mercredi 16 août 2023

Vigilance en action

 Pour entrer en contact véritable avec la vie !

"Soyez vif, éveillé, attentif, vigilant à chaque instant dans tout ce que vous faites." 

Swami Prajnanpad


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mardi 15 août 2023

Stratégie de survie


SCENARIOS INTERIEURS ET STRATÉGIE DE SURVIE (extrait du "carnet")

Nos « scénarios » plus ou moins récurrents nous renseignent à propos de notre stratégie de survie ou « points critiques » autour desquels s’est construit l’égo.  


Un élève me parle de sa résistance viscérale à l’autorité. Il supporte mal d’être contraint. Son chef lui demande d’arrêter une tâche pour aller en faire une autre, il n’obtempère pas et est en rage quand l’ordre lui est réitéré… Il me donne ensuite d’autres échantillons anodins témoignant de cette même crispation. Nous en venons à évoquer ses scénarios récurrents, à savoir ces pensées qui se présentent d’elles mêmes et racontent une histoire, ces moments où chacun s’imagine dans telle ou telle situation… Pour lui, ce qui revient souvent, c’est, soit un scénario dans lequel lui même est contraint, soit un autre scénario dans lequel il ne cède pas à la contrainte : une police totalitaire le convoque et lui demande de donner des informations, il refuse et ne cède pas aux pressions … 

L’un comme l’autre scénario l’informent d’un aspect de sa stratégie de survie, autrement dit de son nœud de souffrance : du point de vue de son histoire psychologique, il a certainement beaucoup souffert de se trouver sous le joug de la contrainte : une contrainte non comprise, ressentie à tort ou à raison sur le moment comme arbitraire, non juste et par conséquent refusée. 

Cette contrainte émanant d’une autorité (parent, éducateur) plus forte que lui, l’enfant cède, mais il cède avec un vécu intime de rage impuissante, de révolte et de colère. Cette émotion est éprouvée par lui comme de l’ordre de l’ingérable. Elle lui fait, comme on dit si bien «péter les plombs » ou « disjoncter ». L’intensité est trop forte pour ses circuits intérieurs. En apparence, bien sûr, l’enfant la digère et n’atterrit pas pour autant en psychiatrie. Et cependant, un nœud fondamental est ainsi créé, une crispation primate cristallise. Si bien que, « adulte », il n’est pas loin de péter les plombs si un ordre ressenti comme arbitraire lui est donné par une autorité ayant objectivement un certain pouvoir sur lui. A ce moment là, l’homme pourtant raisonnable et gentil qu’il est se trouve dépassé et devient brièvement comme fou, avec le risque de parfois passer à l’acte (insulter son chef, un voisin, un flic, se mettre en difficulté …) 

Cela, c’est l’émotion à l’œuvre, celle qui se déclenche quand une circonstance excitante comme disait Swami Prajnanpad apparaît. 

Les scénario, eux, procèdent d’une (vaine) tentative de rééquilibrage.


La stratégie de survie a toujours des comptes à régler. Elle cherche constamment à mettre « un point partout. » Je me suis senti contraint, je veux contraindre à mon tour- la  victime fait un excellent bourreau - ou  alors je me fantasme en héros inflexible : cette fois, je ne cède pas, rééquilibrant ainsi l’humiliation passée. C’est cette belle chanson chantée par Johnny Cash , « I won’t back down ». "Je ne plierai pas, je ne reculerai pas. Vous pouvez me mettre aux portes de l’enfer, je ne plierai pas…" 

L’inconscient cherche tout le temps à attirer des situations où il a l’impression qu’il lui serait possible d’égaliser le score. 

Tentative bien entendu vaine et désespérée du point de vue du réel puisque, outre le danger des passages à l’acte mêmes « petits »,  chaque « victoire » éventuellement obtenue suscite un nouveau déséquilibre : si à mon tour je contrains, je crée un vaincu qui va ensuite chercher à se rééquilibrer.  Voir le fameux et terrible épisode du wagon d’Hitler...Voulant laver l’humiliation de l’armistice de 1918, dans lequel l’Allemagne a été mise à genoux, Hitler exige que l’armistice de 1939 soit signé dans le wagon même où prit place le précédent une vingtaine d’années auparavant. 

Pour un pratiquant sérieux, il est important de prêter attention à ces scénarios qui ne sont pas si insignifiants qu’ils en ont l’air et de cesser de les alimenter car en les nourrissant, c’est l’ego et le mental à qui on donne à manger. En ne les alimentant plus, au contraire, j’affame l’ego et le mental, je fais peu à peu se tarir une source d’émotion, plus radicalement et efficacement que toute démarche thérapeutique (ce qui ne veut pas dire que cette dernière soit inutile).

Gilles Farcet

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lundi 14 août 2023

Vous dites...

 Mes chers amis, je partage avec vous une réponse de Ramana Maharshi à une question posée par un disciple. Ramana Maharshi partageait une voie très directe d'auto investigation qui est d'une grande simplicité et d'une efficacité redoutable si l'on veut bien aller au bout de cette investigation.

Avec ma profonde amitié pour vous tous. Philippe Fabri


"Question : On a parfois des flashs d’une conscience, dont le centre est extérieur au moi normal et qui semble tout intégrer. Sans entrer dans des considérations philosophiques, est-ce que Bhagavan ne voudrait pas me dire comment faire pour obtenir, retenir et étendre ses rares flashs ? Est-ce que les exercices spirituels, propres à développer de telles expériences, implique qu’il faille se retirer quelque part ?


Ramana Maharshi : Vous dites « extérieurs » : pour qui y a un intérieur et un extérieur ? Tout ceci n’existe aussi longtemps qu’il y a un sujet et un objet. Si vous cherchez bien, vous trouverez qu’il se résorbe dans le sujet seulement. Chercher qui est le sujet, et cette enquête va vous conduire à la pure conscience au-delà du sujet.

Vous dites le « moi normal » : le moi normal et l’esprit. L’esprit à des limitations. Mais la pure conscience est au-delà des limitations est atteinte par l’investigation dans le «Je ».

Vous dites « obtenir » : mais le Soi est toujours là. Vous n’avez qu’à enlever les voiles qui vous empêchent de le voir.

Vous dites « retenir » : mais une fois que vous avez réalisé le SOI, il devient votre expérience directe, immédiate. Vous ne pouvez plus le perdre.

Vous dites « étendre » : mais il n’y a pas d’extension du Soi, car il est comme il est, depuis toujours, sans contraction ni expansion.

Vous dites « se retirer » : mais demeurer dans le Soi est solitude, car il n’y a rien d’étrangers au Soi. Se retirer veut dire d’un endroit ou d’un état vers un autre. Mais ni l’un ni l’autre n’existe en dehors du Soi. Tout étant le Soi il n’est ni possible, ni concevable de s’en retirer.

Vous dites pratiques spirituelles : mais cela ne sert qu’à empêcher la perturbation de la paix naturelle. Vous êtes toujours dans votre état naturel, que vous fassiez des exercices spirituels ou non. Restez tel que vous êtes en réalité, sans question des doutes, c’est cela votre état naturel."

Extrait de "Sois ce que tu es" Ed. Jean Maisonneuve

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dimanche 13 août 2023

« Le Yoga a-t-il perdu la tête ? »

 « Le Yoga a-t-il perdu la tête ? » en écho à la récente couverture de Télérama (1)


Yoga, Tai-Chi-Chuan, Zen, Kyudo, Kendo, Chado, Shodo, Aïkido ... !

Tout cela est discuté, ressassé, faussé surtout en présentant ces différentes voies de la sagesse comme accessibles et assimilables par la pensée. Aussi bien, ce qui ne peut se révéler que par la pratique d'un exercice devient un objet de réflexion théorique et d'études scientifiques exigeant des mesures quantitatives effectuées, depuis peu, par des spécialistes dans le domaine des neurosciences.

Bouddha, Patañjali, Tchouang-Tseu, Dôgen et autres piliers de la sagesse n'ont vraiment pas eu de chance. À leur époque il n'était pas possible de vérifier leurs dires en les soumettant à l'IRM, au scanner, à l'électroencéphalogramme.

Yoga ... Zen ... Tai-Chi-Chuan ... on se grise de formules abstraites et de grandes théories sans soupçonner combien des expériences qualitatives très concrètes et accessibles à tout être humain peuvent transformer notre manière d'être.

Zen, Yoga, Taï-chi-Chuan, Chado, Shodo, Aïkido sont des voies de sagesse menacées par l'intérêt mal compris qui fait courir vers elles. Apparemment différentes, elles ont en définitive, le même but : la découverte par l'homme lui-même de sa vraie nature et de sa vraie destinée.

Ce projet spirituel, lorsqu'il aborde les côtes occidentales, est le plus souvent réduit à ce qu'on appelle le développement personnel et prend place dans le marché du bien-être. Un marché très lucratif comme le rapporte pertinemment la journaliste Marion Rousset dans un dossier qui fait la première page de Télérama sous le titre : LE YOGA A-T-IL PERDU LA TÊTE ?

Cette question m'incite cependant à en poser une autre : Le Yoga n'a-t-il pas pris trop de place dans la tête de l'homme occidental ?

Yoga, Tai-Chi, ainsi que les disciplines artistiques, artisanales et martiales propres à la tradition japonaise sont des pratiques corporelles. On ne pratique pas zazen en prenant appui sur le mental, la pensée, le raisonnement. Lorsque les chemins de la sagesse sont dévoyés sur les routes du savoir, ils perdent leur substance essentielle et leur projet qui n'est autre que la transformation de la personne qui les pratique.

Il importe lorsqu'un emprunte les voies de la sagesse d'engager ce que Graf Dürckheim désigne comme étant : LE CORPS QUE NOUS SOMMES ("Leib" dans la langue allemande).

Plutôt que de rassembler des textes sanscrits, chinois ou japonais qui donneraient l'impression de vouloir opposer l'esprit occidental et l'esprit oriental, voici quelques anecdotes qui valent davantage que les grandes théories :

— Maurice Béjart, danseur et chorégraphe, raconte ce qu'il a vécu à l'occasion d'un voyage en Inde, dans les années 1950. Il est présenté à un maître de Yoga authentique qui lui pose une question embarrassante : « Quelle est votre danse ? ». (Sous-entendu, quel exercice pratiquez-vous pour nourrir votre quête spirituelle ?)

Ayant regardé Maurice Béjart pratiquer la barre (exercice repris quotidiennement dans le monde de la danse) ce maître dans la pratique du Yoga lui dit : « Si votre mental est libre et votre corps droit mais sans tension, si vous laissez l’exercice vous diriger et non l’inverse, si vous ne désirez rien que l’exercice pour la beauté et la vérité de l’exercice vous avez votre yoga, ne cherchez pas ailleurs. »

Maurice Béjart atteste que depuis ce jour et d'une manière définitive, les exercices de la barre ne furent plus pour lui liés à un style, à une certaine forme de danse. Désormais il voyait cet exercice fondamental comme étant un rituel qui a pour sens la transformation de toute personne qui consacre sa vie à la danse, à toute forme de danse.

La gamme est dans le domaine de la musique ce que la barre est dans le domaine de la danse.

—Dans les années 1950, Graf Dürckheim est en contact avec le pianiste roumain Dinu Lipatti. Le vieux sage de la Forêt Noire raconte : « Pendant une année entière, il a renoncé aux contrats qui l’amenaient à jouer dans le monde entier, afin de consacrer du temps à ce seul exercice : la gamme ! Il me disait, qu’au cours de cette année consacrée à cet exercice fondamental, il avait acquis un toucher duquel émanait un son d’une qualité imprédictible. Je me suis permis de lui dire qu’il me semblait que l’accès à ce toucher n’est pas le fruit de ce qu’on appelle la technique mais l’expression et le témoignage d’un homme —transformé par la technique—.»

— Graf Dürckheim raconte :

Kyoto 1941. Un ami japonais avait organisé pour moi une rencontre avec le maître Hayashi, abbé d'un monastère Zen. Quand l'heure fut venue de se quitter, le maître me dit « Je voudrais vous offrir quelque chose. Une peinture. »

Avec placidité et une grande prodigalité de gestes, comme s'il disposait d'un temps infini —et un maître a toujours infiniment de temps intérieur — l'abbé commença à préparer lui-même son encre. Sa main ne cessait d'aller et venir, jusqu'à ce que l'eau fut enfin devenue noire. Je m'étonnais que le maître fisse lui-même ce travail et demandai pourquoi on ne le déchargeait pas de cette tâche. Sa réponse en dit long : « Par le paisible mouvement de va-et-vient de la main, on devient soi-même tout à fait calme. Tout devient silence. »

Il fut enfin prêt. Assis sur les talons, le front serein, les épaules relâchées, le buste droit et détendu, animé par ce tonus vivant qui caractérise une personne centrée en son centre vital (Hara), d'un geste inimitable, à la fois calme et fluide, le maître saisit le pinceau et, me donnant l'impression qu'il était vraiment lui-même, sans être encombré par la crainte d'un éventuel échec ni la volonté impérieuse de réussir, il peignit la déesse Kannon, déesse de la compassion. C'est pour moi un moment inoubliable.

Lorsque le maître Hayashi me remit la feuille, je le remerciai avec cette question : « Comment fait-on pour devenir un maître ? » Il me répondit avec un sourire malicieux « Simplement, laisser sortir le maître qui est en soi. Oui —Simplement, laisser sortir ... ».

Ce que nous pouvons déduire de ces trois témoignages qui concernent des arts de natures différentes, ce sont l'unité et la conformité des exigences des maîtres de l'exercice, de la technique.

Parmi celles-ci :

— La non participation du mental, de l'usage de la pensée, de la conscience qui objective.

— La manière d'être en tant que corps ! Par exemple, s'asseoir le buste droit et détendu, le front serein, les épaules relâchées ; laissant le corps vivant dans sa globalité et son unité être animé par le souffle qui de lui-même va et vient. Il s'agit en tant que personne d'être centré en son juste milieu, son centre vital, HARA.

— Une pratique sans but. Laisser l'exercice nous diriger et non l'inverse, jusqu'à se sentir libéré du désir de réussir qui s'accompagne de la crainte de l'échec.

— Le renouvellement de gestes simples et fondamentaux (comme le va-et-vient de la main, la reprise des quelques notes qui composent la gamme). Passage de l'esprit d'acquisition ou de performance à l'esprit de création.

— Le rythme qui donne vie au geste. Là où est le vivant est le rythme, là où est le rythme est le vivant.

— Le fait que l'action - la beauté des gestes et leur aboutissement - soit l'expression et le témoignage de la transformation de la personne en chemin.

Les personnes qui viennent et reviennent au Centre Dürckheim ne sont pas soumises à un nombre important d'exercices. Ce qui importe est de découvrir le PRINCIPE qui est la racine de chaque exercice : notre vraie nature, notre être essentiel. Parce que seule la personne en contact avec sa propre essence peut envisager parcourir son existence dans le monde tel qu'il est (et sans attendre qu'il change) dans un sentiment de sécurité.

Comme il s'agit d'un chemin de transformation de la personne, il n'aura de sens que s'il déborde dans notre vie de tous les jours. Dans le quotidien, il y a aussi une barre ou une gamme ! Que notre exercice ait ses racines en Inde, en Chine, au Japon ou ailleurs, à tous moments de notre vie quotidienne, il est une manière d'être être assis, d'être debout, d'être en train de marcher, d'être allongé dont nous devrions nous sentir responsables. Considérer ces “quatre attitudes dignes” (Dogen) comme étant la gamme ou la barre prépare les conditions qui permettent la libération d’une véritable stabilité intérieure et de vivre calmement le moment présent ; ce moment qui est le seul au cours duquel nous vivons réellement.

Le corps, notre manière d'être en tant que corps (IchLeib), devient toujours davantage un champ d'expérience et de réalisation du vrai soi.

Jacques Castermane

1 - Télérama n° 3835, du 15 au 21 juillet 2023
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samedi 12 août 2023

La pratique de l'effort !

 

"Je partage ces paroles sages à propos des efforts nécessaires sur la voie spirituelle, quoi qu'en disent bien des tenants de la non-dualité. " Sabine Dewulf


Ramana Maharshi : L'effort est nécessaire, aussi longtemps qu'il y a le mental.

EST-IL FACILE DE RÉALISER LE SOI ? 

Bhagavan (Ramana Maharshi) a parfois dit que la Connaissance du Soi, c'est-à-dire atteindre l'état de Jnani (celui qui a réalisé le Soi), est une chose facile parce que nous sommes déjà le Soi et par conséquent nous sommes déjà réalisés. Puis à d'autres moments, il admettait qu'atteindre un tel état est très difficile. 

Pour illustrer l'attitude ultérieure, je peux proposer l'échange suivant : Une femme est venue et a eu le darshan (contact visuel direct) de Bhagavan. Avant de partir, elle lui a demandé : "Bhagavan, mon esprit vagabonde dans de nombreuses directions. Que dois-je faire ?" Bhagavan lui a conseillé : "Laissez-le aller dans une seule direction". Après son départ, je lui ai demandé : "Si c'est possible de cette façon, que voulons-nous de plus ?" 

"Eh bien, que dois-je faire ou dire ?", demanda Bhagavan, "Dès que les gens viennent ici, ils veulent devenir Jnani. Ils pensent que c'est aussi facile que cela. Ils ne se rendent pas compte de la difficulté."

~ Rangan (ami d'enfance de Ramana Maharshi)

☯️

Annamalai Swami : Vous devez faire un effort énorme pour réaliser le Soi. Il est très facile de s'arrêter en chemin et de retomber dans l'ignorance. À tout moment vous pouvez rechuter. Vous devez faire un gros effort et être déterminé pour rester au sommet lorsque vous l'atteignez pour la première fois, puis à la fin le moment viendra où vous serez pleinement établi dans le Soi. Lorsque cela se produit, vous ne pouvez plus tomber. Vous avez atteint votre destination et aucun effort supplémentaire n'est requis. 

Jusqu'à ce que ce moment vienne, une sadhana* constante est requise.

Q : Il n'y a pas de méthode spéciale pour plonger à l'intérieur, cela se fait tout seul, est-ce vrai ?

Swami : Cela n'arrive pas tout seul. Vous devez continuer à faire des efforts jusqu'au point où vous devenez totalement sans effort. Jusqu'à ce moment, votre effort est nécessaire. Le mental ne se dissout dans le Soi que par une pratique constante.

Annamalai Swami, Final Talks

(il était un disciple direct de Ramana) 

*Sadhana : pratique spirituelle, observation, investigation de soi.

Photo : Ramana à gauche et Annamalai à droite

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vendredi 11 août 2023

Vision lisse

 


Quand vous rencontrez des difficultés dans votre vie, ne vous révoltez pas et n'essayez pas non plus de les éviter ; comprenez que c'est l'Intelligence cosmique qui vous place dans ces conditions pour vous pousser à aller plus loin et plus haut. Ne demandez pas que votre vie soit lisse.

Aucun alpiniste ne pourrait faire l'ascension d'une montagne s'il avait devant lui des parois parfaitement lisses. Pour se hisser, il lui faut des aspérités où placer les mains et les pieds, et des aspérités où attacher la corde. C'est ainsi que, peu à peu, il parvient jusqu'au sommet. Eh bien, pour les mêmes raisons il est nécessaire de rencontrer dans la vie des difficultés, des chagrins, des obstacles.

Omraam Mikhaël Aïvanhov

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jeudi 10 août 2023

mercredi 9 août 2023

La relation consciente


"On ne peut grandir qu'en grandissant ensemble. C'est une question qui touche à l'espèce tout entière. L'enseignement d'aujourd'hui ne peut pas être un enseignement individuel d'illumination personnelle. On ne peut enseigner aujourd'hui un enseignement et une pratique spirituelle que s'ils nous obligent à l'autre, que si on grandit au travers de la relation où ce n'est plus ni l'autre ni soi, mais la relation qui nous grandit (...)

On ne peut grandir qu'en prenant le risque de l'autre, en entrant en relation profonde avec l'autre dans la mesure où, l'autre peut nous donner l'occasion d'aller voir ce qu'on n'était pas capable d'aller voir tout seul (...) Quand on cesse d'être victime de l'autre et qu'on commence à être disciple de l'autre." (...)

"La vie cherche à se reconnaître au travers de l’expérience vivante. Soit elle cherche à se reconnaître en tant que mouvance, et ce ne peut être qu’au travers de l’action, du faire, soit elle cherche à se reconnaître en tant qu’Etre et c’est alors au travers du repos.

Dans la voie de la Vie se reconnaissant dans l’action, il est nécessaire d’amener de la conscience dans le faire, c’est à dire dans la relation." (...)

Et si en fait on cherchait la compagnie du monde parce qu’on pressentait  confusément que c’est le lien nécessaire et suffisant à la reconnaissance ? Qu’on cherche cette compagnie non pour se perdre dans le monde  comme se plairait à le dénoncer certains enseignements mais pour au contraire s’y reconnaître, si retrouver ?  ( D’où je reviens à la double possibilité du vécu du monde comme profane où l’on se perd dans l’objet, ou bien sacré, où l’on se retrouve, où l’on se reconnait dans l’autre )

Pressentiment du monde sacré, où l’autre est l’occasion de la reconnaissance de l’Un, où l’autre est l’occasion de l’Amour."

« Le plus beau cadeau de l’éveil ce n’est pas de s’ouvrir à une dimension de conscience qui serait la liberté, c’est de s’ouvrir à l’immense responsabilité de l’amour ».

Yvan Amar

Source : extrait de L'Effort et la Grâce 

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mardi 8 août 2023

Vigilance et clarté

 

Nous sommes toujours le centre de nos préoccupations, nous sommes ce qu’il y a de plus important dans toutes les situations que nous rencontrons, tous les aspects de la vie. C’est cette importance donnée à « moi je » qui est la cause de nos difficultés. La saisie égoïste nous empêche d’avoir le recul nécessaire pour ne pas se faire piéger par les émotions.

Voici un exemple tout simple : imaginons que je me casse le bras, ce qui est particulièrement douloureux. Si je me dis : « il n’y a pas de problème, tout est illusoire, le bouddha l’a dit ! » Cela ne va rien changer ni soigner, la souffrance sera toujours présente. Par contre, lorsque je me fais soigner, je réfléchis un peu et j’essaie de discerner la perception que j’ai de mon bras, de la douleur, de l’esprit qui expérimente, je me rends compte alors que je ne suis pas que mon bras et je me demande où et comment j’expérimente la douleur. Si je développe une telle vigilance, j’aborde la souffrance différemment. Cela ne soigne ni de dissout la souffrance mais cela me permet d’avoir une vision autre, plus claire de ce que j’expérimente. Sinon l’expérience reste confuse, sans clarté ni compréhension.


Il nous faut nous entraîner à ce regard conscient en toutes circonstances ; voir les émotions et notre façon d’y réagir. Nous sommes de toute façon obligés de faire face aux situations, alors autant les utiliser pour développer la vigilance et la clarté. Nous avons souvent tendance à nous dire : « ce n’est pas grave, quoi qu’il arrive, ça doit arriver plus voilà ». Cette forme d’indifférence ne mène qu’à plus de confusion et d’insatisfaction. Comme nous ne voulons pas rencontrer la souffrance, le remède est de développer la vigilance. Plus nous allons nous y entraîner, plus elle se développera pour devenir naturelle. Chacun d’entre nous à cette capacité. Le développement de l’attention consciente au quotidien, nous permet de comprendre le sens du Dharma de l’intérieur.

« Les chemins de la sagesse » Jigmé Rinpoché

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lundi 7 août 2023

Feu intérieur

 De la bougie naît la flamme. 

Comment toucher du doigt le cœur de l'invisible ?


Un poème de Pierre Dhainaut qui pourrait résumer ce qui se joue dans une séance de shiatsu  !!🙏🫶

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dimanche 6 août 2023

Mondes obscurs

 S’il reste dans notre vie une zone importante qui n’a pas été examinée, il est beaucoup plus difficile de s’abandonner au Divin. Nous voulons tous réaliser l’aspect lumineux de la nature humaine, mais personne ne veut voir la partie d’ombre. 


Parce qu’ils représentent la dimension transformatrice du psychisme, nous avons besoin, pour devenir des êtres humains à part entière, que les mondes obscurs se marient aux mondes supérieurs. Etre entier, c’est être complet. D’un point de vue holistique, la vie n’est pas parfaite, mais en revanche, elle est complète. L’expérience humaine n’est pas un registre de voix ou un climat unique, une saveur neutre et homogène, elle inclut tout l’éventail des possibles. 

Comme une symphonie précisément orchestrée, la vie est une polyphonie complexe qui comprend de nombreuses mélodies et atmosphères aussi bien harmonieuses que dissonantes.

Sans l’expérience complémentaire et équilibrante des mondes obscurs, les mondes lumineux nous entrainent dans l’illusion, la dilatation de l’ego et la grandiloquence. Dans notre culture occidentale, nous avons tendance à nous sentir plus à l’aise dans ces mondes-là. Le travail du shaman contemporain va donc consister en grande partie à se focaliser sur la rédemption et la conquête des mondes obscurs.

Les mondes obscurs sont le domaine d’expression des esprits et des pouvoirs psychiques, de l’extase, de la révélation, du chaos créatif, de la passion, des énergies sexuelles, de la guérison et de la transformation. Chargé des pouvoirs de vie et de mort, c’est un domaine formateur où se retrouvent les schémas originels des semences de la Création, ce que Gregory Bateson appelle « les schémas qui connectent ». C’est là que sont nos racines, qu’est l’unité primordiale de toute chose. C’est ce pouvoir guérisseur fondamental des mondes obscurs que nous avons besoin de reconquérir.

Les mondes obscurs sont le lieu où résident ces fragments de nous-mêmes qui sont niés, réprimés, éclatés et constituent ce que Carl Jung appelle « l’ombre ».  Jung était convaincu que cette ombre possède un pouvoir et une vie propres. Autrement dit, si nous ne reconnaissons pas ces parties de nous-mêmes en toute conscience, elles agissent de leur propre chef à partir d’une source inconsciente -souvent dans le but de déstabiliser notre attention, toujours dans celui de l’accaparer. Pour utiliser le langage des shamans, ces fragments, qu’on appelle des « alliés », des « esprits » ou des « démons », ont le pouvoir de guérir ou de tuer et peuvent s’emparer de l’âme.

Nous avons perdu notre connexion avec les pouvoirs de guérison et les passions du domaine des mondes obscurs. Pour l’Occident, ces mondes équivalent à l’enfer, à l’abîme de feu du Diable. On peut traduire ce phénomène en termes psychologiques, à savoir que les mondes obscurs contiennent toutes les énergies refoulées de l’humanité, ainsi qu’un potentiel inconnu de croissance chez l’être humain.

Ces énergies refoulées comprennent la sexualité, l’extase, le chaos de la créativité, la naissance, la mort, d’autres aspects de la vie aussi et plus particulièrement la dimension féminine, laquelle fut dénaturée par une culture répressive et une vision du monde religieuse dans son sens restrictif. Il n’est pas étonnant que la peur de l’enfer pousse les intégristes chrétiens à condamner et à refouler le rock et d’autres formes artistiques, en particulier le théâtre, qui ne cessent de nous rappeler l’existence des mondes obscurs, nous y transportent même.

Parce que la peur et le refoulement des forces de l’ombre sont profondément ancrés dans notre culture, leur irruption dans le monde du milieu, le monde de la vie quotidienne, peut s’avérer désagréable. Au pire, elle est choquante : violence, vengeance, viol, torture, meurtre, génocide, guerre, ce sont là quelques démons hideux qui appartiennent aux mondes obscurs. Et puis il y a ces expressions habituelles que nous acceptons comme faisant tout simplement partie de la vie de tous les jours : la culpabilité, la honte maladive, les abus sexuels, la colère, le vice, l’avidité, le sadisme, le perfectionnisme, le racisme, la misogynie, l’autoritarisme, la tyrannie, les dépendances multiples, etc…


Parce que nous nions ou réprimons les mondes obscurs, ils font partie de notre univers inconscient. L’inconscient humain peut être comparé à une cocotte-minute. Quand le couvercle est très serré trop longtemps et que la vapeur ne peut s’échapper, la cocotte vous explose à la figure. Mais si vous laissez la soupape se dégager naturellement et progressivement, alors la pression diminue et vous pouvez enlever le couvercle facilement. A ce moment-là seulement, vous avez la possibilité de remuer ce qu’il y a à l’intérieur, de l’assaisonner et de le manger.

C’est à ce type de nourriture pour l’âme que Socrate fait référence lorsqu’il dit : « connais-toi toi-même ». Il faut reconnaitre et intégrer chaque partie de soi et rester ouvert à toutes les possibilités humaines. Le refoulement et le rejet de la vie génèrent les cruautés et les maladies de l’humanité. C’est ce principe psychologique fondamental que l’on retrouve dans les évangiles apocryphes (gnostiques) :

Si tu fais naitre ce qui est en toi, / Ce que tu fais naitre te sauvera. / Si tu ne fais pas naitre ce quoi est en toi, / Ce que tu ne fais pas naitre te détruira.

Evangile de Thomas, 14.29-33

Nous pouvons nier la part d’ombre en nous (et la vie en général) autant que nous le voulons, mais elles ne disparaitront pas pour autant. Plus nous réprimons et nions les pouvoirs des mondes obscurs, plus ils deviennent « infernaux » et « malveillants ». En termes psychologiques, ces mondes sont peuplés de puissantes énergies vitales réprimées et dénaturées, qui se retrouvent tordues, malades et coupées de notre conscience…

Des véritables profondeurs de l’ombre naissent les révélations et la guérison. C’est en y descendant que l’on découvre ses propres potentiels de guérison. On peut alors réintégrer ces aspects à la totalité. Par un processus de démembrement et de mort psychique, une porte s’ouvre sur la vacuité des mondes souterrains. [S’ensuit une union avec la forme originelle.]

Les voyages dans ces dimensions ne sont utiles que si l'on a la capacité de rapporter ce que l'on a appris dans le monde relatif. Le monde relatif c'est la vie quotidienne, ce dont l'ego a conscience, la réalité physique ordinaire de la terre... l'activité concrète, le progrès, le fait d'apprendre, d'agir, de construire. Pour la plupart des gens ce monde est coupé, inconscient de sa connexion à la réalité non ordinaire (même si la vie intérieure, la vie intime finit toujours par faire irruption dans le monde ordinaire, malgré tous nos efforts pour la nier). Le monde relatif n'a pas grande signification sans cette connexion avec les mythes. Sans la riche expérience intérieure des mondes inférieurs et supérieurs, nous sommes inconscients, somnambules, de simples machines. Nous nous transformons en robots, ignorants du mystère sous-jacent à tout ce qui nous entoure. 

Le cœur éternel de la voie (tome V) - Lee Lozowick

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samedi 5 août 2023

Conseils d'existence

Souffrir de stress c'est être dans l'incapacité d'apprécier la réalité comme elle est et donc de ne pas profiter de l'instant présent.

Les gens qui souffrent de stress ont en commun de regretter le passé (parfois), d'avoir peur de l'avenir (souvent).

Pour combattre le stress et mieux profiter de la vie Ernie Zelinski donne les conseils suivants :


Cessez de vous projeter dans le futur et de vous demander si vous aurez le temps d'achever ce que vous avez à faire. Si vous l'avez vous en viendrez à bout. Si vous ne l'avez pas, vous terminerez demain.

Lorsque vous vous arrêtez pour prendre un café, accordez-vous un instant pour le savourer. Buvez-le lentement comme si le temps s'était arrêté pour vous permettre de le déguster.

Au volant de votre voiture; levez le pied même si vous êtes pressé.

Accordez-vous une "récréation" d'une demie-heure ou plus par jour, à utiliser de manière impromptue, suivant l'envie du moment.

Ménagez-vous une à deux heures de solitude chaque jour et laissez le répondeur se charger de vos appels.

Lorsque vous admirez un coucher de soleil, regardez-le jusqu'à ce que le dernier rayon ait disparu derrière l'horizon.

Quand vous parlez avec votre voisin(e), laissez la conversation avoir un début et une fin naturels plutôt que dictés par la montre.

Lorsque vous prenez une douche le matin, abandonnez-vous à ce moment jusqu'à ressentir le bien qu'il vous fait.

Cherchez tout ce que vous pouvez APPORTER au monde qui vous entoure plutôt que ce que vous pouvez PRENDRE.

Cultivez la paix intérieure.

Gardez une pensée positive.

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vendredi 4 août 2023

Méditation ou voir la nature de l'esprit

 Mes chers amis,


Nous avons commencé la méditation en examinant 2 piliers de la pratique de la méditation.

D'abord il est important de se souvenir pourquoi on médite, c'est la souvenance.

Il peut en effet très facilement arriver qu'on ne sache plus très bien pourquoi on médite. L'être humain a une grande capacité d'oubli et il est bon de revenir à notre intention de base.

L'intention de base de tout être humain est de d'obtenir, de vivre le bonheur, le bien-être et d'éviter la souffrance. Nous n'y arrivons pas toujours car nous connaissons mal les causes du bonheur et les causes de la souffrance, c'est ce qu'on appelle l'ignorance.

Le chemin pour connaître les causes du bonheur et de la souffrance est de s'éveiller à sa véritable nature, c'est-à-dire d'avoir une vision très claire de ce que nous sommes vraiment et de ce que sont réellement tous les phénomènes que nous percevons.

Il s'agit donc quand nous méditons de se souvenir que nous méditons pour nous éveiller à notre véritable nature, c'est l'éveil insurpassable, car il n'y a rien qui peu le dépasser.

On peut rajouter que nous cherchons à nous éveiller pour le bien de tous les êtres car l'éveil dans une intention uniquement personnelle ne pourra pas porter ses fruits.


Le second pilier de la méditation c'est l'attention.

C'est être capable de savoir où est notre esprit, sur quoi est-il posé ? Qu'est-ce qui survient au sein de notre esprit ?

Notre véritable nature est omniprésente, elle est toujours là puisque c'est ce que nous sommes.

Nous sommes incapables de la voir car elle est voilée par nos émotions perturbatrices dues à notre ignorance. L'attention va nous permettre de prendre conscience de nos attachements et de nos aversions dus à notre ignorance et de toutes les conséquences que ces deux caractéristiques bien humaines entrainent.

Sans cette attention, notre esprit vogue comme un voilier sans dérive que l'on ne peut plus diriger ou saute de branches en branches tel un singe agité.

La pratique de l'attention permet une certaine pacification mentale et une prise de conscience des mouvements permanents de l'esprit, une prise de conscience de l'impermanence de tous les phénomènes. 

Et progressivement cette Présence spacieuse qui nous attend patiemment au cœur de nous-même sera reconnue et nous reviendrons en ce lieu que nous n'avons jamais quitté.

Avec toute mon amitié, je vous souhaite une belle journée où, avec une attention paisible, vous vous souviendrez de qui vous êtes vraiment.

Philippe Fabri

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