samedi 12 juillet 2014

« personne ne nous appartient. » avec Amma

Extrait de la réponse d'Amma à une question posée sur le vrai sens de la phrase : « personne ne nous appartient. »


Amma : Quand on dit « personne ne m'appartient, » il est du même coup sous-entendu que « tout le monde m'appartient, tout le monde est un prolongement de mon Être Véritable. » Si nous exposons 100 pots remplis d'eau dehors au soleil, nous verrons le soleil se refléter dans chacun des 100 pots. Mais en réalité, il n'y a pas 100 soleils ; il n'y en a qu'un seul. De la même façon, il n'y a qu'une seule conscience qui se manifeste dans tous les êtres.

Pourquoi les Écritures et les gourous disent-ils que tout est un ? Parce qu'ils ne veulent pas que nous soyons tristes ou déprimés et qu'ils savent que si nous comprenons cela –qui est la vérité – nous cesserons d'avoir du chagrin. Le fait de penser que nous sommes le complexe limité corps-esprit nous mène tout naturellement à l'insécurité et à la peur. Cette insécurité nous rend dépendants des autres – ce qui provoque attachement et chagrin. Notre existence même repose sur ce que disent et font les autres. Nous grimpons au septième ciel quand on nous encense et nous tombons plus bas que terre quand on nous critique. Les mahatmas veulent nous libérer de cette dépendance et ils savent bien que pour la dépasser, il est essentiel de comprendre ces vérités spirituelles.

Un roi rêva une nuit qu'il était un papillon - tout heureux de voleter de ci, de là. À son réveil, il se sentit troublé. Il se demandait sans cesse : « Suis-je un roi qui a rêvé qu'il était un papillon ou un papillon qui a rêvé qu'il était un roi ? » Très troublé, il alla voir un gourou – qui lui répondit : « Tu n'es ni un papillon, ni un roi. Tu es pure conscience. C'est dans le champ de cette conscience – qui est toi – que ces deux expériences ont eu lieu. L'atman est la seule vérité. Le papillon et le roi sont deux rêves. »

Mes enfants, éveillons-nous à cette compréhension pour voir que nous ne faisons qu'un avec les autres. Voyons les comme notre propre Soi. C'est le seul moyen de dépasser la peine que nous ressentons. Amma sait que ce n'est pas facile, mais on peut y arriver en s'entraînant constamment. Au même titre que nous avons appris à nous identifier à notre nom, nous avons besoin d'apprendre à nous identifier à notre Véritable Soi.



source : Amma France

jeudi 10 juillet 2014

Rien à faire !

Sans doute avez-vous déjà entendu cette formule de plus en plus populaire dans les milieux spirituels : « Il n’y a rien à faire ». En fait, la phrase intégrale se lit comme suit : « Il n’y a rien à faire pour s’éveiller car nous le sommes déjà ». Fréquemment interrogée à propos de cette affirmation, j’ai été à même de constater qu’elle était souvent mal interprétée, que son sens originel avait été perdu.
Pour nombre de chercheurs en quête de vérité, mais aussi de soulagement, cette solution facile et attrayante est une voie inespérée. Il serait étonnant que la passivité soit soudainement devenue un chemin d’éveil alors que, depuis des millénaires, des sages de toutes confessions ont proposé maintes voies spirituelles exigeant maîtrise et discipline.
N’y a-t-il vraiment rien à faire ?

Le propre du chercheur est de vouloir quelque chose qu’il n’a pas. Il tente d’obtenir ce qu’il veut à coup d’actions volontaires et de stratégies, cherchant ainsi à déjouer le destin.
L’éveil n’est pas le résultat d’une technique ou d’un long chemin parcouru avec succès. Il n’est pas non plus le résultat d’actes volontaires. Le volontarisme de l’ego est une entrave à l’éveil. L’éveil est le résultat d’un abandon total, d’un dépouillement complet de toutes croyances à propos de soi. La réalisation que JE SUIS est la vérité ultime, au-delà de tous concepts.

Cette phrase : « Il n’y a rien à faire pour s’éveiller car nous le sommes déjà » est totalement vraie. Nous sommes tous éveillés. L’éveil est parfois vécu en conscience, mais souvent il ne l’est pas. Une partie de la confusion vient du fait qu’il nous est difficile de distinguer ce que nous sommes de ce que nous expérimentons. L’identification aux expériences génère cette illusion.
Pour se désidentifier, il ne s’agit pas de faire mais de VOIR… de voir le jeu du mental et de réaliser à quel point il nous détourne de la vérité. Souvent lorsque l’illusion est vue, un immense fou rire jaillit ! Les constructions mentales s’effondrent.

Tant que les illusions qui nourrissent l’ego n’ont pas été vues, nous sommes habités par deux maîtres, l’Être et l’ego. Pour retrouver l’Unité, c’est à partir de notre espace Source que des actions seront initiées afin de se libérer de l’emprise d’un ego souffrant et d’un mental indiscipliné.
Issue de la non-action, la principale action à accomplir est un mouvement de la conscience qui se retourne sur elle-même, afin de se reconnaître et d’identifier les phénomènes mentaux agissant à sa place. 
Gratitude d'Être et de rayonner son immense Beauté,

Claudette Vidal

mercredi 9 juillet 2014

La banalité du Bien avec Matthieu Ricard

extrait de:"Plaidoyer pour l'altruisme" de Matthieu Ricard


Un mendiant reçoit deux billets de cinquante roupies- somme relativement conséquente au Népal -, il en donne la moitié à son compagnon d'infortune.
Une infirmière épuisée après une nuit de garde éprouvante, reste néanmoins quelques heures pour assister un mourant qui part seul. Ma soeur, Eve, qui s'est occupée toute sa vie d'enfants en difficulté, n'a jamais hésité à se lever en pleine nuit pour accueillir un enfant qui fuguait.
Dans le métro, un Maghrébin percevant l'état d'angoisse d'une voyageuse qu'il ne reverra jamais, lui murmure: "Ne t'inquiète pas ma fille, ça va passer."
Au terme d'une journée trop remplie, un ingénieur rentre de son bureau et fait cinq cents mètres de plus pour montrer à un étranger perdu dans la capitale le chemin de son hôtel.

On a pu parler de la" banalité du mal", Mais l'on pourrait aussi parler de la "banalité du bien", en se représentant les mille et une expressions de solidarité, de prévenance et d'engagement en faveur du bien d'autrui qui jalonnent nos vies quotidiennes et exercent une influence considérable sur la qualité de la vie sociale. De plus, ceux qui accomplissent ces innombrables actes d'entraide et de sollicitude disent généralement qu'il est bien "normal" d'aider son prochain. S'il est justifié d'évoquer cette notion de banalité, c'est aussi parce qu'elle est en quelque sorte silencieuse: Le bien de chaque jour est anonyme; il ne fait pas la une des médias à la manière d'un attentat, d'un crime crapuleux, ou de la libido d'un homme politique. Et, enfin, s'il y a banalité c'est encore le signe que nous sommes tous potentiellement capables de faire du bien autour de nous.


lundi 7 juillet 2014

Le moi à l'épreuve de la pratique avec Dominique Durand



Nous envisageons souvent la pratique sous l'angle de l'Absolu. Cette position aiguise notre insatisfaction lorsque, après un certain temps d'exercice, nous faisons ce triste constat : rien ne change dans ma manière de gérer le quotidien, je suis toujours aussi colérique, aussi désagréable avec mon entourage, aussi impatient. Mais qui argumente ? Le moi, bien sûr, à partir de son propre système de valeurs, qui lui permet de s'estimer. Le système de valeurs étant souvent une notion de plus ou de moins, de progression par rapport à un moi idéal qui cherche à éviter le « déplaisir » de mettre en faillite sa toute puissance illusoire, résidu d'un sentiment d'omnipotence infantile. 

Transférer dans la pratique ce « fétichisme d'absolu »*, c'est situer la pratique dans une impasse existentielle ». Dürckheim le souligne : « Il y a un dilemme, dit-il, parce qu'il suffit d'avoir goûté à cette expérience intérieure pour désirer retourner dans cet autre monde … à peine s'est-on engagé sur la voie, que l'on échoue de nouveau dans ce monde. »* 
Le dilemme, c'est cet écart entre l'expérience vécue dans l'exercice et le quotidien et qui justifie d'ailleurs le fait que certaines personnes abandonnent la pratique parce que rien ne change. Nous constatons que la difficulté réside dans l'articulation du moi et de l'essence, de l'expérience et du quotidien, vue par le moi dans un rapport d'opposition. Envisager le moi et l'essence comme deux réalités opposées est source d'un problème pour le moi, celui de l'auto- évaluation par rapport à un idéal à atteindre. 
Dürckheim nous fait part des propos de son analyste à ce sujet : « Lorsque le moi resurgit, il y a deux choses à ne pas faire : le combattre, car il est toujours plus fort, et le fuir, car il est toujours plus rapide... il n'y a qu'une attitude valable vis à vis du moi : la vigilance sans détour. » Et Dürckheim ajoute : « Un regard paisible et qui ne se détourne pas est la seule chose qu'il ne puisse supporter. »* 

Accompagner la pratique d'un regard bienveillant mais sans complaisance sur le moi, prendre le moi pour ce qu'il est, sans illusion : une tentative désespérée pour réguler un système complexe qui le met en échec sur la plan du plaisir, de la stabilité, et de l'identité. Cependant, le regard paisible dont parle Dürckheim n'est pas seulement celui d'une certaine bienveillance, c'est cette autre manière de considérer le moi. Ce regard paisible, c'est cette reconnaissance intime du Vivant au cœur du pathos. Ce regard paisible, c'est celui qui est dégagé des classifications et qui englobe tout. Ce regard paisible, c'est une permission donnée au moi, de révéler sa vraie nature dans la glaise de son humanité. Le moi ne peut pas venir à bout de ce qu'il vit comme étant un écart ou un contraste entre son être de nature et son moi historique. Seul l'exercice, inlassablement repris, peut nous familiariser avec l'expérience que existentiel et essentiel ne sont que deux aspects d'une même réalité. Ne vouloir venir à bout de rien, seulement se reprendre et s'exercer.

* Roger Martin du Gard
* « Le don de la grâce », chap. 5

samedi 5 juillet 2014

vendredi 4 juillet 2014

Liberté d'être...


La vie nous manipule... et l'on sent qu'il y un os...


Sans aller jusqu'à des conclusions philosophiques définitives, nous commençons à admettre que cette liberté dont nous rêvions se trouve démentie par les faits, que nous sommes pris dans un immense réseau de causes et d'effets dont nous ne connaissons même pas le commencement et auquel nous sommes sans cesse contraints de nous adapter.
Arnaud Desjardins
(La voie et ses pièges)

*

jeudi 3 juillet 2014

Rencontre bienfaisante...


"Parfois on a fait tout ce qu'il fallait faire et néanmoins la vie ne réponds pas. Ce n'est pas la peine de se demander si on s'y est mal pris car là n'est pas la question. On peut avoir fait tout le nécessaire mais peut-être n'était ce pas le moment opportun ou y a-t-il une cause que nous ignorons. Travaillez donc avec votre existence telle qu'elle est. Souvent, c'est l'attente elle-même qui éloigne la réalisation. Si vous vous contentez d'être un avec ce qui est, avant même de vous en apercevoir vous aurez déjà obtenu ce que vous vouliez depuis toujours. C'est comme si, dès que vous arrêtez de tendre vers quelque chose, cette chose vers laquelle vous tendez vous tombe dans le giron".

Lee Lozowick
(Extrait de "OUI et alors",
 Editions La Table Ronde, 2001)


Tous les jours, à chaque minute, la vie nous pose une demande : la demande d’une action, d’une action juste. La vie nous demande une action comme on nous demanderait combien font 3 fois 5 et notre action sera la réponse adéquate, appropriée, juste, à cette demande, la demande des conditions et circonstances dans l’instant.
Tant qu’il y a mental et émotion, la réponse sera n’importe quoi qui nous satisfasse, que nous croirons juste, et qui ne le sera pas. Que se passe-t-il ? Cette réaction, absolument indigne du nom d’action, qui ne correspond pas à la réalité d’une demande, mais simplement à notre aveuglement, va produire des résultats que le mental n’aura pas su prévoir et qu’il refusera ensuite. 
On moissonne ce qu’on a semé et nos actions ont d’innombrables conséquences. Chacune de nos actions met en jeu une nouvelle chaîne de causes et d’effets, d’actions et de réactions. Ce mécanisme, bien connu de tous ceux qui ont étudié les doctrines hindoues ou bouddhistes, le mécanisme du karma, fait que l’ego, tout en cherchant et en ne cherchant que sa satisfaction et son bien-être, se trouve, de jour en jour et d’année en année, dans des situations difficiles, imprévues, décevantes, et que le bonheur parfait lui échappe toujours. 
Il n’y a dans cette direction aucune espérance de paix ni de joie qui demeure...

Arnaud Desjardins 
(Adhyatma yoga
À la recherche du soi, tome 1)


lundi 30 juin 2014

Existence d'un point de vue...



Toute personne qui existe est une partie de vous-même.


Lorsque vous adoptez le point de vue que tout ce qui existe est une partie de vous-même, que toute personne qui existe est une partie de vous-même, que tout jugement que vous faites est un auto-jugement, que toute critique que vous élevez est une autocritique, vous vous donnez avec sagesse un amour inconditionnel qui sera la lumière de votre monde. 


Lorsque nous serons conscients que la seule différence entre chacun d'entre nous réside dans nos croyances et que ces croyances peuvent être créées et décréées avec aisance, un monde de paix s'ensuivra et tandis que le jeu du bien et du mal disparaîtra, un jeu de co-création verra le jour. 


Henry Palmer