lundi 17 décembre 2018

Dualité illuminée...


« Lee Lozowick a déclaré que, dans notre tradition, le but de la pratique est de nous rendre capables d'être simultanément dans un état de prière, ou de communion avec le Divin, et parfaitement fonc­tionnels dans le domaine relatif. Cette description de la « Dualité Illuminée » nous montre la nécessité de devenir un virtuose dans deux domaines : celui de la perception ordinaire, et celui de la perception subtile. L'habileté dans ces deux domaines signifie que nous ne nous identifions pas et, par conséquent, ne nous limitons pas, à aucun des deux, et qu'à tout instant, pour répon­dre aux besoins du moment, nous sommes capables de porter notre attention sur l'autre domaine. Quel que soit l'aspect de la réalité qui nous fait les yeux doux, nous honorons notre autre maîtresse qui se languit de notre regard et de nos caresses. 
Lorsque nous faisons cela très fréquemment et de manière tota­lement invisible, nous devenons le creuset dans lequel le monde du surnaturel et celui de la matière peuvent cohabiter. Ce qui facilite cette rencontre de forces, c'est la chimie essentielle qui aboutit à l'alchimie de l'évolution, ou alchimie divine. C'est de là que vient l'expression de Lee : « Dualité Illuminée ».
 

Voici un article sur la "dualité illuminée"

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dimanche 16 décembre 2018

Troisième dimanche de l'Avent

   

Le 16 décembre, les textes nous appellent à la joie. Découvrons la deuxième lecture, une lettre que saint Paul écrit à la communauté chrétienne des Philippiens.







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Une clé pour suivre Jésus
Saint Paul écrit cette lettre vers la fin de sa vie (61 ou 62). Il s'adresse à une communauté de chrétiens d'origine gréco-romaine qui habitent à Philippes, ville du nord-est de la Grèce. Paul invite les croyants à demeurer « dans la joie du Seigneur »et insiste, le mot « joie » revient deux fois dans le texte. Et il ajoute : « En toutes circonstances, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes. » C'est la clé pour suivre Jésus : être joyeux en priant sans cesse, avoir confiance en lui, le remercier et oser lui formuler nos demandes
Joie, bienveillance et paix
La joie dont parle l'apôtre, c'est une joie très profonde qui vit dans notre cœur, comme une sorte de rocher en nous sur lequel on peut s'appuyer même quand plus rien ne va. Elle est la « sœur » de la « bienveillance » que Paul nous propose de manifester aux autres. La bienveillance, c'est choisir de « voir le bien en l'autre avant d'imaginer le mal », comme le dit Samuel Grzybowski, qui s'efforce lui aussi d'avoir un regard positif sur chacun (voir La Vie no 3823 du 6 décembre, page 47). Si nous suivons les conseils de Paul (joie et bienveillance), alors les soucis et les inquiétudes ne nous envahiront plus. Ils existeront encore mais en moins fort. Et surtout, nous recevrons la « paix » de Dieu « qui gardera (n)os cœurs et (n)os pensées dans le Christ Jésus »,écrit Paul.
Dieu tout proche de nous
Ce dimanche est appelé « dimanche de la joie », car les textes nous invitent à nous réjouir : à Noël, Dieu se fait tout proche de nous, il renaît dans nos cœurs. Encore 10 jours, pour nous préparer à accueillir le Dieu vivant qui s'intéresse à nous, à notre vie dans ses moindres détails. C'est une grande joie d'attendre que vienne le Sauveur du monde, et de lui dire « oui », d'une manière toute nouvelle. « Oui » à être son enfant.
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vendredi 14 décembre 2018

Invités à la joie ?


 Pour répondre à cette invitation, il faut être fou ou amoureux !
Aux yeux des gens réalistes, on passe un peu pour des illuminés lorsqu’on parle de joie… Il y a tellement de raisons de ne pas se réjouir : insécurité, injustice, chômage, maladie sont des réalités quotidiennes. Nos vies personnelles sont tout sauf de longs fleuves tranquilles ! Quant aux joies qui existent, certaines sont factices et destructrices. Il y a des joies qui se vendent : pensez à la débauche de propositions commerciales à l’occasion de Noël. Mais, Dieu merci, certaines sont réelles et vraies.



La joie véritable ne se vend pas. Elle peut naître alors même que nous vivons l’absence : c’est le cas lorsque quelqu’un que l’on aime nous annonce sa visite. Les jours qui précèdent sont colorés d’une attente joyeuse et lorsque, sur le quai de gare ou dans le hall d’aéroport, je devine au loin sa silhouette, mon cœur se met à battre plus vite. Tel est le climat de l’avent que nous sommes invités à vivre ! « Le Seigneur va venir, Le Seigneur vient ! ». Le personnage de Jean-Baptiste, qui marque ce temps liturgique, m’émeut, lui qui dit : « Moi je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui […] j’entends sa voix […] Telle est ma joie : elle est parfaite. »* La joie est plus profonde que la gaîté. La joie naît dans le cœur de celui qui aime et qui se donne. C’est elle qu’évoque Jésus, au soir du jeudi saint, alors même qu’il sait que ses disciples vont l’abandonner ; mais le moment est venu de leur montrer à quel point il les aime en même temps que Dieu son Père. Ce qu’il va faire est fou aux yeux des hommes : de la mort, qui est la situation de séparation maximum, il va faire le moment de communion maximum, puisque c’est par amour pour son Père et par amour pour nous qu’il donne sa vie !
Nous sommes parfois dans la tristesse ; mais dans chaque eucharistie, Jésus nous fait communier à sa joie, comme il l’a dit à ses apôtres :
« Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. »**


frère Bernard-Dominique Marliangeas,
Couvent de Lyon    

* Jn ch 3, v 28
** Jn ch 15, v11 


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jeudi 13 décembre 2018

Attention et vigilance


Your worst enemy cannot harm you as much as your own unguarded thoughts. 
Buddha

Votre pire ennemi ne peut pas vous nuire 
autant que vos propres pensées sans surveillance. 

Bouddha
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mercredi 12 décembre 2018

Denuement


Changer ? ou se dénuder…
J’ai longtemps cru que le bonheur espéré, la paix intérieure exigeaient de me transformer, de me parfaire. Que mon chemin intérieur devait entrainer un développement de mes qualités, de mes aptitudes, de mes capacités à aimer, à dire oui à la vie, à accepter, à être plus douce, à être plus tranquille, plus en paix, plus compétente, plus à l’écoute et à avoir un mental plus silencieux. Je croyais que le chemin allait me faire acquérir des capacités et qualités personnelles, que cela allait faire de moi une Séverine « optimisée » capable de vivre plus heureuse et plus forte au sein de ce monde qui me semblait compliqué et dangereux. Au contraire je me dévoilais, je me dénudais, je m’ouvrais à la vie. Le regard posé en moi-même de plus en plus profondément déracinait mes conditionnements psychologiques, mes croyances limitantes, faisait fondre mes attachements et s’effondrer les évidences. J’étais sur un chemin de dénuement pour dévoiler mon authenticité, mon être véritable.
Tout ce que je croyais à mon propos, tout ce à quoi j’étais identifiée, attachée, même profondément, tel que le fait d’être reconnue, d’être aimée, d’avoir le contrôle sur ma vie ou même cet interdit d’être soi, ou la souffrance, tout ces filtres à travers lesquels je vivais et qui impactaient fortement ma vie, ce sont peu à peu mis au second plan au point de ne plus piloter ma vie voire même de disparaitre. Les émotions se sont harmonisées et sont devenues de simples mouvements au cœur de mon être. Si certains changements interviennent, parfois même profonds, ils sont rarement ceux attendus et ce qui se dévoilent est toujours de l’ordre du dénuement. Aucun changement ne peut d’ailleurs améliorer ni altérer ce que nous sommes déjà fondamentalement et qui ne fait qu’être mis à jour par notre propre regard intérieur : notre être authentique.
Séverine Millet

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mardi 11 décembre 2018

Le dessein d'un dessin



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Extraits de : Regards sages sur un monde fou - Livre d'Arnaud Desjardins et Gilles Farcet

Moins on se connaît soi-même, moins l'inconscient et les dynamismes psychologiques sont pris en compte, plus on aboutit à une subjectivité sans frein. L'un des revers de la libre expression n'est-il pas justement le règne de la subjectivité totale ? Que chacun puisse soutenir tout et son contraire aboutit à un certain éclatement...

A. Desjardins :
A un éclatement certain. Effectivement, si la liberté n'aboutit qu'à de plus en plus de dissensions, de plus en plus de conflits d'opinions, de plus en plus de morcellement - il n'y a là rien de constructif. Ce qui est censé aujourd'hui faire l'intérêt d'un débat télévisé, c'est que les gens se contredisent. A l'issue de l'émission, le spectateur est laissé dans la confusion. Suivant que ses affinités le portent vers tel ou tel des intervenants, il va pencher plutôt d'un côté que de l'autre, mais il n'aura pas le sentiment d'avoir progressé dans la recherche, sinon de la vérité - dans le relatif, la vérité est toujours mouvante et fonction d'un ensemble- du moins d'une vision sereine des différents points de vue sur une réalité. De la discussion ne jaillit plus la lumière. Les " débats " dont notre monde est si friand auraient plutôt tendance à épaissir les ténèbres, à propager le doute et l'incertitude, ce qui est n'est pas sans conséquence sur le psychisme des individus et la structure même de la société. Plus de points d'appui stables, plus de repères certains, plus d'éthique reconnue inspirant les actions - et plus le moindre consensus quant aux principes directeurs et aux valeurs essentielles, que celles-ci soient laïques ou religieuses. 


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lundi 10 décembre 2018

Méditation ?


La méditation immobile, qui tient une place capitale dans le yoga ou dans la voie du zen avec le zazen, ne joue pas apparemment un rôle aussi important sur le chemin décrit dans mes différents livres. Tous ceux qui pratiquent une forme ou une autre de méditation se heurtent à des difficultés – agitation intérieure, distraction, associations d’idées – qui vont à l’encontre du propos de la méditation et mon propre gourou, Swâmi Prajnanpad, considérait qu’on ne pouvait efficacement méditer qu’après avoir érodé dans l’existence un grand nombre de ces difficultés ou obstacles intérieurs. 

Pourtant il est normal que vous cherchiez tous à comprendre quelle place la méditation peut tenir dans votre propre ascèse. La première chose à dire, c’est que le mot français méditation recouvre des activités très différentes qu’il ne faut pas confondre. Certaines méditations sont tout de suite accessibles aux débutants et d’autres ne sont fructueuses que pour les méditants entraînés qui ont déjà progressé sur le chemin de la simplification et du dépouillement intérieurs. 

La véritable méditation est une activité non seulement différente mais même, en un sens, opposée à toutes celles que nous connaissons. Qui dit activité dit faire quelque chose et la méditation consiste avant tout à ne pas faire, tout en étant présent à soi-même, vigilant, intensément éveillé. Pour comprendre l’essence de la méditation, il faut se souvenir de cette affirmation que nous sommes déjà ce que nous aspirons à être mais que nous n’en sommes pas conscients. 

Vous connaissez l’image que j’ai si souvent employée : « Nous sommes tous déjà nus sous nos vêtements. » Du fait des vêtements notre nudité demeure invisible, mais celle-ci n’est pas à projeter dans le futur comme le fruit de nos efforts ou l’effet de certaines causes, elle est là. Il y a simplement à la découvrir, à la révéler. C’est ce qui ne doit jamais être perdu de vue en ce qui concerne la méditation. Alors que dans la vie courante toutes nos tentatives visent toujours à mettre en œuvre des causes pour produire certains effets, dans la méditation il n’y a pas à produire, il y a à découvrir. 

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Arnaud Desjardins
Approches de la Méditation 

jeudi 6 décembre 2018

Conscience d'être relié...


Que penser de la crise actuelle ? 


Nous avons à prendre conscience d'une loi très profonde, ontologique, qui veut que l'humanité soit une. Ce que découvre aujourd'hui la physique quantique et qu'énonce David Bohm disant "Si l'humanité ne prend pas conscience qu'elle est une, elle va vers les plus graves périls". C'est la dure loi du Talion : Ce que nous faisons à l'autre nous est renvoyé en boomerang car l'autre est nous-même. Le globule blanc, défenseur du territoire de notre organisme le sait, qui ne tue pas le microbe appelé "non soi", mais l'intègre après avoir vérifié que l'organisme, appelé "soi", le porte en lui. Comme lui, il faut intégrer l'adversaire et non le tuer comme ennemi. C'est là une grande différence de conception de la guerre et de ses stratégies. Malheureusement l'humanité n'a vécu jusqu'ici que dans le concept infantile du meurtre de l'ennemi, sans réaliser qu'ainsi on se tue soi-même. A mon avis, lorsque dans les évangiles, le Christ demande à celui qui a reçu un soufflet sur une joue de tendre l'autre, il nous incite en fait à retrouver la mémoire de la zone que nous avons gifflée autrefois, dans un geste oublié.


Annick de Souzenelle
Pour une mutation intérieure


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mercredi 5 décembre 2018

Construire un couple...


Extrait de "le chalet de l'amour" de Denis Sonet

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mardi 4 décembre 2018

Interview de Catherine Harding


"De plus en plus, je comprends que je ne suis pas Catherine du tout, je ne suis pas la petite Catherine. Je suis la conscience universelle éternelle qui expérimente la vie dans le corps de Catherine, tout comme vous êtes la conscience universelle qui est en train d’expérimenter le fait d’être vous. A notre racine, dans notre cœur, nous sommes cette conscience claire et universelle. C’est pourquoi nous sommes un seul Espace conscient.
Si nous prenons la peine de retourner notre attention pour atteindre cet endroit merveilleux, la conscience universelle qui est en chacun de nous, nous la verrons. Je pense que cela est très important. La petite Catherine n’est qu’un véhicule, un instrument. Mais je ne deviens pas l’instrument. Si je prends un marteau, c’est une extension de mon corps, mais je ne deviens pas le marteau. Si Catherine est mon instrument, je ne deviens pas Catherine totalement, je me sers de Catherine. C’est pourquoi, il nous faut prendre soin de notre instrument : nous devons le garder en bon état si nous voulons pouvoir l’utiliser. Je fais donc de mon mieux pour me maintenir en forme, parce que, de toute évidence, je suis encore en vie ; j’essaie d’améliorer ma condition physique afin que mon instrument me serve un peu mieux de nouveau.
J’apprends encore et toujours – je ne fais qu’apprendre. J’apprends à être plus présente. J’apprends à voir ce que je suis réellement plus souvent. Et j’apprends à ralentir. Tout est extrêmement lent maintenant, ce qui permet d’avoir un autre regard sur les choses. Cela met une distance entre nous et ce qui nous semble important. Lorsque nous prenons le temps d’être tout simplement et de regarder à partir de notre Centre, nous nous rendons compte que tout ce que nous croyions urgent ne l’est pas tant que ça. Nous n’avons pas besoin de faire ceci ou cela. Tandis que lorsque nous nous identifions à la petite personne que nous sommes, nous pensons : « Oh, je dois faire ceci, je dois faire cela » ; or, c’est rarement nécessaire.
Pour moi, la chose la plus importante est maintenant de vivre l’éveil au quotidien, plutôt que de ne faire qu’en parler. Je n’ai aucun doute que c’est ce que je dois faire maintenant. Si je veux accorder aux problèmes de ma famille l’attention nécessaire, il faut que je sois Ici, au centre de moi-même, sinon je ne peux pas le faire. Faire les choses lentement m’aide énormément. J’apprends aussi à me détacher de mon apparence physique. Ce corps qui est le mien se détériore avec le temps. Lorsque je regarde mon corps, je me dis : « C’est incroyable, ce n’est pas moi ! » Ce n’est que maintenant que je commence à comprendre le message que ce corps n’est qu’une enveloppe temporaire qui m’a été confié pour cette courte vie."

Catherine Harding
Extrait du livre "Libre d'aimer", écrit avec Karin Visser 

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