samedi 24 octobre 2026

Mutation interne écologique


 Krishnamurti avait connu tout jeune des « états modifiés de conscience », expériences très appréciées dans le New Age. Il les a décrits comme une sorte « d'illumination intérieure, mais associée à une souffrance physique ; il se sentait envahi par une sorte de conscience et d'énergie qui le faisait craquer de toute part et le conduisirent parfois jusqu'à l'évanouissement ». Il souffrit de la sorte toute sa vie, ce qu'il considérait « non comme le symptôme d'une maladie, mais comme une nécessité », explique le professeur René Barbier. À l'instar des adeptes de toutes les religions et de toutes les croyances, Krishnamurti portait-il un de ces fardeaux, qui accablent, selon lui, la pensée de l'homme, sa vie, ses relations ? Il préconise la connaissance de soi, la seule liberté qu'il reconnaisse, réduisant à l'extrême le concept de liberté tel qu'il est conçu par la modernité. Car, à ses yeux, cette connaissance de soi est un état « d'attention sans choix », une conscience éveillée et passive qui permet de saisir les relations de notre inconscient face aux épisodes de la vie, en éliminant toutes les ombres venant du vécu, du passé.

Krishnamurti se rapproche de Gandhi lorsqu'il centre son enseignement sur cette conviction que la société ne changera que si, dans la conscience personnelle de chacun, se produit une véritable mutation. « Incarne toi-même le changement que tu voudrais voir dans le monde », disait le Mahatma. C'est ici qu'il rejoint l'un des fondamentaux de la pensée écologique.

Jean-Marie Pelt (né le 24 octobre 1933) - extrait de Nature et spiritualité 

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