Arnaud Desjardins nous parle de la psychothérapie, une part de la voie qui est proposée par Swami Prajnanpad. Cette voie du quotidien développe la présence à soi-même, la vigilance de l'instant...
lundi 18 juillet 2011
dimanche 17 juillet 2011
Un goût d'éternité... la sérénité par Christophe André
Bzzz... Tout a commencé avec le bruit d'une mouche. D'habitude, c'est agaçant, et là, non : c'est apaisant. C'est juste la vie. Comme le petit nuage qui passe dans le ciel. Comme les miettes sur la table de la cuisine déserte. Le bourdonnement dure quelques secondes, puis disparaît : la bestiole a trouvé la sortie. Dans le sillage de son vol, un silence tranquille. Et une drôle d'impression. Comment ça s'appelle, cette douceur sans cause précise, ce sentiment que tout est à sa place, et que nous n'avons besoin de rien. C'est ça, la sérénité.
Oui, c'est ça. C'est infiniment agréable. Un peu différent du bonheur : il n'y a pas ce sentiment de satisfaction ou d'accomplissement. Ce n'est pas de la joie, non plus : pas d'excitation, pas d'envie de bouger, de chanter, d'aller se jeter dans les bras des autres. Non, c'est juste la perception d'une harmonie entre le monde et nous. Qui vient à la fois du dedans et du dehors, qui concerne le corps et l'esprit. Comme dans ce passage étrange de Fernando Pessoa, dans son Livre de l'intranquillité : « Un calme profond, aussi doux qu'une chose inutile, descend jusqu'au tréfonds de mon être. » Envie de s'arrêter et de savourer. Certitude calme et silencieuse. Abolition des frontières entre nous et le monde : plus de limites, que des liens. Liens de douceur. Plus envie de rien, plus peur de rien. Plus de besoin, tout est là, déjà là. C'est comme le passage d'une grâce.
D'où émerge la sérénité qui, par moments, nous enveloppe ? Peut-être de ces ingrédients souvent propres aux vacances : de ces moments où nous recevons enfin notre dose de calme, de lenteur, de continuité. Où nous n'avons plus d'obligation de faire quoi que ce soit, ou la liberté de le faire quand nous voulons, maintenant ou tout à l'heure, ou demain. Et peut-être aussi de ces instants de solitude à contre-courant : rester seul à la maison quand tout le monde est à la plage. Et se rendre à la plage quand tous sont rentrés pour se doucher, pour dîner. On les rejoindra tout à l'heure.
Ressentir, éprouver, ne pas penser, ne pas analyser. Ne pas bouger, bien sûr, ne rien faire. Juste regarder autour de soi. Rien de différent, tout est comme d'habitude. Nous aussi, nous sommes comme d'habitude. Sauf que... il s'est passé un truc inexplicable. Une bouffée d'éternité, qui vraisemblablement ne va pas durer. Mais on en savoure chaque seconde.
Bzzz... Tiens, revoilà la mouche. Et des voix qui s'approchent. On va passer à autre chose. Ce sera agréable, mais différent. Moins éthéré, moins céleste. Nous allons revenir dans notre monde (qu'on aime aussi !). C'est Christian Bobin qui écrivait : « À chaque seconde nous entrons au paradis ou bien nous en sortons. » C'est ça, c'est exactement ça : dans quelques secondes, nous allons sortir du paradis. Sans chagrin : nous y reviendrons.
Source La Vie
Christophe André est psychiatre et psychothérapeute. Il a publié "Les Etats d'âme : Un apprentissage de la sérénité" chez Odile Jacob
Oui, c'est ça. C'est infiniment agréable. Un peu différent du bonheur : il n'y a pas ce sentiment de satisfaction ou d'accomplissement. Ce n'est pas de la joie, non plus : pas d'excitation, pas d'envie de bouger, de chanter, d'aller se jeter dans les bras des autres. Non, c'est juste la perception d'une harmonie entre le monde et nous. Qui vient à la fois du dedans et du dehors, qui concerne le corps et l'esprit. Comme dans ce passage étrange de Fernando Pessoa, dans son Livre de l'intranquillité : « Un calme profond, aussi doux qu'une chose inutile, descend jusqu'au tréfonds de mon être. » Envie de s'arrêter et de savourer. Certitude calme et silencieuse. Abolition des frontières entre nous et le monde : plus de limites, que des liens. Liens de douceur. Plus envie de rien, plus peur de rien. Plus de besoin, tout est là, déjà là. C'est comme le passage d'une grâce.
D'où émerge la sérénité qui, par moments, nous enveloppe ? Peut-être de ces ingrédients souvent propres aux vacances : de ces moments où nous recevons enfin notre dose de calme, de lenteur, de continuité. Où nous n'avons plus d'obligation de faire quoi que ce soit, ou la liberté de le faire quand nous voulons, maintenant ou tout à l'heure, ou demain. Et peut-être aussi de ces instants de solitude à contre-courant : rester seul à la maison quand tout le monde est à la plage. Et se rendre à la plage quand tous sont rentrés pour se doucher, pour dîner. On les rejoindra tout à l'heure.Ressentir, éprouver, ne pas penser, ne pas analyser. Ne pas bouger, bien sûr, ne rien faire. Juste regarder autour de soi. Rien de différent, tout est comme d'habitude. Nous aussi, nous sommes comme d'habitude. Sauf que... il s'est passé un truc inexplicable. Une bouffée d'éternité, qui vraisemblablement ne va pas durer. Mais on en savoure chaque seconde.
Bzzz... Tiens, revoilà la mouche. Et des voix qui s'approchent. On va passer à autre chose. Ce sera agréable, mais différent. Moins éthéré, moins céleste. Nous allons revenir dans notre monde (qu'on aime aussi !). C'est Christian Bobin qui écrivait : « À chaque seconde nous entrons au paradis ou bien nous en sortons. » C'est ça, c'est exactement ça : dans quelques secondes, nous allons sortir du paradis. Sans chagrin : nous y reviendrons.
Source La Vie
Christophe André est psychiatre et psychothérapeute. Il a publié "Les Etats d'âme : Un apprentissage de la sérénité" chez Odile Jacob
samedi 16 juillet 2011
vendredi 15 juillet 2011
Mystique et Erotique avec Jacqueline Kelen (3)
jeudi 14 juillet 2011
Mystique et Erotique avec Jacqueline Kelen (2)
Licenciée en lettres classiques, productrice à France Culture, Jacqueline Kelen explore depuis sa jeunesse la soif d’absolu qui la taraude et restitue ses recherches et son expérience flamboyante dans des ouvrages où vibre sa mystique intime. L’essentiel de son écriture se coule dans les grands mythes de l’humanité...
Deuxième partie
avec une lecture d'un texte de Christiane Singer :
source : France Inter
avec une lecture d'un texte de Christiane Singer :
source : France Inter
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Amour,
Christiane Singer,
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Mythes,
Spirituel
mercredi 13 juillet 2011
Mystique et Erotique avec Jacqueline Kelen (1)
Jacqueline Kelen est écrivain, elle a été productrice d’émissions à France Culture pendant 20 ans et a publié une trentaine d’ouvrages, dont « Marie Madeleine, un amour infini » et « L’Esprit de solitude » chez Albin Michel. Elle vient de publier : « Un chemin d’ambroisie amour, religion et chausse-trappes» aux éditions de la Table Ronde ou il est question de la relation entre Eros et les religions.Première partie
source : France Inter
source : France Inter
mardi 12 juillet 2011
Pain industriel ou pain naturel
Donnez-nous aujourd'hui notre pain... naturel
lundi 11 juillet 2011
5 idées reçues sur le pain (1)
Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien...
dimanche 10 juillet 2011
La cathédrale de verdure avec Philippe Mac Leod
La montagne luit comme une lampe, une flamme ou un chant qui s'élève. Midi la fait vibrer, en son vert tendre qu'un souffle puissant porte haut dans le bleu. L'altitude aussi a ses constellations, ses abîmes, ses monumentales démesures. Sous cet immense déploiement, cette prodigieuse effusion du vivant, comment ne pas ressentir avec joie le premier mouvement de la terre, qui est de s'élancer vers le haut, du plus obscur vers le plus clair, du plus dense vers le plus léger, un mouvement ascendant qu'ont suivi les plantes, les arbres, jusqu'à l'homme debout ?
Par son irrésistible élan, la montagne nous communique grâce et élévation. Cette masse énorme, soulevée comme une pâte, ne cesse de nous clamer ce pour quoi nous sommes faits. De ses innombrables flèches, elle nous indique la direction, l'axe, le sens qui nous anime du dedans. Malgré une apparente inertie, tout est mouvement dans ces reliefs déployés, tout est air, espace, comme un aboutissement du sensible, une sorte d'élargissement du monde, une ouverture radieuse avant de rejoindre l'infini qui nous appelle à travers un voile d'azur.
Au fond de l'étroite vallée où je progresse de merveille en merveille, un cirque dessine une abside aux puissantes nervures. Les derniers névés déroulent sur la pierre nue de longues nappes aux plis profonds. Le ciel s'accroche aux becs flamboyants comme des festons au soleil. Au bas de la muraille, d'immenses tentures colorées dégringolent de l'ombre froide. La flore à profusion s'y imprime, d'un trait fin, avec tous les animaux rassemblés, délicatement posés sur l'herbe, avant que la forêt ne recommence à bruire. Ils habitent ces montagnes comme un psaume de louange : ils chantent la vie, la lumière, les couleurs, l'air qui nous grise et vibre jusque dans nos chairs.
Parce que l'espace, ici, reste ouvert, à peine captif de la dentelle des crêtes, on a l'impression de mieux le saisir, vaste et tout proche à la fois, l'immense toit d'ardoise bleue nous ouvrant à la transparence la plus pure, celle qui nous habite, celle qui étincelle comme un faîte, un terme, à la pointe de chaque herbe, chaque arbre, chaque sommet.
Le soir, la pierre se coule dans le bronze. Le petit jour la colore de rose, de mauve, légère et presque irréelle comme la clarté qui monte dans les tremblantes verrières. Une pluie d'étoiles étire les murs dans la nuit, loin, indéfiniment, jusqu'au mystère étourdissant que percent les pics.
Un sang d'argent traverse la nef par le centre, comme dans la vision d'Ézéchiel, un fleuve de cristal, de lumière et de joie jubilante, un chant pur, un cri de vie, tous les vertiges des sommets qui descendent laver la roche, féconder la terre où tout ce qui lève retourne au ciel.
Nul ne songerait à dresser une charpente. Les arbres qui peuplent les pentes n'y suffiraient pas. Et qui pourrait jusque-là hisser la tuile vernissée, le blason, l'angelot inanimé ? Dès les premières clartés, les rayons serrés du soleil couvrent l'édifice d'un or fin et frémissant, une paille soyeuse, un chaume aérien. Le bleu qui s'étend peu à peu devient si dense qu'on entend le silence sonner, un même écho à travers l'azur qui s'ouvre intensément. Clameur du milan qui s'élance ! Tout l'espace sur une aile ! Le cantique qui monte d'une seule voix, porté à bout de bras, à bout de branches, de ses milliers de notes vertes parsemées sur le bleu, retentit à la pointe des cimes étincelantes, où nous fait signe la blancheur d'un éternel éclat.
PHILIPPE MAC LEOD est écrivain, il a publié plusieurs recueils de poésie. Son dernier ouvrage, l'Infini en toute vie, est paru aux éditions Ad Solem.
Source : La Vie
Par son irrésistible élan, la montagne nous communique grâce et élévation. Cette masse énorme, soulevée comme une pâte, ne cesse de nous clamer ce pour quoi nous sommes faits. De ses innombrables flèches, elle nous indique la direction, l'axe, le sens qui nous anime du dedans. Malgré une apparente inertie, tout est mouvement dans ces reliefs déployés, tout est air, espace, comme un aboutissement du sensible, une sorte d'élargissement du monde, une ouverture radieuse avant de rejoindre l'infini qui nous appelle à travers un voile d'azur.
Au fond de l'étroite vallée où je progresse de merveille en merveille, un cirque dessine une abside aux puissantes nervures. Les derniers névés déroulent sur la pierre nue de longues nappes aux plis profonds. Le ciel s'accroche aux becs flamboyants comme des festons au soleil. Au bas de la muraille, d'immenses tentures colorées dégringolent de l'ombre froide. La flore à profusion s'y imprime, d'un trait fin, avec tous les animaux rassemblés, délicatement posés sur l'herbe, avant que la forêt ne recommence à bruire. Ils habitent ces montagnes comme un psaume de louange : ils chantent la vie, la lumière, les couleurs, l'air qui nous grise et vibre jusque dans nos chairs.Parce que l'espace, ici, reste ouvert, à peine captif de la dentelle des crêtes, on a l'impression de mieux le saisir, vaste et tout proche à la fois, l'immense toit d'ardoise bleue nous ouvrant à la transparence la plus pure, celle qui nous habite, celle qui étincelle comme un faîte, un terme, à la pointe de chaque herbe, chaque arbre, chaque sommet.
Le soir, la pierre se coule dans le bronze. Le petit jour la colore de rose, de mauve, légère et presque irréelle comme la clarté qui monte dans les tremblantes verrières. Une pluie d'étoiles étire les murs dans la nuit, loin, indéfiniment, jusqu'au mystère étourdissant que percent les pics.
Un sang d'argent traverse la nef par le centre, comme dans la vision d'Ézéchiel, un fleuve de cristal, de lumière et de joie jubilante, un chant pur, un cri de vie, tous les vertiges des sommets qui descendent laver la roche, féconder la terre où tout ce qui lève retourne au ciel.Nul ne songerait à dresser une charpente. Les arbres qui peuplent les pentes n'y suffiraient pas. Et qui pourrait jusque-là hisser la tuile vernissée, le blason, l'angelot inanimé ? Dès les premières clartés, les rayons serrés du soleil couvrent l'édifice d'un or fin et frémissant, une paille soyeuse, un chaume aérien. Le bleu qui s'étend peu à peu devient si dense qu'on entend le silence sonner, un même écho à travers l'azur qui s'ouvre intensément. Clameur du milan qui s'élance ! Tout l'espace sur une aile ! Le cantique qui monte d'une seule voix, porté à bout de bras, à bout de branches, de ses milliers de notes vertes parsemées sur le bleu, retentit à la pointe des cimes étincelantes, où nous fait signe la blancheur d'un éternel éclat.
PHILIPPE MAC LEOD est écrivain, il a publié plusieurs recueils de poésie. Son dernier ouvrage, l'Infini en toute vie, est paru aux éditions Ad Solem.
Source : La Vie
samedi 9 juillet 2011
vendredi 8 juillet 2011
Epreuves de l'arbre
"Seul l'arbre qui a subi les assauts du vent est vraiment vigoureux,
car c'est dans cette lutte que ses racines, mises à l'épreuve, se fortifient."
Sénèque
source photo : blog de Claire
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