mardi 1 juillet 2025

Histoire d’une âme

 

l’histoire d’une âme
ne se confond pas
avec celle d’une vie
le destin existentiel
ne rend pas toujours compte
du destin essentiel
souvent le dedans
dessine une trame autre
que celle du dehors
une vie sans éclat
s’achève parfois
en éblouissement intime
il est de petites vies
qui connaissent de grandes fins
et des destins d’exception
dont le terme est médiocre
des parcours agités
culminent en un immense calme
tandis que de brillants itinéraires
s’arrêtent sur une note terne
il arrive bien
que surface et profondeur
histoire d’une âme
et scénario d’une vie
coïncident à peu près
et ainsi éclairent le monde
mais il n’en va pas toujours ainsi.
les apparences
ne disent pas l’essence
le récit ne conte pas les enjeux capitaux
le devenir de l’âme
n’est pas circonscrit
au déroulement d’une vie
aussi semons nous des graines
nous autres serviteurs de bonne volonté
s’il est auguste, notre geste de semeur
n’en est pas moins aveugle
nous œuvrons sans réelle visibilité
nous crions dans le désert
lançons nos bouteilles à la mer
avec la sagesse qui vient
nous savons que souvent,
nous ne dégusterons pas les fruits
ne nous assiérons pas
à l’ombre des arbres plantés
nous ne verrons pas de nos yeux de chair
le sourire de la personne
qui sur d’autres rivages
dépliera le message
le soulagement de celle
jusqu’à laquelle le vent
portera notre voix
nous donnons tout maintenant
conscients de travailler
pour tout de suite
mais aussi pour plus tard
pour un lieu et un temps
inconnus
dans une perspective autre
qui ne s’accommode pas
de la brièveté d’une vie

Gilles Farcet
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lundi 30 juin 2025

Oui à Zazen


Revue Acropolis : Le premier mot sur le chemin, c’est un OUI. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Jacques Castermane :

« OUI à ce qui est !». On retrouve cette invite chez Dürckheim, chez Arnaud Desjardins comme chez son maître Swami Prajnanpad. Pourquoi ? C’est une question de bon sens. Vous pensez peut-être que c’est du fatalisme. Pas du tout. Au réveil vous ouvrez les volets et la première chose que voyez : Il pleut ! Réaction à la fois mentale et affective : » Quel dommage, je me réjouissais de faire une promenade sous un ciel ensoleillé ». Étant en chemin ou non, une autre attitude s’impose. Il pleut.

OUI à ce qui est pour la simple et bonne raison que cela est. Ce Oui n’est pas du fatalisme. Confronté au réel vous pouvez maintenir votre désir de vous promener et, comme vous êtes astucieux, vous le ferez, enveloppé dans un imperméable et muni d’un parapluie.

J’ai mal aux dents, vraiment mal. OUI à ce qui est. Pourquoi ? parce que cela est. À quoi bon laisser paraître que tout va bien ?

André Comte-Sponville, qui est souvent venu au Centre pour proposer des leçons de philosophie disait : « Je préfère une vraie tristesse à une fausse joie ».

Étant en chemin, il n’est pas question de se mentir, de faire semblant, mais d’affronter la vérité et de l’assumer. C’est l’occasion de découvrir que quoi que ce soit qui est apparaisse, disparaît plus tôt ou plus tard.

Revue A. : Que voulez-vous dire par « quoi que ce soit qui apparaisse, ce qui apparaît va disparaître » ?


J.C. : Quand on dit OUI à ce qui apparaît, en même temps on dit OUI au fait que cela pourrait disparaître. Quel beau temps. OUI. Ce faisant je suis prêt à dire OUI au mauvais temps. En disant OUI à ce qui est, nous ne sommes plus dans un combat contre le NON. Il s’agit d’associer le oui et le non … les deux, ensemble. Ce que je vis comme étant agréable et ce que je vis comme étant désagréable ; ce que j’aime et ce que je n’aime pas. Les deux ensembles. Ce paradoxe est un fondement de la tradition qu’est le zen.

Je pratique l’exercice appelé zazen. En ce moment J’inspire… OUI. Pourquoi ? Parce que j’inspire. Et voilà qu’en ce moment j’expire… OUI. Pourquoi ? Parce que j’expire. Jusqu’à ce jour où, acceptant de ne plus opposer les contraires, je fais l’expérience que je respire et que Moi (qui peut faire mille et une choses) je n’y suis pour RIEN. Découverte de cette part de moi-même qu’est l’INFAISABLE. Expérience que tout au long de mon existence, je suis soumis à cette action vitale paradoxale qui transcende tout ce que le moi peut faire. Mais qui y prête attention ?

Quelqu’un m’a dit : « Respirer ! Vous en faites une histoire. C’est banal, tous les humains respirent ». Je lui ai répondu : « Si vous trouvez cela banal, arrêtez de respirer. Vous n’allez quand même pas vivre dans la banalité tout le reste de votre vie ! ».

Revue A. : Vous avez parlé de l’ordre. Un jour, je crois, Dürckheim vous a dit, probablement suite à l’une de vos questions, ou à une situation ou à une expérience : « Nous ne pratiquons pas zazen pour nous mettre à l’abri des bombes, nous pratiquons zazen pour voir et pour montrer que là où nous sommes, le monde peut encore être en ordre ».

J.C. : L’ordre. Il s’agit de l’ordre des choses que les Chinois désignent par le sinogramme Tao et les Japonais par le kanji Do. Cette phrase : « Nous ne pratiquons pas zazen pour nous mettre à l’abri des bombes, nous pratiquons zazen pour voir et pour montrer que là où nous sommes, le monde peut encore être en ordre », Dürckheim l’a prononcé en 1972. C’était pendant la guerre du Vietnam. Dans tous les journaux en Allemagne, comme dans la plupart des pays du monde, une photo avait été publiée : celle de cette petite fille brûlée au napalm qui courait nue sur la route. C’était l’une des photos les plus émouvantes qu’on pouvait avoir sous les yeux. Rütte, ce petit village de la Forêt Noire, n’était pas un refuge dans lequel on aurait pu se croire à l’écart de ce qui se passe dans le monde. Nous avions tous vu cette photo.

Graf Dürckheim introduisait toujours la pratique de zazen avec quelques mots. Et c’est cette fois-là, lorsque nous commencions la pratique de l’assise en silence il nous a dit : « Nous ne pratiquons pas zazen pour nous mettre à l’abri des bombes. Nous pratiquons zazen pour faire l’expérience et témoigner que là où nous sommes, le monde peut encore être en ordre ».

D’une certaine manière, ces mots légitimaient l’exercice que nous allions faire, sans avoir l’impression de fuir les drames de l’existence auxquels chacun plus tôt ou plus tard peut être confronté.

Ce que dit Graf Dürckheim, concerne le collectif humain et la singularité qu’est chacun (les deux, ensemble). Face à huit milliards d’êtres humains, il serait prétentieux d’imaginer ou d’espérer que, parce que je pratique zazen chaque matin, je vais pouvoir changer le monde. En même temps, grâce à la pratique régulière de zazen chacun, personnellement, peut faire l’expérience d’un ordre qui n’est pas le contraire du désordre ; désordre, l’expérience d’un calme qui n’est pas le contraire de l’agitation. Identifié au moi existentiel, nous vivons à la surface de nous-mêmes, comme on l’observe lorsqu’on est face à l’océan où des petites vagues alternent avec de grandes vagues. Par contre, sous la surface des vagues, le plongeur fait l’expérience d’un calme qui n’est pas le contraire de l’agitation.

Zazen ? Une plongée au fond de soi-même là où se révèle le vrai Soi.

Revue A. : Que change la pratique du Zazen pour celui qui la pratique ?

J.C. : J’ai le souvenir d’un chirurgien qui venait au centre régulièrement. Il disait commencer sa journée par une demi-heure de zazen. Un jour je lui ai demandé : « Vous venez régulièrement au Centre depuis plusieurs années, avez-vous l’impression que la pratique quotidienne de zazen change quelque chose dans votre vie professionnelle ? ».

Sa réponse : « C’est considérable. Avant de venir au Centre, avant de connaître la pratique de zazen, lorsque je commençais la journée à la clinique, je faisais le tour des patients opérés les jours précédents. J’ouvrais la porte de la chambre et en restant sur le seuil je m’adressais à la personne alitée : « Alors Madame Untel, vous allez bien, vous avez bien dormi ? Je vous souhaite une bonne journée” ».

Un jour, il s’est dit : « Je ne peux plus faire cela. Ce n’est pas digne ! ». Et Il ajoute : « Depuis que je viens au Centre, j’entre dans la chambre du patient, je m’assieds sur le bord du lit, je prends la main de cet homme, de cette femme, de cet enfant dans la mienne, et nous parlons tranquillement en ayant, comme vous nous le rappelez — infiniment de temps pendant trois minutes —. J’ai vraiment réalisé l’importance de ce que vous appelez une rencontre de personne à personne, une rencontre d’être à être. »

Quand j’ai raconté cette anecdote à Arnaud Desjardins, il m’a dit : « Jacques, ne cherche plus pourquoi tu as la responsabilité du Centre Dürckheim, maintenant tu en connais la raison ».

Ce que vit ce médecin dans le cadre de sa profession concerne de la même manière le maître d’école qui fait face à une vingtaine d’enfants ou le directeur d’une entreprise face à ses employés.

En quoi consiste le changement ? Un moine bénédictin qui avait passé une dizaine d’années au Japon me disait : « Chaque homme est né spirituel. Ce qu’on appelle un chemin spirituel a pour but de devenir un être humain ».

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dimanche 29 juin 2025

20 vérités

 Aujourd'hui, c'est dimanche, mon jour de repos, idéal pour chercher avec toi vingt vérités.


1. De squelette en squelette, avançons, poussant une perle naissante.

2. Je suis une fin qui se demande où elle naît, un but en quête de chemins, et une réponse qui attend ta voix.

3. Ce que le poète ignore, les soleils non plus.

4. Enfouissons nos têtes dans la terre jusqu'à perdre nos frontières.

5. Même si je ne parviens jamais à réaliser ce qui n'est pas, ma récompense est de le désirer.

6. Indifférentes à l'effondrement, les roses exhalent leur parfum.

7. Qui me connaît ? Est-ce que je me connais ?  Un rossignol chante.

8. Sous les nuages ​​immobiles, le vent emporte la ville.

9. Ils partent en quête. Ils viennent en quête. Ils vivent dans leurs pas, étant le chemin.

10. Je transforme ce que je ne peux avoir en guide. Je fais des portes avec mes blessures.

11. Éliminant les détails inutiles, le tourbillon me transporte vers mon centre. Plaisir d'un océan sans rivages.

12. Dans le courant sans fin, comment puis-je posséder un morceau de terre ?

13. Un corps sans présence apprécie les caresses du vent.

14. Un fil secret tisse un collier de mes îles, écoutant le chant d'une déesse aveugle.

15. Tracer un chemin droit dans le chaos, le parcourir tel un oiseau ivre, entrer dans ton temple tel un crapaud en feu.

16. Un voleur sacré a effacé mes reflets. Plaisir de ne plus jamais savoir qui je suis.

17. Goût doux-amer d'un horizon infini. Nostalgie persistante de la fleur future. S'obstiner à continuer d'exister.

18. Nous inventons une tragédie. Vagues d'une mer inexistante.

19. L'attente ne doit jamais finir. Dieu aime ce qui n'arrive jamais.

20. Celui qui me lit existe, je n'existe pas.

Formes infinies d'un seul silence.

Nous embrassons votre âme,

Pascale et Alejandro Jodorowski

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samedi 28 juin 2025

Raisonance

 


Face au voile d’inconnaissance, il faut donc renoncer à raisonner. Alors, que faire ?

Simple : il faut cesser de raisonner et commencer à résonner. Entrer en résonance avec le Réel comme le font, entre elles, les cordes d’une guitare pour former un accord harmonieux.

Derrière ce mot “résonance”, le physicien perçoit une mise en concordance de deux modes vibratoires, et c’est bien de cela qu’il s’agit : d’une mise en phase des vibrations d’une conscience “locale” avec les vibrations du “Grand Tout” dont elle émane.

Cette mise en phase porte un nom : intuition.

Quitte à faire hurler les rationalistes, l’intuition existe bel et bien, et elle est aussi un chemin de connaissance.

Je sais que je sais, et je ne sais ni pourquoi ni comment je sais, mais je sais ! Voilà décrite toute l’intuition. Elle reste largement mystérieuse. Mais ô combien opérante. Parmi toutes les grandes décisions qui émaillent une vie d’homme, combien relèvent de la raison ? Est-ce la raison qui a choisi l’être aimé, la passion d’un métier, le chemin des études, l’accueil d’un enfant, le sens d’une vocation ? Poser la question, c’est y répondre.

Rappelons encore cette belle parole d’Albert Einstein, que l’on peut difficilement accuser d’être un doux rêveur ou un esprit irrationnel, magique ou superstitieux :

“Le mental intuitif est un don sacré et le mental rationnel est un serviteur fidèle. Nous avons créé une société qui honore le serviteur et a oublié le don.” La Mystique, elle, ne l’a jamais oublié, ce don sacré. Dont acte !

L’intuitivité est le cœur de notre cerveau droit comme la rationalité est le cœur de notre cerveau gauche. Ce dernier est inopérant dans le champ spirituel et mystique. Reste donc le premier, que la Mystique fera se cultiver, s’activer, se développer jusqu’à des niveaux de conscience-résonance insoupçonnés.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : de comprendre au plus profond de nous que ce que nous appelons “conscience” n’est en fait que l’expression de cette résonance mystérieuse entre nous et l’univers : prendre conscience, c’est entrer en résonance. L’une est aussi mystérieuse que l’autre.

La démarche mystique est donc bien une démarche fondée sur l’intuition et la résonance aux sens les plus profonds et les plus secrets de ces deux mots.

Marc Halévy, Le sens du Divin, p. 72

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vendredi 27 juin 2025

Incarné...

 20 ans... 20 ans de mariage aujourd’hui.

Bisous Corine. Merci d’être là, de ne m’avoir jamais lâché la main.

Merci à Victorine, Céleste, Augustin.

Merci à toutes et à tous. 

L’amour inconditionnel serait un truc bateau, carrément tarte à la crème, s’il n’était pas réellement incarné au quotidien, s’il ne sauvait pas des existences, d’instant en instant, s’il ne réparait pas des vivants, s’il ne redonnait pas confiance en la vie.

Peace and Love à toutes et à tous, dans ce monde qui en a tellement besoin.

Alexandre Jollien

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Tenter le soleil

 



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jeudi 26 juin 2025

Recevoir

Le mot Kabbale signifie "recevoir".

Toutefois, il existe quatre manières de saisir une même chose : mystique, métaphysique, allégorique et littérale. Tels sont les quatre mondes et leurs clefs. 

Afin de pratiquer l'ouverture des portes de l'esprit, voici un exercice d'initiation qui a le mérite de replacer les choses dans un contexte plus personnel.

-> Asseyez-vous confortablement dans un endroit tranquille, la colonne vertébrale bien droite.

Cela est Malkouth.

-> Mettez vos mains sur vos genoux et fermez les yeux.

Cela est Hod.

-> Prenez conscience de votre pouls et de votre respiration.

Cela est Netzah.

-> Coupez-vous de l'environnement extérieur, des sensations et des images intérieures, et concentrez-vous sur cette part en vous qui observe les phénomènes.

Cela est Tepheret.

Tel est le "petit visage" de l'Homme naturel.

Au-dessus, sur votre Arbre de Vie, réside le "grand visage" de l'Homme surnaturel.

Lorsque vous êtes calme et détendu, l'âme tournée vers l'esprit, vous pouvez devenir un avec vous-même.

Alors vous êtes véritablement prêt à "recevoir". 

Pratiquez cet exercice au moins une fois par jour.

Source : L'Arbre de vie sekon la Cabale. -z'ev Ben Shimon Halevi

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mercredi 25 juin 2025

Début de guérison

Nous faisons partie des autres. Plus vous êtes détendu, mieux vous pouvez soigner autrui... 



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mardi 24 juin 2025

Service

 

les semaines de service
se suivent
et se ressemblent
même si chacune
a nulle autre pareille
il n’y a personne pour servir
une forme affûtée quoique faillible
oeil lampe du corps rivé sur
les tours et détours
de l’humain qui n’en peut mais
oreille tendue au diapason
de la fréquence première
l’idée même de servir frise l’imposture
sitôt que se fait jour
la croyance qu’il serait possible
que quiconque aide qui que ce soit
personne ne peut aider personne
mais l’amour peut circuler
et faire son œuvre inimaginable

Gilles Farcet

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lundi 23 juin 2025

Le maillon faible

 


Cherchez le maillon le plus faible de la chaîne. C'est celui-là qui peut se rompre. Ne vous illusionnez pas avec vos forces, ayez l'honnêteté de vous mesurer à votre plus grande faiblesse et c'est cette plus grande faiblesse à laquelle vous devez mettre fin, même s il faut pour cela deux ans, cinq ans, dix ans.

Il est plus facile de fermer les yeux et d'essayer de ne pas la voir. Mais vous n'avez plus aucune chance de devenir libre un jour. Si la chaîne que vous représentez comporte quinze anneaux forts et un anneau faible, et si vous ne voyez que les quinze anneaux forts et ne voulez pas tenir compte de l'anneau faible, vous ne deviendrez jamais un sage jamais quels que soient vos efforts de « sadhana » ou de méditation. Et cette faiblesse, vous pouvez découvrir qu'elle s exprime en termes d infantilisme. Voilà le point sur lequel je suis encore un enfant. Et puis comprenez bien ce qu'est un enfant ; regardez les enfants de deux ans, trois ans, cinq ans.

Swâmiji m'a mis le nez sur le maillon le plus faible de ma chaîne. Et c'était un maillon sur lequel je m'illusionnais complètement parce que j'y voyais au contraire une certaine force. Il s'agissait de la relation avec le sexe féminin. À partir du moment où j avais dépassé la timidité, le complexe d'échec de mes vingt ans et une approche infantile de l'amour, j'avais peu à peu gagné une affirmation, une aisance, une audace en face du sexe féminin. Swâmiji m'a montré que c était uniquement de la faiblesse et de l'infantilisme, même si un certain prestige s'attache à l'homme qui a du succès auprès des femmes, ou la femme qui a du succès auprès des hommes.


Aucune chaîne n'est plus solide que le plus faible de ses anneaux, aucun homme n'est plus fort que sa plus grande faiblesse. Voilà la vérité.

Le commencement de la transformation en adulte, c'est le goût de la vérité, qui vient de vous-même, pas qui vous est imposé du dehors, le goût et l'amour de la vérité. Car l'enfant n aime pas la vérité ; l'enfant aime bien mieux, vous le savez tous, des rêves, des imaginations. Je suis Zorro, je suis le chef des Indiens, je pilote des avions... Swâmiji m avait donné l'exemple d un enfant qui prenait le stéthoscope de son père médecin et se promenait en affirmant : « Je vais soigner les malades pour gagner de l'argent. » Les enfants ne cherchent pas la vérité ; ils aiment faire semblant, ils aiment prétendre. Et un adulte qui n'a pas le goût personnel de la vérité, de la vérité coûte que coûte et à n'importe quel prix, est encore un adulte infantile. Le commencement du passage de l'enfant à l'adulte s'accomplit quand cette nécessité devient plus forte que prétendre, plus forte que se rassurer, plus forte que faire semblant, plus forte qu'être aimé - plus forte que tout le reste je veux la vérité. C est la promesse de l'adulte un jour.

Arnaud Desjardins - « Tu es cela » - À la recherche du soi IV

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dimanche 22 juin 2025

Plein Feu

 

☯️ Sais tu que nous sommes déjà en été selon la mtc ?

Eh oui, en médecine chinoise, nous considérons le mouvement énergétique avant le mouvement météorologique.
🌞 L'été, c'est la flamboyance qui nous traverse… depuis le 5 mai - son debut officiel 🔥
En médecine chinoise, l’été est la saison du Feu.
Sa couleur est le rouge
Sa direction le sud
Son goût amer
Son organe associé le cœur et le maître cœur
Son entrailles l'intention grêle et le Triple Réchauffeur.
Il débute le 5 mai et se termine le 22 juillet (car l'automne énergétique débute le 8 août après l'intersaison de terre)
L'été, c’est la période la plus Yang de l’année : expansive, chaude, lumineuse, vibrante.
Tout pousse, tout s’ouvre, tout s’exprime. Et nous aussi, on se laisse traverser par cette pulsation. Avec plus ou moins d’aisance…
Le Feu, c’est le cœur et son royaume celui de la joie, du sang qui circule, des émotions en paix, de la parole claire et de l’esprit tranquille.
❤️ Le cœur, c’est l’Empereur. Il gouverne le sang, la conscience, l’intelligence émotionnelle. Il abrite le Shen, notre esprit.
Quand le cœur est serein, ça se voit : regard lumineux, teint vivant, parole juste.
Et quand il est perturbé ? Insomnie, palpitations, agitation mentale, voire confusion ou absence de joie...
L’intestin grêle, lui, fait le tri. Ce qui est bon pour nous, et ce qui doit être éliminé. Il trie les nutriments comme il trie l’information. Il participe au discernement. Oui, même ton ventre a son mot à dire sur ce qui est “juste pour toi”.
L'élément feu en médecine chinoise, c'est le seule à avoir 2 organes et 2 entrailles associés dont nous, en occident, ne connaissons ni l'existence ni la fonction énergétique:
💞 Le Maître cœur, ou Péricarde, protège l’Empereur. Il filtre, il tamponne, il encaisse les chocs émotionnels pour éviter que le cœur ne s’effondre sous le poids du monde.
🔥💦 Le Triple réchauffeur, lui, circule. Il relie, il distribue, il harmonise les trois étages du corps. C’est un chef d’orchestre de l’énergie, de la chaleur, des liquides. Même sans structure anatomique, il fait son job en silence. (Et encore, on pourrait le relier à l'interstitium, organe découvert en 2017!)
Et au milieu de tout ça ? Ton été intérieur.
Alors je te poserai cette question :
Comment est ton feu en ce moment ?
Trop fort, il consume.
Trop faible, il n’anime plus.
Juste bien ? Il éclaire, il chauffe, il réjouit.

------------ Nina Voit

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vendredi 20 juin 2025

Le mystère qui nous fait exister


" Simplement, je cultive la confiance. Confiance dans le mystère qui nous fait exister. Confiance dans la vie. Confiance dans la mort.
La vie fut une belle surprise, la mort sera une belle surprise. De quel ordre ? Aucune idée ! Croire ne revient pas à savoir. Croire consiste plutôt à habiter l’ignorance avec confiance."
(Journal d'un amour perdu - Eric-Emmanuel Schmitt)

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