dimanche 22 février 2026
Au bord...
samedi 21 février 2026
Une invitation au silence intérieur
Parfum d’Absolu, de Marion Renault
Les textes de Marion, inspirés directement de la Source, parlent au Cœur, invitent à la dépose du mental, au dépouillement de « moi » et au silence intérieur, au déploiement de notre vraie nature.
Ils reflètent par exemple tout autant le message du Christ que celui du Bouddha, et s’inscrivent dans la lignée des grands Sages tels Maître Eckhart, Ramana Maharshi, Sri Nisargadatta Maharaj, ou Ma Ananda Moyi avec qui Marion a une connexion particulière.
Écris au fil des ans, ils abordent des thèmes variés et sont triés en fonction de ces thèmes : le monde, le « moi » et sa non réalité, la puissance des croyances, la recherche, la fin de la souffrance, l’Amour, la Réalisation, la Source, etc.
Un livre qui nourrit intérieurement et nous permet de nous recentrer sans effort.


vendredi 20 février 2026
Hommage de Betty pour Jean
Je vous partage un échange doux et joyeux que j’ai eu il y a quelque temps avec 𝗝𝗲𝗮𝗻 𝗕𝗼𝘂𝗰𝗵𝗮𝗿𝘁 𝗱'𝗢𝗿𝘃𝗮𝗹 et d’où sont nés ces deux petits textes : l’un de Jean et l’autre de moi. Bon envol, « enfant heureux »! 🕊️
𝗔𝘃𝗿𝗶𝗹 𝟭𝟵𝟲𝟭…
𝗝𝗲𝗮𝗻 (𝟭𝟯 𝗮𝗻𝘀) :
« Tôt le matin de Pâques, je lis, assis dans mon lit. Soudain une étrange sensation m’envahit. Je pose mon livre et ferme les yeux. Je suis devant la mer, une mer sans bornes et sans aucune vague. Une douce lumière monte à l’horizon. Cette lumière se fait de plus en plus intense et devient bientôt éblouissante. Puis, au-dessus de la mer étale, droit devant moi, monte non pas le soleil familier, mais une colombe blanche. Ses ailes, d’une envergure inouïe, sont pleinement déployées mais ne battent bas. Je suis stupéfait. La colombe monte silencieusement au-dessus de la mer, sa tête est tournée vers l’horizon. Alors qu’elle est à environ trente degrés au-dessus de l’horizon, elle se tourne alors et me regarde directement, intensément. Je suis saisi, bouleversé, car je comprends que cette colombe, c’est moi : je regarde, je suis regardé et je suis ce regard.
Plus de soixante ans plus tard, je n’ai jamais oublié cette colombe et son regard qui avait transpercé mon âme d’enfant. »
𝗣𝗿𝗶𝗻𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀 𝟭𝟵𝟲𝟭…
𝗕𝗲𝘁𝘁𝘆 (𝟱 𝗮𝗻𝘀) :
« Je regarde l’eau de la rivière qui brille sous le soleil de mon cœur d’enfant. Je dépose mes petits pieds nus dans l’eau glacée de cet abri vivant où souvent je me réfugie. Mes petits pieds aiment l’eau très froide, car elle me relie vivement à mon corps, ce corps que je quitte très souvent. J’observe les minuscules brindilles de sapin qui s’entremêlent, tournoient et dessinent des arcs-en-ciel pour la joie de mes yeux d’enfant. Je dépose les paumes de mes mains sur l’eau et perçois alors un battement d’ailes qui croît rapidement en ma direction. Je sursaute, je suis saisie. Apparaît une colombe semblable à celle des images saintes de mon petit missel. Elle ne vient pas du ciel bleu, elle naît devant moi et me regarde. Son plumage blanc immaculé évoque l’amour pur qui monte en moi. Je ressens la chaleur de son corps éblouissant. Je suis stupéfaite, incapable de bouger. La colombe devient plus grande que moi, elle apparaît gigantesque. Je suis absorbé en elle et instantanément j’ouvre les ailes pour m’envoler dans l’immensité du ciel. La petite fille se couche dans les bras de la rivière du destin, mais la colombe veille sur elle à tout jamais. »
"...je suis Louis-Philippe Marineau, le neveu de Jean Bouchart d'Orval. C'est avec beaucoup de peine que je vous annonce le décès de Jean, survenu aujourd'hui le 17 février 2026. Jean a eu une vie exceptionnelle. Il est parti en paix, serein."
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jeudi 19 février 2026
Le vide du Tao
Les Enseignements de la Nature : Apprendre du Tao à travers le Vivant
Regardez bien cette image :
C’est une simple tasse. Vide. Vous vous dites sûrement qu’une telle image est plutôt triste, voire ennuyeuse.
Et pourtant, celle-ci recèle un enseignement fort, en lien direct avec la pensée taoïste : le concept du vide.
Or, ce n’est ni la forme ni la matière dans laquelle est constituée cette tasse qui la rende utile au quotidien. C’est son vide qui lui permet de remplir sa fonction. Le vide lui donne tout son sens.
Ce qui est intéressant, c’est que, dans le taoïsme, le concept du vide est essentiel. Le vide n’y représente pas une absence, comme on pourrait le suggérer, ni un manque. Il représente un potentiel infini.
Une capacité extraordinaire à accueillir et à transformer. Le taoïsme nous invite donc à repenser notre manière de considérer le vide, afin d’intégrer cette idée dans nos vies en toute sérénité. La tasse vide recèle alors de nombreuses possibilités : elle peut y accueillir du café, de l’eau, mais aussi être utilisée pour nettoyer les pinceaux d’aquarelle ou pour mesurer une quantité de farine.
Le vide présent dans notre vie est alors tout autant porteur de potentiel que cette simple tasse. Il nous suffit de lui laisser suffisamment d’espace pour exister. Explorons ensemble ce sujet aussi intrigant que passionnant.
Le vide selon le Tao : fondement et puissance
Le concept du vide est essentiel dans l’enseignement du Tao. Nommé wu (无), le vide n’y est pas vu comme un manque ou une absence. Il s’agit davantage d’un espace de préexistence, d’où tout peut émerger. Un commencement. Une promesse.
Sa compréhension est intimement liée à celle du wu-wei (non-agir). À première vue, les non-initiés penseront que le wu-wei est une invitation à la paresse, au renoncement complet de l’action. Or, ce principe taoïste est bien plus nuancé. Il s’agit en réalité d’une capacité à agir spontanément, sans préméditation, sans autre but que de permettre une action immédiate et nécessaire. Tout le reste est considéré comme superflu. Les fondamentaux du wu-wei s’expriment comme une non-résistance aux forces de la nature. Une acceptation profonde et salutaire.
Zhuangzi, un éminent penseur chinois, le décrit de cette manière au sein de l’ouvrage « Le Taoïsme » par Bernard Baudouin : « Le Wu-wei ne signifie pas ne rien faire et se taire, mais permettre à chaque chose d’être ce qu’elle était à l’origine, de telle sorte que sa nature se réalise ».
Il s’agit alors d’une manière d’accepter pleinement le cours des choses, sans y opposer une quelconque volonté contraire. Alors, quel est le lien entre le vide et le wu-wei ?
Le vide favorise l’émergence du non-agir, dans ce que l’on peut nommer « la culture du vide ». Le vide est alors vu comme le symbole d’une quiétude retrouvée, qui se caractérise comme une absence complète d’idées préconçues, de jugements ou de désirs. Pratiquer le non-agir, c’est ainsi faire de la place au vide. Faire une place pour cette force attractive exceptionnelle, attirant à elle toutes les possibilités. Or, si nous avons des jugements, des envies de transformation, une résistance au changement… Nous ne laissons pas le vide exister.
C’est en pratiquant le non-agir que nous pouvons ouvrir la porte à toutes les potentialités offertes par le vide. Le wu-wei nous permet alors de faire le tri entre ce qui est absolument nécessaire et le superflu, pour que nous puissions accueillir en nous un vide salutaire. Le vide n’est alors pas une négation, une absence, comme nous avons pu l’envisager. Le vide est un réceptacle, un vide dit « d’accueil », qui nous pousse à davantage de réceptivité. Il nous permet d’exister pleinement, dans le flux naturel du Tao. Il permet au Tao d’exister en nous, de nous arrêter pour comprendre sa présence et sa sérénité.
Comprenez-vous alors pourquoi le vide est dynamique et non pas morne et triste, comme nous aurions pu le supposer ? Le vide est créateur d’harmonie.
Le vide comme espace de transformation.
Si le concept du vide dans le Tao peut vous sembler complexe à comprendre, rassurez-vous : il est possible de mieux appréhender cette théorie grâce à des exemples pratiques.
Dans la nature, le vide est une condition nécessaire pour permettre l’existence du changement et du renouveau. À nouveau, le vide est l’espace d’où toute manifestation peut émerger. De la même manière que les arbres se dépouillent en octobre pour mieux renaître et fleurir en mai. Tout comme les marées se retirent pour mieux remplir ensuite l’espace des plages. Comme les sillons creusés dans la terre deviennent des flaques d’eau après la pluie, permettant d’abreuver les animaux sauvages et de passage. Le silence de l’hiver, dénudé de ses animaux et de ses oiseaux, est suivi par une éclosion de cris, de chants et de pépiements au retour du printemps. Le vide est ainsi une condition nécessaire pour la renaissance et le renouveau, et cela peut également se vérifier dans votre vie personnelle.
N’avez-vous jamais expérimenté des moments de doute ou de pause, vous offrant la possibilité de nouvelles perceptives ? Si vous avez déjà retenu votre parole dans une conversation, vous savez de quoi il s’agit. Vous vous êtes sûrement déjà rendu compte que votre silence, au milieu d’une conversation, va pousser votre interlocuteur à davantage parler. À s’ouvrir à vous. Pourquoi ? Parce que vous lui offrez de l’espace. Votre silence lui offre un espace où ses confidences peuvent émerger naturellement, dans le flux spontané du moment. N’est-ce pas magnifique ?
J’aime beaucoup cette citation du Dao De Jing, qui explique parfaitement l’importance créatrice du silence : « Trente rais composent une roue ; mais c’est de leur vide que dépend l’usage du char. On façonne l'argile pour faire des vases ; mais ce n'est pas seulement leur forme qui importe, c'est le vide qu'ils contiennent qui leur donne leur pleine utilité... On perce des portes et des fenêtres pour faire une maison ; c'est encore du vide que dépend l'usage de la maison. C'est pourquoi l'être produit des objets, mais c'est le non-être qui rend leur usage possible. »
Le vide est ainsi un élément efficace, dynamique et existant. C’est un réceptacle de potentialités, qui ne demande qu’à être utilisé.
La création d’espace dans la pratique taoïste.
Je suis certain que vous avez déjà observé l’utilité du vide dans votre vie.
N’avez-vous jamais baissé le son de la radio lorsque vous cherchez votre route en voiture ? Ne vous sentez-vous pas plus apaisé lorsque vous avez terminé de désencombrer une pièce ? Je vous invite alors, à présent, à identifier un domaine encombré de votre vie.
Dans votre esprit, votre emploi du temps, ou dans votre lieu de vie. Créez-y de l’espace pour que le vide puisse s’y inviter. Décrochez les cartes postales du frigo, afin de faire de la place pour de nouveaux souvenirs à accrocher. Désencombrez et rangez votre bureau. De nouvelles idées créatives peuvent ainsi émerger. Annulez cette activité que vous vous forcez à réaliser, mais qui ne vous procure aucun bienfait - et qui surcharge inutilement votre emploi du temps. Méditez, afin d’inviter le vide dans votre esprit.
Il existe des centaines de manières de faire de la place au vide et à l’harmonie dans notre existence. Invitons-les, tels des convives précieux, dans notre quotidien.
Le vide, une invitation au renouveau
Le vide permet au changement naturel de s’exprimer librement. C’est à partir de lui seul que la nouveauté peut émerger. C’est comme lorsque nous répétons sans cesse la même erreur en espérant un résultat différent. Nous ne pouvons évoluer et nous transformer que lorsque nous laissons de la place à la nouveauté. Sortir de nos anciens schémas de pensée, sans en adopter de nouveaux.
Simplement nous détacher de nos croyances préconçues, et observer ce qui vient remplir le vide que nous avons créé. Plusieurs métaphores taoïstes permettent d’illustrer ce propos.
Une graine a ainsi besoin d’un petit espace creusé dans le sol pour réussir à germer et grandir. C’est le vide entre les feuilles d’un arbre qui permet à la lumière de passer, pour inonder de ses rayons les sous-bois. Un silence partagé avec un ami vaut souvent bien davantage que de longues phrases.
Il est alors si particulier de découvrir toute la puissance du vide.Savoir reconnaître l’utilité de sa présence est un chemin sinueux, nous menant vers une plus grande harmonie au quotidien.
Accueillir le vide comme une voie vers le Tao
Le vide, ainsi, n’est ni une absence ni un manque. Il s’agit d’une exceptionnelle opportunité. Il ne tient qu’à nous de lui offrir une place de choix dans notre vie. Que diriez-vous d’observer l’espace que vous pouvez libérer, afin d’accueillir ce qui cherche naturellement à émerger ? Je vous invite à réfléchir à la place que vous pourriez laisser au vide, pour faire émerger quelque chose de nouveau.
En harmonie avec le Tao.
Charles Zhang
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mercredi 18 février 2026
Shabbat
Shabbat
mardi 17 février 2026
Flux continu
La pensée de la semaine par Matthieu Ricard :
lundi 16 février 2026
Supplique
Traditionnellement, les énergies saisonnières s’inversent. La vitalité se réveille. Elle n’entrouvre encore qu’une demi-paupière ; cela suffit pour qu’elle se prépare.
Le printemps commence à s’imaginer. Il se voit comme une brise douce, tiède, caressante. Il est un gros bourgeon de velours, un nid douillet pour ce qui doit éclore.
Ce moment du milieu de l’hiver est une espérance.
Dehors, les bourrasques, la tempête, les inondations.
Miroir abstrait de la fureur humaine, remplie de convoitise, de débauche, de l’idolâtrie du pouvoir et de l’argent.
La souffrance est partout mais personne ne cherche les véritables causes.
L’éveil printanier – dans le jardin les jonquilles sont fleuries – ne veut pas dire qu’il se réalisera selon son rêve. Probablement, il ne sera que la suite de cet hiver troublé, détrempé.
Mais nous pouvons l’appeler. Lui dire que nous ne voulons plus des discordes de voisinage et familiales, des dissensions sociales, des guerres de conquête. Nous ne voulons plus de la furie des points de vue. Nous aspirons à la modération, à la paix dans les quartiers, au plaisir de la rencontre, à la dégustation du petit rien.
Le printemps frémit à notre écoute. Notre supplique aura-t-elle la force de l’influencer ?
Christian Rœsch - directeur de la publication de REFLETS
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dimanche 15 février 2026
Le chant des forêts
LE CHANT DES FORETS de Vincent Munier
samedi 14 février 2026
« L’espoir d’un renouveau dans le chaos du monde »
Je croyais écrire une chronique de dépression hivernale, je me voyais rejoindre ma mère sur son canapé, devant la télévision, pour regarder désolée les mauvaises nouvelles du monde en déliquescence. Jusqu’au moment où la découverte d’un artiste m’a sauvé de ce mauvais penchant.
L’Apocalypse, une démarche cathartique
Maurice de la Pintière pendant 20 ans, à partir de 1960, a dessiné une série de 15 tapisseries exposées à Angers sur le thème de l’Apocalypse où il décrit le chaos du monde mais aussi l’espoir d’un renouveau.
Avant lui, dans le château d’Angers, au Moyen Âge, Hennequin de Bruges avait créé une grandiose Apocalypse de 130 m de long sur 6 m de haut et Jean Lurçat traumatisé par la guerre avait repris le thème de l’Apocalypse à Angers en 1957. Les trois Apocalypses se répondent. Pour Maurice de la Pintière, travailler sur le texte de saint Jean fut une démarche cathartique pour sortir de sa dépression.
L’histoire de cet artiste est exceptionnelle. Alors qu’il est étudiant aux Beaux-Arts à Paris, la guerre de 1940 éclate contre l’Allemagne et le conduit, à 20 ans, dans les rangs de la résistance. Peu de temps car il est arrêté, emprisonné et torturé par la Gestapo avant d’être déporté en Allemagne au camp de Dora.
Dora c’est l’annexe de Buchenwald, le lieu sert à produire les missiles V1 et V2 à marche forcée. Ironie du sort, cette production d’armes nouvelles et secrètes, fleuron de la technologie allemande, sera dans le futur une étape essentielle de la conquête spatiale !
Von Braun, l’inventeur de ces missiles a réalisé son rêve : ouvrir aux hommes les portes du ciel. Mais pour y parvenir, il a dû en laisser beaucoup d’autres aux portes de l’enfer… À Dora, si on a la force de rester en vie, on devient des fantômes tant la peau colle aux os.
À la sortie du camp, Maurice de la Pintière pèse 35 kg et il est malade de la tuberculose. Pendant son temps de convalescence, il dessine les images qui le hantent. Ce premier acte de mémoire est un geste salutaire qui participe à sa guérison. « C’est à l’art que je dois ma survie », dit-il.
Devenir une lumière
Dans le silence, l’œuvre de l’Apocalypse est en train de germer. Elle naît après une rechute de sa maladie. « L’Apocalypse par sa richesse symbolique merveilleuse me guide dans le déchiffrement de ma douloureuse expérience. » Il commence alors à créer un premier carton Feu de vie qui montre un épouvantail vêtu d’un costume rapiécé dont certains bouts de tissus évoquent la tenue rayée des déportés.
Ce pantin le représente. Dépourvu de corps, il est un vêtement usé, vidé de sa chair. Mais, de façon surprenante, il arbore un visage au masque radieux, coiffé d’un chapeau à plumes. Il danse avec une femme lumineuse à la chevelure de flammes qui l’entraîne par la main. La femme est le signe de la vie spirituelle, de l’espoir.
Pendant 20 ans, Maurice de la Pintière va égrener les cartons des tapisseries comme une lente méditation. Grâce à son travail artistique, il s’aperçoit qu’aux pires heures de son épreuve, la lumière l’éclairait, il n’a jamais perdu la foi. Par son œuvre, il guérit. Dans la dernière tapisserie qu’il conçut on voit une lampe briller dans un paysage rouge et noir.
Sur les collines on lit : « Si tu veux être l’étoile dans le ciel ou le feu sur la montagne, sois d’abord la lampe dans la maison. » Nous n’avons pas besoin d’être des héros. Nous pouvons travailler modestement à devenir une lumière éclairant nos pas et ceux qui sont autour de nous. Cette clarté commence à l’intérieur de nous, elle fait fuir l’ombre et nous renouvelle.
Paule Amblard
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vendredi 13 février 2026
Quand rien ne transforme
On entend souvent dire que l’Orient valorise l’efficacité tandis que l’Occident cherche la vérité. La formule est séduisante, mais elle devient dangereuse lorsqu’elle est simplifiée et récupérée par la néo-spiritualité contemporaine. Car si tout ce qui « fonctionne » devient vrai, alors plus rien ne sert de repère. Et sans repère, il n’y a pas de transformation durable.
Dans une grande partie de la pensée chinoise classique, la validité d’un enseignement ne se mesure pas à sa capacité à décrire une réalité abstraite, mais à sa justesse dans le réel. Est juste ce qui régule, harmonise, restaure l’équilibre, permet à la vie de circuler. Un modèle médical est valide s’il soigne. Une pratique est juste si elle aligne l’être avec le Dao. La vérité y est relationnelle, opératoire, incarnée.
L’Occident, depuis la Grèce antique, a privilégié une autre approche : la vérité comme adéquation entre l’intellect et le réel. Un énoncé est vrai s’il correspond objectivement à ce qui est. Cette quête a rendu possible la science moderne, le droit, la logique formelle. Elle a aussi installé l’idée qu’un système peut être évalué indépendamment de son utilité.
Dans les voies spirituelles, cependant, ces deux approches se rencontrent et se transforment. L’efficacité d’un chemin ne dépend pas nécessairement de sa vérité ontologique, mais de sa cohérence interne, de sa puissance symbolique et de l’engagement du pratiquant.
Un système cohérent structure le sens, stabilise l’esprit, aligne le comportement, permet l’intégration somatique et émotionnelle. Ce n’est pas la « véracité » du modèle qui transforme, mais la relation vivante que l’on entretient avec lui.
Les recherches en psychologie et en neurosciences confirment aujourd’hui ces mécanismes. Le cerveau humain n’est pas un simple organe d’enregistrement du réel : il construit en permanence des modèles pour orienter l’action. Un cadre symbolique cohérent réduit l’incertitude, apaise le système nerveux et favorise la régulation émotionnelle.
La répétition de pratiques structurées renforce les circuits neuronaux par neuroplasticité. L’engagement et la croyance augmentent la motivation, la persévérance et même les effets psychosomatiques mesurables. Autrement dit, un système peut produire des transformations réelles sans pour autant décrire littéralement la réalité.
C’est ici que surgit le piège majeur de la néo-spiritualité. À force de puiser dans toutes les traditions, de juxtaposer pratiques, concepts et rituels sans cadre unificateur, la cohérence disparaît. Le sensationnel remplace la structure. L’intensité émotionnelle tient lieu de profondeur. On confond expérience forte et transformation réelle.
Picorer dans toutes les assiettes spirituelles donne l’illusion d'ouverture et de liberté, mais produit souvent l’effet inverse : dispersion, instabilité, dépendance aux nouveautés. Sans cohérence, il n’y a ni intégration, ni maturation, ni incarnation. Le pratiquant devient collectionneur d’expériences plutôt qu’artisan de sa propre transformation.
Un système spirituel transforme lorsqu’il crée une continuité, lorsqu’il organise le sens, lorsqu’il permet au corps, à l’esprit et à la conduite de converger. L’efficacité véritable n’est pas l’intensité d’un moment, mais la qualité d’un processus. Elle se mesure à la stabilité, à la lucidité accrue, à la capacité d’agir avec justesse dans le réel.
À l’inverse, l’efficacité apparente peut provenir de mécanismes moins nobles : effet de groupe, suggestion, dépendance affective, fascination pour l’exotisme, fuite de soi. Ce qui produit un soulagement immédiat n’est pas toujours ce qui libère. Ce qui impressionne n’est pas toujours ce qui transforme.
La véritable question n’est donc pas de savoir si un système est « vrai » au sens occidental, ni s’il est simplement « efficace » au sens utilitaire. Elle est de discerner s’il est cohérent, intégrable, et s’il conduit à plus de liberté intérieure plutôt qu’à plus de dépendance.
Dans un monde saturé d’offres spirituelles, la maturité consiste peut-être à renoncer à tout expérimenter pour enfin habiter un chemin, et surtout, habiter enfin sa propre vie.
Car lorsque tout est possible, rien ne s’approfondit. Et lorsque rien ne s’approfondit, rien ne transforme.
Fabrice Jordan
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jeudi 12 février 2026
Feu sur feu
Osez ouvrir de nouveaux chemins et prendre pleinement votre place.
Cheval de feu et Tigre de métal...
mercredi 11 février 2026
Bonté
Dans l’enfance ou à l’âge adulte, avez-vous connu des moments d’illumination, des expériences d’ordre mystique ?
Ce n’est pas vraiment une illumination mais un sentiment plus souterrain, diffus, que je pouvais parfois croire être perdu et qui revenait toujours : la sensation d’une bienveillance tramée dans le tissu parfois déchiré du quotidien. Cette sensation n’a jamais cessé de courir par-dessous les fatigues, les lassitudes et même les désespérances. Je tourne autour d’un mot : la bonté. C’est la bonté qui me stupéfie dans cette vie, elle est tellement plus singulière que le mal.
Christian Bobin
Entretien le monde des religions en 2007 avec F. Lenoir
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mardi 10 février 2026
Se connaître...
IL Y A 95 ANS, NAISSAIT STEPHEN JOURDAIN ...
Extrait d'une interview de Stephen Jourdain, où il évoque admirablement l'idée du "geste intérieur" qui nous est toujours possible de faire. (MT, 2008) :
« ... Je crois que je dois essayer de vous donner une idée de cet acte : Regard de conscience totale trouvant, avec la sûreté de la flèche, le centre, la source, la vérité de l'esprit, et se croisant lui-même... Remontée à contre-courant de soi-même, à travers l'acier des vérités, de la Vérité elle-même, à travers toutes les conceptions, toutes les opinions, toutes les intentions et tous les programmes de l'esprit, jusqu'au contact authentique avec soi — jusqu'à « l'éveil », sommet depuis quoi, en vérité, l'ascension a été faite, depuis qui et par qui... Exhumation et rejet de toutes les identités et de tous les noms qui collent insupportablement à l'âme, à la présence desquels elle est d'ordinaire insensible, faute de les discerner et faute de se connaître...»
Stephen Jourdain (8 janvier 1931 - 19 février 2009)
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lundi 9 février 2026
Cabane hors du temps
" Et si la liberté consistait à posséder le temps ?
Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence - toutes choses dont manqueront les générations futures ?
Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu. "
Sylvain Tesson
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dimanche 8 février 2026
Mon ami, mon frère
On n’y voit plus rien. Ça vocifère de partout. Le monde qu’on laisse se déployer tout autour – et en nous – fait un bruit aveuglant. Poisseux. On se demande chaque jour quelle plume on va perdre encore dans le carnaval triste à pleurer.
Et soudain, ta voix, mon ami, mon frère, toi le veilleur du « Dieu qui se fait jour ». Que dis-tu ? À quel visage me reconduis-tu ? Tu n’as pas d’autre ambassade que la boue de tes souliers et la franchise de tes mains. Tu ne viens pas démontrer. Tu ne fais pas, comme tant d’autres, du nom de Dieu un marteau pour cogner sur les dernières forces qui nous restent.
Tes livres ? Des lettres qu’on écrit à l’aube ou le soir, avant ou après une journée de labeur. Parce que les mots ne sont rien s’ils ne sentent pas la terre, la pudeur animale et la vieille patience des hommes. Les paroles n’ouvrent pas les portes verrouillées qui nous font mourir à petit feu, si elles ne sont pas nues et pauvres comme une enfance face à la nuit.
Toi, mon ami, mon frère, tu sais écouter ce que le savoir a oublié de savoir. Ce que les certitudes cachent : ce halo de lumière et d’espérance qui se tient, palpitant, là où leur tranchant s’attendrit. Tu viens nous redonner des nouvelles d’une joie qu’on ne trouve qu’à l’intersection de la frugalité et de l’émerveillement.
Un visage à habiter
Le monde existe. Existe vraiment. Il n’a rien à voir, dans sa simplicité désarmante, avec cette parodie hurlante que nous appelons le monde.
Tu ne promets rien, mon ami, mon frère, tu dis, ce que tu as sous les yeux, ce qui se laisse entrevoir, dans le battement de l’instant. Tu dis et, par ce simple geste, élémentaire, tu donnes. Quoi ? Un commencement, une aurore, un pas de confiance. Tu nous redonnes un paysage à habiter, une amitié à vivre, une lumière aimante posée paisiblement sur le monde.
Toi, mon ami, mon frère, tu n’es pas de ceux qui se paient en passant. Si tu le pouvais, tu ne dirais pas ton nom. Comme les bâtisseurs d’oratoires ou de chapelles ne le clamaient pas. Tu parles et c’est le premier matin. Tu parles et je suis de nouveau un homme. Tu parles et le ciel existe. Tu parles et Dieu est là, dans l’arche émue des solitudes.
Tu fais entrer dans les mots l’évangile du monde : « Qu’est-ce que la pénombre ? La lumière qui ne fait pas de peine à la nuit ; la lumière dont la nuit demeure l’aînée. » Le murmure du monde : « Sans la jachère obscure qui l’entoure, l’étoile pourrait-elle respirer ? » L’ivresse rêveuse du monde : « Coloriage – Le ciel de mai a posé un cierge rose sur chaque pagode verte des marronniers, avec application, en tirant la langue, et d’une main d’enfant. »
Comme tu nous redonnes un monde à accueillir, tu nous rouvres le chemin de toute notre humanité à vivre, à comprendre, à aimer : « Dans un regard – transfiguré – que nous porterions les uns sur les autres, nous nous verrions auréolés de ces auréoles grises que sont nos vies. Et nous devrions nous échanger ces auréoles, parfois, pour les embrasser, car c’est avec cela qu’il fait jour. »
Toi, mon ami, mon frère, tu prends les grands mots intimidants et tu nous fais voir que chaque jour nos pressentiments nous en rapprochent : « L’éternel n’est point ce qui dépasse le temps, mais ce qui le traverse ; non point l’outre-temps, mais l’entre-temps ; non point le trépas du temps, mais sa plus vive vie. »
C’est parce que nous sommes enfermés dans notre manège que nous ne voyons plus rien. C’est parce que nous avons l’oreille collée à la mauvaise vitre que la vocifération nous rend sourds : « Tout, absolument tout est possible, dès l’instant que l’on passe le mur de soi, comme on passerait le mur du son. »
Tu t’appelles François Cassingena-Trévedy, mon ami, mon frère. Et ton livre porte un titre aussi beau que ta vie : Douze constellations pour une année d’éveil (Albin Michel, 2026).
Emmanuel Godo
Emmanuel Godo, poète, a publié récemment Avec les grands livres, actualité des classiques (Éditions de L’Observatoire).
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samedi 7 février 2026
Résister
En quoi consiste une bonne résistance ?
Nous sommes parfois tentés de résister avec des logiciels du passé, c’est-à-dire « contre » ceux qui ont tort à nos yeux. Certains combats justes – je pense à l’écologie, par exemple –, pris par l’animosité, peuvent devenir intolérants et violents. Spinoza a montré combien la haine diminue notre puissance d’agir, nous coupe du réel et nous plonge dans une obscurité totale. Il importe de la surmonter afin de préserver notre intégrité, et combattre au nom de la vie.
La véritable révolution suppose de résister « pour ». Ce changement de paradigme nous invite à déterminer ce qui nous anime profondément : pour quoi sommes-nous prêts à nous battre ? Qu’est-ce qui mérite d’être sauvé, protégé, transmis ? Résister s’inscrit dans le quotidien et rend heureux.
Fabrice Midal.
Extrait d'une interview dans le magazine La Vie.
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vendredi 6 février 2026
Un-sécurité
jeudi 5 février 2026
Vie simple !
« Toujours ramener la vie à sa base, à ses nécessités premières : la faim, la soif, la poésie, l’attention au monde et aux gens. Il est possible que le monde moderne soit une sorte d’entreprise anonyme de destruction de nos forces vitales sous le prétexte de les exalter. Il détruit notre capacité à être attentif, rêveur, lent, amoureux, notre capacité à faire des gestes gratuits, des gestes que nous ne comprenons pas.
Il est possible que ce monde moderne, que nous avons fait surgir et qui nous échappe de plus en plus, soit une sorte de machine de guerre impavide. Les livres, la poésie, certaines musiques peuvent nous ramener à nous-mêmes, nous redonner des forces pour lutter contre cette forme d’éparpillement.
La méditation, la simplicité, la vie ordinaire : voilà qui donne des forces pour résister.
Le grand mot est celui-là : résister. »
Christian Bobin
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mercredi 4 février 2026
Cheval de feu
2026. L'année du Cheval de Feu. Une combinaison rare.
La dernière fois que cette énergie a traversé nos vies, c'était en 1966. Il y a 60 ans. Ce qui nous attend : une année de double Feu
Le Cheval, c'est le mouvement. L'élan. La liberté. L'envie de galoper vers ses rêves.
Le Feu Yang (Bing 丙), c'est le soleil à son zénith. Une lumière qui illumine tout. Qui réchauffe. Qui donne de l'énergie. Mais qui peut aussi brûler si l'on s'y expose sans discernement.
Et en 2026, nous avons affaire à un double Feu. Car le Cheval est lui-même naturellement associé à l'élément Feu. Ce qui amplifie tout. Le meilleur comme les excès.
Les défis à anticiper :
→ L'impulsivité guette. L'envie de tout faire, tout de suite.
→ Le risque de burnout est présent. Galoper sans jamais s'arrêter épuise.
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mardi 3 février 2026
Je t'attends
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