vendredi 26 août 2022

Suivre son cœur

 

Vidéo qui remet les choses au cœur ou au clair.

Recharger et nettoyer...


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jeudi 25 août 2022

La grande erreur des spiritualistes égarés.


"Pour comprendre comment les énergies psychiques circulent et travaillent dans l’homme, il faut observer comment elles circulent et travaillent dans la nature.

Regardez un arbre : plus son tronc et ses branches s’élèvent, plus ses racines s’enfoncent profondément dans le sol. C’est un système de compensation que l’on retrouve dans tous les plans, qu’ils soient physique, psychique ou spirituel.

Donc, plus l’homme tend à s’élever dans sa conscience, plus il descend dans son subconscient. Chaque niveau de conscience représente des courants, des forces, des entités, et il doit veiller à tenir ces deux mondes en équilibre.

La grande erreur de ceux qui décident d’embrasser la vie spirituelle, c’est de négliger la réalité du monde obscur qu’ils portent en eux. Ils s’imaginent qu’il suffit de vouloir travailler pour la lumière, de vouloir être sages, justes et désintéressés pour y parvenir effectivement.

Eh non, malheureusement non.

Et c’est ainsi que l’on voit des personnes parler d’amour spirituel, de sentiments nobles et désintéressés, alors qu’elles vivent dans le désordre des passions.

Et d’autres s’imaginent qu’elles se sont consacrées à un idéal, alors qu’en réalité elles sont en train de donner libre cours à leur vanité, à leur besoin de dominer les autres.

Vous direz : « Mais pourquoi ? Elles sont hypocrites, elles manquent de sincérité ? »

Non, il peut y avoir chez elles de réelles aspirations spirituelles ; seulement il ne suffit pas d’« aspirer » pour réaliser !

Et si l’on ne fait pas l’effort d’entrer en soi-même pour comprendre les structures et les mécanismes du psychisme humain, on va au devant des pires contradictions."

Omraam Mikhaël Aïvanhov

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mercredi 24 août 2022

Etre en sentier

 


" Le sentier est une expérience personnelle, et l'on devrait se réjouir de ces petites choses qui prennent place dans nos vies, les obstacles, les séductions, les paranoïas, les dépressions et l'ouverture. Toutes sortes de choses se produisent, et c'est le contenu du voyage, qui est extrêmement puissant et important. Sans ces problèmes, nous ne pouvons avancer sur le chemin. Nous devrions nous sentir reconnaissants d'être dans le monde samsarique, de sorte que nous puissions fouler le sentier, que nous ne soyons pas stériles, complètement lessivés, que le monde n'ait pas été conquis par un système informatisé. Il y a encore de l'espace pour la crudité et la rugosité dans toute la place. Bonne chance !"

Le chemin est le but : Manuel de base de méditation bouddhique - Chögyam Trungpa

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mardi 23 août 2022

Formes d'inteligence


 Dans les textes védantiques, une analyse très précise est faite entre trois formes d'intelligence : 

1. La "manas" (ce que l'on peut traduire par mental), qui est notre intelligence à tous, pour nous qui ne sommes pas éveillés et qui se traduit par un mélange d'analyse (qui peut être juste) et d'émotion (ce qui la rend inopérante, à côté de la plaque, pour parler familièrement). 

2. La buddhi inférieure, qui est l'intelligence scientifique, qui elle a toute sa place, toute sa justesse, même si elle est limitée dans sa portée. 

3.La buddhi supérieure, celle qu'un Matthieu Ricard ou un Dalaï lama cultivent à longueur de journée par une méditation constante (immobile ou active).

Sabine Dewulf

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lundi 22 août 2022

Par delà les illusions...

 


Bien entendu, si les nuages peuvent devenir de moins en moins épais, il serait absurde de concevoir que le serpent soit de moins en moins serpent et de plus en plus corde. Mais nous pouvons, par contre, admettre une diminution progressive de l'illusion du moi. La limitation de l'ego individualisé commence à s'assouplir et la conviction que je suis l'auteur des actions à être mise en doute. Je perçois que je suis animé par une énergie dont je ne suis pas le créateur, qui n'est pas ma vie mais la Vie, mon être mais l'Etre, ma conscience mais la Conscience. A partir de cette idée d'une érosion progressive de l'illusion, l'état-sans-ego, egoless state, vous concerne déjà beaucoup plus...



Ne menez pas toute votre recherche à partir d'un ego que vous ne mettez pas en cause, vous n'aboutiriez jamais : la conviction que « je » fais les efforts mêmes de la sadhana – c'est moi qui veux, c'est moi qui agis – va vous empêcher de dépasser le moi. Elargissez peu à peu la prison du moi, faites grandir votre sentiment de participation à la vie, votre sentiment de communion et en même temps abandonnez peu à peu l'affirmation individuelle. C'est possible, et votre tentative portera ses fruits...



Si vous ne faites pas le premier pas, vous pouvez « exprimer » mille ans en thérapie, il ne se passera rien. La puissance des habitudes est tellement grande que vous serez très déçus au bout de quelque temps : « Finalement, je ne sens pas que je me transforme vraiment, que mon existence change. » Le travail sur l'inconscient peut vous aider à émerger d'un monde d'illusions, à prendre conscience que vous vous mentez à vous-mêmes, que vous réprimez vos vrais désirs, que vous faites semblant de ne pas vouloir ce dont vous avez en fait tellement envie ou qu'au contraire vous vous battez en surface pour quelque chose que vous refusez de toutes vos forces dans la profondeur. Vous commencez alors à comprendre la stupidité de ces agissements qui ne sont pas appropriés et vont même à l'encontre de vos intérêts. De là peut naître la conviction de la nécessité d'un changement d'attitude et d'un comportement actif pour bousculer vos automatismes, votre routine intérieure. Et ce travail, c'est à chacun de l'accomplir en se prenant en main. Votre existence change si votre être change. Mais si vous changez un petit quelque chose dans votre existence, cela vous aide à changer votre être. Les deux sont vrais et se renforcent mutuellement et ce qui vous était presque impossible vous devient aisé, en fonction de ce qu'une lucidité nouvelle vous fait reconnaitre comme juste...



extraits de "La voie et ses pièges" de Arnaud Desjardins
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dimanche 21 août 2022

Poème du monde...


 "Cette petite parole que je sens en moi me parler depuis toujours. Cette voix secrète qui ne parle pas avec les mots de tous les jours, silencieuse comme le vol d'un papillon qui nous relie au mystère ineffable du monde. Cette part de liberté en nous, comme une enfance retrouvée, au-delà de l'état d'enfance, de la nostalgie. Ce don de l'émerveillement, cette source, cette origine retrouvée qui séjournent en nous depuis l'aube des temps. Cette espèce de tristesse, sans raison, tranquille, au milieu d'une joie limpide, qui, enfant déjà, nous reposait de tout, tel un grand lac calme où le temps se repose. Cette musique muette que chacun porte en soi, comme un écho du chant du monde. Ce murmure incessant en moi, en nous, que j'appelle la poésie, ou plutôt le Poème du Monde, peut-être est-ce la même chose que ce qu'on appelle le sentiment du religieux ou du sacré ?"


Marie Botturi
Les semailles du vent
Artiste Grazia Battezzato

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samedi 20 août 2022

Renaissance du souffle

 


Je respire profondément jusqu’au bout de mon souffle. Mon diaphragme s’ouvre, se dilate de plus en plus. Aum en expirant, tat en inspirant complètement, un temps d’arrêt ensuite. En respirant ainsi, il me semble avec le aum créer la manifestation, qui avec le tat, revient à moi, et redevient le non-manifesté, le vide. Puis c’est un passage d’un vide à un autre vide, et je plonge à l’intérieur de ce centre, un peu à droite de la poitrine. C’est un gouffre non délimité, la tranquillité du fond des mers, une nuit que rien ne vient interrompre, sans commencement et sans fin.

Il n’y a pas de mot pour décrire cette grandeur sans mesure, où n’existe plus ni toi ni moi, mais une ample plénitude, en moi qui n’est plus moi, qui n’est ni à l’extérieur ni à l’intérieur.

Cette respiration continue. Je me sens avec le aum renvoyer toute peine, toute pensée, comme la marée en se retirant balaye tout ce qui est sur la plage, l’emmenant très au loin. Ainsi me laissant mon désespoir, Iryamani, mon fils, ma mère et mon père.

Tout s’estompe et s’efface comme des fantômes irréels, inutiles et encombrants, ombres sans consistance emportées par le aum de ma respiration.

Seul demeure ce merveilleux vide tissé de plénitude. Mon corps aussi fluide, léger, aérien ; seulement fumée sans densité, une ombre qui se déplace comme un nuage dans l’air. Il peut se mouvoir sans mouvement, en tous sens, s’élever sans effort, sans contrainte. Je le perçois hors de moi, dans cette perspective informelle. Il est inconsistant, désincarné. En quoi suis-je concernée par lui ? Il n’y a pas de Moi, de Je. S’est abolie la distinction entre ce qui est en moi et en dehors.

Seule une large vacuité où se déplace un fantôme de corps évanescent, irréel, qui s’efface et disparaît.

Le Rien qui contient toute chose.

Le Vide qui est plénitude.

Seulement Est.

Denise Desjardins (De naissance en naissance)

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vendredi 19 août 2022

Mordre la poussière


« Mais où sont passées
Ou sont passées les lumières
Qui nous guidaient
Peut être étions nous
Peut être étions nous trop fiers
Pour baisser la tête … »
Gérard Manset
je m’incline
plusieurs fois par jour
non seulement je m’incline
mais pour tout dire
je me prosterne
plusieurs fois par jour
face contre terre.
parfois je joins les mains
parfois pas
parfois
je mets un genou en terre
vite fait
il m’arrive même
de juste me fendre
d’un léger signe de tête
en passant devant mes statues
portraits
icônes
et autres représentations
du Plus Grand
léger signe de tête ,
genou en terre vite fait ,
pleine prosternation
j’ai fait ça toute ma vie
et très tôt
à six ou sept ans
je me prosternais dans ma chambre
au pied de rien
ni personne
en particulier .
je comptais les prosternations
je me promettais
ou plutôt promettais
à je ne savais qui exactement
en tout cas au Plus Grand
dont la présence
était évidence
de m’acquitter d’un nombre donné
seulement voilà
il fallait aussi jouer
s’amuser
si bien que j’accusais constamment
un retard de prosternations
je m’en accommodais
sachant que, de toutes façons
on est toujours en déficit
de prosternations
inclinaisons
genoux à terre
et autres redditions
face au Plus Grand
voilà donc bien longtemps
que je fais ça
et cela ne m’a
somme toute
pas trop mal réussi
j’ai connu quelques épreuves
toutes proportions gardées
une pléiade de moments
pas évidents à négocier
je n’ai jamais cessé de me prosterner.
aujourd’hui
presque vieux
pas mal apaisé
je persiste
dans ces dispositions
de prosternation chronique
nulle intention de me faire soigner
de toutes façons
il est bien trop tard
et je le redis
cette manie
ne m’a
pas trop mal réussi
remarquez
je connais quantité de gens
pour qui se prosterner
est hors de question
ils ne veulent
ni s’incliner
ni baisser la tête
ni se lever en présence d’une autorité
porteuse d’un peu de Plus Grand
d’autorité
ils ne reconnaissent
ne servent
et ne proclament
que la leur
celle de leur ultime valeur
de qu’ils croient
en toute sincérité
et toute rage contenue
mais pas moins désespérée
être leur liberté
ah liberté
dont ils écrivent
à tout bout de champ
le nom
sur le mur de leur moi
si farouche
si ombrageux
leur moi si procédurier
si facilement indigné
ce moi qu’ils veulent
si vertueux
si souverain
si malin …
leur unique
Seigneur et Maître
bref

ils ne se prosternent
ni ne s’inclinent
ni ne se lèvent
ni même ne mettent genou à terre
face encore moins
mordre la poussière
risquerait
de leur rappeler que poussière
ils retourneront poussière
libre à eux
et quand je les regarde
sans qu’ils y prennent garde
quand je les vois
si transparents
si prévisibles
à ce point aux abois
bardés de tant et tant de boucliers
je me dis
c’est dommage
ça leur ferait du bien
de s’incliner
de se prosterner
de se lever
de mettre un genou en terre
ou même de faire
un petit signe de tête
mains jointes ou pas
face au Plus Grand
de temps en temps

Gilles Farcet
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jeudi 18 août 2022

Un chemin de pratique...

 


En Occident, nous sommes conditionnés à l’idée que la vie spirituelle a pour but de se préparer à une autre vie. Sur ce chemin d’expérience et d’exercice qu’est la Voie de l’action, j’ai perçu que le dessein de ce qu’on appelle la vie spirituelle est de ne pas oublier qu’en ce moment « j’existe » !

Chacun peut se donner la chance d’exister, d’instant en instant, sans être rongé par les soucis, l’inquiétude et la méfiance.

A chacun de vérifier par lui-même si l’accès à cette autre manière d’être est possible.

Comment ? En pratiquant !

Jacques Castermane - Comment peut-on être zen ?

mercredi 17 août 2022

Espace non menacé...


Ce que j'appelle amour est entier dans cette phrase d'un rabbin rescapé d'un camp de la mort : “La souffrance a tout calciné, tout consumé en moi, sauf l'amour.” Si cette phrase nous atteint de plein fouet, c'est que nous sentons bien combien nous sommes loin des représentations, du décorum de l'âme. L’amour est ce qui reste quand il ne reste plus rien. Nous avons tous cette mémoire au fond de nous quand, au-delà de nos échecs, de nos séparations, des mots auxquels nous survivons, monte du fond de la nuit comme un chant à peine audible, l'assurance qu'au-delà des désastres de nos biographies, qu'au-delà même de la joie, de la peine, de la naissance et de la mort, il existe un espace que rien ne menace, que rien jamais n’a menacé et qui n’encourt aucun risque de destruction, un espace intact, celui de l’amour qui a fondé notre être.

Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ? de Christiane Singer

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mardi 16 août 2022

« L’être humain, cancer de la Terre ? »

 


Une image en dit souvent beaucoup plus et beaucoup mieux qu’un long discours. Certaines conversations particulièrement imagées deviennent alors des messages qui ne peuvent nous laisser indifférents. Je me rappelle quelques paroles échangées avec Maurice, un jeune médecin camerounais, fils d’un guérisseur traditionnel, qui était venu en Europe pour se former à la chirurgie urologique (la spécialité que j’ai longtemps pratiquée). Nous étions en train d’opérer un patient dont la vessie était envahie par une grosse tumeur cancéreuse. Nous avions déjà procédé à l’ablation de l’organe malade et nous nous apprêtions à reconstruire un réservoir urinaire à l’aide d’un morceau d’intestin. Vaste et long chantier durant lequel nous avions tout le loisir de bavarder.

« Quelle curieuse maladie que le cancer, me dit Maurice.

— Pourquoi dis-tu cela ? je lui demande.

— Parce que c’est une maladie extrêmement vivante. Tout à coup, des cellules se mettent à proliférer de façon exagérée et incontrôlée. Jusqu’à envahir l’endroit où elles sont nées. Animées par une vitalité débordante, elles finissent par se répandre en dehors de cet endroit. Elles s’implantent ailleurs, dans d’autres organes où elles continuent de proliférer. La logique des cellules cancéreuses est celle de la croissance et de l’expansion à tout prix. Quitte à tuer l’organisme dont elles sont issues.

— Tu as raison, c’est une logique absurde. Le cancer est une maladie très vivante, assurément trop vivante.

— Pour en guérir, il faut sans doute être plus vivant que lui. Encore faut-il comprendre ce que signifie “être vivant”. »

La remarque de Maurice me rappelle que le cancer ne survient pas par hasard. Nous savons aujourd’hui qu’il s’agit d’une « maladie de civilisation », un mal qui plonge ses racines dans nos stress, nos pollutions et toutes sortes de comportements potentiellement dangereux pour la santé. Une maladie trop vivante qui révèle notre incapacité de bien vivre. Car bien vivre ne demande pas de la croissance à tout prix. Cela ne réclame pas non plus une décroissance. Mais plutôt un équilibre et de l’harmonie. Ni trop, ni trop peu.

« En fait, nous (les êtres humains) nous comportons un peu comme des cellules cancéreuses, me dit Maurice avec un regard malicieux. Nous sommes aussi extrêmement vivants. Nous cherchons aussi à proliférer et à envahir l’endroit où nous sommes nés. Quitte à abîmer la Terre, dont nous sommes issus. Ne serions-nous pas le cancer de la Terre ? »

À ce moment de notre conversation, une petite artère s’est mise à saigner. Je n’ai donc pas pu répondre à la question de Maurice. Mais, en y repensant, je ne peux m’empêcher de visualiser cette image d’un être humain qui se comporte comme une cellule cancéreuse. Et je me dis que mon jeune assistant n’était pas dépourvu de sagesse en utilisant cette comparaison. Il n’était probablement pas le fils d’un guérisseur traditionnel africain pour rien.

Thierry Janssen

Source : Psychologie magazine

lire aussi : https://spinescent.blogspot.com/2020/04/lhomme-est-le-cancer-de-la-terre.html

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lundi 15 août 2022

Joie !


« Conquérir sa joie vaut mieux que de s’abandonner à la tristesse. » notait Gide le 12 mai 1927 dans son Journal. 

Qu’est-ce que la joie ? Une façon pleine, satisfaite, reconnaissante d’habiter l’existence. 

Le joyeux ne manque de rien. Pourtant il n’a pas tout – qui possède tout? En revanche, il se contente de ce qu’il a. Mieux : il s’en délecte. 

Le joyeux n’éprouve pas de frustration. Alors qu’au déçu, au déprimé, au mélancolique, au fatigué, tout fait défaut. 

Si la tristesse est conscience d’une absence, la joie est conscience d’une présence. Quand la tristesse vise ce qui n’existe pas ou plus – chagrin d’avoir perdu quelqu’un, dégoût de se savoir faible, mortel, impuissant, limité -, la joie découle d’une plénitude. Elle crie notre plaisir d’être vivants, là, éblouis par ce qui nous entoure. 

Se réjouir et jouir, telle s’avère la joie. Elle ne demande rien, elle ne déplore rien, elle ne se plaint de rien. Elle célèbre. Elle remercie. La joie est gratitude.

Quelle légèreté nous apporte la joie en nous délestant de ce qui nous alourdit, ambitions, regrets, remords, obsessions, amertumes, illusions, prétentions ! 

Notre époque n’aime pas la joie. Elle aime l’étourdissement et le divertissement, ces pratiques qui nous arrachent à l’ennui ou l’affliction sans approcher la joie. Dans le joyeux, elle ne voit qu’un abruti, jamais un sage. 

Or, il y a une sagesse de la joie. Heureux de vivre, non seulement je consens mais j’aime: je consens à ce qui existe et j’aime ce qui tombe sous mes sens. J’épouse et j’adore l’univers."

(Quand je pense que Beethoven est mort - Eric-Emmanuel Schmitt)

dimanche 14 août 2022

Accueil de l'autre

 


Faire sans cesse l’effort de penser à qui est devant toi, lui porter une attention réelle, soutenue, ne pas oublier une seconde que celui ou celle avec qui tu parles vient d’ailleurs, que ses goûts, ses pensées et ses gestes ont été façonnés par une longue histoire, peuplée de beaucoup de choses et d’autres gens que tu ne connaitras jamais. Te rappeler sans arrêt que celui ou celle que tu regardes ne te doit rien, n’est pas une partie de ton monde, il n’y a personne dans ton monde, pas même toi. Cet exercice mental – qui mobilise la pensée et aussi l’imagination – est un peu austère, mais il te conduit à la plus grande jouissance qui soit : aime celui ou celle qui est devant toi, l’aimer d’être ce qu’il est – une énigme – et non pas d’être ce que tu crois, ce que tu crains, ce que tu espères, ce que tu attends, ce que tu cherches, ce que tu veux.


Autoportrait au radiateur de Christian Bobin.

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