mardi 7 septembre 2021
Existence sans frontière
lundi 6 septembre 2021
La musique du coquillage
dimanche 5 septembre 2021
Comme saint Michel, apprenons à lutter contre notre dragon intérieur
Paule Amblard nous emmène en Crète, où une icône découverte dans une église de La Canée l’amène à méditer sur le combat de nous devons livrer à nos dragons intérieurs, qui nous empêchent de nous élever vers la lumière.
Je marchais depuis longtemps sous le soleil brûlant de La Canée. J’étais venue en Crète chercher la chaleur, les ciels embrasés du soir, les odeurs de thym, d’origan ou de l’herbe divine, le dictamnus, poussant sur les roches, qui guérit les plaies, le foie, le manque d’entrain et que sais-je encore ! Je voulais me gorger de cette nature et de sa vie intense avant de retrouver l’incertitude des jours où nous demeurerons un temps.
La vie des images sacrées
À midi, il n’y avait que les touristes ou les fous pour se promener dans la fournaise ! L’entrelacs des rues débouchait sur la place désertée d’une église, occupée par une statue de pierre : un religieux grec avec une longue barbe descendant sur sa poitrine. Il tenait d’une main une croix et de l’autre bénissait ceux qui venaient à lui. Je m’approchais et découvris son nom, Athénagoras, patriarche de Constantinople. C’est sous sa protection que je pénétrais dans le sanctuaire.
La fraîcheur du lieu me ranima. Je soupirais d’aise sans remarquer la présence du gardien qui somnolait, l’œil mi-clos, devant un tas de cierges et de petites icônes proposés à la vente. Quand il me vit, l’homme se redressa sans m’adresser une parole, m’observa des pieds à la tête pour contrôler ma tenue et, me jugeant apte, me laissa aller dans l’édifice. Le lieu était baigné d’odeurs d’encens, de cire. De nombreuses icônes ornaient les murs et les piliers. Les plus belles couvraient le mur de l’iconostase, fermant le chœur.
Pourtant, ce ne sont pas celles-là qui arrêtèrent mes pas, mais une image imparfaite dans sa facture, éclairée par des dizaines de petites flammes dansant dans l’ombre. Elle représentait saint Michel terrassant le dragon. Un pied dans la gueule de l’animal, il tenait une lance pointée sur la bête échouée qui le regardait. Cette vision m’a donné la force que j’espérais du voyage. Les orthodoxes croient à la vie des images sacrées qui transmettent une connaissance et une énergie spirituelle.
Une force vitale au service du spirituel
Celui qui regarde peut se laisser saisir et son âme être fécondée. Et, par sa vision, il donne vie à l’image. J’observais le dragon. Cet animal fantastique n’existe pas sur terre. Les sages racontent que lorsqu’il fut chassé du ciel, dans la lutte cosmique qui l’opposa à Michel, il fit sa demeure dans le psychisme humain. Il y poursuit sa lutte et sa quête de pouvoir. Certaines peintures représentent le dragon tel un monstre hybride au corps animal avec une tête d’homme. Ce symbole exprime notre propre combat intérieur pour transformer cette immense énergie pulsionnelle qui tend à détruire, prendre, consommer, en une force vitale au service du spirituel. Il s'agit de tenir notre lance, signe de lumière et de conscience sur la bête prête à détourner notre âme de son chemin d’évolution.
Qui est comme Dieu ? C’est l’étymologie hébraïque du nom de Michaël. Le dragon veut être Dieu. Il veut régner, absorber, dévorer. Il s’impose en nous et exerce sa puissance sur nos désirs, nos peurs, nos pulsions égoïstes qui nous abîment. Saint Michel offre sa force. L’automne fête l’archange. À l’heure où la nature se prépare à se détacher et mourir, l’ange de lumière est un signe de feu intérieur. En prenant appui sur cet être divin, nos terreurs, nos dragons intérieurs peuvent être vaincus.
« Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux. Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-être que des choses sans secours qui attendent que nous les secourions » (Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète.)
par Paule Amblard
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Source : La Vie
samedi 4 septembre 2021
Prise en main
Quiconque aura aimé sait ces choses-là entre mille : étreindre une main, c’est tout donner, d’un coup, sans prudence, sans contrat, sans rien. Tenir la main, tous les enfants le savent, n’est pas seulement s’accrocher au passage : tenir ta main, c’est tenir à toi, tenir de toi. Et plus je serre, plus j’entrecroise nos doigts, les entrelace, plus je te dis mon incommensurable besoin, un besoin tel que ta paume me renseigne sur toi. Sur ta paume, j’ai pu lire que tu étais quelqu’un de bien.
- Gilles Leroy, Dormir avec ceux qu'on aime
vendredi 3 septembre 2021
Enfance
On devrait barbouiller d'enfance sa vie entière, la garder dans cette belle lumière, l'éclabousser encore des années après avec cette lampe magique.
Conserver l'éclat des émotions, des émerveillements aux genoux écorchés vifs, le goût du caillou porté à sa bouche, le goût des étoiles portées à ses rêves.
Nous avons tant à perdre en perdant l'enfance. Et tant l'ont déjà perdue...
–Jacques Dor–
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jeudi 2 septembre 2021
Parce que c'est en toi ?
« L'EFFET MIROIR: SI TU PERCOIS CA, C'EST QUE C'EST EN TOI»
mercredi 1 septembre 2021
Vigilance et détachement avec Arnaud Desjardins
Dans quel domaine êtes-vous faibles, influençables ? Dans quel domaine l’existence a-t-elle plein pouvoir sur vous ? Dans le domaine affectif, sexuel, social, monétaire ou autre ? C’est cela qui doit être vu d’abord. Et se dire ensuite : je ne rêverais pas de sagesse tant que je n’aurais pas conquis mon autonomie, tant que je ne me raconterais pas d’histoires dans ce domaine-là. Car on ne peut espérer se libérer en gardant une grande vulnérabilité, une faille à l’intérieur de soi.
Cela est difficile, car dans ce secteur-là, la peur et le désir demeurent tout-puissants. On ne peut croire être libre en gardant en soi une grande dépendance à l’égard de quoi que ce soit. Dépendance qui se trouve d’ailleurs presque toujours interprétée en termes d’infantilisme. Un adulte, avec un sexe d’adulte et un cerveau d’adulte, se conduit, dans le domaine de sa faiblesse propre, comme un enfant. Donc il faut, en chacun, mettre cela à jour, afin de le combattre. Car cette vulnérabilité imprègne non seulement l’existence mais toute la vie spirituelle. Et l’on voit très facilement les motifs cachés tout-puissants qui peuvent imbiber une quête spirituelle et la rendent fausse. Il faut donc découvrir le mensonge qu’on se fait à soi-même. C’est le b.a ba du chemin vers la vérité. Et lorsque l’illusion dans laquelle on vit est détruite, ce moment qui pourrait paraître cruel, difficile, et l’est à bien des égards, débouche sur une parfaite paix. Car l’on se réconcilie alors avec soi-même, on crée l’harmonie en soi et on est, alors seulement, capable de s’ouvrir vraiment à une nouvelle réalité et découvrir sa liberté à l’intérieur de sa fatalité personnelle.
Ceci est la première purification. Essentielle.
(L’orient Intérieur. Collectif. Autrement 1985)
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mardi 31 août 2021
lundi 30 août 2021
Zazen en ce temps de pandémie ?
Personne ne peut ignorer le drame que traverse actuellement le collectif humain. Proposer des retraites en silence, la pratique méditative, l’exercice de la marche lente et inviter chacun à prendre le temps de contempler son vécu intérieur, peut paraître saugrenu, inconséquent. À moins de réaliser que, en réalité, c’est la personne individuelle qui souffre d’être confronté au rappel que notre existence a une fin. Me revient souvent cette affirmation de C.G. Jung : « Les éléphants ça n’existe pas ; il y chaque fois un éléphant !».
Face à l’angoisse et aux états qui l’accompagnent il y a
chaque fois une personne individuelle à laquelle Graf Dürckheim ne propose pas
un chemin composé de recettes thérapeutiques en provenance de l’extérieur mais
un chemin d’exercice et d’expérience susceptible d’ébranler notre manière
d’être habituelle et notre manière de penser habituelle. La voie proposée par
Graf Dürckheim a pour sens l’accomplissement intérieur qui nous rend capable
d’affronter la vie telle qu’elle est sans attendre que le monde change.
Matières premières d’un séjour au Centre Dürckheim ?
Il y a plus de cinquante ans je demandais à Graf
Dürckheim ce qu’il entendait par méditation ?
« Méditation ? C’est un concept. Si vous posez cette
question à vingt personnes je suis persuadé que vous aurez vingt définitions
différentes. On ne peut pas dire la méditation c’est ça ! On peut décrire ce
que l’on comprend en pratiquant soi-même un exercice proposé sous ce nom. La
méditation que je pratique et enseigne est désignée au Japon comme étant zazen.
»
Au cours d’une sesshin au Centre il y a une dizaine
d’années, le maître Zen Hirano Katsufumi Rôshi (1) allègue que : « Il y a mille
et une manières de méditer mais il n’y a qu’une manière de faire zazen ».
Afin d’éviter une confusion malencontreuse je suis obligé
de préciser que le Centre Dürckheim n’est pas un lieu dédié à la méditation.
L’exercice fondamental sur la Voie tracée par Graf Dürckheim, à son retour du
Japon en 1947, est la technique appelée zazen. Si en parlant de zazen on
utilise le mot méditation il serait approprié d’ajouter qu’il s’agit d’une méditation
sans médiation d’aucune sorte, une méditation sans but.
Le Centre Dürckheim ne participe donc pas à la submersion
de l’homme occidental dans la pleine conscience ; il s’agit plutôt de s’exercer
à la pleine attention. (2)
J’aimerais comprendre ce qu’est le zen ?
À cette question, Hirano Roshi nous rappelle la réponse
donnée par le Maître Dogen (3) :
« Chercher à comprendre profondément le zen n’est rien
d’autre que pratiquer zazen. » Ce qui peut-être permettrait à l’homme
occidental d’avaler une réponse aussi véhémente est de savoir que le kanji
-zen- a pour origine le kanji -zazen-, et pas le contraire. Le concept Zen n’a
pas donné naissance à un exercice appelé zazen ; c’est l’exercice appelé zazen
qui est à l’origine de cette branche du bouddhisme dénommée Zen.
A celles et ceux qui aimeraient quand même comprendre ce qu’est le Zen je propose de voir ce qu’est le Zen en regardant un film récent du cinéaste japonais Tatsushi Ōmori : « Dans un jardin qu’on dirait éternel ». C’est l’histoire de deux jeunes-filles qui en ce vingt et unième siècle sont intéressées par l’art ancestral qu’est l’art de la préparation du thé, le Cha No Yu ou Chado.
Ce film, particulièrement apaisant, permet une approche
du Zen que l’entendement (l’approche intellectuelle, conceptuelle, du réel) ne
permet pas de saisir.
Il faut savoir qu’au Japon, des disciplines artistiques,
artisanales ou martiales, aussi différentes que l’art du tir à l’arc (Kyudo),
le combat à l’épée (Kendo) la calligraphie (Shodo), ou la cérémonie du thé
(Chado) ont un but commun : l’éveil de l’homme à sa vraie nature d’être humain.
Ces exercices japonais ne consistent pas à poursuivre un
résultat extérieur mais uniquement à préparer les conditions qui permettent et
favorisent cette expérience intérieure. En 1938, le savant du Zen, Daisetz
Teitaro Suzuki, dit à Graf Dürckheim qui disait s’intéresser au Zen « Pour
comprendre ce qu’est le Zen, il faut faire un exercice à fond. » Et le maître
dans l’art du tir à l’arc qui a accompagné Graf Dürckheim tout au long de sa
plongée dans le monde du Zen d’ajouter : « Plus vous ferez un exercice à fond
et plus nombreux seront les secteurs de votre vie fécondés par cette
profondeur. » (4)
La RÉPÉTITION de toujours les mêmes gestes,
magistralement soulignée dans le film sur l’art du thé, est très certainement
l’outil irremplaçable sur la Voie qu’est le Zen. L’essentiel n’est donc pas
d’apprendre mais de pratiquer ce qu’on a appris afin de devenir un artiste de
la vie plutôt que de s’imaginer devoir accéder à un art de vivre.
Bon film et bonne pratique de zazen !
Jacques Castermane
(1) Lire :
Hirano Katsufumi Rôshi : ENSEIGNEMENTS (recueillis par J. Derudder)
(2) Dans
l’ouvrage de Christophe André « Méditez avec nous » —Edition Odile Jacob— je
réponds à la question : Quelle est la différence entre la pleine conscience et
la pleine attention (p.193 et suivantes)
(3) Dōgen Zenji
est le fondateur de l'école Sōtō du bouddhisme zen au 13ème Siècle au Japon.
(4) Les leçons
de Dürckheim —Jacques Castermane - Ed. du Rocher - p.90.
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dimanche 29 août 2021
Samadhi même un dimanche
Il s'agit d'un terme complexe utilisé dans le mysticisme et la magie taoïstes.
samedi 28 août 2021
Corps énergétique...
Comment entrer en contact avec votre corps subtil .
Essayez tout de suite, s’il vous plaît. Fermez les yeux : cela pourra peut-être vous aider. Plus tard, quand il vous sera devenu facile et naturel d’être dans le corps, ceci ne sera plus nécessaire.
Exercice : Dirigez votre attention sur le corps. Sentez-le de l’intérieur. Est-il vivant ? Sentez-vous la vitalité dans vos mains, vos bras, vos jambes, vos pieds, votre abdomen, votre poitrine ? Sentez-vous le subtil champ énergétique qui infuse tout votre corps et vitalise chaque organe et chaque cellule ? Le sentez-vous simultanément dans toutes les parties du corps comme un seul et unique champ énergétique ? Maintenez votre attention sur votre corps subtil pendant quelques instants. Ne vous mettez pas à y penser. Sentez-le seulement.
Plus vous y accordez d’attention, plus la sensation se clarifie et s’intensifie. Vous aurez l’impression que chacune de vos cellules se vivifie et, si vous êtes très visuel, il se peut que vous perceviez votre corps sous la forme d’une image lumineuse. Même si une telle image peut temporairement vous aider, accordez davantage d’attention à la sensation qu’à toute image pouvant se présenter. Peu importe sa beauté ou sa force, une image a déjà une forme définie. Elle empêche donc la sensation de s’approfondir.
Eckhart Tolle
Extrait du livre : Mettre en pratique Le pouvoir du moment présent.
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vendredi 27 août 2021
Mouvement sans arrêt...
Le plus important dans le mouvement est qu'il n'ait pas de fin, que l'on n'aille pas vers quelque chose.
Quand on soulève un bras, le but n'est pas d'avoir le bras levé mais de sentir, d'instant en instant.
Dans la sensibilité énergétique, le mouvement ne s'arrête pas.
Restez dans la pose intérieure.
On peut avoir le dos voûté, extérieurement, et sentir la verticalité : l'énergie se centre, se libère.
Eric Baret, Yoga
Source : Gérard Beaulet
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