vendredi 16 mai 2008

Observer plus et jardiner moins... par Gilles Clément

Gilles Clément, un sage en son jardin ou "Quand l'homme se fait jardinier humaniste et décide de s'adapter à la nature plutôt que de prétendre la dompter"...
Il applique des principes bien arrêtés comme fil d'Ariane :
- le jardin ne recevra ni engrais, ni pesticides, ni assistance d'arrosage;
- il ne sera pas fixé une fois pour toutes et tout changement naturel sera accueilli favorablement;
- il ne sera pas l'objet d'une lutte incessante contre la nature, qui transforme le jardinage en travaux forcés;
- la dynamique naturelle du vivant sera apprivoisée pour la guider vers une "forme de jardin".

A propos de la prairie :
Enfant, Gilles Clément courait sans relâche à travers cette lande, à la recherche des plus beaux spécimens d'insectes et de papillons. Revenu sur ces terres, il a constaté que nombre d'entre eux se raréfiaient et l'idée a alors germé : celle de la création d'une réserve de vie, sous la forme d'une prairie fleurie adaptée au sol – acide et pauvre – et suffisamment diversifiée pour accueillir le maximum d'insectes et de papillons. «Soyons réalistes, le gazon ne nourrit ni n'abrite personne. C'est même, du point de vue de la biodiversité, un espace stérile. La prairie, elle, engendre la vie et conditionne la diversité des insectes, laquelle détermine ensuite le nombre d'espèces d'oiseaux », explique le paysagiste.
source : les 4 saisons n°170 mai-juin 2008.

jeudi 15 mai 2008

Shiva Natarâja, le roi de la danse

Shiva (Siva ou Çiva), « le bon, le gentil, qui porte bonheur », est un dieu hindou, un des membres de la Trimûrti avec Brahma et Vishnu. Shiva est la personnification de l'Absolu, le principe destructeur et en même temps régénérateur du monde, dispensateur de mort et de renaissance.

(extrait d'un DVD "1 minute au musée" pour faire découvrir les musées aux enfants)

Attiser le regard (extrait n°1)

Je vous propose des extraits du livre de Moussa Ag Assarid qui est né au Mali vers 1975. De parents nomades, aîné d'une famille de 13 enfants, ce jeune touareg est parti pour la France en 1999. Des dromadaires de son enfance au TGV et au métro, il nous offre des "Chroniques d'un touareg en France" qui portent un regard sur nos choix de vie. A méditer...
"Quand la vie dépend de la nature, chaque regard devient vital. Dans le désert, nos yeux cherchent tous les signes de vie, les traces d'animaux, les plantes, langage de la terre. Nous lisons l'écriture de la vie sur le sable. Quand nous marchons vers un pâturage, rien de ce qui se trouve sur notre chemin ne nous échappe.
Dans les grandes villes européennes, les regards sont sans cesse sollicités par les néons des publicités. Lorsque j'arrivai en France, toutes ces couleurs et ces lumières me firent perdre la tête. Je ne savais plus où poser mes yeux. J'étais habitué à voir loin et mon regard se heurtait à des sigles inconnus. J'avais envie de grimper aux murs et d'enlever ces parasites, d'épurer le paysage, que les pierres des immeubles retrouvent leur âme. Je fus surpris de découvrir que mes amis ne voyaient plus ces lumières, ces couleurs, comme ils ne voyaient plus la beauté d'une porte, la tristesse d'une passante, les larmes d'un enfant, l'air préoccupé d'un homme, des baisers qui semblaient être les derniers. Concentrés sur leur propre univers, ils n'admiraient pas le monde qui les entourait. Je ne cessais de leur faire partager ma surprise. A travers mes yeux, ils redécouvraient leur propre vie.
Le monde civilisé ne doit pas oublier ce regard de vie car il peut sauver l'âme comme il nous sauve la vie dans le désert."

mercredi 14 mai 2008

Un cri dans le désert

Acouphene est de retour d'un voyage dans le hoggar, avec marche méditative au programme, voici son témoignage :

Voyageur, voyageur, accepte le retour,
Il n'est plus place en toi pour de nouveaux visages,
Ton rêve modelé par trop de paysages,
Laisse-le reposer en son nouveau contour.

Fuis l'horizon bruyant qui toujours te réclame
Pour écouter enfin ta vivante rumeur
Que garde maintenant de ses arcs de verdeur
Le palmier qui s'incline aux sources de ton âme.

Jules Supervielle
Débarcadères 1922

J’ai semé, dans le désert, des cailloux dont les fruits feront dattes.


Mais avant … il y a eu l’orage, il y a eu les secousses, les cris dans l’avion et l’homme à mes côtés qui a dit : j’ai l’habitude de prendre ce trajet Alger Tamanrasset, 30 fois par an, mais là j’ai peur. Il a fallu ensuite trois jours pour ranger mes peurs en désordre et consoler l’enfant qui se plaignait pour se faire reconnaître.

Corinne et Alain, dans la marche, étaient ma seconde peau, protectrice, toujours présents et accueillant ce mental qui me disait : tu n’arriveras pas à l’Assekrem, impossible avec ces douleurs aux pieds, cette angine, ce tendon douloureux…

Sur les rochers du site d’Amezroug, l’âme rupestre de l’enfant qui s’amuse est revenue. J’ai pu entrevoir, dans le coucher de soleil sur l’assekrem, le clin d’œil rougeâtre du plus Grand, du Mystère. Au lever de l’astre, célébré par une inoubliable messe, l’immensité m’a rappelé à elle.

Ensuite, chaque pas a approfondi le chemin. Doucement, doucement, sur les traces d’Intayent, le chéche s’est ouvert et un autre regard, un autre espace… s’est fait jour.

Le « moulin-moulin » du mental a laissé peu à peu la place à ce que j’étais venu chercher : une détente. J’ai pu alors sentir dans les mains, pendant des séances de shiatsu, une énergie nouvelle et une épine d’acacia.

Je sais aujourd’hui que ce voyage a ouvert une autre dimension, celle de la communication avec une source intérieure qui murmure que l’eau des profondeurs peut enfin jaillir.

De retour, au bout de deux semaines de grand calme, certains fonctionnements mécaniques sont réapparus. Mais je commence à les aimer. Ils me mènent, en chameau, vers un rêve réalisé, vers une réalisation, vers une maturité. Et je prends conscience que chaque date est à cueillir avec le plaisir d’y goûter.

Retentit encore, en écho, le hurlement du chacal lors de la dernière nuit. La pleine lune éclairait ce cri qu’en tant que loup-garou, je pousserai un jour...

Le combat de Ma AmritanandaMayi

" L'amour est notre véritable essence. L'amour ne connaît pas de frontières de caste, de religion, de race ou de nationalité. Nous sommes tous des perles enfilées sur le même fil de l'amour. " - Amma

Le combat des démons
(extrait du film "Darshan")

mardi 13 mai 2008

lundi 12 mai 2008

Svami Prajananpad par la famille Roumanoff

Je vous conseille à nouveau le site sur Svami Prajnanpad réalisé par Valérie Roumanoff. Vous pouvez également y trouver le témoignage touchant de Katherine Roumanoff, intitulé "LE PETIT BEIGNET DE SVAMIJI" : D’aussi loin que je me souvienne, mon papa a toujours fait du Svamiji. Et maintenant encore presque quarante ans plus tard, c’est toujours d’actualité...

(Pour revoir le diaporama, actualiser la page - touche F5)
"Vous êtes responsable de votre bonheur. Vous seul et personne d’autre." Swami Prajnanpad

Rencontre avec Daniel et Colette Roumanoff

J’ai rencontré, avec le groupe de Bruxelles, ce samedi 10 mai, Colette et Daniel Roumanoff. Je vous en laisse quelques empreintes.
Tout d'abord Daniel a expliqué qu'un diagnostic médical lui avait révélé qu'il était atteint de la maladie d'Alzheimer et que donc, par moments, il aurait des pertes de mémoire. Il a ajouté que son médecin lui avait demandé, en le voyant souriant et serein, de témoigner en tant que malade, sur ce thème : "comment peut-on être heureux en ayant la maladie d'Alzheimer ?".

A la première question sur ce qu'il retient d'essentiel de sa rencontre avec Svami Prajnanpad, il répond :
"Etes-vous à l'aise ou pas ? Ce qui compte, c'est la manière dont on reçoit les choses... Et qu'est-ce qu'on en fait ?"

Daniel explique qu'à la mort de Swami Prajnanpad, il a senti qu'un trésor pouvait disparaître. Il a donc passé plus de 30 ans de son existence à réunir les paroles et les histoires de Swamiji. Son "testament" sera les 3 tomes qui vont paraître aux éditions "L'originel" et dont le titre est "La connaissance de soi".

De sa relation avec Swamiji, il dit ceci :
- « Une relation de reconnaissance et de joie, c'est ce que je ressens. Rien ne me prédestinait à rencontrer des sages indiens... Je fais toujours appel à lui en cas de difficultés. Je ressens sa présence, une présence permanente qui me guide, dont je suis très heureux. »
- « La difficulté est devenu le marchepied de la délivrance. On transforme le désagréable en quelque chose d'agréable. »


Daniel Roumanoff est souvent revenu sur la phrase de Swami Prajnanpad : « Your being attract your life » et qu'il traduit par : « La vie que l'on a est produite par ce que l'on est. »
- « C'est vraiment intéressant, les choses qui nous arrivent. »

Colette Roumanoff a pris la parole très souvent. Voici quelques unes de ces phrases :
- « On ne sait pas la souffrance des gens. On est parachuté on ne sait où. La situation de tout être humain, elle est dramatique en soi. L'idée de ne pas avoir de chance est à remettre en question. Vous ne savez pas ce qui est pire, ce qui est facile, ce qui est difficile. »
- « A quoi ça sert de se comparer ? A rien. »
- « Si on arrive vraiment à se connaître soi-même, on connaît tout le monde. »
- « Prenez ce que vous avez (tout ce que la vie vous offre), c'est à vous. »
- « Il faut toujours partir de son expérience, dans ce qu'elle a de plus intime, de plus concret. »

-« Si on a une question, il faut garder la question jusqu'à ce qu'on ait la bonne réponse. […] On peut quelquefois attendre longtemps. »

Colette prend l'exemple écrit dans son livre pour illustrer son propos :
"Pourquoi j'ai battu une orpheline quand j'avais 7 ans ?" Cette question, elle l'a gardée sans véritable réponse jusqu'à 27 ans, lors de sa rencontre avec Swamiji. Celui-ci lui a dit d'essayer de voir les yeux de cette orpheline. Colette a mis la main devant ses propres yeux et le visage de l'orpheline est apparu "J'ai vu ses yeux et son visage, c'était moi l'orpheline, je n'avais pas de papa, je n'avais pas de maman."
Elle s’est mise à sangloter pendant que Swamiji disait : "Yes, yes , yes", en souriant.
Colette a dit : "I want to kill my mother."
"Very nice", a répondu Swamiji.


- « Dans votre coeur, quel que soit l’être humain que vous ayez en face de vous, vous ne le jugez pas. Vous savez qu'il est comme vous. »
Swamiji disait : « Vous pouvez tuer quelqu'un avec un sourire plein d'amour dans les yeux. »


Daniel Roumanoff nous a parlé ensuite de sa pratique de la méditation :
- « J'ai beaucoup pratiqué la méditation dans le sud de la France… Je méditais pendant des semaines entières. » Il explique qu'il a eu une révélation. L'état de contentement qu'il ressentait en méditation restait imparfait : « Il fallait redescendre sur terre. Il fallait m'ouvrir à ce qui est désagréable. Qu'est ce que je fais avec cette chose désagréable ? "
- « Ca frappe à la porte, et on l'accueille .»


Daniel a également insisté sur la voix intérieure.
- « On a chacun une voix intérieure qu'il s'agit d'écouter. Cette voix intérieure, elle ne nous raconte pas d'histoire."
- « Etre fidèle à la voix du coeur, elle ne trompe pas, on peut lui faire confiance. Ca consiste à s'ouvrir et à laisser rentrer. »
-« Il y a à la fois une ouverture et une discrimination. »
- « Savoir si la note est juste ou non, la note qui détend. »
- « J'ai le sentiment que tout le monde a cette sensibilité mais que peu de monde l'utilise. »

Internet, une voie spirituelle...

Dans la famille Roumanoff, je vous présente Anne :

dimanche 11 mai 2008

Sri Mata Amritanandamayi Dévi

Mata Amritanandamayi, appelée plus communément Amma ("Mère") (née le 27 septembre 1953) est une figure spirituelle contemporaine de l’Inde et la fondatrice d'une ONG (M.A. Math) à but humanitaire et écologique dont le siège est au Kérala (extrême Sud-Ouest de l'Inde). Représentante de l'hindouisme, elle déborde cependant le cadre de sa propre religion pour transmettre un message qui s'adresserait à toute personne autour du monde, de toute confession religieuse. Elle dit que sa religion est celle de l'Amour.

Lee Lozowick, marchand d'antiquités

Laissez la souris découvrir les deux faces :

carte

samedi 10 mai 2008

Le papillon de Alphonse de Lamartine




Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur ;
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur ;
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles ;
Voilà du papillon le destin enchanté :
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté.


Extrait de " Méditations "

Satori, c'est gris !

Parce que l'attente est là alors que tout est ici...
Parce que le regard est projection alors que la vision est intérieure...:

"Seule l’expérience engendre la certitude. Mais voilà, consciemment ou non, nous avons nos idées, nos représentations sur l’expérience, sur ce que doit être « l’expérience spirituelle » et ce sont ces idées et ces représentations souvent romantiques qui nous empêchent de vivre cette expérience, de la reconnaître."
Alain et Corinne Bayod, dans un extrait de la Lettre de Hauteville