lundi 19 décembre 2011

Jean-Yves Leloup nous dévoile l'apocalypse (1)


La révélation de la vérité... bienvenue à l'apocalypse (17 min.)
Première partie



Jean-Yves Leloup, théologien et philosophe, traducteur et auteur d’une quarantaine d’ouvrages sur les fondements du christianisme et la philosophie comparée des religions. Après « Le dictionnaire amoureux de Jérusalem » paru chez Plon, le voici pour la traduction de «L'apocalypse de Jean » qui vient de paraître chez albin michel. (source : France Culture)

dimanche 18 décembre 2011

Au cœur de notre nuit avec Joshin Luce Bachoux


Nous avançons en silence, mâchoires serrées, réprimant vaillamment les « Qui a eu cette idée stupide ? » et autres : « Je l’avais bien dit... » Il ne manquerait plus qu’une dispute pour couronner la journée : commencée au matin dans la brume, d’un pas gaillard, sac au dos ; continuée à midi dans un épais brouillard, sandwichs imbibés, premiers murmures de rébellion : « On va continuer longtemps comme ça ? » pour s’achever sous la pluie battante, complètement égarés par des souvenirs trompeurs : « Si ! Je le reconnais, ce grand arbre. On prend à gauche ! »
La nuit est tombée, nuit de décembre, nuit de nuages et d’ombres, de froid et d’hostilité et nous tournons dans la forêt, tantôt montant, tantôt descendant, tantôt sur un chemin, tantôt à travers les broussailles. Les pieds traînent ou s’accrochent aux racines, il y a des marmonnements qu’il vaut mieux ne pas déchiffrer, les capes de pluie dégoulinent et les grands sapins perfectionnent l’art de bien viser, glissant leurs gouttes glacées pile dans le cou de leur victime.


Bien sûr, tôt ou tard, cette mésaventure s’achèvera et, demain, enfin, disons dans quelques jours, nous en rirons. Cela, nous le savons pourtant, à cet instant, au-delà de l’inconfort et de la fatigue, nous sommes, eh bien, perdus corps et âmes, perdus dans l’obscurité, comme des enfants craignant le noir.
Petits poucets sans miettes ni GPS, nous ressentons plus qu’une solitude, c’est un sentiment d’abandon, qui nous laisse silencieux, pleins d’appréhension, séparés des autres. Nous avons été exilés du royaume de nos semblables, rejetés dans les ténèbres. L’obscurité qui nous entoure semble s’étendre à notre esprit, à notre cœur qui se rapetissent, nous laissant pauvres et tout ­recroquevillés sur nous-mêmes. Et puis... un frisson d’exaltation parcourt notre maigre colonne : là, au fond, en contrebas, une mince lumière, rai d’espoir, qui fait signe, qui appelle, qui rassure.


Jamais lumière ne nous a semblé aussi brillante, aussi pleine de promesses. Nous allons être au sec, au chaud, mais aussi, mais surtout, retrouver des paroles, des rires, de l’attention, de l’amitié, de l’irritation, aussi peut-être née de leur inquiétude, bref, d’autres êtres humains. Nous ne sommes plus seuls, abandonnés, menacés ; notre cœur s’emplit lui aussi de cette lumière, de cette chaleur que seuls les autres, les proches comme les inconnus, peuvent nous apporter.

Ah ! Pauvres habitants des villes ! Les lampadaires s’allument à heure fixe, les vitrines étincellent, le premier geste en rentrant est, machinalement, d’appuyer sur le bouton électrique. La lumière n’est plus que commodité : « Allume ! On n’y voit rien. » Ne connaissant plus l’obscurité, nous ne connaissons plus la lumière ; ne connaissant plus la lumière, le cœur, petit à petit, perd une part d’humanité, celle qui nous fait reconnaître l’autre comme notre prochain, comme celui qui nous manque, qui nous est nécessaire pour être complet, pour être pleinement vivant.



Il faut marcher, par une nuit pluvieuse, dans les rues de la ville, de la banlieue, d’un village, et sentir, derrière chaque fenêtre allumée, la présence, l’existence de tous ceux que nous ne rencontrerons jamais, mais qui sont là, qui nous entourent, nous soutiennent, nourrissent notre vie.
Nous reconnaissons alors la nécessité, la vérité de la lumière des autres, de la lumière de chaque autre. Au cœur de notre nuit.

samedi 17 décembre 2011

A la recherche

Qu'est ce que je cherche... Qui me cherche ? Où suis-je vraiment ? Quel bonheur de m'être perdu pour vous retrouver ICI !

jeudi 15 décembre 2011

La tendresse de Noël avec Marie de Hennezel

Quand j’étais enfant, l’approche de Noël bruissait d’excitation. Dans le secret de notre chambre, mes sœurs et moi fabriquions, très à l’avance, les dessins, les petits mots tendres calligraphiés, les porte-serviettes brodés, les poteries et les bougeoirs. Autant de cadeaux destinés à la nombreuse famille que nous formions. On nous apprenait à « penser » notre cadeau. Nous prenions cela très au sérieux. C’était joyeux ! C’était une manière de traduire en actes la tendresse que nous avions pour nos parents. Il me semble que cette préparation du rituel de Noël perd parfois sa dimension spirituelle humaine au profit d’une excitation dépensière et pressée. Autour de moi, je vois les gens courir les magasins, comme s’il fallait s’acquitter d’une corvée. Je me dis : comment pourrions-nous inventer autre chose ? Ne plus être otages de cette orgie commerciale ? Être plus créatifs, peut-être ? Pourquoi ne pas décréter que Noël serait la fête de la tendresse ? Petit ou gros, ce qui compte, c’est que le cadeau soit pensé et fait avec tendresse ! Et si l’on n’a pas les moyens d’acheter un objet, il s’agit de donner de soi, de son sourire, de ses mots, de sa présence !


J’ai donc envie de vous parler de la tendresse. Qu’est-ce que je fais lorsque je suis tendre ? Quand je regarde, émue, le visage d’un enfant qui dort, ou que je tiens la main à la peau si fine d’une vieille personne ? Qu’est-ce que je fais ? Qu’est ce que je sens ? Un élan du cœur qui se met en mouvement vers le bas, un mouvement qui me fait me pencher. Dans cette tension douce, j’ai l’impression de me fondre dans quelque chose de plus vaste que moi. La vulnérabilité qui est en face de moi – celle du bébé qui dort, celle de la très vieille personne, confiante, abandonnée – éveille en moi une tension faite d’attirance et de retenue, comme si je savais que, par un geste trop fort ou trop rapide, je pouvais abîmer ce rayonnement que dégage la personne vulnérable quand elle s’abandonne avec confiance. Cette retenue n’est-elle pas le vrai critère de la tendresse ? Un élan du cœur qui cherche la proximité et, en même temps, avec sollicitude et respect, garde un bout de distance. Une distance d’amour !


En grec, « tendresse » se dit storgê, ce mot désignant l’amour qui ne prend pas, mais qui accueille. La racine ster désigne ce qui est solide, ce qui maintient solidement, ce qui soutient sans plier. Ainsi storgê, ce serait l’oeuvre affermissante, l’énergie d’amour qui rend solide. Nous sommes bien loin de la tendresse molle et débilitante. Ne croyez pas que la tendresse soit mièvre. Elle est une force puisqu’elle rend solide. Une force qui aide nos petits enfants à grandir et à affronter les soucis de la vie, une force qui aide nos âgés, si seuls parfois en ces périodes de fête, à puiser la joie de vivre dont ils ont besoin. Un regard tendre, un geste tendre peuvent transformer quelqu’un. Vous le savez aussi bien que moi. C’est une confirmation du « bon » de l’autre, un don de confiance. C’est en cela que la tendresse est créatrice.


Marie de Hennezel

Source : Psychologies

mardi 13 décembre 2011

Rompre avec nos rôles avec Sarah Seriévic



La plupart du temps, il est très difficile de faire la différence entre l'image qu'on a l'impression de donner, et ce que l'on "dégage" réellement. Pouvez-vous nous aider à faire la part des choses afin d'être moins prisonnier de nos préjugés ?
On a du mal à accepter d'être pleinement qui l'on est, parce que, très tôt, nous avons été amenés à jouer des rôles. Ces rôles-là nous ont été distribués très tôt dans notre enfance. Et la meilleure façon de se faire aimer a été de répondre à ces rôles, d'être conforme à ce qu'on attendait de nous. D'où le fameux décalage entre ce que l'on montre et ce que l'on est. A force d'endosser ce rôle, on a fini par se prendre au jeu. Il y a là une perte d'identité.


Quelle est votre définition personnelle de "être soi" ?
Etre soi... c'est être en cohérence avec ce que l'on sent à l'intérieur et ce que l'on transmet de soi-même. C'est cette autorisation que l'on se donne d'oser transgresser les règles qui ne sont pas en accord avec qui nous sommes. Et de le faire dans le respect de qui l'on est, et dans le respect des autres. [...]


Comment savoir quelle est ma vraie personnalité ?
Demandez-vous ce qui vous fait vraiment plaisir. Qu'est-ce que vous dynamise ? Qu'est-ce que vous sentez quand vous entrez en relation avec quelqu'un ? Demandez-vous si ce que vous dites ou ce que vous faites est vraiment en accord avec votre expression. Et s'il y a un décalage, quelles sont les croyances qui vous font agir à contre-courant de vous-même ?


Quel serait votre dernier conseil pour apprendre à être soi ?
Vous êtes nés pour exprimer la vie qui passe à travers vous. C'est un cadeau magnifique et il est souvent trop tard quand on en a conscience. J'ai moi-même été gravement malade à l'âge de 17 ans. J'ai connu la paralysie. Et cette conscience de la vie qui bat dans mes entrailles est un émerveillement au quotidien. Il n'y a pas d'autre mort que ce qui nous retient de vivre.

Sarah Sérievic

source : Le journal des Femmes

Sarah SERIEVIC est psychothérapeute, diplômée de l'Ecole Française de Psychodrame, formée pendant quatre ans par Anne Ancelin-Shuzenberger. Elle a suivi les cours du Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique de Paris. Après quinze ans de scène, et des rencontres décisives sur son chemin, Sarah va faire de sa vocation d'actrice une vocation de Vie pour animer des stages dans divers milieux, notamment en entreprise.
Elle est l'auteur des livres Passage à l'acte de vie et Rompre avec nos rôles aux Editions Le Souffle D'or.

lundi 12 décembre 2011

Saga suédoise : Les outils

Il y avait une fois, il y a bien longtemps de cela, dans un petit village nordique, un atelier de charpentier. Un jour que le Maître était absent les outils se réunirent en grand conseil sur l’établi. Les conciliabules furent longs et animés, ils furent même véhéments. Ils s’agissait d’exclure de la communauté des outils un certain nombre de membres.


L’un prit la parole : « Il nous faut, dit-il, exclure notre sœur la scie, car elle mord et elle grince des dents. Elle a le caractère le plus grincheux du monde. »


Un autre dit : « Nous ne pouvons conserver parmi nous notre frère le rabot qui a le caractère tranchant et qui épluche tout ce qu'il touche ».


« Quant au frère marteau, dit un autre, je lui trouve le caractère assommant. Il est tapageur. Il cogne toujours et nous tape sur les nerfs. Excluons-le ».


« Et les clous ? Peut-on vivre avec des gens qui ont le caractère aussi pointu ? Qu'ils s'en aillent! Et que la lime et la râpe s'en aillent aussi. A vivre avec elles, ce n'est que frottement perpétuel. Et qu'on chasse le papier de verre dont il semble que la raison d'être dans cet atelier soit de toujours froisser ! »


Ainsi discouraient en grand tumulte les outils du charpentier. Tout le monde parlait à la fois. L'histoire ne dit pas si c'était le marteau qui accusait la scie et le rabot la lime, mais il est probable que c'était ainsi, car à la fin de la séance, tout le monde se trouvait exclu.


La réunion bruyante prit fin subitement par l’entrée du charpentier dans l’atelier. On se tut lorsqu'on le vit s'approcher de l'établi. Il saisit une planche et la scia avec la scie qui grince. La rabota avec le frère rabot au ton tranchant qui épluche tout ce qu'il touche. Le frère ciseau qui blesse cruellement, notre sueur la râpe au langage rude, le frère papier de verre qui froisse, entrèrent successivement en action. Le charpentier prit alors nos frères les clous au caractère pointu et le marteau qui cogne et fait du tapage. Il se servit de tous ses outils au méchant caractère pour fabriquer un berceau. Pour accueillir l'enfant à naître. Pour accueillir la Vie.

dimanche 11 décembre 2011

Frédéric Lenoir et l'éco-spiritualité (2)

Deuxième partie de notre rencontre avec Frédéric Lenoir. Il nous parle de son rapport affectif avec les arbres... c'est très phytospirituel !

Des racines...pour rayonner...

samedi 10 décembre 2011

Frédéric Lenoir et les religions (1)

Première partie de la rencontre avec Frédéric Lenoir sur les spiritualités.

Né en 1962, Frédéric Lenoir est aujourd'hui l'un des meilleurs spécialistes occidentaux du domaine des religions et des spiritualités. Diplômé de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris avec une thèse sur "Le bouddhisme en Occident", il est l'auteur de nombreuses publications dont "L'Encyclopédie des religions" qu'il a conçue et dirigée avec une ancienne invitée de "noms de dieux", Ysé Tardan-Masquelier. Il a dirigé l'excellent magazine "Le Monde des religions" qui offre une approche laique et culturelle du fait religieux. Et, ce touche-à-tout de génie a publié "L'Oracle della Luna", un grand roman d'amour et d'aventures doublé d'un thriller initiatique publié chez Albin Michel. Catholique, mais critique, Frédéric Lenoir est un véritable surdoué qui n'a pas fini de nous étonner...

vendredi 9 décembre 2011

Le Mythe et Joseph Campbell

À travers les mythes, Campbell nous emmène à la recherche du héros tout au fond de nous qui attend d’être appelé à l’aventure et de réaliser la quête la plus essentielle qui soit : être vivant.

Ce héros qui est en chacun de nous

jeudi 8 décembre 2011

Conte soufi : L'anneau magique



Il était une fois un roi puissant, riche et cependant rongé par l’inquiétude. Le monarque du royaume voisin menaçait ses frontières. Or, si le roi redoutait la maladie et craignait la vieillesse, il avait surtout une peur panique de la mort. Il convoqua les sages du pays :


- Il existe, paraît-il, un anneau magique qui réjouit l’affligé et rend triste l’homme heureux. Trouvez-le, j’en ai besoin.


Le roi rêvait de la clé qui ouvre la porte du bonheur comme celle du malheur. Il souhaitait acquérir la maîtrise des sentiments et ne plus être le fantoche. Il voulait échapper pour toujours à la souffrance et à la mort.


Les sages tinrent conseil sans parvenir à une conclusion. Ils se rendirent auprès d'un mystique soufi et demandèrent son aide. Le maître ôta sa bague et la leur donna :


- remettez cet anneau au roi, dit-il, et recommandez-lui de ne regarder sous le chaton que lorsqu'il se sentira à bout, désespéré. Sinon le message n'aura aucun effet.


La guerre ne tarda pas à éclater. Le roi, vaincu, prit la fuite. Il fit aller son cheval ventre à terre jusqu'à ce que la pauvre bête tombe morte d'épuisement. Le roi essaya de s'échapper à pied, mais dut admettre que les dés étaient jetés : devant lui s'ouvrait un précipice et l'ennemi était sur ses talons. Soudain, il se souvint de l'anneau. Il l'ouvrit et lut ce qui y était finement gravé :


"Ceci passera également..."



mercredi 7 décembre 2011

Les arbres en marche par Julos Beaucarne

Les arbres alignés de France, de Belgique et d'ailleurs sont des hymnes à la grande Nature, ils sont des capteurs puissants et quotidiens de l'univers en son entier, les arbres alignés sont des récepteurs puissants du cosmos et de tous ces univers qui grouillent et parlent et s'expriment et émettent à la lisière du système solaire avec les exo-planètes et tout l'inconnu qui vibre au-delà du mystère des années lumières, au-delà des immenses distances qui bouleversent nos esprits.

Les arbres sont des observatoires puissants, des récepteurs immobiles de toute la grande Vie. Nous, les êtres humains nous sommes tous et toutes faits de la même matière que l'univers et que les univers au-delà de notre univers. Les arbres, ces quotidiens témoins nous disent que nous sommes beaucoup plus larges que nous ne pensons, que nous sommes reliés à la moindre poussière d'étoile, que nous sommes nés pour beaucoup plus que nous ne pensons et pour beaucoup plus que l'on veut bien nous faire croire.

Les arbres sont des veilleurs, des éclaireurs, ils enregistrent, ce sont de puissants sismographes, des capteurs puissants d'énergie . Se frotter à un arbre, c'est apprendre, c'est capter qui nous sommes en notre largitude, en notre immensité c'est découvrir que nous avons étés créés pour plus que nous ne pensons .......

Nous sommes tous et toutes des arbres qui marchent.

Julos Beaucarne
24 août 07
Tourinnes-la-Grosse


Hier Julos est allé annoncer au gros chêne (le plus vieil arbre de la forêt de Meerdael) la disparition apparente et prochaine du vieux marronnier de la place de Tourinnes-la-Grosse. 
Source : blog de Julos Beaucarne