'attachement et d'aversion, ce qui est encore humain et tout à fait normal. Le problème est la saisie de cet attachement ou de cette aversion que nous prenons pour un phénomène existant, comme nous croyons à la réalité du serpent, alors qu'il ne s'agit que d'une pensée, d'un mouvement de notre esprit.

Pouvons-nous essayer de conserver notre esprit fluide avec la discrimination nécessaire ? C'est par cette présence à nous-mêmes que petit à petit nous pourrons commencer à nous libérer des émotions qui nous perturbent à cause de la saisie de nos attachements et de nos aversions.

Avec ma profonde amitié pour vous tous, je vous souhaite à tous une très belle journée, conscients de ce qui se passe dans votre petit esprit.

Philippe Fabri

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dimanche 23 juillet 2023

Le parfum d'une fleur est là.

 KRISHNAMURTI : L'AMOUR EST L'ATTENTION TOTALE 


Il y a perception d'une souffrance. Mon fils, ma mère, mon père meurt. Ce qui se passe généralement, c'est que je fuis. Parce que je ne peux pas faire face à ce sentiment énorme du danger de solitude, de désespoir, alors je fuis. Je m'évade dans l'idéologie, dans les concepts, et de bien d'autres façons. Percevoir la fuite, juste la percevoir, pas la vérifier, pas la contrôler, mais juste être conscient qu'on fuit, alors la fuite s'arrête. 

L'élan de la fuite est un gaspillage d'énergie, mais la perception met fin au gaspillage. Par conséquent, vous avez plus d'énergie. Puis, lorsqu'il n'y a pas d'échappatoire, vous êtes confronté au fait de "ce qui est", c'est-à-dire : vous avez perdu quelqu'un. La mort, la solitude, le désespoir... C'est exactement ce qui est. Il y a une perception de ce qui est. Le fait est que j'ai perdu quelqu'un. C'est un fait. Ils sont partis. Et je me sens terriblement seul, c'est un fait. Seul, sans aucun sentiment de relation, sans aucun sentiment de sécurité. Je suis complètement à bout. 

Il y a une prise de conscience de ce vide, de cette solitude, de ce désespoir. Quand vous ne vous échappez pas, vous conservez l'énergie. Maintenant il y a cette conservation d'énergie quand je suis confronté à la peur de ma solitude. Alors j'examine l'état de l'esprit qui a perdu, l'esprit qui dit : "J'ai tout perdu. Je suis vraiment désespéré." Et il y a la peur : voyez cette peur. Ne fuyez pas, ne lui échappez pas, n'essayez pas de l'étouffer : voyez cette peur. 

N'ayez pas le choix d'être conscient de cela. Puis dans cette prise de conscience, la peur disparaît. Elle disparaît vraiment. Et vous avez maintenant plus d'énergie. 

Pourquoi y a-t-il de la souffrance ? Qu'est-ce que la souffrance ? Est-ce de l'apitoiement sur soi ? Que signifie l'apitoiement sur soi ? Voyez-vous, cela signifie que le "Moi" est plus important que l'autre personne. 

La vérité est : je n'ai jamais aimé cet homme. Je n'ai jamais aimé cet enfant. Je n'ai jamais aimé ma femme, mon mari, ma sœur ou mon frère. Là je découvre que dans l'état de conscience, il y a la découverte que l'amour n'a jamais existé. Je ne l'avais pas, je ne pouvais pas l'avoir. L'amour signifie quelque chose de complètement différent. Maintenant, j'ai une énergie formidable. Pas d'échappatoire, pas de peur, pas d'apitoiement sur moi-même, à être tellement préoccupé par moi-même, par mon anxiété. Il y a cela à cause de cette souffrance. Il y a une énergie bouillonnante, qui est vraiment l'Amour !

Maintenant, je ne porte plus mon attention sur la personne décédée, mais plutôt sur mon état d'esprit. L'esprit qui dit : "Je souffre". Donc je découvre que l'amour est une attention totale. Sans aucune division. C'est vraiment important, car pour nous, l'amour est sexuel et d'autres façons. L'amour est plaisir. Et l'amour c'est la peur, l'amour c'est la jalousie, l'amour c'est la possessivité, la domination. Nous utilisons ce mot "amour" pour dissimuler tout cela. Amour de Dieu, amour de l'homme, amour de la patrie, etc. Tout cela est l'amour de mon souci de moi-même. 

C'est une formidable découverte qui exige une grande honnêteté pour dire : je n'ai jamais vraiment aimé personne. J'ai fait semblant, j'ai exploité, je me suis adapté à quelqu'un. Mais le fait que je n'ai jamais su ce que signifie aimer, c'est une immense honnêteté. Dire que je pensais que j'aimais et que je ne l'ai jamais trouvé. Maintenant, je suis tombé sur quelque chose qui est réel, c'est-à-dire : j'ai observé "ce qui est" et j'ai avancé à partir de cela. Il y a une conscience de ce qui est et cette conscience bouge. 

C'est vivant, ce n'est pas quelque chose qui arrive à une conclusion. Ne dites pas : "j'aime, je n'aime pas, c'est bien, c'est mal..." Soyez juste conscient. Et puis à partir de là, grandit la flamme de la conscience, si nous pouvons l'appeler ainsi. Lorsque vous êtes si conscient, il y a cette qualité d'amour. Vous n'avez pas à être ou ne pas être. C'est déjà là, comme le parfum d'une fleur – c'est là !

~ Jiddu Krishnamurti

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samedi 22 juillet 2023

Vigilance fondamentale


 Si vous regardez bien, vous verrez combien de gestes vous faites sans avoir décidé de les faire : pratiquement tous. Combien de paroles vous dites sans avoir décidé de les dire : pratiquement toutes. Combien de conversations commencent, sans décision consciente de se mettre à parler. Et puis regardez, non plus dans le détail de la vie quotidienne où c’est parfaitement perceptible mais dans les grandes orientations de votre existence, comment tout s’est déroulé. Vous pouvez toujours justifier, croire que vous êtes libres ; mais, si vous vous éveillez tant soit peu, vous verrez que ce n’est pas vrai. Vous vous rendrez compte: «Mais qui me dirige ? Qui me donne ces ordres ? Je suis comme le sujet hypnotisé qui commence « librement », vers quinze heures à organiser son expédition à Saint-Gervais pour pouvoir décider non moins librement de dîner chez Mme Lafont. »

La vigilance est exprimée en anglais par les mots awareness, mindfullness, collectedness, self-remembering et, en français, par recueillement, ou conscience, ou, selon la vieille expression chrétienne : présence à soi-même et à Dieu. Il n’y a pas de présence à Dieu sans présence à soi-même et il n’y a pas de réelle présence à soi-même sans présence à Dieu, si vous voulez utiliser le langage religieux. Trop d’entre vous, qui se disent chrétiens, n’ont eu qu’une formation morale et théologique ; un petit peu d’étude du dogme et un petit peu de morale. Mais de ce qu’on appelle la théologie ascétique et mystique le chrétien ordinaire n’a aucune connaissance, qu’il soit protestant ou catholique. Si vous étudiez ce qui a fait l’essence de la vie des moines bénédictins, des moines trappistes, des moines chartreux ou des moines du mont Athos, vous verrez que toute la vie du moine est axée ou centrée sur cette nécessité de vigilance.

Arnaud Desjardins - A la recherche du Soi

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vendredi 21 juillet 2023

Du cœur à l'ouvrage

 Paris, avril 2023

DU COEUR A L'OUVRAGE 


Rue du Faubourg Montmartre, non loin de notre domicile parisien, il y a un établissement où l’on mange des glaces, des crêpes et des galettes de sarrasin. J’y vais régulièrement prendre des galettes  « à emporter » qui nous font notre repas.

Outre les galettes elles-mêmes, qui sont très bonnes, ce que j’aime dans cet endroit, ce sont les quelques minutes où, ma commande passée (deux galettes)  je regarde les cuisiniers les faire sous mes yeux. C’est toujours beau et nourrissant de voir des personnes exercer une expertise, faire un travail et le faire bien. 

Chacun des deux employés verse sur une grande plaque circulaire la pâte liquide qui, cuite, deviendra la galette. La couleur est belle, jaune d’or, la pâte prend, puis le cuisinier y dispose les ingrédients spécifiques correspondant à mes commandes. Morceaux de poireaux, fromage de chèvre, miel, noix pour l’une ; plus classique, fromage râpé, jambon, oeuf cassé d’un mouvement sûr pour l’autre. 

Ces hommes qui font cela toute la journée sont calmes, posés. Je ne vois pas chez eux, sur leurs visages, dans leurs gestes, l’agitation si évidente un peu partout. Ils ne trainent pas, mais ils ont le temps. Il savent le prendre. 

Du coup, on jurerait qu’il prennent du plaisir à faire ce qu’ils font. Chacun regarde la galette en train de prendre forme d’un œil serein et bienveillant, comme un artisan se plait à voir son ouvrage émerger. 

J’adore le moment où le cuisinier va plier la galette. Il prend son outil là où il sait le trouver, et, de quelques coups de maître, confère une forme à ce qui jusqu’à présent était plat. Il la laisse encore quelques instants sur la plaque, juste le temps qu’il faut. Puis, d’un autre geste sûr, il soulève la galette pour la mettre dans la boîte prévue à cet effet. Un autre employé prend le relais pour disposer un peu de salade dans une petite boîte,  y rajouter une pincée de sauce, mettre les boîtes contenant les galettes et salades dans un sac, y ajouter des couverts, deux serviettes en papier … 

Lui aussi accomplit ce qu’il a à accomplir avec tranquillité et soin.

Voilà, ce travail là est terminé, l’employé me tend le sac, je m’en vais manger chez moi ce qu’ils viennent de me préparer avec une réelle reconnaissance pour le cœur qu’ils montrent à l’ouvrage. 

La rue est fourmillante de passants, le grand  boulevard juste à côté crépite de véhicules, de piétons pressés, de sons stridents. 

Mais dans cet établissement pourtant très fréquenté, où ceux qui veulent s’ installer doivent souvent faire la queue, des gens savent encore prendre le temps ou plutôt ne pas jouer le jeu insensé de la précipitation. Ils ne se dérobent pas à eux mêmes leur dignité en gesticulant sous prétexte qu’ils « n’ont pas le temps. »

Gilles Farcet

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