vendredi 7 octobre 2016

Thich Nhat Hanh : un maître du bouddhisme (1)

Sa lutte non violente contre la guerre du Viêt Nam, son pays, avait fait de lui un ennemi majeur aux yeux des dirigeants et une source d’influence pour Martin Luther King, entre autres. Plus de quarante ans plus tard, Thich Nhat Hanh reste un maître inégalable.
Des millions de bouddhistes et de laïcs suivent son enseignement via ses livres, ses conférences ou ses retraites données chez lui, en France, au Village des Pruniers. Il a créé ce centre bouddhique en 1982, seize ans après avoir été contraint à l’exil par le gouvernement vietnamien.

C’est là que nous le rencontrons, tôt le matin, dans une grande salle peuplée de moines et moniales et de laïcs venus des quatre coins du monde pour une retraite de quelques jours, semaines ou mois. D’un pas lent, arrive Thây (« maître »), un petit homme de 87 ans qui en paraît 60, à l’air inébranlable. Avant de donner un enseignement, il invite, sans rien dire, à une méditation, puis à quelques gestes de gymnastique - dont il expliquera qu’il ne les fait pas « pour être en forme », mais pour le plaisir de se sentir vivant. Une occasion parmi d’autres de pratiquer la pleine conscience, principe central du bouddhisme. Plus tard, nous obtenons un rendez-vous dans son ermitage : assis à son bureau, à la lueur rougeâtre d’une lampe et face à une forêt de pins, Thây réalise des calligraphies. L’image semble sortie d’un conte bouddhiste ancestral. Sœur Không, sa plus ancienne compagne de route et cofondatrice du Village des Pruniers, et sœur Dinh, son autre bras droit, nous invitent à nous asseoir face au maître, qui nous a rejointes en silence. On aimerait que cet homme, qui a échappé par miracle aux bombes françaises, américaines, puis aux mains des communistes et à la douleur de l’exil, nous parle de lui.
La voix douce et ferme, il répond : « “Moi, moi”, il n’y a pas de soi séparé. » Rencontre rare avec un vrai sage.

Psychologies : Votre nouvel ouvrage porte sur l’enfant intérieur, une notion de psychologie. Comment la définissez-vous en tant que bouddhiste ?
Thich Nhat Hanh : Quand vous plantez une graine de maïs dans le sol, elle pousse et se transforme en plante. Alors, vous ne voyez plus la graine. Elle est pourtant toujours vivante. Lorsque vous regardez un adulte, l’enfant est bien là, même si vous ne pouvez pas le voir. Souvent, cet enfant a souffert et continue de souffrir. Pour le guérir, il faut commencer par le voir, reconnaître sa tristesse, puis lui parler en l’entourant de votre tendresse, en pleine conscience. Ainsi, vous l’apaiserez.

Vous considérez-vous comme un thérapeute?
T.N.H. : Dans notre tradition, on nomme le Bouddha « le roi des guérisseurs ». Car le dharma [l’enseignement du Bouddha,] a pour fonction de guérir les gens : la colère, le désespoir ou la jalousie sont leurs maladies. Le bouddhisme a, depuis l’origine, une approche psychologique. On y parle de la « conscience du tréfonds », qui correspond à l’« inconscient ». C’est là que résident les graines de ces « maladies », qui ne sont des maladies que si nous laissons leur énergie nous nuire sans utiliser la pleine conscience. Elle seule permet de se guérir, et de guérir les autres.

« Prendre soin de son enfant intérieur » n’est donc pas qu’une démarche individuelle...
T.N.H. : Non, car l’enfant intérieur est un enfant collectif. Il est une continuité des enfants intérieurs de votre père, de votre mère et de tous vos ancêtres. Si vous pouvez apaiser le vôtre, vous apaiserez aussi les leurs. Vous pratiquez non seulement pour vous, mais pour vos ancêtres.

Dans votre enseignement, ce matin, vous avez dit : « Si vous n’êtes pas heureux, c’est à cause de vous, parce que vous n’utilisez pas la pleine conscience. » Croyez-vous vraiment que cela soit suffisant?
T.N.H. : La marche méditative, la respiration consciente vous permettent d’être vraiment là. Et si vous êtes vraiment là, alors vous reconnaissez les conditions du bonheur que vous possédez. En profiter devient enfin possible. Tout de suite !

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jeudi 6 octobre 2016

Les émotions haute en couleur




La peur exprime un besoin de protection
La colère exprime un besoin de changement
La tristesse exprime un besoin de réconfort
Le joie exprime un besoin de partage

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mercredi 5 octobre 2016

mardi 4 octobre 2016

Enfance du Monde...



Je cherche l'enfance du monde, 
là où tout est jeu avec presque rien, 
là où tout est grâce avec presque tout ...


François Garagnon


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dimanche 2 octobre 2016

perdre pour entrer en grâce...


«La connaissance de l'Être est impartie à ceux qui ont tout perdu et se trouvent dans la solitude la plus totale et capables de l'accepter. C'est également à ce moment même que, d'une façon inattendue, du plus profond de leur total dénuement leur arrive la grâce insoupçonnée de se sentir entourés, protégés et vivifiés d'un amour qui n'est pas de ce monde.» 


Karlfried Graf Durckheim , (1896 - 1988), 
mystique et philosophe allemand , 
Spiritualité Nouvelle

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jeudi 29 septembre 2016

Pourquoi la nature réduit la souffrance ?


La nature nous rend plus fort à la douleur.


Une étude menée à l’hôpital et publiée en 2009 (Park et Young) montre que les doses d’analgésiques pour les patients séjournant dans des chambres agrémentées de plantes étaient moins fortes que pour les patients dans les chambres sans plantes. Une autre étude menée par Lorh et Pearsons-Mims (2000) a également prouvé que la simple présence de plantes et de fleurs augmentait la résistance des individus à une situation d’inconfort, voire de douleur (en l’occurrence, on demandait à des sujets de plonger leur main dans un bain d’eau glacée). À noter que les résultats étaient nettement moins probants lorsque le lieu de l’expérimentation était agrémenté de simples objets décoratifs.

Le fait que la présence de végétaux nous rende plus résistants à un événement peu agréable, pénible, voire très éprouvant, conduit les scientifiques à formuler l’hypothèse selon laquelle la sensation de bien-être procurée par les plantes serait lié à la production d’endorphines qui, par leur capacité analgésique, permettrait d’augmenter la résistance à la douleur.

Cet état de fait nous amène ici à penser que dans un cadre professionnel, des individus éprouvés et fragilisés par une situation difficile (conflit interpersonnel…) voire un événement traumatisant (violence, tentative de suicide dans leur entourage…) pourraient donc sentir leur souffrance psychique diminuée lorsqu’ils sont dans un jardin. Certes, cela ne résout pas un conflit ! Néanmoins, le fait de mettre entre parenthèses la souffrance peut, semble-t-il, contribuer à libérer la parole et les ressentis négatifs, ce qui est un premier pas vers la résolution du différend.

Source : Métanature

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mardi 27 septembre 2016

Le silence de l'instant est un présent...


Lorsque vous êtes envahi par les problèmes, il ne reste aucune place pour la nouveauté ou les solutions. Alors, chaque fois que vous le pouvez, faites un peu de place à tout cela et vous trouverez votre vie qui se cache derrière vos conditions de vie. 
Utilisez pleinement vos sens. 
Soyez véritablement là où vous êtes. 
Regardez autour de vous. 
Simplement, sans interpréter. 
Voyez la lumière, les formes, les couleurs, les textures. 
Soyez conscient de la présence silencieuse de chaque objet, de l'espace qui permet à chaque chose d'être. 
Écoutez les bruits sans les juger. 
Entendez le silence qui les anime. 
Touchez quelque chose, n'importe quoi, et sentez et reconnaissez son essence. 
Observez le rythme de votre respiration. 
Sentez l'air qui entre et qui sort de vos poumons, sentez l'énergie de vie qui circule dans votre corps. 
Laissez chaque chose être, au-dedans comme au-dehors. 
Reconnaissez en chaque chose son « être-là ». 
Plongez totalement dans le présent. De la sorte, vous laissez derrière vous le monde assourdissant de l'abstraction mentale, du temps. 
Vous sortez de la folie de ce mental qui vous dépouille de votre énergie vitale et qui empoisonne et détruit la Terre. 
Vous sortez du rêve qu'est le temps pour arriver dans le présent.

Eckhart Tolle
Le pouvoir du moment présent

 

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L'éclair de l'accueil...



Et si l'essentiel d'une vie consistait à accueillir l'ébranlement, la secousse, le dérangement causé par l'autre ? Sans l'étranger, le mythe socioculturel dans lequel j'évolue m'apparaîtrait monnaie courante et la seule monnaie. L'autre me révèle mon mythe et je lui révèle le sien. Le monde s'agrandit.

"Si tu penses comme moi, tu es mon frère. Si tu ne penses pas comme moi, tu es deux fois mon frère car tu ouvres un autre monde", ainsi parlait Hampaté Bâ. L'invitation n'est pas de mélanger les différences dans une soupe immonde -one way of life-, ni d'abandonner nos visions et nos loyautés mais de les faire se frotter les unes aux autres comme silex pour qu'en jaillissent les étincelles qui éclairent la nuit du monde. 

Christiane Singer 
N'oublie pas les chevaux écumants du passé 
page 73 - Ed. Poche

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lundi 26 septembre 2016

« Tendu vers » ou détendu ? avec Gilles Farcet



L’un des fondements essentiels d’une hygiène intérieure repose sur un simple exercice consistant à détendre ce qui est inutilement tendu. Inutilement tendus, nous le sommes, en effet, et beaucoup plus que nous n’en avons couramment conscience. Je ne parle même pas du « stress » courant et de toutes les tensions physiques et psychiques auxquelles nous nous trouvons couramment soumis mais d’une tension d’autant plus insidieuse qu’elle nous parait normale, si bien que nous ne la remarquons pas où à peine. Un peu d’observation de nous même dans le courant d’une journée ordinaire va nous faire sauter aux yeux cette évidence : je suis « tendu vers », constamment tendu vers …. Vers quoi au juste ?

Vers tout à l’heure, vers le moment suivant, vers la fin de l’action en cours, même anodine. Quelques exemples ? Je fais la queue à la caisse d’un magasin où je viens de faire mes courses. Il me suffit de regarder honnêtement ma posture intérieure pour constater que je suis bel et bien « tendu vers » : tendu vers le moment où, enfin, ce sera mon tour, où je pourrai régler mes courses et passer à la suite de ma journée. Je ne me tiens pas là détendu, ouvert, disponible, je ne profite pas de ce moment où je n’ai rien de particulier à faire pour respirer, me mettre dans mon axe, regarder autour de moi … Je suis intérieurement comme arquebouté vers tout à l’heure, comme si mon être intérieur était pour ainsi dire en avant, décalé par rapport à l’instant.

En fait, je considère automatiquement qu’il m’est impossible d’être simplement en paix ici et maintenant. Quand je serai à la caisse, quand ce sera mon tour, quand j’aurai réglé mes courses, alors … Je pourrai être en paix, enfin ! Sauf qu’alors je serai de nouveau tendu vers … Ma destination, la suite de ma journée, etc …

Autre exemple quotidien : j’attends le métro, le train, le bus , que le feu piéton passe au vert … Là encore, je suis tendu vers. Plutôt que de profiter de ce moment d’ "entre deux" pour me détendre, goûter l’instant, m’ouvrir , regarder autour de moi, je piaffe « en attendant » le moment où, enfin, le métro arrivera, ou enfin je monterai dans le bus, où enfin je traverserai …

La paix et la détente sont toujours pour tout à l’heure, plus tard, dans un instant, telles une carotte reculant sans cesse devant la gueule de l’âne.

Ces petits exemples peuvent paraître anodins. De fait, ils le sont … Et pourtant, quelle dépense d’énergie inutile, quelle mobilisation en pure perte , quel dommage de ne pas s’accorder tout au long de la journée des moments pour simplement respirer, vivre l’instant, s’ouvrir à la vie , revenir à soi -même …

Une journée ordinaire, y compris celle où nous sommes convaincus d’être très occupés est parsemée de ces moments « inutiles », « moments perdus » où , en vérité je n’ai rien d’autre à faire et ne peux rien faire d’autre qu’être là où je suis : moments d’attente, de déplacement d’un point à un autre …

Le simple exercice consistant à prendre appui sur ces moments pour expirer, détendre, se mettre pour ainsi dire à la verticale de soi même , ce simple exercice peut considérablement modifier le climat de nos journées. Pourquoi ne pas le tenter ?


Gilles Farcet

dimanche 25 septembre 2016

Robert Béliveau : "Or notre monde commence au-dedans."



Méditer, ce n’est pas ce qu’on pense. Méditer, ce n’est pas non plus « ne pas penser ». Méditer, c’est entreprendre un virage, un entraînement ; je répète, la méditation est un entraînement d’un genre différent : c’est entraîner ce mental récalcitrant et rebelle. C’est cultiver une habitude nouvelle pour la plupart d’entre nous. Alors qu’on a l’habitude de courir, d’entreprendre, de fixer des objectifs, l’approche méditative nous propose tout le contraire : nous donner un temps d’arrêt, de présence à ce qui est. Complètement, consciemment, intentionnellement. Donc, il nous faut nous asseoir. Nous immobiliser, pour un temps. Ressentir, cesser de se battre, commencer à faire la paix en nous et laisser tomber, pour le temps de notre méditation, tout objectif. Être ici. Maintenant. Tout simplement présent à son expérience du moment : ouvert, disponible, accueillant, vaste...

Méditer, donc, c’est s’arrêter, faire silence, lâcher prise, laisser tomber son agenda, ses obsessions, ses rôles, ses grands et petits projets, cesser de (se) juger et de préjuger. Méditer, c’est surtout entraîner le mental à s’installer dans le présent tel qu’il est, d’instant en instant, avec sa mouvance, avec ce qui se présente à nous, sans choisir ceci, sans exclure cela et surtout, sans étiqueter (comme bon ou mauvais…) ni réagir à ce qui se produit. Cela tranche sur notre manière habituelle d’entreprendre une action...

En juillet 2000, après une longue réflexion et beaucoup de doutes, de culpabilité et d’inquiétudes, j’ai mis un terme à ma pratique médicale traditionnelle afin de consacrer mon temps à mettre sur pied des ateliers de réduction du stress basés sur la pratique de l’attention (« Mindfulness Based Stress Reduction ») et promouvoir une guérison profonde et non seulement la réduction des symptômes. La méditation procure un type d’intervention qui réhabilite un pouvoir qui souvent nous fait cruellement défaut dans nos interactions quotidiennes. La méditation nous rend stable, développe notre patience, notre ouverture, nous rend sensible et plus clairvoyant. La méditation peut nous libérer et nous guérir. C’est une voie directe d’accès à la sagesse.

La pratique de la Pleine Conscience est, sans l’ombre d’un doute, le plus précieux cadeau que j’ai reçu de ma vie. Et avec celui-ci, une responsabilité, celle d’approfondir cette voie de guérison et de tenter de transmettre une part des bienfaits que j’ai pu recueillir à toutes celles et à tous ceux qui veulent bien s’en donner la peine et s’y engager. 

Robert Béliveau
source : gerermonstress.com

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