lundi 3 septembre 2018

Pausing !

J'aime bien le samedi, parce que le samedi, c'est marché. Et sur le marché, il y a cette aimable dame qui vend des gâteaux si délicieux qu'il faut se retenir pour ne pas avoir tout mangé avant même d'être rentré chez soi. Aujourd'hui, il est tôt, les chalands sont rares, les gâteaux tout débordants de chocolat, de noix de coco et autres écorces confites me font signe et je ne sais que choisir. Pendant que j'examine la question : un de chaque ? ou deux de chaque ?, nous papotons, comme on dit sur le marché. Je la félicite pour son œuvre, et quel travail ce doit être, des vendredis bien chargés, elle prend un air tout triste, soupire et m'explique qu'elle a du mal, qu'elle est anxieuse en ce moment : quand tout est en train, au milieu de la cuisine, elle a l'impression d'être débordée, d'aller trop vite... « Comme si j'étais catapultée ! Je n'arrive pas à me calmer, tout s'emballe, ça m'épuise... »
Oui, je connais bien ça aussi, ces moments où tout va trop vite, trop de choses, trop de précipitation, et puis le téléphone sonne, ou bien « ding-ding ! » c'est un mail qui arrive... On a juste envie de souffler, de remettre les choses dans l'ordre avant qu'elles ne nous écrasent... « J'aimerais, poursuit la dame pâtissière, faire de la méditation, je suis sûre que ça me ferait du bien, mais c'est justement quand je suis le plus occupée que j'en ai besoin ! Et je ne me vois pas m'arrêter une heure avec les gâteaux dans le four, la crème dans la casserole, les crêpes dans la poêle et les fruits à éplucher... »
Prendre le temps, cela paraît impossible puisque justement nous sommes débordés, mais nous avons une solution. Récemment une amie m'a dit en riant : « Moi je fais du jogging, et aussi du "pausing "! » Le mot nous a amusées et nous l'avons adopté. Qu'est-ce que c'est, ce « pausing » ? Eh bien, en bon français, ce serait une pause, et même une petite pause. Une mini-méditation... ne souriez pas ! Vous êtes en train de vous énerver et de ronger vos ongles dans un embouteillage ? Vous ne savez plus où vous tourner dans la cuisine ? Ou bien votre ordinateur montre son véritable visage et décide de saboter votre travail ? On s'arrête. Une minute. On arrête de courir dans tous les sens, que ce soit avec son corps ou avec sa tête. On se « pause »! On est assis, et là on se rend compte qu'on a les pieds sur le sol, ce qui nous donne un point fixe et nous rend stable. Alors, on peut lâcher un peu nos épaules qui n'en peuvent mais. Ah, on s'aperçoit qu'on a le visage tout crispé, on le détend et même on tente un sourire.
Oui, toute seule, tout seul, dans son bureau, ou dans sa cuisine, on sourit. Et on respire. Non ! ce n'est pas de la culture physique, arrêtez ces grandes inspirations ! Laissez-vous respirer tranquillement, votre corps sait très bien le faire sans vous, faites-lui confiance au lieu de vouloir tout diriger. Une minute.
Et maintenant, repartez. Vous n'avez pas perdu de temps. Parce que là, vous êtes bien plus efficace, la voiture de devant n'est plus une ennemie à écraser, le gâteau dans le four, un boulet à détester... Même l'ordinateur, devant votre calme, revient à de bons sentiments.
Le « pausing » : quelques instants, deux ou trois respirations pour revenir à soi-même, et ne plus être emporté dans le tourbillon de nos activités. Un sourire aussi, parce qu'au fond, tout ne va pas si mal ! Convaincue par mon enthousiasme, la dame pâtissière rit et m'offre une belle tranche de cake au chocolat. J'ai envie de le déguster, mais d'abord un « pausing »... pour qu'il soit encore meilleur !
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dimanche 2 septembre 2018

Le présent avec Rav Benchetrit


Comme je ne peux publier le week-end (on me surveille), voici un tout petit présent en vidéo...



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vendredi 31 août 2018

La voie du cœur


La nature a mis à notre disposition trois instruments également nécessaires pour appréhender le réel, trois moyens de connaissance : l'intelligence de la tête, l'intelligence du corps et l'intelligence du cœur. 
L'instruction, aujourd'hui prolongée jusqu'à seize ans au moins, souvent beaucoup plus, exerce l'intellect. La gymnastique, l'athlétisme, la pratique des arts martiaux assurent ce que nous nommons culture physique. 

Mais, dans notre monde moderne, le développement du sentiment juste est presque totalement négligé. La toute-puissance des émotions : peur, jalousie, convoitise, colère, anxiété, vanité, détermine ce qu'il faudrait oser appeler la stupidité du cœur. 
Il n'est pas de voie initiatique, même les yogas techniques ou le yoga de la connaissance, qui ne fasse la part belle à la purification du cœur. C'est dans la " caverne du cœur ", disent les Upanishads, que l'absolu se révèle comme l'essence de notre être, comme notre propre " Soi ", à condition que ce cœur ne soit plus encombré par les marques d'un passé toujours présent qui se projette en craintes et en rêves sur le futur. 
C'est dans le cœur que se vit la mort du vieil homme et la naissance de l'homme nouveau. " Un cœur léger ", " le cœur en paix ", ces expressions ne sont pas mystérieuses, bien au contraire. Elles n'en sont pas moins ésotériques pour cela.


Arnaud Desjardins


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jeudi 30 août 2018

Observation rapide de la nature


La nature nous montre les autres sens de la croissance et de la richesse... A méditer !


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mercredi 29 août 2018

Trouvez son Ikigai (2)







Trois questions à Sandrine Victoire, thérapeute





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Comment définiriez-vous l'ikigaï ?
En japonais, ikigaï signifie « sel de la vie », « joie de vivre », « raison d'être ». Il s'agit de notre pulsion de vie, de notre vocation, de ce pour quoi nous sommes sur terre. Elle correspond à notre nature profonde et permet de nous réaliser dans toutes les dimensions de notre vie. Du fait de notre éducation, de notre histoire, il se peut que nous nous en soyons éloignés. Nous éprouvons alors une insatisfaction profonde, le sentiment - légitime - de ne pas être reconnus, un stress qui va crescendo.
Qu'est-ce qui nous empêche de trouver notre ikigaï ?
Souvent, le fait d'être trop centré sur des modèles externes de réussite empêche de trouver un sens à sa vie. C'est ce que l'on appelle « être en référence externe » en programmation neuro-linguistique (PNL). Un chemin s'ouvre lorsque nous nous libérons de nos barrières internes, notamment nos drivers, ces croyances limitantes qui s'enracinent dans l'enfance et nous font croire que pour être aimé, apprécié, reconnu, il faut obéir à des injonctions : être fort, parfait, performant, faire plaisir, etc. Il est aussi nécessaire de travailler son rapport à l'argent, qui peut bloquer une évolution possible.
Quelques bonnes résolutions avant la rentrée ?
Cesser de se comparer aux autres, s'affranchir de leur jugement ! Cela suppose un travail d'intériorité pour être davantage à l'écoute de ses besoins, de ses sensations, de ses appétences. Si on est relié à soi, on sera mieux en phase avec ce qu'on aime et ce qu'on sait faire, et on sera plus heureux et plus utile au monde.

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mardi 28 août 2018

Trouvez son Ikigaï (1)


Ikigai (生き甲斐?) est l'équivalent japonais de la « joie de vivre » et de la « raison d'être ».


Ça ronronne au boulot ? Vous voulez changer de voie ? Avant la reprise, un temps de réflexion peut vous aider à trouver comment être plus heureux dans votre vie et au travail.







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Dans le sud du Japon, il est un archipel où les habitants vivent mieux et plus longtemps... Quel est le secret des centenaires des îles d'Okinawa ? Parmi les facteurs évoqués : l'hérédité, la cuisine (notamment la consommation d'une algue antioxydante), l'hygiène de vie, l'activité physique extérieure, l'humour et la vie sociale. Dans leur dialecte, le terme de « retraite » n'existe pas. Même les plus âgés exercent une activité rémunérée. Toutes ces dimensions contribuent à leur bonheur, ce fameux ikigaï, terme japonais qui n'a pas de traduction exacte. Il se compose des idéogrammes iki, qui signifie « vie » ou« être en vie », et gaï, qui veut dire « ce qui vaut la peine et a de la valeur ». Littéralement, il se traduirait par « ce pour quoi la vie mérite d'être vécue ». Autrement dit, c'est le moteur qui donne envie de se lever le matin. 
« Notre "raison d'être" évolue en fonction de la phase de vie dans laquelle nous nous trouvons, précisent Héctor García et Francesc Miralles, auteurs d'un livre sur le sujet. L'ikigaï est comparable à une radiofréquence : mieux nous nous synchronisons avec lui, plus nous aurons la sensation que notre vie a un sens. »
Sur quoi repose votre ikigaï ? Si vous envisagez la reprise du travail la mort dans l'âme, il est temps de faire le point ! Ce bilan permet de revisiter vos motivations profondes, de réveiller un talent que vous n'avez pas déployé, d'imaginer de nouvelles sources de revenus, de découvrir la manière d'être davantage utile. Lorsque vous aurez rempli chaque item (ci-contre), surlignez ce à quoi vous estimez ne pas consacrer assez de temps. Puis choisissez trois actions concrètes à réaliser dès que possible.
Cet exercice ne vous fera peut-être pas changer du jour au lendemain, mais il peut donner à votre vie un nouvel élan. Vous ne pouvez vivre financièrement de votre passion ? Nourrissez-la tout de même ; elle irriguera votre quotidien et vous aidera à adopter une distance plus juste avec les tracas professionnels. « Le secret est de devenir acteur de notre vie au lieu de rester simple spectateur », précise le duo d'auteurs. Tout un programme... À votre stylo !

Les quatre composantes de l'Ikigaï

À la croisée de ce vous aimez faire et de vos talents, s'exprime votre passion.
À la croisée de vos talents et de ce pour quoi vous pouvez être payé, émerge votre profession.
À la croisée de ce pourquoi vous pouvez être payé et ce dont le monde a besoin, se trouve votre vocation. 
À la croisée de ce dont le monde a besoin et de ce que vous aimez faire, se définit votre mission. 
Au centre est votre ikigaï, cet équilibre entre dons, rémunération, utilité, motivation qui donne sens à votre vie.

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lundi 27 août 2018

Aide toi ! Le ciel t'aidera !


La plus grande étreinte d'amour que tu ne feras jamais est de t'embrasser complètement. 
Ensuite, tu te rendras compte que tu as embrassé l'univers entier et tout le monde en lui. 

ADYASHANTI 


Mariela Garibay

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samedi 25 août 2018

Méditation de pleine attention

Vous pratiquez régulièrement la méditation de pleine attention ?

 
Alors ! Soyez attentif à ne pas pratiquer par cœur. Cela ne veut pas dire qu’il est conseillé de changer l’exercice de temps en temps. Au contraire, l’indication donnée à Graf Dürckheim par son maître Umeji Roshi « le chemin est la technique ; la technique est le chemin » signifie qu’il est important de toujours de nouveau reprendre exactement le même exercice.
Zazen est un rituel très précis; comme dans le Kyudo, la séquence des huit gestes qui permettent d’encocher une flèche pour ensuite la décocher est également un rituel très précis.

Je voudrais souligner que lorsqu’on pratique un exercice qui a ses racines dans la tradition japonaise (ou chinoise), il faut être attentif à la signification des mots employés et à la traduction qui en est faite dans notre langue.
Par exemple, le mot respiration apparait comme étant au centre de toute pratique méditative.
Notre danger est d’identifier le mot respiration à ce qu’en dit l’anatomie et la physiologie dans le cadre de la médecine occidentale. Comme le disait Graf Dürckheim, « la respiration est davantage qu’une alimentation de l’homme en oxygène ».
Le concept respiration n’existait pas dans la langue japonaise lorsque Graf Dürckheim était au Japon (1938 - 1947). Il y avait le Kanji prononcé « KoKyu ».
La traduction la plus proche qui soit de cette expression serait "InspirationExpiration" sans intervalle, sans trait d’union et sans utiliser la conjonction « ET » !
Il m’arrive, après ces cinquantes années de pratique quotidienne, de me poser la question d’une traduction plus proche encore de ce Kanji : "InspirerExpirer" sans intervalle, sans trait d’union et sans utiliser la conjonction « ET ». Bien des fois, lorsque je prononçais le mot "respiration", Graf Dürckheim m’interrompait pour me dire « La respiration, ça n’existe pas; quelqu’un respire ».
L’usage grammatical de l'intervalle, du trait d'union ou de la conjonction « ET », est dû au fait que notre approche du réel, en Occident, se réalise à travers la conscience qui objective. C’est le mental (mind) qui impose la conjonction « ET » ; d’où un point de vue dualiste sur le réel. C’est à ce point habituel et machinal que nous ne sommes pas conscients de cet usage abusif de la conscience ‘’de‘’ comme seule approche du réel.
Quelques exemples : nous disons, sans la moindre hésitation, le jour ET la nuit; le corps ET l’esprit; le conscient ET l’inconscient; le passé ET l’avenir; la cause ET l’effet; la santé ET la maladie.
C’est la conscience "de" (mind) qui oppose : l’inspiration ET l’expiration.
Mais, contrairement à notre manière de penser habituelle, la tradition japonaise n’isole pas l’un ou l’autre de ces constituants. Parce que « KoKyu » est un système oscillant, un événement ! Parce que Inspirer est la cause et l’effet de Expirer ; parce que Expirer est la cause et l’effet de Inspirer ! Parce que le jour est la cause et l’effet de la nuit; parce que la nuit est la cause et l’effet du jour !

Si la pratique de la méditation appelée zazen a un sens pour l’homme occidental c’est en premier parce que cet exercice nous invite à une rupture avec notre manière d’être habituelle, notre manière de faire habituelle, notre manière de penser habituelle; rupture avec cette identité illusoire qu’on appelle l’ego; rupture avec la conscience-ego qui me conduit à croire « que je suis ce que je pense que je suis ! ». La méditation m’apprend que mon point d’appui dans l’existence n’est pas l’ego mais ce que le maître zen appelle la vraie nature de l’être humain. Ce que Dürckheim désigne par l’expression « notre être essentiel », domaine du calme intérieur, domaine du silence intérieur, domaine de la paix intérieure.

D’accord, mais qu’est-ce que c’est ça, notre vraie nature ?
Notre vraie nature c’est … « JeSuis ! » sans intervalle, sans trait d’union, parce qu’il n’y a, ni distance ni écart de temps, entre ce que je nomme « Je » et ce que je nomme « Suis ».
Voici une indication, donnée par Graf Dürckheim lorsqu’il nous accompagnait dans la pratique de la méditation de pleine attention. Elle m’évite, chaque jour encore, de pratiquer par cœur.
« Lorsque vous méditez,
ne vous servez pas de la respiration; 
servez-la ! ».

Jacques Castermane

PS : Jacques Castermane propose une description plus détaillée de la « Méditation de pleine attention » dans l’ouvrage de Christophe André: Méditez avec nous, éd. Odile Jacob, au chapitre "Méditer Parce que c’est l’heure" (p. 193 à 223), oct. 2017
 
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vendredi 24 août 2018

Approches du shiatsu (5)


 Je vous invite à regarder la conférence très instructive de Bernard Bouheret.





Pourquoi je crois au shiatsu à l'hôpital

Le toucher est un élément important de la relation médecin-malade. En médecine orientale, le simple toucher du praticien est un élément important du traitement de nombreux symptômes. Les bénéfices à attendre de l’entrée du massage shiatsu dans le domaine de la santé sont, en premier lieu, pour les citoyens. Non seulement du bien-être, mais aussi potentiellement du bon soin. Et notamment pour les patients porteurs de maladies chroniques, qui sont au nombre de 15 millions en France. Les attentes du personnel soignant sont grandes quant à l’intégration des pratiques complémentaires au soin en milieu hospitalier. Elles peuvent compléter la panoplie des actes de soin de nombreuses catégories professionnelles : infirmiers et infirmières, kinésithérapeutes, psychologues, psychomotriciens. Le groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière -Charles-Foix (AP-HP) évalue des séances de shiatsu pour des enfants hospitalisés en pédopsychiatrie et a proposé deux protocoles de recherche portant sur l’apport du shiatsu dans le traitement de la fatigue au cours de la sclérose en plaques et de l’agitation chez les patients déments hospitalisés. Le plus important n’est-il pas, en complément des pratiques conventionnelles, la satisfaction du patient?

Pr Alain Baumelou,
néphrologue à l'hôpital de la pitié-salpêtrière, coordinateur du centre intégré de médecine traditionnelle chinoise de l'AP-HP.

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jeudi 23 août 2018

Approches du shiatsu (4)


3- Les mains
Les mains « appartiennent au Ciel » par le bout de leurs doigts en relation permanente avec lui!

Comme les pieds, elles sont des carrefours yin-yang. Les différents points de la main et de l’avant-bras, situés sur le méridien du cœur ou le méridien Maître cœur, permettent de « libérer la poitrine ». Ils permettent aussi de traiter le mental, car, dans la médecine chinoise, le cœur est le siégé de l'Esprit. Le point « Shen Men » porte de l’Esprit, situé juste au-dessus du poignet externe, dans le pli de flexion, sur le méridien du cœur c'est son 7e point), permet par exemple de lutter contre le stress, les palpitations cardiaques, les insomnies ou encore anxiété. Les mains et l’avant-bras feront particulièrement l'objet d'attention en cas de problèmes psychiques.


4- La tête   
Une séance de shiatsu se termine par la tête, pour finir de « libérer le mental ». 

Dans la médecine chinoise, le corps humain est vu comme étant inséré dans l’univers : sa tête est « ronde comme le Ciel », et sa voûte crânienne est en permanence en contact avec la voûte céleste. Un point essentiel est situé tout au sommet du crâne, en arrière de la fontanelle : son nom chinois, Bai Hui, signifie « les cent réunions ».

Il est en relation avec quelque chose qui est plus grand que nous, le « Ciel », mot derrière lequel chacun met ce qu’il veut. C’est d’ailleurs un endroit sacré dans de nombreuses religions (cette partie du crâne est « protégée » par la mitre de l’évêque, le bonnet tibétain, la kippa, etc.). À la base du crâne, au niveau de l’occiput, se trouvent aussi deux petits creux abritant des points qui doivent toujours être bien « ouverts » : c’est par ces « fenêtres » que descend l’énergie du Ciel !


La personne qui reçoit un shiatsu peut alors ressentir, à la fin d’une séance, ce sentiment de plénitude et de paix intérieure que nous recherchons tous !

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 voir mon site


 

mercredi 22 août 2018

Approches du shiatsu (3)

1 - Le dos
Un shiatsu commence souvent par le dos.

Cette zone « intérieur-extérieur » est particulièrement importante dans la médecine chinoise. Le dos présente une cartographie très fine de différents points d’acupuncture reliés à tous les organes du corps, allant des poumons, tout en haut, à la vessie, tout en bas. Ainsi, lorsque l’on touche le dos, on atteint l’intérieur du corps, et donc les organes ! Sans compter que le dos contient la colonne vertébrale, la moelle épinière et tout le système nerveux et qu’il est souvent très tendu, car nous sommes trop souvent assis (et mal !) et ne marchons pas suffisamment. Nuque, épaules, dorsales, lombaires : notre rachis souffre!

Mais travailler le dos seul ne suffit pas : les tensions risquent alors de tourner en rond, sans avoir la possibilité de sortir. Il est essentiel de libérer le dos, et donc de cheminer le long des jambes en direction des pieds. Car c’est là que se trouve la porte de sortie des tensions du dos !


2- Les pieds

Le pied est une zone d’extrémité au carrefour du yin et du yang .

Les méridiens yang « descendent » et les méridiens yin « remontent ». Dans la conception chinoise, l’énergie est vue comme un courant électrique avec une double polarité. Au carrefour, la polarité du corps change, alternant entre positif et négatif. D’un point de vue symbolique, les pieds touchent terre... quand tout va bien ! Le shiatsu permet de libérer les tensions du dos aux pieds. Mais aussi les tensions cérébrales, qui empruntent la même porte de sortie! Il n’existe qu’un seul point d’acupuncture sous le pied : le point « fontaine ou source jaillissante », « Yong Quan » en chinois (c’est le premier point du méridien du rein). Situé sous la plante du pied, dans la dépression qui se forme lorsque l’on fléchit les orteils, il est relié à la fois au dos et à la tête. Le point « fontaine jaillissante » fait « remonter » l’énergie de la terre (aspect tonifiant). Et en même temps, ce point permet d’évacuer les tensions mentales (aspect apaisant). Un autre point clé du pied se trouve sur la malléole externe. C’est le point « vaisseau de l’heure Shen »
(« Shen Mai »), le grand point des insomnies, qui permet également de « vider la tête dans les pieds » (donc d’apaiser l’esprit)...
C’est le 62e point du méridien de la vessie, qui en comprend 67.


Au cours de la séance, le praticien en shiatsu (ici, Bernard Bouheret) réalise un tour complet du corps et choisit, parmi quelque 400 " tsubos " - les points d'acupuncture de la médecine chinoise, situés sur les douze méridiens parcourant l'organisme, auxquels s'ajoutent huit « merveilleux vaisseaux » -, ceux qui lui semblent les plus appropriés à la condition de son patient.

mardi 21 août 2018

Approches du shiatsu (2)


La bienveillance au cœur du soin 

Face à une société souvent déshumanisée, dont les membres ne communiquent plus qu’à distance, où plus personne ne se touche ni ne se rencontre, le shiatsu propose la bienveillance. Les Japonais l’appellent Kokoro (« le bon cœur ») et l’évoquent depuis toujours dans leurs chansons d’amour ! Le maître Tokujiro Namikoshi disait : « Le cœur du shiatsu est comme l’amour d’une mère. » Un bon praticien de shiatsu est un homme qui accueille l’autre, essaye de se mettre à sa place et le soigne comme s’il était de sa famille. Il se met à genoux, au même niveau que lui. Ce qui, symboliquement, n’est pas anodin !

Par ses gestes très ritualisés, il est comme en prière, une prière qui dirait au grand tout : « Passe à travers moi, mon cœur est léger, mon mental est paisible, mes mains vont transmettre ton énergie. »

Le praticien cherche la non-séparation, cet état qui fait que l’on ne sait plus si c’est le corps de l’autre qui vient dans nos mains ou si ce sont nos mains qui vont dans / le corps de l’autre : c’est un toucher de cœur à cœur.

Il va sans dire que le praticien doit avoir fait un minimum de travail sur lui, parce que s’il a le cœur qui bat à l’envers ou s’il n’est pas bien ancré, cela ne marchera jamais, il n’invitera jamais le grand tout dans ses mains ! Le shiatsu est une voie spirituelle qui implique un engagement total. À une époque où les hôpitaux sont dirigés comme des entreprises, où le soignant est considéré comme un « technicien » devant se « protéger » de toute implication émotionnelle, le personnel hospitalier est en grande souffrance. C’est pour cette raison d’ailleurs que, sous convention avec les directions de plusieurs hôpitaux, nous soignons les soignants, en les aidant à libérer leur stress ou à soulager leurs maux de dos. Au fil du temps, les portes s’ouvrent ! Le praticien a pour vocation de transmettre les préceptes de sagesse qu’il incarne lui-même (faire attention aux excès, bien se nourrir, dormir suffisamment mais pas trop...) et qui permettent d’éviter l’apparition de la maladie.

Le shiatsu, comme toute la médecine asiatique, tient en effet la prévention de la maladie pour fondamentale.


De la prévention aux maladies de civilisation 


Les maladies de civilisation regroupent de nombreuses pathologies telles que les allergies, la fatigue chronique, le surpoids et l’obésité, les maladies neurodégénératives, endocriniennes, cardio-vasculaires, génétiques ou encore le cancer. Elles sont souvent la conséquence directe de notre mode de vie « moderne » avec ses rythmes effrénés, ses écrans, la mauvaise qualité de l’alimentation ou la dégradation de l’environnement par diverses pollutions... Le shiatsu utilisé à des fins thérapeutiques apporte un soulagement rapide de la douleur dans des maladies inflammatoires telles que l’asthme ou la polyarthrite rhumatoïde, ou encore au cours des chimiothérapies du cancer. Pratiqué par des professionnels qui peuvent être par ailleurs titulaires de diplômes de santé (infirmier, aide-soignant, médecin, kinésithérapeute...) et longuement formés au shiatsu thérapeutique, ce dernier ne prétend pas guérir. Mais il accompagne la maladie, toujours avec bienveillance.    

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lundi 20 août 2018

Approches du shiatsu (1)

 Cette semaine, je souhaitais vous faire partager ma pratique du shiatsu à travers l'interview de Bernard Bouheret qui permet d'entre dans le mystère du corps. Ce corps est symbole de l'instant présent et témoigne de la vérité du moment. Il est aussi le messager du passé pour, en se détendant, accueillir le futur.


Le shiatsu, pratiqué depuis des millénaires au Japon dans le cercle familial, se présente comme une technique facile d’accès : sans onguent, sans huile, sans aiguilles, n’importe où, sur une natte, sur une chaise, dedans, dehors, le praticien de shiatsu arrive avec ses mains, et c’est tout ! Ses doigts « appuient » sur les « tsubos », ces points énergétiques situés le long des méridiens, selon un rythme particulier. (C’est d’ailleurs le sens de « shiatsu » : en japonais, shi-doigt/atsu-pression). L’efficacité du shiatsu est quasi immédiate. Déjà au bout de 15 minutes, le corps entier entre en vibration : toutes les sphères (émotionnelle, mentale, spirituelle) se mettent à vibrer à l’unisson et une paix profonde s’installe...

Retour vers le centre

Le shiatsu permet de « rentrer à la maison ». Comme l’évoque cette métaphore fréquemment utilisée, c’est un recentrage corporel qui s
’opère, clé du bien-être et de la santé ! Aujourd’hui, l’homme est constamment extirpé de lui-même : il ne sait souvent plus où est son centre. Au niveau émotionnel ou psychologique, il est en permanence plus ou moins déporté par des stimuli extérieurs qui le contraignent et le font souffrir. Le vieux sage taoïste nous dit :

« Qui est au centre de lui-même est au cœur de l’univers et tout l’univers tourne autour de lui. »

Le sentiment de paix qui en découle est accessible à tous. Cette paix est inconditionnelle, ne dépendant pas des circonstances extérieures, comme avoir une belle maison, une bonne situation, une vie sentimentale réussie, une bonne santé, etc.
Qui pourrait nier que celui qui connaît cet état de plénitude détient un précieux trésor dans notre monde moderne ?

Selon un adage chinois, « l’eau qui court ne croupit jamais ». Le shiatsu libère et rétablit le grand flux de la vie. L’énergie circule à nouveau, comme une rivière courant dans un flux permanent : les poissons sont jolis, la faune, la flore et tout le monde prospèrent !

C’est un terrain favorable pour que la maladie ne puisse pas s’installer. Et quand bien même, pour que la guérison, si elle est possible, puisse advenir : on sait bien, à l’inverse, que la maladie survient plus facilement lorsque l’on est morcelé ou séparé.


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