jeudi 3 avril 2025

Pardonner ?

 Q : Est-il possible de pardonner complètement ?

Éric Baret : Quand on accepte profondément la vie, il n'y a rien à pardonner, parce que vous

regardez les événements se produire selon leur propre loi. Il n'y a pas d'événements indépendants dans le cosmos, pas d'auteur d'actions, pas de responsabilité ; donc personne à pardonner, parce qu'il n'y a personne. Penser être une entité indépendante est une mémoire, tout ce qui se passe est lié à tout. Tout ce qui arrive à votre corps fait partie des lois cosmiques, il n'y a rien de différent.

L'idée de pardonner ou de blâmer quelqu'un vous laissera complètement. Ce qui vous a paru difficile, inacceptable, vous apparaîtra tôt ou tard comme la chance de votre vie, le moment le plus important. Ce qui vous a fait grandir le plus — les choses qui vous ont fait comprendre l'identification et les limites — ont été les drames de votre vie. Dans la mesure où vous les laissez vivre complètement, ils se dirigent vers la liberté, vers la joie. 

Contrairement aux séances de méditation intentionnelles, qui ne sont souvent qu'une évasion, quand quelque chose de dramatique vous arrive et que vous laissez vibrer le choc à l'intérieur de vous, c'est comme si c'était un cadeau. Il faut le laisser vivre. Parfois, c'est vrai, on n'a pas la maturité pour le faire, mais à un moment donné, vous pouvez vous réjouir et aimer ces cadeaux que vous avez reçus et laisser vivre toutes les mémoires qui constituent votre corps. Parce que la situation que l'on veut pardonner ou non s'est coincée quelque part dans le corps.

Asseyez-vous ou allongez-vous et aimez cette partie du corps qui a été négligée, reportée, évitée pendant si longtemps.

Laissez la tension s'exprimer sans condamner ni juger.

Restez devant les faits. Ces parties ont beaucoup à dire.

Un grand cri de joie se libérera du corps :

Vous regarderez la situation pour découvrir que la cause présumée de la tragédie n'a jamais été la cause. La cause n'a jamais existé.

~ Éric Baret 

(via la page Yoga tantrique cachemirien)

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mercredi 2 avril 2025

Les marches présentes du passé...

Jules Supervielle, poète à mes yeux incontournable... La Fable du monde étant l'un de ses recueils majeurs...
A titre informatif, je précise que j'ai publié en 2008, aux éditions Bertrand-Lacoste, un petit livre dédié à ce recueil, destiné aux lycéens notamment, dans la collection Parcours de lecture (série Œuvres intégrales).
Sabine Dewulf

Toi que j'entends courir dans les escaliers de la maison
Et qui me caches ton visage et même le reste du corps,
Lorsque je me montre à la rampe,
N'es-tu pas mon enfance qui fréquente les lieux de ma préférence,
Toi qui t'éloignes difficilement de ton ancien locataire.
Je te devine à ta façon pour ainsi dire invisible
De rôder autour de moi lorsque nul ne nous regarde
Et de t'enfuir comme quelqu'un qu'on ne doit pas voir avec un autre.
Fort bien, je ne dirai pas que j'ai pu te reconnaître,
Mais garde aussi notre secret, rumeur cent fois familière
De petits pas anciens dans les escaliers d'à présent.

Jules Supervielle
La Fable du monde
Poésie/Gallimard

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mardi 1 avril 2025

Corps et esprit avec Michel Odoul

 Vous pouvez écouter le début de l'émision qui est intéressante...

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lundi 31 mars 2025

Disciple



Demander « qu’est-ce qu’un bon disciple ?» c’est comme demander « qu’est-ce que bien aimer ? » On a toute la vie pour apprendre à aimer et surtout à « bien aimer » !
Ecoute et obéissance proviennent du même verbe : obedere, qui signifie à la fois « prêter l’oreille » et « être soumis ». Cette obéissance n’est pas obéissance à une loi extérieure, mais une adhésion du cœur à un autre cœur, une adhésion du souffle à un autre souffle. C’est une écoute vivante, une écoute en action…
L’obéissance, l’écoute cela peut être l’écoute de quelqu’un qui est pour nous comme une colonne vertébrale, quelqu’un qui nous redresse, qui nous remet dans notre droiture. Et puis, à un certain moment cela peut être l’obéissance au réel, à l’unique réel qui prend la forme d’un visage ou d’un enseignement afin de nous guider.
C’est quelquefois aussi obéir au vent qui nous sépare de l’arbre, qui nous conduit – où ? là où va le vent.
Mais le disciple ne sait pas toujours là où il va. Souvenons-nous de ce que Jésus a dit : « Celui qui est né de l’Esprit, on ne sait ni d’où il vient, ni où il va ; comme le vent, tu entends sa voix mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va ».
S’il est vrai qu’au niveau psychique il est important de savoir d’où l’on vient et où l’on va, de quelle famille, de quelle lignée, de quelle tradition l’on vient, au niveau spirituel, au niveau pneumatique on ne sait plus parce qu’il n’y a plus d’avant ni d’après, il n’y a que l’instant. Alors à ce moment là, le disciple est vraiment le fils de l’instant.

L’instant présent est le lieu de la Présence et il s’agit d’écouter et d’obéir instant après instant.

Jean-Yves Leloup dans "Guérir l’esprit"

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dimanche 30 mars 2025

« Heureux ceux qui n’ont pas vu »

Dans ce texte, notre chroniqueur explore la tension entre l’invisibilité de Dieu et la responsabilité humaine, soulignant l’importance de la foi authentique. Il appelle à un silence méditatif, source de révélation.

 Dans Exode, l’Éternel dit à Moïse : « Tu ne pourras pas voir ma face, car l’homme ne peut me voir et vivre » (33, 20). Dans cet espace de retrait voulu par Dieu, se déploie toute la liberté de l’homme, dans une tension entre l’audible et l’invisible, le lisible et l’inintelligible. La Parole est là, toujours à interpréter, Dieu se fait entendre dans cette recherche qui ne peut jamais atteindre à la contemplation, il demeure le Tout-Autre, que je ne peux pas voir, mais dans lequel je peux mettre ma confiance, vers lequel je peux diriger mon pas : « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru ! », redit le Christ à Thomas, en Jean (20, 29).

Présence-absence

Il y a dans ce « ne pas voir » une force inouïe, qui dit bien que la foi est tout le contraire de l’idolâtrie, que ni le Père ni le Fils ne demandent une fixation dans l’image adulée, mais un mouvement vers l’autre, vers le visage frère, dans un geste de redistribution incessant. Si Dieu n’est pas visible, la misère du semblable, du prochain, de soi-même, elle, l’est, à chaque instant. Ce retrait de Dieu – cette sorte de pudeur nécessaire – instaure la responsabilité de l’homme.

Contre les illusions et les vertiges ascensionnels, Dieu renouvelle à l’infini le sens des relations humaines, il donne une valeur inédite au plan horizontal où se déploie notre action dans et sur le monde. Et il institue l’irréductible dignité de la pensée créatrice. Puisqu’il n’est pas possible de voir Dieu et de vivre, l’homme est invité à interroger, à chercher sans relâche, à se défier des protestations trop bruyantes. Et à célébrer tout ce que féconde cette présence-absence de ce Dieu qui veut l’homme libre de venir ou non à lui. Cette liberté de croire ou de ne pas croire est essentielle.

• TOMMY ZHANG/UNSPLASH
La marge est étroite, aujourd’hui, entre un monde qui a rempli jusqu’à la nausée ce qu’il a cru vide et des églises qui n’ont pas toujours su résister à la tentation de l’adoration. On a l’impression de vivre au milieu de deux surenchères en regard. D’un côté un monde profane qui exhibe l’obscénité de ses faux dieux et de ses idoles en toc : étalage de richesse, de gloriole, de clinquant à tous les étages de la société du spectacle. D’un autre un monde dit sacré qui transforme les portes étroites du silence et de la méditation en tribune, parfois en théâtre.

Bien sûr, on comprend que, dans sa ferveur et son enthousiasme, le croyant se laisse emporter, enjambe allègrement ce qui le sépare de ce Dieu qui a fait de son invisibilité la condition même de notre liberté. Dans l’impatience ou le pressentiment de la rencontre, le chant déborde, le dire outrepasse ses possibilités, le témoignage se laisse prendre au piège des preuves. Il y a des protestations de foi qui ne se rendent pas compte qu’elles composent un dieu de substitution, clair comme de l’eau de roche, assimilable en dix leçons, programmatique, vidangé de son mystère. Un feu qui aurait déjà les couleurs de la cendre.

Savoir se taire

La voie, oui, est étroite. Dieu ne veut pas qu’on l’ânonne mais qu’on le pense, qu’on ne croie surtout pas l’avoir trouvé, situé, cerné, dévoilé. Mais qu’on intègre à notre pensée, comme un mot qui resterait toujours sur le bout de la langue, cette lumière qui lui échappe, qui n’est pas un objet mais un aimant qui donne sens et énergie à nos gestes, nos paroles, nos choix, comme des égards inépuisables pour ce que la vie a de saint.

Dans ses Poèmes de la lumière, le poète roumain Lucian Blaga formule ce commandement auquel il se plie : « Je ne piétine pas la corolle de merveille du monde / Et je n’assassine point / De mon raisonnement les mystères que je croise / Sur ma route / Dans les fleurs, dans les yeux, sur les lèvres ou sur les tombes. » Comme le disait Platon dans le Théétète, la pensée est « une conversation que l’âme poursuit avec elle-même sur ce qui est éventuellement l’objet de son examen ». Or il n’y a pas de bonne conversation sans participation du silence. Il faut savoir se taire, ne pas aller trop loin, ménager une place, dans ce que l’on dit, à ce qui ne peut être qu’effleuré.

Le silence, voilà ce qu’en dit Lucian Blaga, encore : « Il y a un tel silence alentour qu’on croirait entendre / Frapper à la fenêtre les rayons de la lune. » Notre monde sait-il encore faire silence, accepter de ne pas voir, d’écouter frapper à la fenêtre les rayons de cette lumière divine qui n’est pas du monde sans laquelle le monde cesserait d’être humain ?

Emmanuel Godo. Poète et essayiste, professeur de littérature en classes préparatoires, il a notamment publié les Passeurs de l’absolu (Artège), la Bible de ma mère (Corlevour), les Égarées de Noël (Gallimard), Maurice Barrès, le grand inconnu (Tallandier), Ton âme est un chemin (Artège).

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samedi 29 mars 2025

Problème réel ?



Tant qu'il s'agit de regarder les autres, l'étendue et l'absurdité de leurs projections nous apparaît évidente. Nous voyons bien à quel point les problèmes d'autrui sont subjectifs et souvent artificiels. S'ils se détendaient, prenaient un peu de recul et voyaient les choses du bon côté, tout irait bien. Mais dès qu'il s'agit de nous, si quelqu'un nous dit : « Écoute, détends toi ! », nous pensons : « Moi, ce n'est pas la même chose. Mes problèmes n'ont rien d'absurde, ils sont réels, importants. » Nous sommes identifiés à notre monde subjectif sans réaliser qu'il n'est pas plus réel ou important que celui de n'importe qui d'autre.
C'est à grande échelle que nos existences sont factices. Tout ce que nous faisons – tout, sans exception – est dicté par l'ego. Tous nos choix sont déterminés par l'ego. Le mieux que l'on puisse espérer d'une existence non consciente, c'est que les choix faits par l'ego soient relativement bienveillants ; que nous choisissions la bonté plutôt que la cruauté, de faire la paix et non la guerre ; de nous montrer généreux plutôt que crispés sur nos richesses ; et que nous puissions vivre une existence relativement détendue, saine et heureuse. Tant que c'est l'ego qui décide, il est impossible d'aller plus loin et de vivre une vie réelle. La conscience du monde endormi est aussi différente de la conscience éveillée que les êtres humains des cochons. Et je n'exagère pas. Groin groin
 
Lee Lozowick - Éloge de la folle sagesse

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vendredi 28 mars 2025

Vérité peu intéressante ?

Étienne Klein s’attarde sur notre rapport à la vérité et 
comment se distingue les réactions de chacun face à celle ci. 
Pour certains le confort est plus important que la vérité et les contradictions qu’elle entraîne
 pousse certains à la renier au profit de convictions sans fondements.

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jeudi 27 mars 2025

A la recherche du Soi


Au mois de mai chez Almora (merci à José Le Roy) - republication des 2 premiers tomes.

"Le désir a pour but sa propre satisfaction. Au moment où le désir vient d’être satisfait, il y a pendant quelques instants un état sans désir et, dans cet état sans désir, peut se manifester cette béatitude inhérente à la conscience de soi ou au sentiment de soi techniquement appelé ananda. Cet ananda n’est pas une émotion. C’est un sentiment, une paix, une joie, une plénitude qui est l’expression de l’être, qui est lié au fait d’être, au « Je Suis », à la conscience d’être, qui ne dépend pas de l’avoir, qui n’est pas affecté par ce que l’on a ou ce qu’on n’a pas. En vérité, le bonheur que l’on cherche dans l’avoir n’est jamais autre chose que la libération momentanée de la joie intrinsèque à l’être dont les désirs et les peurs vous exilent sans cesse."

Adhyatma yoga - À la recherche du soi 1

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mercredi 26 mars 2025

Créer

 Créer, c'est se livrer peu à peu à ce qui advient.

Philippe Filliot

Œuvre de Kabbalah vitrail

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mardi 25 mars 2025

Guerre et bruits de guerre ?


Poème écrit il y a quelques années et semble-t-il toujours d'actualité, tout juste publié dans le recueil "Dernière Pluie"

soleil de printemps marche le long des champs conscient que
oui
réchauffement guerre
et bruits de guerre
galop insensé vers l’abîme
tel ce moine zen
dans le précipice
agrippé à une branche
en train de craquer
je cueille les baies sauvages et les trouve délicieuses

Gilles Farcet

--------------------un autre extrait :

il faut parfois demander pardon
au crépuscule
pour les chagrins causés
les peines infligées
dans l’insouciance des commencements la fébrilité des premiers pas
l’ivresse de la cueillette
il faut parfois demander pardon
dans la pénombre
pour ce que l’on ne savait pas pour ce que l’on ne voyait pas dans l’éblouissement du plein jour
tout étant consommé
il faut parfois demander pardon
pour ce sur quoi on ne peut plus rien hormis demander pardon
invoquer les visages, les noms mesurer sa misère
et simplement
demander pardon
et au final s’aviser que c’est à soi-même qu’il faut
demander pardon
car c’est l’intégrité
de soi-même
que l’on a blessée c’est sa dignité propre à qui l’on a manqué c’est son intime vérité que l’on a évitée
à travers cet autre
que je n’ai pas honoré c’est bien mon innocence qui a été bafouée
c’est bien ma personne que je n’ai pas su aimer
ma personne, la tienne
la vôtre
la leur
et
quand tout est vu la personne
dont la mienne la tienne
la vôtre
la leur
sont autant
d’uniques déclinaisons
la personne
hors laquelle
il n’est pas de pardon

Gilles Farcet

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Parait chez maelstrÖm reEvolution ce nouveau recueil qui rassemble bien des poèmes partagés ici même ces dernières années. Trouvable dans de bonnes librairies et commandable sur www.maelstromreevolution.org

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dimanche 23 mars 2025

Le filtre du mental



Le concept du mental est central dans les enseignements traditionnels de l’Inde. Arnaud reprend ce thème d’une très belle façon dans son livre "En relisant les Évangiles", où il interprète la parabole ce la Samaritaine.

Quand le Christ ajoute : « Tu as eu cinq maris, et l’homme que tu as maintenant n’est pas ton mari », ce passage doit-il être compris littéralement ou bien revêt-il un autre sens ? Etant donné la brièveté des Evangiles, il est impossible qu’il y ait un chiffre, une précision qui ne nous concerne pas, nous, aujourd’hui, qui ne nous parle pas de nous, dans nos erreurs, nos tâtonnements, notre espérance.

Dans son Commentaire de l’Evangile, Lanza Del Vasto donne une explication de ce passage. Les cinq maris désignent nos cinq sens et le sixième qui n’est pas son mari correspond à ce que les hindous appellent le sixième sens, c’est-à-dire le mental (manas). Le mental n’est pas la vérité de nous-mêmes ; il s’est forgé peu à peu par les influences diverses que nous avons reçues et par l’éducation (qui, si j’ose m’exprimer ainsi, pensent à notre place et même ressentent à notre place) ; il est constitué de tout ce qui n’est pas vraiment personnel et juste en nous. Beaucoup de nos pensées ne sont faites que de citations prises ici ou là, beaucoup de nos émotions ne sont que des imitations dues aux influences culturelles.

[...] Qui n’est pas touché par cet entretien magnifique au bord du puits de Jacob : « Je te donnerai à boire d’une eau qui fera que tu n’auras plus jamais soif » ? Mais, il y a plus encore, qui nous donne à réfléchir. L'âme, la réalité profonde en nous, notre être essentiel est "marié", uni, confondu avec les cinq sens et nous interdit la vision de la réalité ultime ; et nous vivons avec ce sixième sens, le mental qui regroupe l’ensemble de nos conceptions et de nos opinions et se surajoute aux cinq sens pour nous exiler encore plus du réel.

Quant à l’état de conscience ordinaire, que l’on nomme « état de veille », il correspondrait à peu près à une identification complète entre le sujet et ce qui est perçu, sans aucune introspection sur la part des conditionnements psychologiques qui sont à l'œuvre Le processus est automatique et inconscient. C’est la position par défaut en l’absence d’un regard introspectif et d’une pratique de la vigilance.

Dans cet état de veille ordinaire, l’individu est gouverné par de fausses lois, des visions erronées. Il projette, sur autrui ou sur le monde, un imaginaire (attentes, fantaisies, interprétations, etc.) qu: ne correspond pas à la réalité objective des phénomènes. En pensée, nous retranchons de la réalité ce qui ne nous convient pas pour ajouter des éléments imaginaires, créant finalement une illusion qui nous convient mieux que ce qui est. D’où un sentiment global d’insatisfaction, de manque et de souffrance. Tous ces mécanisme: d’adaptation plus ou moins efficaces relèvent du domaine de la psychologie et de la psychanalyse et ils ont été abondamment étudiés.


Homo sapiens
, sans introspection ni compassion, demeure un primate plus ou moins agressif et destructeur, même s’il possède une carte de crédit et un portable. La démonstration n’est plus à faire*. 

Quant à la démarche du chercheur spirituel, elle implique d’être à l’affût de ce mental qui vient tout colorer et qui voile la vision pure des phénomènes. Avec de la vigilance et un regard introspectif capable de percevoir ces conditionnements, de prendre du recul vis-à-vis d’eux et de les considérer avec bienveillance, il devient possible ce stabiliser le mental et de tourner son regard vers la source de .a Conscience. Ainsi peut se développer la position intérieure du Témoin, la part la plus proche de la pure Conscience, de l’Êtreté.

... Une partie essentielle du travail de l’aspirant spirituel, une fois qu’il a pris conscience de l’omniprésence du mental dans sa vie, consiste à nettoyer et à rectifier cette lentille déformante, afin de voir ce qui est avec un minimum de distorsion et, éventuellement, ce se situer comme Témoin libre du mental. C’est le but de tous les chemins de la sagesse.

Le mental crée des conflits, la Paix les dissout.


Extrait de Dialogue avec un sage de Yvon Ginchereau
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* Desjardins, Arnaud, En relisant les Évangiles, Paris, La Table Ronde, 1990, p. 84-85.

*Lire à ce sujet : Harari, Yuval Noah, Sapiens. Une brève histoire de l’humanité, Paris, Albin Michel, 2015.

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samedi 22 mars 2025

Etre un avec l’autre

être un avec l’autre :
donc comprendre son monde ,
saisir la logique du dit monde ,
ne pas frontalement contrer cette logique
dès lors qu’il y a identification massive ,
émotion à fleur de peau
et parfaite inconscience de la dynamique à l’œuvre …
et ne pas pour autant servir la soupe à l’égo et au mental
ne pas cautionner le délire
le délire aveugle sourd et auto centré
participant de la maladie du monde …
Voilà bien un des défis auxquels un enseignant intègre se trouve parfois confronté
Un défi face auquel il n’est pas de recette.
Juste veiller à ce que l’égo ( celui de l’enseignant ou plutôt celui toujours susceptible de redresser la tête chez la personne au service de l’enseignement) ne s’en mêle pas.
Demeure alors un espace de compassion
impuissant

Gilles Farcet

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