samedi 7 mars 2026

Prendre conscience


 Ne faites pas "Le Travail" avec l'intention de guérir votre corps. Parce qu'aucun corps ne s'en sort vivant. Guérissez plutôt votre esprit ! Rencontrez vos concepts avec compréhension. J'aime à dire qu'on peut avoir un corps en parfaite santé et il peut se faire happer par un camion. 

Le Travail ne consiste pas à lâcher prise. Lâcher prise est une méthode dépassée qui n’a jamais fonctionné, d'après mon expérience. Ce travail ne consiste pas à lâcher prise, mais à prendre conscience.

~ Byron Katie 

(extraits de deux audios)

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« Distinguer sans séparer, relier sans confondre », disait Lily Jattiot.

 "Swami Prajnanpad ne découpait pas l'humain en tranches :  il n'y avait pas l'être humain spirituel d'un côté et l'être humain avec sa psychologie, ses traumatismes, etc., de l'autre. Même s'il était un très grand maître de la non-dualité la plus radicale et la plus ultime, il avait compris qu'il ne pouvait pas "se contenter de dire aux personnes qui venaient à lui : 'vous êtes le Soi, vous êtes la Réalité Ultime, il n'y a personne, le moi n'a pas d'existence fixe etc.' ". Il le disait aussi, mais plus que le dire il le montrait, il arrivait peu à peu très concrètement, d'entretien en entretien, année après année, à ce que l'élève arrive à le voir pour lui-même - ce qui est autre chose que de le comprendre intellectuellement. Et ça ça passait par tout un travail dans lequel la distinction entre niveau psychologique et niveau spirituel n'était pas marquée- bien que ce soit une distinction importante parce qu'il y a bien un niveau psychologique qui n'a rien a voir, d'un certain point de vue, avec le niveau spirituel ultime, mais l'être humain est un tout et pour que l'être humain s'ouvre et s'éveille à sa profondeur, pour qu'il soit dans LE monde et non dans la prison de SON monde,  il est nécessaire qu'il travaille simultanément sur ces deux dimensions. Ce n'est pas d'abord faire un travail d'ordre thérapeutique sur l'inconscient et ensuite accéder à la dimension spirituelle,  la dimension spirituelle est d'emblée le point de départ, on part de la non-dualité, et à partir de la non-dualité on s'intéresse intensément à la dualité qu'on vit et à comment on fabrique cette dualité à chaque instant. Arnaud (Desjardins) a dit un jour : "notre voie est directe, parce qu'elle s'intéresse directement aux obstacles"  


(Gilles Farcet)

"La voie va nous amener à regarder en face le fait que même si nous aspirons à réaliser la vérité ultime, et dépasser le moi ou l'illusion du moi, nous allons en fait découvrir que le moi on le connait si peu. Et donc une partie du travail va consister à faire connaissance avec soi-même véritablement ; parfois un peu douloureusement mais aussi avec beaucoup de découvertes. Donc ça va consister à dépasser l'illusion que nous savons de quoi il s'agit quand nous parlons de nous-mêmes ; on se connaît en fait très peu. Et donc il y a un chemin unique pour chacun qui va consister à se découvrir soi-même véritablement, à faire connaissance avec soi-même. Dire que le moi est une illusion ne garantit pas en fait que ce moi nous le connaissions. " 

(Thierry Martin). 

"Arnaud avait une insistance à viser haut (la libération est possible pour vous en cette vie ci) mais en même temps de vraiment s'intéresser à ce qui fait obstacle. Si je suis dans cette recherche d'éveil, la question qui vient est ; en quoi consiste mon sommeil ? Et si je cherche la libération, en quoi consiste ma prison ? Si je cherche le réel en quoi consiste mon illusion ? Et là ça devenait tout de suite très concret."

(Sophie Edelmann). 

Extrait de la conférence d'Olam « Une Lignée Vivante », consacrée à Arnaud Desjardins avec Gilles Farcet, Sophie Edelmann, Eric Edelmann et Thierry Martin. 

https://www.youtube.com/watch?v=Kl1o9ERNhpk

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jeudi 5 mars 2026

Etat de crise


« L'état de crise est l'état naturel du monde : une guerre après l'autre, une invention après l'autre, un chiffre d'affaires sur un taux de suicides, une famine sur des parfums de luxe. Dans le monde tout se mélange. Dans le monde tout va ensemble, sauf l'amour. Il ne va avec rien. Il n'est nulle part. Il manque. Il manque comme le pain dans les périodes de guerre, comme le souffle dans la gorge des mourants. Il manque comme le temps dans les jeux de l'enfance. C'est qu'il faut du temps pour aimer, tellement de temps que le temps ne suffit pas à répondre aux besoins de l'amour en nous, aux demandes en nous de la voix, du sang, du sang lacté dans la voix firmament. La comète de l'amour ne frôle notre cœur qu'une fois par éternité. Il faut veiller pour la voir. Il faut attendre longtemps, longtemps, longtemps. C'est cela l'état naturel de l'amour. C'est cela son état princier, la merveille de sa nature : attendre, attendre, attendre. Au plus loin de la précipitation et du bruit. Au plus loin de toute crise. Attendre paisiblement. Attendre patiemment. L'amour - et la poésie qui est sa conscience aérienne, sa plus humble figure, son visage au réveil - est profondeur de l'attente, douceur de l'attente. Espérance douce et profonde et lumineuse. »

Christian Bobin

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mercredi 4 mars 2026

Regard derrière et devant


Question : Est-il juste de réfléchir sur le passé et d’établir des plans pour le futur ? 


Réponse : La pleine conscience implique de s’établir dans l’instant présent, mais cela ne signifie pas qu’il soit défendu d’effectuer des analyses approfondies du passé, en sorte d’apprendre par lui, ou d’établir des plans par rapport au futur.
Étant fermement établi dans l’instant présent, lorsque vous donnez votre pleine attention au futur, cela signifie que vous pouvez jeter sur lui un regard profond et déterminer ce qui doit être actuellement fait pour rendre possible un tel futur. 
Suivant le bouddhisme, le meilleur moyen de s’occuper du futur est de prendre soin du présent, parce que le futur est fait de présent. Prendre soin de l’instant présent est un excellent moyen de s’assurer un bon futur. 
Le fait de faire entrer des événements passés dans l’instant présent en vue de les observer en pleine conscience, est hautement instructif. Lorsque nous étions pris dans ces événements, nous ne pouvions pas les voir aussi distinctement que maintenant. La pratique de la pleine conscience nous permet de jeter un regard neuf sur les choses du passé, et de beaucoup apprendre d’elles.

Thich Nhat Hanh
Soyez libre là où vous êtes

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lundi 2 mars 2026

Le présent de la présence

 

Ordinairement, l’être humain ne sait pas ce que signifie être réellement conscient dans le présent. Le présent n’a pratiquement aucune signification pour lui, car son existence se déroule dans des moments très fragmentés et changeants ; tantôt il est perdu dans les souvenirs douloureux ou agréables du passé, tantôt il se projette dans l’anticipation de ce que le futur lui réserve comme soucis ou plaisirs. 

Ainsi, l’Éternité  — si jamais il y pense — se situe pour lui quelque part dans un avenir inconcevablement lointain. 

Comme sa vie se déroule sans cesse dans le mouvement ininterrompu du temps, il n’existe, pour ainsi dire, pas. Il vit dans un état de projection constante de ce qu’il va faire d’un instant à l’autre.

L’Éternité ne doit pas être imaginée comme s’inscrivant dans le mouvement linéaire d’un temps sans fin ; elle ne peut être appréhendée que par une plongée verticale dans les profondeurs de soi-même. Autrement dit, il s’agit d’une plongée verticale dans le présent.

C’est la raison pour laquelle l’aspirant doit d’autant plus cher­cher à comprendre ce que signifie pour lui d’avoir la connaissance consciente de lui-même dans le présent. 

Ce retour vers lui-même, qui se produit après un long ou court moment d’absence intérieure, est véritablement la clé pouvant l’aider à saisir où se situe l’Éternité pour lui, car il réalisera que, chaque fois qu’il redevient conscient de lui-même, il est ramené au présent.

Edouard Salim Michael  – [Les Fruits du chemin de l’Eveil]

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dimanche 1 mars 2026

Éloge repenti du printemps

 Pendant longtemps, j’ai boudé le printemps. Je n’y voyais qu’une météo instable qui souffle le chaud et le froid, un ciel gonflé de giboulées soudaines, des floraisons anachroniques sur les branches encore dénudées. Puis, un jour, rendue à mon temps libre et à mes activités méditatives, je me suis assise face à mon jardin, j’ai mieux regardé et découvert toute la subtilité de cette saison de transition.

J’y ai contemplé comme un tableau vivant, habilement orchestré de l’intérieur. J’ai aperçu au ras du sol les corolles des primevères, comme une première et timide tentative de la nature d’attirer l’œil sur les tendres pastels qui tapissaient le jardin d’hiver. J’ai vu l’herbe se redresser et se parer de jour en jour d’un vert plus dru, j’ai observé chaque matin un pivert à la tête de feu y chercher sa pitance. La terre émergeait sous mes yeux d’un long sommeil, mais en coulisse jouait déjà l’orchestre. J’ai vu les bourgeons gonfler discrètement les branches des fruitiers, les forsythias arborer le jaune d’or annonciateur des floraisons à venir, les taillis de lilas se perler de vert tendre. L’habile mésange voletait, très affairée, autour du nid. Comme un ultime prologue avant l’ouverture du rideau.

L’abandon du cocon protecteur de l’hiver

J’ai compris pourquoi l’alternance de luminosité et de nuages sombres, de soleil intense et d’averses subites participait de cette mise en place, réveillant la nature par paliers et signifiant, par cette instabilité, toute l’ardeur et la force contenue du processus de création. J’ai senti le réveil de mon corps qui appelait à se délester du trop-plein de l’hiver en garnissant l’assiette de verdure, j’ai entendu le discret signal de mon horloge interne m’appelant à sortir chaque jour plus tôt du sommeil pour m’exposer à la lumière. J’ai éprouvé la fatigue des fins de règne : l’abandon du cocon protecteur de l’hiver qui ne se ferait pas sans efforts ni renoncements.

J’ai perçu enfin la magie transformatrice de cette longue saison intermédiaire, passage entre deux extrêmes, entre rigueur et splendeur, dénuement et abondance. Apanage des climats tempérés, elle fait le bonheur des peintres et des poètes. De ceux qui ouvrent l’œil et l’oreille pour percevoir le langage muet du vivant et de l’univers en mouvement. La philosophe Chantal Thomas évoque ce temps circulaire des saisons, qui n’est pas du côté de l’usure mais du retour : « Comme si c’était, à chaque fois, un événement auquel on assiste pour la première fois. »

Et j’ai saisi ce que la vie cherchait à me dire dans cette mise au monde du printemps. Comment sous l’apparente léthargie de la terre montait l’invisible énergie du monde, cette promesse qui nous fait avancer sans relâche. Elle me parlait de la graine enfouie, laissée inerte, qui n’avait pas renoncé et attendait patiemment son heure. Elle me racontait l’émergence dans nos vies de la renaissance et du neuf qui ne peut surgir qu’au prix d’une transformation, lente souvent, douloureuse parfois, prometteuse toujours.

Elisabeth Marshall

Source : La Vie

samedi 28 février 2026

Sur le chemin avec le Ckeikh Bentounes...

  La série "Sur les Routes Spirituelles" part à la rencontre de traditions spirituelles authentiques toujours vivantes.  Les trois épisodes du chapitre 4 sont consacrés au soufisme tel que transmis pas le Cheikh Bentounes, guide spirituel de la confrérie soufie Alawiyya.

Pour voir la vidéo, c'est ici


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vendredi 27 février 2026

Qualité du Tout


 Ne vous attardez pas sur les défauts des autres, mais efforcez-vous de découvrir leurs qualités, en vous rappelant que c'est votre façon de voir les choses, en particulier le fait de critiquer les gens, qui vous cause de la souffrance.

Toutes ces difficultés sont dues à votre propre karma. Dans la création divine, les conséquences de nos actions doivent être vécues dans le plaisir et la souffrance jusqu'au moindre détail. 

Tout est Sa volonté. 

Vous devrez trouver la Vérité !

Gardez toujours à l'esprit que vous devez épuiser tout karma, et qu'Il vous purifie ainsi pour vous rendre digne de vous unir à Lui.

~ Anandamayi Ma

Kedernath Swami, An introduction to Anandamayi Ma's Philosophy of Absolute Cognition, page 81, Quotes from from Ma.

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mercredi 25 février 2026

Le temps fléché

 

Au départ, il faut être poursuivi par la peur de la naissance et de la mort comme un cerf qui s'échappe d'un piège. À mi-chemin, il ne faut rien avoir à regretter, même si l'on meurt à l'instant, comme le paysan qui a travaillé la terre avec soin. À la fin, il faut être heureux comme celui qui a terminé une immense tâche [...]. Ce qu'il faut surtout savoir, c'est qu'il n'y a pas de temps à perdre, comme si une flèche avait atteint un point vital de notre corps.
Gampopa, Sonam Rinchen (1079-1153), cité oralement par Dilgo Khyentsé Rinpotché
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mardi 24 février 2026

Recherche d'équilibre

 Arrêtons de pédaler pour mieux pouvoir sentir nos tensions qui nous déséquilibrent.

Stop. On s'arrête de bouger et on observe les parties du corps qui sont sous tensions. Jambes, bras, torse, visage... On envoie de l'air frais dans ces endroits et on inspire.

C'est bon, vous pouvez pédaler de nouveau mais avec un nouvel équilibre...


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lundi 23 février 2026

Sentir l'énergie du corps

 

  • Sentez l’énergie de votre corps intérieur. Le bruit du mental ralentit alors ou cesse immédiatement. Sentez-la dans vos mains, vos pieds, votre abdomen, votre poitrine. Sentez la vie que vous êtes, la vie qui anime ce corps.
  • Ce corps devient alors une ouverture, en quelque sorte : il donne accès à un sentiment plus profond de vitalité, sous les émotions fluctuantes et l’activité mentale.
  • Il y a en vous une vitalité que vous pouvez sentir de tout votre Être et non uniquement dans la tête. Chaque cellule vit dans cette présence qui vous dispense de penser. Cet état n’exclut pas la pensée si elle est nécessaire à des fins pratiques. Le mental fonctionne encore, et'd’une façon magnifique, quand l’intelligence supérieure que vous êtes l’utilise et s’exprime par lui.
( Quiétude P : 15-16 )

Eckhart Tolle

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