mercredi 17 août 2016

Le désert en soi....



La spiritualité du désert c'est aussi la spiritualité de l'enfance ; poser sur tout ce qui est un regard innocent, délivré de jugements et d'opinions, voir les choses telles quelles sont sans surimpositions de mémoires sans projection, cela suppose un certain anéantissement du moi et un renoncement au vouloir s'anéantir, car qui veut être délivré de l'ego si ce n'est l'ego ? 

Jean-Yves Leloup 
 L'empreinte du désert


_____________________


mardi 16 août 2016

Un pétale de seconde...

"Nous n’avons pas besoin de beaucoup de temps. 

Une fraction de seconde suffit pour revenir à la vie, parce qu’être vivant c’est être là, dans le moment présent, dans l’ici et le maintenant ; 

et cela est possible avec une seule respiration consciente... 

Respire, tu es vivant..". 


Thich Nhat Hanh.


****************



lundi 15 août 2016

Une approche de la Bible avec Annick de Souzenelle


Publié sur le blog en 2007, il n'y pas une ride à ce nouveau visage de la Bible...

 
"Il y a urgence pour l’homme à retrouver son identité !"

Pour en savoir plus sur Annick de Souzenelle, 
un site et une interview du journal "Nouvelles Clés"...

Mais le mieux, c'est de l'écouter dans une émission de la radio suisse romande (en 5 morceaux)

"1-Revisiter la bible du fond du coeur"

"2-Le pari d'une lecture symbolique de la bible"

"3-Le récit des commencements du monde, son Principe"

"4-Le jour Un de la création"

"5-Devenir le fruit de l'arbre de la connaissance"



===========


dimanche 14 août 2016

Une approche de l'enseignement d'Arnaud Desjardins

Déjà publié en 2007, mais toujours bon à réécouter !


Pour en savoir plus sur Arnaud Desjardins, voici l'adresse suivante : http://supervielle.univers.free.fr/Arnaud_Desjardins/desjardins.htm
Pour mieux le connaître, une interview issue de la radio suisse romande, fin 2005 (en 5 morceaux)

"1-Personne ne vit dans le monde"




"2-Pour une croissance harmonieuse de l'ego"




"3-Les émotions sources de confusion"




"4-Dire oui à ce qui est"




"5-Une approche spirituelle ouverte à toutes les religions"






--------


samedi 13 août 2016

Un rappel : lâcher prise avec Arnaud Desjardins


Arnaud Desjardins : Le lâcher-prise est un geste intérieur qui interfère avec notre manière habituelle de réagir. Certains lâcher-prise nécessitent une grande force de conviction, d’autres sont plus aisés à opérer. Puis vient un jour où nous constatons que le fait de lâcher est devenu permanent. On pourrait même dire que le lâcher-prise est devenu inutile car il n’y a plus de prise, plus d’appropriation de la réalité.
Une détente s’est établie, nous sommes en contact avec la réalité, instant après instant, sans projections sur le futur, ce qui nous permet d’accomplir les actions qui nous paraissent justes et appropriées, dans le relatif. 
L’action est toujours relative, d’une part parce qu’elle s’insère dans un ensemble de chaînes de causes et d’effets que nous ne maîtrisons pas, ou très partiellement, et d’autre part parce que nous-mêmes avons des capacités relatives. Toute action engendre des conséquences, certaines que nous pourrons prévoir, d’autres que nous ne pourrons pas prévoir. La pratique consiste donc aussi dans unlâcher-prise avant l’action. Un événement se produit, une situation se présente, qui peut être extérieure à nous ou intérieure (comme un vertige, un mal au ventre, une angoisse diffuse). L’essentiel, c’est la manière dont chacun se situe face à ce vécu intime que l’existence produit en lui. Nous avons la possibilité d’accueillir cette réaction, parce que c’est la vérité de l’instant, mais sans nous l’approprier. Celui dont j’ai été l’élève, Swâmi Prajnânpad, disait à ce sujet : « La plaque photographique prend, le miroir accueille mais ne prend pas. » Les événements, quels qu’ils soient, produisent en nous des émotions en tous genres, heureuses ou malheureuses, plus ou moins intenses. Si nous apprenons peu à peu cette attitude de lâcher-prise, celle-ci finit par imprégner tout l’existence et crée en nous une grande détente : l’événement se présente, mais la réaction mécanique ne se produit plus. Les émotions font place à l’équanimité !

Nouvelles Clés : Vous voulez dire que même la réaction physique ne se fait plus ? Je m'explique : si l'on a une angoisse, on peut en effet déconnecter son mental de celle-ci, mais qu'en est-il de la boule au ventre qu'elle a, par exemple, occasionnée ?

A. D. : À la place de la réaction habituelle de l'ego, du “ça j'aime ou ça je n'aime pas”, il y a un sentiment qui devient stable d'ouverture du cœur. Les aspects mentaux, émotionnels et physiologiques sont interconnectés et, peu à peu, cet effort de lâcher-prise va contredire la force d'inertie des habitudes qui font que nous sommes tout le temps en réaction face aux événements. Et petit à petit, nous allons ainsi vers l'équanimité. Mais il est évident que, pendant longtemps, l'existence aura encore le pouvoir de produire en nous des réactions : oh oui ! et une émotion heureuse, oh non ! et une émotion malheureuse, douloureuse, réactions dont nous faisons une affaire personnelle. Il faut en fait sans cesse se poser la question de savoir comment nous nous situons par rapport à ces réactions physiques, émotionnelles et mentales ? Comment lâchons-nous prise face à ces moments heureux ou malheureux, quand nous sommes de bonne ou de mauvaise humeur ?
La pratique de ce lâcher-prise met en fait immédiatement en cause l'égocentrisme. Elle amène un abandon de notre vouloir personnel et cet abandon produit une détente. C'est à partir de celle-ci que notre action va à présent s'accomplir, et non à partir d'une réaction épidermique et mécanique fondée sur nos anciens schémas de fonctionnement. C'est la soumission à ce qui est et non à ce qui devrait être, chère à tous les grands maîtres zen, soufis, hindous ou chrétiens, c'est le célèbre : « Que Ta volonté soit faite et non la mienne. » 
À ce moment-là il n'y a plus la séparation, de dualité, entre moi et la réalité du moment.

_________




vendredi 12 août 2016

Uni vers soi...



Vous pouvez avec certitude améliorer un seul petit coin de l'univers :vous-même. 



****************




 Aldous Huxley

jeudi 11 août 2016

Chandra Swami parle d'Yvan Amar

CS_flute2_copier

Question du 15/09/1999 à Chandra Swami :
Swamiji , Vous nous avez dit qu'un chercheur, lorsqu'il a réalisé la Vérité, peux quitter ce monde. Quel est le sens alors de la mort d'Yvan Amar ? Il aurait pu aider encore beaucoup plus de chercheurs… 
Chandra Swami : 
Yvan (Ananda) peux aider beaucoup de chercheurs à présent. Il est à même de travailler et de guider plus encore les chercheurs, mais ce de façon invisible.
Le corps physique est une limitation pour l'Esprit. 
Qu'en pensez-vous et qu'avez-vous remarqué : Le Christ a-t'il guidé plus de gens lorsqu'il était dans un corps physique ou guide t 'il plus de personne aujourd'hui ?
Il n'avait seulement que quelques disciples lorsqu'il était dans un corps physique, aujourd'hui il inspire à travers l'Invisible des milliers et des milliers de fidèles.
Il ne pouvait travailler que dans le Moyen Orient. Aujourd'hui son Esprit guide et inspire des chercheurs dans le monde entier.
N'êtes vous jamais allé à Hiroshima au Japon ?
Si vous allez dans ce lieu, vous pourrez encore ressentir le désastre causé par la bombe atomique. Vous pourrez encore le ressentir même 55 ans après.
Ainsi, au moment et à l'endroit où une âme se libère vous pouvez ressentir l'impact de cet évènement même 100 ans après. 
Une très grande énergie est émise à l'endroit et au moment ou la fission d'un atome se produit.
Au moment et à l'endroit ou une individualité est brisée (c'est ce que signifie la libération de l'âme) cela émet une telle énergie spirituelle que vous pouvez, 100 ans après, en ressentir l'impact.
Une forme lorsqu'elle a été crée ne peut pas être détruite. Elle devient une empreinte dans l'éther. Elle perdure autant que le cycle du monde perdure ; autant que l'éther perdure.
A l'heure actuelle les scientifiques essayent d'entendre par des méthodes scientifiques ce que Lord Krishna a dit à Arjuna ou ce que Jésus a énoncé il y a 2000 ans. Ces mots ne sont pas perdus. Ils sont encore dans l'éther sous forme de vibrations. Ces mots peuvent être entendus, même maintenant, par un chercheur à condition que son mental soit très pénétrant et pur.
De la même manière, les formes qui ont existé des milliers d'années auparavant peuvent être vu encore aujourd'hui. Elles ne sont pas perdues.

we_Souvenir___cimetiere_9_copier
Ananda
we_Souvenir___cimetiere_2_copier
Photos : Bernard Boullet ( Gordes : samedi 20 juin 2009 )

Je ne peux penser à Chandra Swami sans penser aussi à son premier disciple français, Yvan Amar. C'est par Yvan que j'ai connu Guruji. Et je suis certain que la gratitude de beaucoup d'entre nous, Français, à l'égard de Chandra Swami, va aussi vers celui-ci parce qu'il a été l'initiateur et le père spirituel d'Yvan dont la présence et les paroles ont été une bénédiction pour tant de ceux qui l'ont approché.
Arnaud Desjardins



____________

mercredi 10 août 2016

Le départ d’Arnaud par Sundarî


Quelques précisions :
Mâ Anandamayî, rencontrée dans mon jeune âge, entre 1977 et 1980, est ma mère spirituelle. Elle a établi d’emblée un lien avec moi de nature spirituelle. Ayant peu connu la Mâ « humaine » mais, par une grâce stupéfiante de Sa part, percevant très bien la Mâ « divine », je n’ai jamais souffert du fait qu’elle ait quitté son corps, puisque ce lien divin est un lien permanent, qui m’a toujours permis de La sentir présente en moi, n’importe quel jour depuis lors. Et je ne pouvais pas regretter une dimension humaine que je n’avais pas connue, alors même que j’étais tellement comblée et inspirée pas Sa dimension divine. Il en va tout autrement de ma relation avec Arnaud Desjardins. Arnaud a bien voulu assumer pour moi la fonction de Maître spirituel depuis plus de 26 ans... Sans faire partie de ceux ou celles qui l’ont côtoyé au quotidien, j’ai eu la chance d’être engagée dans une relation personnelle avec lui bien réelle, et, outre l’enseignement libérateur qu’il m’a prodigué, il a influencé tous les grands choix existentiels de ma vie (profession, mariage, etc.) J’ai choisi de raconter ce je sais des circonstances de sa mort sans m’exclure du récit, parce qu’ainsi, cela permet de montrer de façon plus vivante l’interaction entre le Maître et l’élève... Il me semble que parler de façon trop convenue, en évitant de parler de soi, amène à un récit « historique » et objectif, certes, mais pas très utile pour ceux ou celles qui, se sentant engagés dans un chemin d’évolution, sont à l’affût d’illustrations concrètes capables de les aider sur leur propre chemin. J’ai donc préféré le témoignage, plus impliqué, et plus impliquant pour celle ou celui qui le reçoit. Je le signe, par contre, de mon nom indien, qui me permet de témoigner tout en restant dans l’anonymat. Je vous souhaite bonne route à toutes et à tous, du fond du cœur...
GURU KRIPA KEVALA !....


Le lundi suivant, le 4 juillet, j’étais allée le saluer car mon séjour se terminait. C’est la seule fois de ma vie où je suis allée le saluer seule. Là encore, je ne disais rien, je restais ouverte à ce qu’il allait dire ou faire, lui. Il était debout et non pas assis comme habituellement pour les au revoir. Il a commencé par me prendre dans ses bras avec un amour vraiment extraordinaire. Jamais je n’ai senti, même avec lui, une telle profondeur d’amour. Une sorte de velours lumineux, de suavité chargée de Sens, de Grâce infinie... Rien que cela -une telle qualité d’amour est vraiment indescriptible- est certainement son dernier enseignement, le plus profond, sa transmission la plus significative. Il m’a redonné brièvement quelques instructions, fait certains commentaires... Puis il m’a prise à nouveau dans ses bras, en me chantant : « OM, SHANTI SHANTI SHANTI...» Je l’ai remercié du fond du coeur et suis partie.
… . Au cours de ce dernier entretien que j’ai eu avec lui le lundi 4 juillet, il m’a donné repères et instructions par rapport à mon évolution future la plus profonde. Il devait percevoir sa fin prochaine, car il m’a recommandé son livre, La Paix Toujours Présente, en me précisant que ce serait le dernier et qu’il s’agissait vraiment de son testament spirituel, de son enseignement le plus abouti. Et puis, lorsqu’il a conclu l’entretien, il a ajouté ceci : « Tant que je n’aurai pas des tuyaux partout, je serai là, pour vous aider à atteindre l’Autre Rive... » 
Dix neuf jours plus tard, en effet, les tuyaux étaient entrés en scène...

Durant ces 21 jours, je sais Arnaud étendu sur un lit d’hôpital, la cage thoracique ouverte puis refermée, le sternum scié, avec des difficultés à simplement respirer... Avec surtout des difficultés à respirer. Il a, d’instant en instant, l’impression qu’il n’aura pas la force de supporter l’effort que représente le malaise de la respiration suivante... La respiration est un point d’appui capital pour tout pratiquant du yoga... C’est elle qui, justement, permet d’endurer la souffrance, de la traverser... Et justement, il en est privé. Le point d’appui physique principal est justement le lieu du principal malaise... Je ne peux pas ne pas faire le lien entre tout se qui se passe dans mon existence, les mises en situations édifiantes qui se succèdent à grande vitesse, l’énergie incroyable qui s’est mise spontanément en oeuvre pour tout clarifier et tout remettre en ordre depuis qu’il est entre la vie et la mort, et ce qu’endure Arnaud. Je ne veux pas dire que Arnaud, délibérément, a choisi de souffrir pour nous libérer de nos entraves. Je suis convaincue qu’il a accepté de supporter l'insupportable afin de pouvoir continuer à rester dans ce monde, afin de nous aider NOUS... Lui peut évidemment partir à tout moment dans la lumière et la béatitude. C’est uniquement pour nous qu’il reste. Une telle compassion me touche au plus profond. Mais je crois aussi qu’à un autre niveau, réellement, à travers cette souffrance qu’il ne mérite certes pas, Arnaud brûle le karma de certains de ses disciples. Véronique, son épouse, qui a reçu différents témoignages, a pu remarquer que pour un certain nombre d’entre nous, le Travail s’est mis à accélérer, avec des mises en situation très particulières. Durant cette période, peu à peu, mon énergie, de réceptive à son égard, s’est mise, au moins à certains moments, à s’inverser : j’éprouvais le besoin de lui donner, de transmettre de l’aide à son corps physique. Je me disais que cela préfigurait certainement ce qui allait suivre lorsqu’il mourrait : nous aurons tous à donner, à restituer tout ce que nous avons reçu de lui afin que cela fleurisse dans le monde, et en particulier, dans notre entourage. Nous avons tant reçu... Nous aurons beaucoup à redonner. Pourtant, à cette époque, j’étais convaincue qu’il allait survivre à son opération. Il avait, de temps à autre, fait allusion au fait qu’il finirait sa vie en silence, en mauna. J’étais donc convaincue qu’il nous reviendrait, assumant une présence silencieuse, mais radieuse encore quelques années durant... Peut-être avait-il en fait renoncé à rester silencieux parmi nous, devant l’immense demande dont nous faisions tous la démonstration, sacrifiant sa précieuse énergie pour nous. La compassion d’Arnaud est tellement grande. Toujours est-il que du fait de ces allusions, je n’ai prêté aucune attention à certains signaux avertisseurs : sa sépulture qu’on avait commencé à construire en avril, par exemple et certaines phrases de l’entretien...

Au cours de son séjour à l'hôpital, Arnaud s’est trouvé plusieurs fois en détresse respiratoire, au risque de mourir en étouffant. Il a été intubé, et -pour utiliser le terme hospitalier- sédatisé : être intubé est tellement pénible et douloureux qu’on balance des sédatifs puissants, qui entraînent aussitôt l’inconscience totale... Le Guru plongé dans l’inconscience par un corps médical à la fois hyper compétent, et plutôt autoritaire... A la suite de cette expérience, il a été décidé avec Arnaud que l’on ne recommencerait pas. Au fur et à mesure que les jours passaient, l’énergie physique d’Arnaud diminuait, ses poumons ne pouvant pas s'adapter aux suites opératoires. Un matin, le médecin a prévenu : son taux de gaz carbonique augmente, si on ne fait rien, il mourra ce soir. Renseignements pris, il s’agit d’une mort douce... On a demandé son avis à Arnaud qui, estimant qu’il ne fallait pas confondre soins post opératoires et acharnement thérapeutique, et percevant mieux que personne combien son corps s’épuisait, a préféré quitter tranquillement le corps physique ! Un Maître n’a évidemment aucune peur de la mort, mais s’il peut ne pas trop souffrir, il va évidemment choisir la solution la plus humaine pour lui. Quoique Véronique nous a dit, les larmes aux yeux, qu’Arnaud n’imposait rien, même concernant les circonstances de sa mort. Il était vraiment prêt à vivre ce qu’il aurait à vivre, quelque forme que cela puisse prendre, y compris une agonie terrifiante. Différents membres de sa famille se relayaient à son chevet... A partir du moment où il a su qu’il allait mourir (puisqu’en fait on arrêtait les soins), Arnaud a demandé que l’on pose une photo de Mâ sur lui, et il est mort ainsi, s'unissant à Mâ, très paisiblement. Véronique lui tenait une main, Emmanuel, son fils, l’autre, Fabienne, sa belle-fille était assise à ses pieds. Ils l’ont accompagné en lui chantant des mantras qu’il aimait, en particulier celui de Ram... Je suis sûre qu’ils se sont tous installés dans un profond amour, tous unis dans le même recueillement, le même lâcher-prise, dépassant leur chagrin autant qu’ils le pouvaient, lui transmettant toute leur affection et leurs plus purs sentiments. Il n’y avait, probablement, en cet instant, plus qu’un seul Coeur.

Arnaud est donc mort paisiblement le mercredi 10 août à 23H00, après 21 jours très difficiles. Mon père, en 1967, est mort le... 10 août, à 23H15... Quelle coïncidence incroyable... Comme cela m’a touchée... Lorsque je l’ai appris, le lendemain matin, j’ai eu le sentiment qu’Arnaud, en entrant en Maha Samadhî le même jour et à la même heures que mon père (mort au contraire d’une mort brutale et empêtré dans des émotions violentes), inondait de lumière et de Paix tout ce vieux passé familial si sombre et si loin de toute spiritualité... Surtout, la grâce divine me redisait, à travers ce symbole si fort, combien Arnaud est mon père véritable... C’est vrai que c’est lui qui m’a réellement formée, construite humainement, et pas seulement enseignée spirituellement... Il est véritablement mon père chéri, humainement parlant, et je ne suis pas la seule... Le jeudi 11 au matin, en me levant, je suis étonnée : la veilleuse que j’ai allumée à 2 heures du matin (j’ai regardé l’heure) brûle encore... Au lieu de 4 heures, elle va brûler 8 heures et demie... Je n’ai pourtant pas remarqué que la mèche soit anormalement courte. Après m’être recueillie le plus clair de la journée du jeudi, puisque justement je ne travaille pas étant en vacances, le vendredi, je pars à l’ashram, pensant qu’il y aura besoin d’aide à la cuisine pour recevoir les personnes qui ne vont pas tarder à affluer. Avertie par un mail qu’il faut apporter de la nourriture, j’achète en chemin un brie entier et un immense saucisson qui offre plus de 100 tranches !!!

L’ashram est calme. Pas de têtes d’enterrement, pas de sanglots, pas de mines ravagées par les larmes. Bien sûr, il y a de la tristesse, et je croise parfois des visages montrant que bien des larmes ont été versées dans la nuit, mais vraiment, personne ne donne dans le pathos. On a installé le corps d’Arnaud dans la pièce où il donnait ses entretiens et nous disait au revoir. Son corps est étendu, recouvert du châle de cachemire blanc qu’il portait lorsqu’il transmettait l’Enseignement, son visage est découvert et paisible, mais dans l’immobilité de la mort. La photo de Mâ, tout emplie de grâce et de lumière est posée tout près de son visage, entourée de roses blanches... Les mêmes roses qui poussaient à Noël en Inde, à l’ashram de Mâ, à Naimisharanya, lorsque j’ai passé une semaine avec Elle à l’âge de 23 ans. Il est vrai que le blanc est vraiment la couleur de Mataji. Avec une profonde générosité, la famille d’Arnaud a accepté que nous, simples élèves, puissions aller nous recueillir près de lui... Nous pouvons y aller par petits groupes de 6 ou 8 personnes, et ce plusieurs fois dans la mesure où il n’y a pas trop de monde. Simplement, nous ne devons pas rester au delà d’un quart d’heure. Le corps d’Arnaud ne subit aucun traitement chimique, il ne repose pas sur un lit réfrigérant, la température de la pièce est un peu refroidie par un appareil, sans plus. Du coup, personne n’est gêné, comme souvent dans les chambres funéraires où on ne peut pas rester à cause du froid trop intense. Quel recueillement tranquille sur la plupart des visages. Parfois d’émouvants sourires au milieu des larmes. La beauté d’un long regard qu’une disciple pose sur Arnaud me restera longtemps... Pour ma part, je suis allée 4 fois me recueillir dans la petite pièce. La première fois, il y a eu le choc de voir le corps de cet homme que j’aime si profondément et que je vénère, dans l’immobilité de la mort... J’avais besoin de constater sa mort de mes propres yeux - cela aide à l’accepter plus facilement. Le vendredi, il y a eu un moment où je suis restée seule en présence d’Arnaud... Cela m’a énormément touchée, cette intimité miraculeuse quand on sait le nombre d’élèves qui gravitent autour de lui. Puisque j’étais seule et comme je regrettais de ne jamais lui avoir demandé de bénir mon mala (ni aucun objet d’ailleurs, ce n’est pas dans la ligne d’Hauteville), au bout d’un moment, je l’ai ôté et mis légèrement en contact avec son châle, puis remis autour de mon cou. (Ce mala, acheté à Khankhal au samadhî de Mâ, et gardé une dizaine de minutes dans les mains de Vijayananda en signe de bénédiction, ne me quitte pas, je le porte nuit et jour depuis mars 2010. Je l’utilise tous les jours depuis que je le porte pour réciter une variante du mantra de Ram.) A peine remis le mala autour de mon cou, d’autres personnes sont arrivées... Comme chacun se rend à son rythme auprès d’Arnaud et qu’il n’y a pas de barrières de protocole, chacun peut se recueillir, mélangé à des disciples de longue date, des débutants ou des membres de la famille d’Arnaud, comme Denise, sa première épouse. Cela aussi m’a beaucoup touchée.

Le samedi, c’est Muriel, fille d’Arnaud et son mari, Christophe, ainsi que leurs enfants (qui n’ont pas parlé mais étaient présents) qui ont animé la réunion. (Muriel et Christophe étaient présents en Inde auprès de Mâ en même temps que moi, il y a 34 ans, à Naimisharanya, n’est-ce pas étonnant ?... C’est en voyant combien sa fille était sérieuse et recueillie que j’avais eu envie de rencontrer Arnaud, me disant : si la fille est si bien, son père l’est certainement aussi !) Muriel nous raconte que, lorsque Arnaud retrouvait un peu de souffle pour parler, c’était assez souvent pour... raconter des plaisanteries. C’est ainsi qu’à un moment, Arnaud dit à sa fille : « Tu connais l’histoire du patriarche juif en train de mourir ?» « Oui » répond précipitamment Muriel, pour lui éviter de la raconter, ne voulant surtout pas qu’il s’épuise inutilement.  « Oui, oui, je la connais, tu n’as pas besoin de me la redire !» Mais Arnaud continue, et voici l’histoire : le vieux patriarche est sur son lit de mort. Il demande : « Est-ce que Sarah, ma fidèle épouse, est là ? Oui, répond sa famille. Et mon fils aîné, Jacob ? Oui. Et Myriam ? Et Samuel, Rebecca ? » Il cite ainsi chacun des noms de ses nombreux enfants. Chaque fois, on lui répond oui. « Ainsi, vous êtes tous là, alors, autour de moi ?» « Oui !» « Mais alors, qui garde la boutique ?» s’exclame-t-il, le souffle court.... Muriel commente : « Tout de même, Arnaud nous racontait l’histoire d’un homme en train de mourir, c’était sa façon d’annoncer son départ. »
Dans la journée du samedi, le corps d’Arnaud est mis en bière, c’est à dire déposé dans son cercueil. Ses fils les plus proches le portent de la petite pièce où il se trouvait jusqu’au dojo, salle assez grande, où nous avons l’habitude de méditer. Ses fils les plus proches, c’est à dire Emmanuel, bien sûr, son fils de sang, disciple et collaborateur, Christophe, son gendre et disciple, son petit fils, Axel, jeune homme au beau regard lumineux, et ses fils spirituels : Yves et Thierry, collaborateurs, Geoffroy, qui l’a servi toute sa vie... J’espère que je n’oublie personne, pardon si c’est le cas, j’ai vécu tout cela dans un tel bouleversement intérieur. La sangha s’est assemblée tout le long du parcours, à l’intérieur de l’ashram autant qu’à l’extérieur. Véronique nous annonce alors que nous allons faire une veillée tous ensemble dans le dojo, autour d’Arnaud, et merveille des merveilles, que ceux ou celles d’entre nous qui le souhaitent peuvent dormir dans la grande salle où se tiennent habituellement les sessions d’enseignement, de sorte qu’ils puissent se recueillir tard et même se relever au milieu de la nuit pour retourner dans le dojo, veiller leur Maître bien aimé...

Le soir, le dojo est recouvert de coussin, zafus et tapis de sols, de telle sorte que chacun puisse s’asseoir de façon confortable. Là encore, nous sommes serrés les uns contre les autres. Beau symbole. Puissions nous, en effet, rester à l’avenir extrêmement proches les uns des autres... Je crois réellement que de ma vie, c’est la plus belle soirée que j’ai passée. Certainement parce que c’est celle qui a eu le plus de sens, de profondeur. Comment décrire la beauté du recueillement, la ferveur sobre mais profonde, les larmes et les sourires... Comment ne pas être touché par la beauté des chants qui se succèdent, et qui, pénétrant nos coeurs, nous transforment à certains moments en fontaines silencieuses... La qualité artistique est au rendez vous. Alternent des mantras dédiés à Ram, Mâ, mais aussi Swamiji (Swami Prajnanpad) et ô bonheur, Arnaud... accompagnés au sîtar... et repris par l’assemblée. C’est très inhabituel à Hauteville, car nous ne sommes pas une voie dévotionnelle. Nous pratiquons le yoga de la connaissance, et la dévotion au Maître, -en fait très réelle- reste la plupart du temps cachée. Une jeune fille française formée au chant karnatique (qui est connue et appréciée en Inde devant certaines artistes hindoues) nous chante un chant dévotionnel, accompagnée au sitar par son père : c’est sublime. Nos coeurs s’épanchent, touchés par la beauté du chant, et de nouvelles fontaines s’écoulent doucement... Comment ne pas verser de larmes ? Beaucoup sont intériorisés dans la dévotion ou la méditation. Pascal chante l'alléluia de Léonard Cohen, en s’accompagnant à la guitare, doucement, très intériorisé. Il l’a beaucoup chanté, cet alléluia... mais là, son coeur à la fois brisé et paisible est dans chaque note de musique. De quoi être remué au fond de l’âme. Et puis dans cette veillée terrible et merveilleuse, il y a aussi l’intervention de Nour... Nour est une jeune femme soufi qui assume une fonction de Maître spirituel. Elle chante le dhikr, avec deux autres compagnes musulmanes. Le dhikr est un chant ésotérique qui vise à mettre celui qui le pratique en état d’ouverture au divin... Là aussi, comme pour les mantras, nous reprenons en choeur : « La ilaha illa 'llah...» Chacune des trois femmes musulmanes, à tour de rôle, tournera aussi sur elle-même comme le font les derviches. Ce qui est frappant, c’est de voir combien elles le font à partir de leur coeur. Tout le mouvement semble y prendre son origine. Nour nous parle quelques minutes et ses paroles sont aussi très justes, fermes, courageuses. Pas de sensiblerie... D’abord assise tout au fond, je me suis approchée peu à peu, à mesure que les personnes partent, ayant des obligations envers leurs hôtels respectifs ou étant fatiguées. Finalement, je me retrouve très près du cercueil. Il est en pin clair, et embaume la résine... La photo de Mâ rayonne au milieu des fleurs blanches... Peu à peu, ne reste qu’un petit groupe de personnes rassemblées près du corps du Maître, très recueillies... Toute l’atmosphère de cette veillée est envoûtante, tout emplie de douceur, de dévotion, de pudeur aussi. Vers une heures 30 du matin, j’émigre dans la grande salle, non sans être allée chercher un duvet dans ma voiture. Une vingtaine de personnes sont déjà allongées, certaines simplement enroulées dans leur châle de méditation, d’autres ayant disposé un tapis de sol... Tout est calme... les dormeurs font attention dans leur sommeil de bouger doucement... Certains se relèveront au milieu de la nuit pour retourner encore dans le dojo. Je me relève aussi, médite encore un peu, mais force m’est de constater que mon cerveau reste relativement endormi... Cela ne fait rien. Je me recouche un peu plus pénétrée de l’ambiance de prière et de vénération, et me rendors aussitôt. L’intérêt de dormir sur place, c’est qu’on ne perd aucun temps... A 7H20, je retourne au dojo pour une longue méditation très recueillie, facilitée par la veillée... Vrai petit miracle, mon dos, habituellement si susceptible, supporte ce sur-régime (seva intensif dans la cuisine et le reste) sans aucun problème... Tant il est vrai que, dans l’ascèse, chaque fois que nous avons vraiment quelque chose à faire, il nous est donné la capacité de le réaliser. Quelle heureuse idée, cette longue veillée, et ce couchage dans la grande salle...

Lundi 15 août : C’est le jour choisi pour l’enterrement. Arnaud, étant d’origine protestante, a la possibilité de se faire enterrer sur le lieu de son habitation... Donc, à Hauteville et non pas dans un cimetière, comme pour les catholiques. Et comme Hauteville ne dépend pas de professionnels (qui ne travaillent pas les jours fériés), le 15 août, jour de l’Assomption, est la date choisie. Beau symbole... (Vijayananda est mort le lundi de Pâques en 2010, et en pleine Khumba-méla... « Very auspicious », « De très bon augure », dirait-on en Inde !)

Le 15 août, la cérémonie commence à 11 heures et va durer environ 4 heures. Cette fois ci, il y a vraiment beaucoup de monde. Je ne saurais dire que très approximativement le nombre, environ 1200 personnes ? Comment sont-elles venues ? Uniquement le « téléphone arabe », le réseau amical des disciples ? Nous sommes dehors, au soleil, dont la chaleur, au bout d’une heure ou deux, sera tempérée par quelques nuages légers et bienvenus. Une estrade a été aménagée. A droite, la famille d’Arnaud. A gauche, les invités, qui représentent tous une forme de travail spirituel particulier : Voies bouddhiste, hindoue, chrétienne, musulmane (soufi), amérindienne... et bien sûr, des représentantes de la sangha de Lee Lozowick, inclassable mais prodigieuse, avec laquelle Hauteville a des liens particulièrement proches. Au centre, assis sur l’herbe, les élèves d’Arnaud. Et bien sûr, sur l’estrade, les personnes qui sont au coeur de la transmission spirituelle dans la lignée d’Arnaud et de Swami Prajnanpad. Je ne détaillerai par les différentes prises de paroles. Il y est bien sûr question d’hommages à Arnaud et du futur de notre travail spirituel, qui bien évidemment, continue... et même, nous l’espérons va s’intensifier. Jacques Vigne, présent par le coeur, organise en Inde, au bord du Gange, une puja à Khankhal, à quelques mètres du samadhî de Mâ Anandamayî. Il résume bien les choses dans cette courte phrase, qu’il a entendu de son propre Maître, Vijayananda : « La parole du Guru ne meurt pas. » D’autres cérémonies sont organisées en d’autres points du globe... Beaucoup ont tout lâché toutes affaires cessantes, sautant dans le premier avion pour débarquer du Canada, des Etats Unis, du Mexique, d’Angleterre, de Suisse, d’Inde... Les différentes interventions ont toutes certains points communs : elles sont totalement sincères, sobres, profondes.

Ce n’est qu’à 18h30, lorsque tout est pratiquement rangé et la plupart des participants repartis au quatre coins de France (ou du monde) que je décide d’aller découvrir le samadhî d’Arnaud. Le voici, en pleine forêt, au milieu des chants d’oiseaux... Il jouxte le jardin de méditation, avec son petit bassin tranquille rempli de poissons d’or... Des cèdres, un bel eucalyptus, et des pins entourent l’enceinte du samadhi délimité par un petit muret clair. Du gazon frais a été posé tout autour de la tombe. A l’avant, un amoncellement de brins de buis : chacune des personnes entrant dans le samadhî en a déposé un... La tombe est recouverte de fleurs blanches.
Il y a quelques années, Emmanuel avait demandé à son père ce qu’il aimerait avoir comme inscription sur sa tombe, le moment venu. Arnaud avait répondu par une boutade... Il avait répondu qu’on pourrait inscrire : « C’était un chic type... et... pour la Libération, c’est possible, mais ce n’est pas de la tarte !!!» Rien n’est inscrit sur sa tombe, sinon notre amour à tous, invisible et pourtant tangible. Dans la lumière dorée du soleil déclinant, la photo de Mâ rayonne paisiblement, au milieu d’un mélange de roses jaunes, blanches, roses et d’une plante de couleur vert tendre... Comme c’est beau.... Quelle harmonie... Au bout d’un moment, je prends conscience qu’une grâce surnaturelle émane de la photo de Mâ, des fleurs qui l’entourent et aussi de la tombe d’Arnaud : C’est à la fois doux et puissant, cela évolue et devient de plus en plus large. Le Disciple a rejoint sa Mère divine... Arnaud, disciple de Swami Prajnanpad, avait parfois dit qu’au moment de mourir, il se confierait à Mâ. Devant certains disciples étonnés, il avait précisé : Swamiji, c’est le Guru, c’est lui qui concentrait toutes les influences, les bénédictions reçues par Arnaud, et c’est à lui que j’obéissais en toutes circonstances. Mais Mâ, elle est vraiment divine....» Arnaud, si proche de Mâ par le coeur... Arnaud qui s’est trouvé parfois tout seul avec Elle... peut-être lors des jours bénis de la retraite de Vyndiachal, tout petit ashram de Mâ perché sur une colline. Arnaud écrivait, au sujet de Vyndiachal, dans Ashrams:
« Plus de cérémonie, plus de règles pour approcher Mataji. Nous allons librement dans sa chambre, nous nous promenons avec elle dans les bois. Aucune distance entre elle et nous, seulement l’intimité et la familiarité (...) Au loin, la rivière dessine son ruban scintillant au soleil qui décline. Tout est amour et recueillement. Dans le silence, un de ses disciples lit doucement. Mâ ne dit rien. Nous ne disons rien. Elle nous regarde. Nous la regardons. Et tandis qu’avec la nuit descend sur nous la Paix qui dépasse toute compréhension, nous voyons briller dans ses yeux la lumière de la Vie véritable, l’annonce que l’éveil peut venir nous arracher à notre monde de sommeil ».1

Arnaud a pratiqué de façon suffisamment intense pour réaliser la promesse que recelait le regard de Mâ. Bien des fois, j’ai lu à mon tour dans les yeux d’Arnaud la splendeur de l’éveil, une telle splendeur que son regard ressemblait à un rayonnement doré. J’ai senti, comme bien d’autres, un amour merveilleux littéralement jaillir de ses yeux, de son corps, de ses gestes et me bouleverser dans l’intime de mon être. Et là, devant sa tombe claire, dans la lumière dorée du soir, m’est donnée cette perception, très tangible, indubitable : Arnaud et Mâ, à présent sont complètement unis dans ananda, la splendeur et aussi la douceur de l’amour divin. Cela rayonne du visage de Mâ, des fleurs qui entourent sa photo, cela émane de la tombe d’Arnaud dans une grâce indicible. C’est si fort, si beau, que je reste encore et encore... D’autres personnes arrivent, s’asseyent un instant, repartent tranquillement. Tout est amour et recueillement. Au loin, l’Eyrieux dessine son ruban scintillant au soleil qui décline... (mais on ne voit pas la rivière pourtant proche de l’ashram.) Dans l’or oblique du soir, un homme très proche d’Arnaud vient avec ses 2 petits enfants, qui, tout contents, déposent joyeusement leur petit brin de buis. Leur père les regarde paisiblement, avec amour... La vie continue. Guru kripa kevala... Tout est la grâce du Guru. Chaque évènement, dans chacune de nos existences, petit ou grand, est la grâce du Guru à l’oeuvre. Puissions nous nous en souvenir. A présent qu’Arnaud a quitté son corps, sa présence immatérielle est partout, et pour ceux d’entre nous qui lui ouvriront leur coeur, il ne nous quittera jamais plus. Puissions nous ne jamais le quitter. Puissions nous, à travers sa Grâce et notre pratique, Etre UN avec la sérénité et l’amour qui n’ont pas de contraire... Puissent la Paix qui dépasse toute compréhension, la lumière de la Vie véritable descendre sur nous...
Toutefois, étant humaine et faillible, je pourrais aussi chanter, avec notre ami Jerry, la chanson Comanche : « Maintenant que tu es parti pour le grand voyage, et comme je t’aime si profondément, tu vas me manquer...»

Sundarî



_____________

mardi 9 août 2016

Laisser venir...



"Il faut pouvoir laisser venir. L'Orient m'a appris ce qu'il exprime par "Wu Wei", c'est-à-dire l'action non agissante (qui n'est pas ne rien faire), le laisser advenir. D'autres aussi l'ont compris. Ainsi Maître Eckhart quand il parle de "se laisser". 
L'endroit obscur auquel on se heurte alors n'est pas vide ; on y rencontre la "mère dispensatrice", les "images" et la "semence". Quand la surface est déblayée, tout peut venir des profondeurs. Les hommes croient toujours qu'ils se sont trompés quand ils y aboutissent. Mais s'ils ne savent aller plus loin, le seul conseil qui ait un sens, c'est d'attendre ce que l'inconscient a à dire sur la situation. S'il y a une voie, c'est uniquement la voie que l'on ouvre soi-même et que l'on suit. Il n'y a par conséquent pas d'indications générales qui disent "comment on doit faire"."

Gustav Jung

==========


lundi 8 août 2016

Une autre dimension...


Le “Président” est un séquoia géant situé au cœur de la “Giant Forest” dans le parc national de Sequoia en Californie. Nommé en l’honneur de Warren Gamaliel Harding, ancien président des États-Unis, cet arbre vieux de 3200 ans mesure 75 mètres de haut et 8 mètres de diamètre à la base. Ce conifère géant compte pas moins de 2 milliards d’aiguilles et son tronc a un volume de 1300 mètres cubes. Pour réaliser un portrait en pied du colosse, une équipe de photographes de National Geographic a assemblé 126 clichés pris avec 3 caméras différentes pendant 32 jours de tournage. Le résultat est spectaculaire. :




dimanche 7 août 2016

Les besoins humains comme grille de lecture


Tout en chaussant les lunettes culturelles de son groupe d’appartenance, l’individu voit la nature en fonction également de son histoire personnelle. En nous tournant vers la théorie des besoins établie par Abraham Maslow, nous trouvons une autre grille de lecture de la relation Homme-Nature qui explique les comportements humains. Cette fois, nous nous focalisons sur les besoins propres de chacun.

Selon Maslow, l’homme recherche la satisfaction de besoins qui sont hiérarchisés les uns par rapport aux autres. Il ne peut passer d’un besoin à un autre que si le premier a été (du moins en partie) « ontologiquement satisfait ». Autrement dit nous ne pouvons accéder au troisième étage d’un immeuble que si nous sommes d’abord passés par le rez-de-chaussée, le premier puis le deuxième étage. Le sentiment de satisfaction éprouvé dépend de l’histoire du sujet et de la culture dans laquelle il baigne.




1. A la base, nous trouvons les besoins de survie : boire, manger, dormir, se reproduire, conserver l’homéostasie du système vivant que nous sommes.
2. Une fois la survie assurée, nous pensons à notre sécurité : éloigner le danger, prévenir le manque en thésaurisant les ressources. Nous sommes alors dans le domaine de l’« avoir ».
3. Maintenant que nous craignons moins pour notre avenir, nous tissons des liens avec notre entourage humain et non-humain. Notre besoin d’appartenance nous incite à nous relier à…
4. Rassurés physiologiquement et affectivement, nous voulons satisfaire le besoin d’estime, de reconnaissance de notre originalité. Nous voulons « être ».
5. De ce mouvement d’affirmation de soi émerge le besoin d’accomplissement de soi, de réalisation des capacités et les dons qui sont en nous.

Si, comme toute modélisation, la pyramide de Maslow montre certaines limites (par exemple, la hiérarchie des besoins n’apparaît pas comme étant aussi stricte), elle a néanmoins le mérite d’être très pratique. Nous pouvons la considérer comme une grille de lecture heuristique pour lire les comportements humains.

Ainsi, dans la relation Homme-Nature, les différents besoins se traduisent par les comportements suivants :
– Le besoin de survie nous incite à regarder la nature comme source de satisfactions primaires : boire, manger, dormir.
– Le besoin de sécurité nous amène à thésauriser, stocker, accumuler des réserves ainsi qu’à nous prémunir contre les déchaînements soudains dont notre environnement peut être le siège (tempête, raz de marée, avalanches, etc.).
– Le besoin de relation nous incite à voir dans le monde non-humain un univers qui nous accueille, qui est là pour nous apporter la tendresse que notre entourage familial ne sait peut-être pas toujours nous apporter. Qui n’est pas allé se consoler d’un chagrin ou d’une dispute, en se réfugiant dans la forêt ou la campagne environnante, ou en allant parler à « ses » fleurs ?
– Le besoin d’estime peut nous inciter à affirmer notre pouvoir sur notre environnement. Notre société occidentale, avec la technologie qu’elle a développée (pesticides, engins de chantier, tracteurs, barrages hydrauliques…), a cherché à compenser son état d’infériorité vis à vis de la nature. Quel garçon quand il était petit n’est pas resté des heures en admiration devant un engin modelant le sol pour une future autoroute ?
– Le besoin d’accomplissement de soi, de la vie en soi, quant à lui, nous permet de changer notre relation à la nature. De rivale ou d’objet à notre disposition, elle devient alter ego, une autre forme du vivant qui nous permet en la comprenant et en l’étudiant d’être à l’écoute de la vie en nous et de ses mouvements. Quelle douceur dans le contact, quelle tendresse dans les propos de certains pépiniéristes quand ils nous parlent de leurs plantes !



Pour résumer, imaginons l’exemple d’un jardin créé par une personne qui cherche à satisfaire ses besoins de base et de sécurité : c’est un potager. Si elle veut satisfaire ses besoins d’appartenance : le voilà couvert de fleurs, avec des lieux où il fait bon s’asseoir. Supposons maintenant qu’elle veuille satisfaire son besoin d’estime : le jardin est « à la française » ou couvert de plantes exotiques et rares. Enfin, si elle désire réaliser sa créativité : il est à taille humaine et révèle l’harmonie entre les végétaux qu’il héberge.

Patrick Guérin et Marie Romanens


_____________



samedi 6 août 2016

Rien ne presse... avec Jacques Castermane



Lorsque, vivant dans la Forêt Noire, nous croisions Graf Dürckheim sur le chemin qui traverse le village, il s’arrêtait et, avec un sourire malicieux, il nous disait : « Rien ne presse... ».
Rien ne presse !
Lorsqu’il est arrivé au Japon, ce qui a fasciné Graf Dürckheim, au point de l’écrire dans une des premières lettres adressées à sa famille, est le fait que les maîtres zen qu’il rencontrait lui donnaient l’impression « d’avoir toujours infiniment de temps intérieurement ».

La maturité de l’être humain – qu’il soit japonais ou français – se révèle dans le calme intérieur avec lequel l’homme accomplit une action ; une manière d’être qui, où qu’il aille et quoi qu’il fasse, ne laisse pas place à la précipitation. L’immaturité du corps qu’on est (IchLeib ; Je suis corps) se manifeste dans un état d’être tendu et dans le besoin obsessionnel d’aller vite et de tout faire vite. Cette addiction à la vitesse témoigne que l’être humain est identifié au niveau d’être qu’est son ego et qu’il n’est plus en contact avec sa vraie nature, sa propre essence.

La tyrannie de la vitesse conduit à une manière d’être qui apparaît à certains comme étant inéluctable et ... normale. Quelqu’un me disait dernièrement : « Mais, Monsieur, tout le monde court aujourd’hui ; c’est l’époque à laquelle nous vivons qui veut ça ! ». Ah oui ? Etre en chemin ce n’est pas se contenter ou se sentir obligé de faire comme ... tout le monde ; ce n’est pas rester conditionné à l’esprit du temps et se bourrer de médicaments afin de continuer à vivre d’une manière sotte sans plus ressentir les symptômes de cette manière absurde de vivre.

La méditation de pleine attention est la culture du calme intérieur, la culture du silence intérieur. Ce qui conduit, dans la vie de tous les jours, quelle que soit notre activité existentielle, a avoir infiniment de temps intérieurement.

Rien ni personne ne peut m’empêcher de marcher tranquillement de la salle de bain à la cuisine. Que ce soit sur la rue ou sur votre lieu de travail, rien ni personne ne peut vous empêcher de vous déplacer sans être soumis au diktat de la vitesse. Lorsqu’elle ne s’impose pas pour sauver sa peau ou sauver une personne en danger, la vitesse est une fuite en avant. Aller vite ! Faire vite ! C’est donner plus d’importance au monde extérieur qu’à notre vie intérieure.
Allez où il vous faut aller ! Faites ce que vous avez à faire ! Mais, vraiment ... « Rien ne presse ! »


Jacques Castermane

___________