mercredi 19 juillet 2017

Réalité à mûrir



Quelle est l’extrémité du fil d’Ariane qui avait guidé Thésée dans le labyrinthe et qui va nous guider, nous, de notre réalité relative actuelle jusqu’au bout du chemin ? 

C’est la réalité telle qu’elle s’exprime ou se manifeste pour moi, extérieurement et intérieurement. Et si cette première réalité-là est faussée, c’est la porte même vers la vérité qui est faussée. Vous pensez bien que, s’il y a une porte dans le mur, que je la recouvre par un rideau et qu’à côté je peins une fausse porte sur ce mur, je ne sortirai jamais de la cellule dans laquelle je suis prisonnier. 
La porte de sortie de la prison, c’est la réalité immédiate. Cette réalité immédiate est à la fois le voile – et la révélation, les deux en même temps, de la grande réalité qui vous échappe.

Arnaud Desjardins
Au-delà du moi
À la recherche du soi II

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mardi 18 juillet 2017

Le mantra secret

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Cela me fait penser au mantra 
qu'un maître tibétain 
a recommandé. 



C'est le mantra le plus secret qu'on puisse imaginer, 
je me demande même si j'ai la permission 
de le partager avec vous. 

Le voici : 

« Je n'ai besoin de rien. ». 

Répétez-le dix fois de suite. 
Vous verrez, on se sent si bien !

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dimanche 16 juillet 2017

Histoire sage...

Aiguiser sa hache

Un jeune homme à la recherche de travail arriva un soir dans un campement de bûcherons. Le premier jour, il travailla extrêmement dur et coupa beaucoup d'arbres. Le deuxième jour, il travailla avec autant d'entrain que la veille mais n'arriva qu'à la moitié de sa performance. Très embêté, il décida, pour corriger la situation, d'en abattre davantage le lendemain. Il se mit à la tâche très tôt et s'attaqua furieusement aux arbres avec sa hache, mais ce fut en vain : il en coupa encore moins. Honteux et découragé, il alla voir celui qui l'avait engagé : « Je suis désolé de vous avoir déçu, je m'emploie du mieux que je peux à honorer la confiance que vous avez placée en moi, mais mes résultats sont médiocres : je ne comprends pas ce qui m'arrive. » Après l'avoir écouté, le patron demanda au jeune homme avec douceur : « Quand as-tu aiguisé ta hache pour la dernière fois ? » « Je n'ai pas eu le temps de le faire, répondit le jeune apprenti, j'étais trop occupé à couper les arbres. »



Se changer, cela commence par prendre soin de soi en aiguisant nos capacités de conscience, de sagesse et d’empathie.


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vendredi 14 juillet 2017

Bouddhisme et fleur de lotus


Le Lotus sacré (ou Lotus d'Orient) sous La Grande Ourse 

Russie, region de Khabarovsk.

Dans le bouddhisme la fleur de lotus est emblématique de Bouddha. Dans tout le monde indien on compte de très nombreuses peintures, sculptures et représentations de la fleur de lotus. Ceci est dû à la particularité unique du lotus qui est la seule plante aquatique dont la fleur est au-dessus de l'eau contrairement aux nénuphars et autres cousins dont la fleur flotte sur l'eau. Cette image, connotant la légèreté, de la fleur s'élevant au-dessus de la surface de l'eau rejoint celle de Bouddha si léger qu'il repose comme un chat au-dessus du sol.

La symbolique du lotus en bouddhisme relève encore du fait que la graine et la fleur apparaissent ensemble, il s'agit de la simultanéité de la cause (la graine) et de l'effet (la fleur) dans la loi de causalité de l'univers qui est l'un des concept majeur de la philosophie bouddhique. À cela il faut rajouter que le lotus puise sa substance vitale dans la boue pour s'épanouir, en effet, au-dessus de l'eau. Ainsi « la boue » représente les souffrances, les troubles, les désirs, qui sont le terreau même de notre épanouissement. Il est donc possible de transformer son karma par l'illumination, l'atteinte de la boddhéité, grâce à notre éveil à la loi de causalité.

Toujours présent dans les autels domestiques et dans les temples, le lotus est à la fois ornement et offrande religieuse.


source : Wikipédia

jeudi 13 juillet 2017

Conversion de la mélancolie






Il y a quelque chose de puéril dans la mélancolie, 
on veut punir la vie parce qu'on estime qu'elle nous a punis, 
on est comme ces enfants qui boudent 
et bientôt ne savent plus sortir de leur bouderie. 

La plus que vive - Christian Bobin

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mercredi 12 juillet 2017

L'instant silencieux.


QUESTION : Vivre l’instant pleinement, simplement… ce n’est pas si simple!


YOLANDE : 
"Il y a des tas de moments dans la vie où l’idée de la personne disparaît, où il n’y a plus que cette chose qui voit. Les moments de joie, d’étonnement, d’émerveillement devant un paysage ou une belle musique. Les chocs aussi, une peur violente… Mais le plus souvent on ne les remarque pas, parce qu’aussitôt après la pensée se les approprie… Rester là, plutôt. Avant la pensée : sentir. Rester simplement avec cette sensation, sans vouloir comprendre ni résoudre rien. Avoir toute son attention portée sur cette sensation, et l’accepter surtout, l’accepter silencieusement, pas mentalement. Vraiment l’accepter totalement, en étant… simplement.
Beaucoup de gens croient qu’il faut qu’il y ait une lumière, une grande lumière, des choses extraordinaires… Et si simplement c’était ça ?... Quand le silence est là : rester avec ce silence, cette tranquillité, découvrir au fur et à mesure ce que ça te procure comme légèreté de voir que tout est là, OK, mais c’est au second plan – pas besoin d’en faire un monde. Et quand c’est l’inconfort : rester avec cet inconfort, totalement, se laisser engloutir par lui, se laisser mourir – une mort psychologique - pour pouvoir laisser place à ce silence, le laisser prendre le dessus une bonne fois pour toutes…"

Yolande Duran

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mardi 11 juillet 2017

Etre au service de...


Un jeune moine zen vient d'entrer au monastère, il est guidé vers la pièce où se trouve le Roshi (maître zen) qui l'attend calme et posé, assis sur son « trône ». 


Le jeune moine se prosterne en signe de respect et, de manière inattendue, le Roshi se lève et invite le jeune moine à s'asseoir à sa place. Très gêné, le novice ne sait quoi dire et balbutie : « Mais comment puis-je me mettre à votre place, je ne la mérite pas encore ? » D'un simple regard, le maître lui fait comprendre de s'asseoir enfin puis, sans mot dire, se retire dans l'arrière-salle. 

Quelques secondes après il revient avec une bassine remplie d'eau tiède et une éponge et s'agenouille au pied du disciple pour lui laver les pieds. Le malaise du jeune est à son comble et s'esclaffe : « Pardonnez-moi, mais je ne peux accepter pareille situation, c'est gênant ... » À peine a-t-il terminé sa phrase que le Roshi lève les yeux et lui dit :"quel orgueil" « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », dit le zen. Vous n'avez pas moins de valeur lorsque vous êtes en bas et vous n'en avez pas plus parce que vous êtes en haut. 
C'est le regard que vous posez sur vous qui détermine votre valeur et non la place que vous occupez. 

Une personne qui a suffisamment confiance en elle, et donc qui a une claire conscience de sa vraie nature, ne se sentira jamais moindre dans une situation en apparence « basse ».

Le zen dit aussi : « Servir et être servi sont les deux plis d'un même vêtement »


lundi 10 juillet 2017

Ne pas faire semblant...


Avec un tant soit peu de lucidité, il nous faut bien reconnaître, que nous sommes souvent là en train de méditer, sans être là. Nous faisons semblant. Personne n'en est témoin, cependant nous savons que nous ne sommes pas présents, nous nous trahissons nous-mêmes, ou plus exactement nous trahissons quelque chose qui semble plus important que tout, nous laissons filer « l'événement par excellence, la vie... » (Dogen). 

Dans ces circonstances, se reprendre, ne signifie pas seulement revenir au moment présent, à l'ici et maintenant, c'est répondre de tout soi-même à cette « impulsion de vie qui s'empare de nous » (K.G.Dürckheim). Dans l'activité méditative, le demi-tour opéré face au mur et la tenue actualisent une décision de changement d'attitude et attestent de notre capacité à saisir ou se laisser saisir par cette impulsion dont parle Dürckheim. Assumer pleinement le demi-tour est une action qui engage notre responsabilité : celle de tourner le dos à l'efficacité et à la production d'images ; nous ne cherchons plus à savoir pourquoi nous sommes assis, ni à quoi ça sert. 

Nous prenons la décision de laisser l'action en cours nous initier, nous introduire dans un autre type d'activité. Nous réalisons de cette manière que le demi-tour souligne ce passage d'un fonctionnement égocentrique à celui d'un abandon actif. A chaque fois que nous opérons ce demi-tour, nous pouvons reprendre cette décision en évitant une ritualisation vide de sens. Tout aussi précieuse est la tenue. Se reprendre dans la tenue n'est pas faire acte d'une meilleure position physique, c'est attester dans l'instant que cette tenue prend acte du simplement vivre. C'est une saisie immédiate de l'immanence du vivre. 


La vie nous arrive là, dégagée de son sens moral et intellectuel, elle surgit allégée du poids de l'« à quoi bon ? », la tenue consent et acquiesce. Lorsqu'on s'efforce de ne plus faire semblant, on prend goût à autre chose que le virtuel de la pensée, on prend goût au vivant qui se réalise là, dans l'immédiateté. Alors on peut de moins en moins s'éloigner de cette réalité. On s'habitue au fait de devenir disciple. De quoi devient-on disciple ? Certes, d'un maître, d'un enseignement, mais très vite, ou peut-être moins vite, on réalise que l'on a à se mettre au service de ce qui nous apparaît comme étant la source de ce qui nous est donné : la vie. 

Dans un essai récemment paru, François Jullien a l'audace de « se demander si un nouveau début ne peut avoir lieu dans la vie, sans invoquer d'ailleurs et d'espérance » et s'il est possible « non plus de répéter sa vie, mais de la reprendre et de commencer véritablement d'exister ». Nous ne pouvons qu'être troublé par ce questionnement, qui, un jour ou l'autre nous a peut- être incités à vouloir changer de vie : se reconvertir professionnellement, chercher un regain de vitalité dans une nouvelle relation amoureuse, voguer vers des horizons nouveaux. Eh bien portons cette audace, non dans le développement philosophique, mais dans l'immédiateté de l'attitude méditative : opérer ce demi-tour et s'asseoir le dos droit. 

Dominique Durand

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dimanche 9 juillet 2017

Une révérence !




"Plus je découvre, plus je m'émerveille; 
 plus je m'émerveille, plus je m'incline; 
plus je m'incline, plus je découvre." 

Albert Einstein

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samedi 8 juillet 2017

Maître et disciple...


« Quelle est la différence entre le maître et le disciple ? » 
 Lorsque je lui ai posé cette question Graf Durckheim a souri. Le temps de me rendre compte que ma question avait racine dans une crainte. Peur de la soumission, du paternalisme, de l’autoritarisme. Après un moment de silence il me dit « La différence entre celui qu’on appelle le maître et celui qu’on appelle le disciple ? Il n’y en a pas ; les deux sont sur le même chemin ». Me voilà rassuré, mais il ajoute « Oui, les deux sont sur le même chemin. Mais chez celui qu’on appelle le maître cela se voit déjà un petit peu plus … ». 


 Le chemin est la technique ; la technique est le chemin 
Pour qui pratique la méditation, il n’y a de maître que par rapport à celui, celle, qui s’engage dans une quête inconditionnelle : l’éveil de sa vraie nature. Qu’est-ce donc que notre nature essentielle ? Est-ce une pieuse imagination ? Est-ce le contenu d’une croyance ? Est-ce une spéculation métaphysique ? Le maître ne propose pas un enseignement qui utiliserait les moyens de la pensée analytique. L’enseignement s’appuie sur le fait que : « Le chemin est la technique ». Le maître ne transmet pas des théories mais témoigne de ses propres expériences ; sans cesse, il encourage le disciple à s’exercer. Quant à la technique, ce n’est pas seulement une chose qu’on fait (par exemple, tirer une flèche). La technique c’est la manière d’être de la personne lorsqu’elle fait cette chose. D’où cette observation qui a à faire avec ce qu’on appelle la maîtrise : « Un maître a toujours infiniment de temps intérieur ! ».

Maître, j’ai un problème ! 
Convaincu que ce qu’on appelle la respiration est un phénomène important dans la pratique de la méditation, je profite d’un échange avec Graf Durckheim pour lui dire que pendant la méditation « J’ai de sérieux problèmes avec la respiration ». En riant il me répond « Je ne suis pas sûr que vous ayez des problèmes avec la respiration ; mais une chose est sûre, la respiration a de sérieux problèmes avec vous ! ». L’occasion de me rappeler, que l’acte de respirer est une intention de l’être ; une action innée, issue de notre vraie nature et qui n’est pas du ressort du moi. Quarante-cinq ans plus tard, chaque jour encore, je rectifie ma manière de pratiquer la méditation afin que la respiration naturelle puisse se réaliser. C’est en contemplant le simple va et vient du souffle qu’on devient soi-même tout à fait calme. 

Jacques Castermane

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vendredi 7 juillet 2017

Les hommes fermés


"Un médecin s’était fait un bureau portatif dans le couloir de l’hôpital. Plusieurs fois par jour, assis sur un tabouret devant une table roulante, il scrutait des chiffres sur un écran dont le sang bleu semblait celui d’un fantôme. On ne pouvait alors rien lui demander. Les ordinateurs doivent être très malades pour qu’on s’occupe autant d’eux.
Les chiffres grignotent les poutres du monde.
Ils avancent, ils avancent.

Un jour il ne restera plus que la poésie pour nous sauver. Je ne parle pas ici d’un genre littéraire ni d’un bricolage sentimental. Je parle de la déflagration d’une parole incarnée. Seuls rendent habitable le monde les bégaiements d’une parole qui ne doit rien à la triste perfection d’un savoir-faire.

La pianiste Zhu Xiao-Mei a été déportée cinq ans en Mongolie. Jean-Sébastien Bach est venu en personne la délivrer : elle s’est dans son exil souvenue des partitions apprises par cœur. Elle les jouait en appuyant ses doigts sur le clavier de l’air. Il y a un flux dans la vie qui est toute la vie. Une onde lumineuse. Quelque chose d’invincible qui tremble. Il faut, dit-elle, quand on joue Bach, porter « chaque phrase comme on le ferait d’une bougie qu’on ne veut pas voir s’éteindre un soir de vent ». C’est une jolie façon de parler de la musique. Jolie et juste. Parler par images c’est s’adosser à l’arbre de Vie.


La poésie capture les choses telles que Dieu les voit à l’instant où il les crée et où elles lui glissent des mains. Cette pointe de feu dans le langage, les chiffres s’en écartent.

La pianiste, sortie du camp de rééducation, vit dans l’Occident riche où, dit-elle, tout est beaucoup plus dur que dans un camp. Personne ne veut entendre cette parole-là.

Les hommes fermés ont fait main basse sur le langage.
Les chiffres avancent, avancent.

Un jour nous lèverons la tête sur le ciel et nous ne verrons plus qu’un panneau d’affichage avec les prix d’entrée pour le paradis. La pianiste est parfois atteinte dans ses concerts d’une discrète fatigue. Se hausser sur le bout des pieds pour toucher le ciel étoilé, c’est fatigant. Elle oublie une note ou deux. La grâce la récompense. C’est une maladie mortelle que d’être professionnel jusqu’au bout des ongles.

Qu’est-ce que l’humain, sinon ce qui ne supporte pas les chiffres, le terrible savoir-faire ? Dans les tableaux du peintre De La Tour, la flamme d’une bougie représente l’âme. Elle éclaire des mains qui ont l’intelligence de ne rien faire. Des mains qui réfléchissent, on les dirait en cire.

Le monde moderne n’est qu’une tentative de moucher la chandelle de l’âme, afin que brille dans le noir la seule brillance hypnotisante des chiffres.
L’âme, vous savez, cette pianiste qui joue toujours la note d’à côté, que le monde ne veut pas engager parce qu’elle manque d’habileté et dont il dit : « enlevez moi ça, tout ira mieux sans elle »

Christian Bobin

Scupture Anna Gillespie

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