lundi 26 janvier 2026

Accepter les névroses cachées


Dans la pratique de la méditation, finalement, nous sommes exposés. Nous espérions ne pas avoir à passer par l'embarras de nous exposer ; nous espérions contourner cette zone particulière et devenir éclairés.
Vous pouvez parler de la façon dont vous étiez mauvais auparavant. Il n'y a pas de mal à en parler car c'est du passé ; vous êtes déjà une meilleure personne.
La pratique de la méditation est tout le contraire de cela. Il ne s'agit pas du tout d'atteindre un certain état d'être. La pratique de la méditation est un moyen de devenir ami avec soi-même. Que nous soyons dignes ou indignes, là n'est pas la question. Il s'agit de développer une attitude amicale envers nous-mêmes, d'accepter les névroses cachées qui nous traversent.
"Écrits choisis" dans les Œuvres complètes de Chogyam Trungpa, volume 2, page 540.

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dimanche 25 janvier 2026

Tragédie et joie



Il existe une manière d’habiter le monde qui ne cherche ni à fuir le tragique, ni à le résoudre.
Une manière de se tenir, simplement, au croisement de deux axes : la verticalité et l’horizontalité.
C’est souvent à travers le symbole de la croix que cette posture peut être pensée — non comme instrument de souffrance, mais comme lieu de tenue, de tension assumée entre l’intériorité et l’existence concrète.
Habiter cette croix, ce n’est pas choisir entre la tragédie et la joie. C’est accepter de tenir les deux ensemble.
Non pas une joie naïve, consolatrice ou euphorique, mais une joie capable de supporter le tragique, de ne pas s’en détourner, de ne pas l’effacer.
Une joie qui ne nie rien, mais qui permet néanmoins de rester vivant.
Dans cette perspective, l’intériorité n’est pas un repli. Elle n’est pas une fermeture sur soi.
Elle est profondeur respirée, verticalité du souffle. Plus le souffle descend, plus il ouvre un espace habitable, relié au monde.
L’horizontalité, elle, est le plan de l’existence : le corps, la relation, l’exposition, la vulnérabilité.
L’une sans l’autre devient soit fuite, soit dispersion. La tenue humaine naît de leur croisement.
Cette compréhension rejoint une anthropologie très ancienne : celle de l’humain façonné à partir de l’humus, de la matière, de l’argile, et animé par un souffle.
L’humain n’est ni pur esprit ni simple matière.
Il est pâte vivante, fragile, altérable, et pourtant habitée. C’est peut-être pour cela que la pâte humaine demeure un lieu de sens si fort. Non pas comme objet d’idéalisation, mais comme réalité incarnée.
Le corps humain, dans cette lecture, n’est pas à aimer parce qu’il est intact ou performant, mais parce qu’il est habité, vulnérable, traversé par la vie. Même — et surtout — lorsqu’il est blessé, marqué, ou défait.
Cette posture ne nie pas les mouvements premiers de rejet, de peur ou d’aversion.
Elle ne prétend pas être pure.
Mais elle affirme qu’un autre mouvement est possible : celui de la présence, lorsque l’on accepte de se tenir intérieurement, de faire face, et de se laisser affecter sans vouloir réparer, corriger ou sauver.
À cet endroit précis, quelque chose peut advenir :
non pas une morale,
non pas une explication,
mais une joie grave, discrète, presque silencieuse.
Une joie de la rencontre humaine, telle qu’elle est, sans écran.
Cette manière d’habiter le monde se reconnaît souvent dans des formes simples :
la nudité d’un arbre en hiver, dont les branches racontent une histoire sans mots ;
la finesse d’une graminée, fragile, petite, presque invisible, et pourtant parfaitement accordée à son environnement.
Toujours sur fond de ciel.
Toujours sur fond de silence.
Rien de spectaculaire.
Ces formes ne disent rien.
Elles ne promettent rien.
Elles se tiennent.
Et peut-être est-ce là une vocation profondément humaine : apprendre à tenir dans la fragilité, dans la blessure, dans le tragique, sans perdre pour autant la capacité de joie.
Non pas une joie qui vient après,
mais une joie qui se tient au cœur même de ce qui fait mal.

Kabbalah Vitrail
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samedi 24 janvier 2026

Maladie et mort

 Que voulez-vous dire?



C.A. : Notre équipement neurobiologique n’est pas conçu pour affronter tranquillement l’idée de notre propre mort : comme un animal entre les griffes d’un prédateur, l’humain doit se battre jusqu’au bout pour sa survie. Concevoir notre finitude reviendrait, pense-t-on, à se laisser dévorer sans bouger. Donc on se débat, on refuse la possibilité de mourir, on évite même d’y penser. Toutes les civilisations ont tenté d’apprivoiser la mort, de lui trouver un sens, une explication : « N’ayez pas peur, il se passera des choses après, et vous y aurez accès si vous vous comportez bien. » Ça ne suffit pas. La mort reste un impensé total, et on continue de faire des efforts désespérés pour ne pas voir l’éléphant au milieu de la pièce. Si c’est comme ça qu’on tient, très bien. Mais à certains moments, quand la fin approche ou se précise, on n’a plus le choix : parler de ses peurs peut alors nous amener à une forme de paix. C’est ce qu’on a voulu faire dans ce livre : accompagner le lecteur sur ce chemin où il fait face à ce qu’il redoute.

Au printemps 2015, on vous a diagnostiqué un cancer du poumon, dont vous êtes aujourd'hui guéri : comment avez-vous vécu cette traversée?

C.A. : D’abord avec une certaine difficulté à accepter la réalité : on a découvert ce cancer tout à fait par hasard. Je ne fumais pas, je ne toussais pas, je n’avais pas maigri, j’étais, certes, un peu fatigué, mais pas plus que ça. En tout cas, aucun symptôme qui aurait pu m’alerter, voire me préparer au diagnostic - si tant est que ce soit possible. J’avais, en revanche, une tumeur au rein, et il a fallu vérifier si elle ne s’était pas propagée sur une autre partie du corps : c’est là qu’on a découvert ce cancer du poumon. J’étais sidéré : pour la première fois de ma vie, j’avais une maladie potentiellement mortelle. Je suis alors passé par le tourbillon d’émotions propres à ces moments-là : il y a de la peur, évidemment, de la colère, de l’envie, même, vis-à-vis de ceux qui, eux, ont fumé ou fument, et pourtant n’ont rien. Mais chez moi, la tristesse a vite prédominé : alors ça y est, c’est déjà fini? Les gens, les endroits, les choses que j’aime, je vais devoir les quitter? Pendant la batterie d’examens qui a suivi, je guettais, sur le visage des médecins, le moindre signe qui m’indiquerait si, oui ou non, mon heure avait sonné. C’était terrible, parce que dans le même temps, je comprenais combien la vie était formidable, et comme je chérissais la mienne. Certes, elle n’était pas sans stress, voire sans emmerdes, mais quand même ! Très vite, ce diagnostic a recalibré mon regard sur les blessures du quotidien.

Que se passe-t-il, pour vous, une fois le diagnostic posé?


C.A. : J’ai eu la chance de pouvoir éviter la chimiothérapie comme la radiothérapie - donc de longs mois de traitements pénibles et douloureux. Mais on m’a enlevé la moitié du poumon, plus les ganglions autour. C’était une très grosse opération, qui a provoqué, chez moi des réactions assez incroyables. La veille, j'ai eu un choc mystique. Pas banal, pour quelqu’un qui. comme moi, vient d’une famille de militants communistes - enfant, on m’avait appris à chanter L’Internationale quand je voyais un curé. Je suis devenu croyant sur le tard, parce que j’ai trouvé un certain réconfort dans la foi. En revanche, je pratique peu. Je vais rarement à la messe, et disons qu’intérieurement j’oscille un peu. Mais là, le soir précédant l’opération, je me retrouve dans la chapelle de l'hôpital et je me mets à prier. Happé par un cocktail d’espérance, d’angoisse et de tristesse, je ressens l’urgence de parler à Dieu. Je commence par le remercier pour toute cette vie qu'il m’a permis de vivre, pour mes études, pour ma femme, pour mes trois filles, pour ces lectures qui m'ont passionné, pour m’avoir fait grandir dans un pays en paix... Et puis, quand même, j’ai la trouille. Justement parce que cette vie, je voudrais quelle continue un peu. Alors je lui dis : « C'est toi le chef, donc c’est toi qui vas décider. Mais franchement. si tu es OK pour me donner un peu plus de temps, je suis preneur. » [Rires] Je suis resté une bonne heure à prier, alternant entre exaltation euphorique et crise de larmes : j’étais en feu. J’ai fini par retourner dans ma chambre, mais j’ai encore connu quelques phases de grande, grande intensité émotionnelle.

Racontez-nous._

C.A. : Par exemple, juste après l’opération. Je suis dans mon lit. avec toutes ces tubulures et ces perfusions, quand j'ai une attaque de gratitude - comme on peut avoir des attaques de panique : éperdu de reconnaissance pour les infirmières, pour mon chirurgien, pour son équipe, je dis mon amour pour la médecine, pour la vie. pour l’humanité... Et je reste dans cet état quasi délirant pendant quinze bonnes minutes. Certes, je recevais de la morphine pour moins souffrir, mais ça n’explique pas tout. Les jours suivants, j’ai pu aussi me retrouver à méditer pendant des heures, comme en lévitation, sans même sentir le temps passer. Bref, la maladie m’a fait connaître des secousses émotionnelles si fortes qu’elle m’a profondément transformé. Je me suis juré de ne jamais oublier l’intensité de ces moments-là. Et de me rappeler, toujours, combien le fait même d'être en vie était passionnant.

extrait d'une interview de Christophe André dans Psychologie magazine.
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vendredi 23 janvier 2026

Quelques pas sur le chemin...

 Quelques extraits du livre Kilomètre Zéro de Maud Ankaoua


"Je voudrais te dire une dernière chose avant ton rendez-vous avec Shanti. Chaque instant que tu perds à être malheureuse ne te sera jamais rendu. Tu sais où commence ta vie, mais pas quand elle s'arrête. Une seconde vécue est un cadeau que nous ne devons pas gâcher. Le bonheur se vit maintenant. Si tu penses qu'être ici est une obligation, tu vas vivre des moments difficiles ces prochaines heures, car la montagne est un miroir géant. Elle est le reflet de ton âme... Le reflet de ton état d'être. Tu as le choix de saisir l'opportunité qui t'est offerte, d'expérimenter ce voyage autrement, en arrêtant de comparer ce que tu es, ce que tu sais, ta culture, ton niveau de vie, ton confort. Si tu acceptes d'observer sans juger, avec un regard neuf, en oubliant tout ce que tu as déjà vu, alors malgré toutes ces différences, tu découvriras un monde nouveau dans lequel tu pourras prendre un plaisir supérieur à celui que tu connais."

- Laisse-moi deviner. Je suis persuadé que tu as fait des études brillantes qui t'ont permis de te servir de ton cerveau correctement. C'est bien utile dans de multiples cas. Mais qu'en est-il de ton cœur ? Qui ta appris à l'écouter ? Pour prendre ce genre de décision et n'avoir aucun regret, il ne s'agit pas d'être bon en probabilité, il suffit d'entendre ce battement intérieur. C'est le seul à pouvoir te guider sur le chemin de ta vie, celui qui te correspond, celui qui t'emmènera vers ta réalisation.

II n'est pas question d'agir de façon déraisonnée, mais de calmer les hurlements de la panique pour entendre le chant de tes envies. As-tu écouté ce que ton cœur souhaitait ou te laisses-tu berner par le vacarme de tes peurs ?

- Ce n'est pas facile de garder un état positif !

- Il se travaille comme le corps. Si tu souhaites te sculpter tu devras exercer chaque jour tes muscles et être attentive à ton hygiène de vie. Ce n'est pas en pratiquant une demi-heure de sport par mois et en ingurgitant des aliments gras que tu obtiendras le résultat escompté. Pour l'esprit, c'est pareil. Il te faut surveiller chaque jour tes pensées en tentant de ne pas te laisser polluer par le négativisme. Etre positif, c'est arriver à contrôler nos peurs; croire en nos rêves, les visualiser et laisser entrer les opportunités. Tu as déjà fait le plus important : tu as décidé de la direction en priorisant ta vie. C'est plus simple de prendre la route quand on sait où l'on va.

Maud Ankaoua

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jeudi 22 janvier 2026

Bulles de pensées

 Je remets ce texte fondamental !

Vous n'êtes prisonniers de rien d'autre que de vos pensées.
Vous n'avez à vous libérer de rien d'autre que de vos pensées.
Voilà la vérité.
Et vous n'avez pas d'autre problème que celui de vos pensées.
Vous n'avez de problème,
ni avec votre patron,
ni avec vos enfants,
ni avec votre femme,
ni avec votre voisin,
ni avec votre propriétaire,
ni avec le maire de votre commune.
Vous n'avez qu'un seul problème:
un problème entre vous et vos pensées...
Arnaud Desjardins

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mercredi 21 janvier 2026

Forêt primaire où le respect du temps

 

Le projet de forêt primaire de Francis Hallé :
Retour en 2023, sur cette balade dans la forêt de Fontainebleau, en compagnie de Francis Hallé 🌳 Botaniste, artiste et visionnaire, il nous parlait de son projet démesuré mais bien réel : créer une forêt primaire européenne, porté par son association Association Francis Hallé pour la forêt primaire. Soit 70 000 hectares où la nature évoluerait de façon autonome, renouvelant et développant sa faune et sa flore sans aucune intervention humaine, et ce, pendant des siècles.


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mardi 20 janvier 2026

Espace intérieur


Apprendre à reconnaître et à habiter véritablement toutes les pièces de son propre espace intérieur (à la fois corporel, mental, émotionnel, énergétique, spirituel).

Même celles que l’on ne voit pas ou ne veut pas voir.

Même celles que l’on préfère sciemment ou malgré soi oublier, ignorer ou délaisser.

Même celles qui ont pu d’une manière ou d’une autre être abîmées, rejetées ou profanées.

Apprendre à reconnaître et à habiter autant que faire se peut tous les angles de ce que l’on est. Le plus honnêtement possible.

Se libérer des compromis et autres arrangements avec soi-même qui peuvent donner l’impression illusoire d’avoir fait le tour de la question avant même qu’elle ne soit posée.

Juste ouvrir l’espace à ce qui est, et laisser la possibilité d’une réceptivité à ce qui dès lors peut à chaque instant de façon renouvelée être rencontré, reconnu et aimé.

Rien d’autre à ajouter, ni à retirer.

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Sculpture : Bouddha de l’empire Qin du Nord, Chine, VIème siècle

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lundi 19 janvier 2026

Balayer la cour du temple


Traditionnellement, c’est ce qui arrivait lorsqu’on demandait à un maître de devenir son disciple.
Il fallait balayer la cour du temple. Jour après jour, parfois pendant trois ans.
Nourrie de ce romantisme spirituel, j’ai cru que j’étais prête à ce genre d’épreuve.
Prête à prendre le balai pendant trois ans.
Enfin faire ce qui devait être fait et traverser l’épreuve.
Au fond, une part de moi espérait qu’une fois l’épreuve traversée, je deviendrais enfin une véritable disciple.
Que je serais digne de recevoir l’Amour du Ciel, l’Amour du maître et les secrets capables de me sauver.
Que le sens de la vie et de la mort me serait enfin dévoilé et me libérerait de mes souffrances.
Si l’on transpose cet acte dans le monde d’aujourd’hui, balayer une cour pendant trois ans n’a plus vraiment de sens.
Pourtant, les épreuves existent bien.
Elles sont simplement d’une autre nature.
Et surtout, elles sont rarement celles que l’on imagine.
Aujourd’hui, on ne nous demande pas de répéter le même geste,
mais de désapprendre ce que l’on croyait avoir compris,
d’ouvrir les yeux sur nos mécanismes de défense et autres petits fonctionnements merdiques,
de traverser l’incertitude,
de rester engagés sans validation,
de persister sans garantie,
de faire confiance,
de continuer quand les repères s’effondrent,
de trouver le courage de changer ce que l’on dit vouloir changer,
de devenir nous-mêmes.
Les véritables épreuves ne sont plus visibles.
Elles touchent l’ego, le rapport au sens, à la patience, à la confiance.
Elles demandent une maturation intérieure.
Et en réalité, en avançant, on découvre qu’il n’y a pas d’épreuve unique.
Certaines sont sans doute plus intenses, mais d’autres passages ou crises se présenteront encore.
Le secret tant attendu n’a plus vraiment d’importance.
Ce qui cherchait à être sauvé change de forme, sans que l’on sache vraiment comment.
Et à force de persister, de douter, de tomber, puis de continuer malgré tout, le manque, peu à peu, se défait.
On ne demande plus de transmission cachée.
On n’attend plus de révélation.
On découvre que ce que l’on croyait être un secret n’était qu’un prétexte pour tenir, jusqu’à ce que l’on devienne capable de se tenir soi-même.
Le maître cesse d’être vu comme un sauveur.
La confiance s’ancre solidement.
Le véritable travail commence.

Mélissa Sureau

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dimanche 18 janvier 2026

Au delà de l'Eau

René Sidelsky :
J'ai eu la grâce de me trouver devant l'amour infini à New-Delhi en 1972

Ma se reposait dans sa chambre, quand on l'entendit s'exclamer : « De l'eau ! De l'eau ! » Pensant qu'elle avait soif, une jeune fille vint lui porter un verre d'eau fraîche. Ma secoua la tête : « Non, non, il y a de l'eau partout ! » La jeune fille n'y comprenait rien. Ce jour-là, une mère était venue avec ses deux enfants. Ils étaient allés jouer près d'un bassin et étaient tombés à l'eau. Ils reviennent dégoulinants vers leur mère bouleversée et tout agités s'écrient qu'une jolie dame (la même qui le matin leur avait donné des guirlandes de fleurs) était venue les tirer de l'eau ». Au même moment, Ma, sur son lit, s'exclamait : « De l'eau ! De l'eau ! »


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samedi 17 janvier 2026

Tout coule

 

"Nous entrons et n'entrons pas dans la même rivière.
On ne peut entrer deux fois dans la même rivière.
Tout coule et rien ne dure.
Tout cède et rien ne reste fixe.
Les choses froides deviennent chaudes,
le chaud devient froid,
l'humide sec, le sec humide.
C'est la maladie qui rend la santé agréable ;
Le mal qui rend le bien plaisant;
La faim qui rend la satiété désirable;
La fatigue qui rend le repos précieux.
C'est une seule et même chose d'être vivant ou mort,
Éveillé ou endormi, jeune ou vieux.
Le premier aspect devient chaque fois l'autre
et réciproquement,
par un brusque renversement inattendu.
Il désintègre et remet les choses ensemble.
Toute chose arrive en son temps."
Osho Rajneesh 1931-1990
L'harmonie invisible : Les fragments d'Héraclite
aquarelle : John William Tristram 1870-1938
River scene 1921

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vendredi 16 janvier 2026

Etre entier.

 

Chères amies, chers amis,

Quoi que vous fassiez, faites-le complètement. Soyez entiers, conscients et présents des pieds à la tête.

Si vous percevez une dissonance entre votre cœur, votre esprit et votre corps, enquêtez, observez.

Que se passe-t-il ? Qu’est-ce qu’essayent de vous dire le corps et le cœur que votre mental étouffe, nie, bafoue.

Osez être vous-même, osez être vrai, en dehors de tout modèle, de tout idéal. Il ne s’agit en aucun cas de complaisance égotique mais de laisser se dévoiler le Soi.

Vous êtes une fleur unique dans le jardin de l’Absolu. Honorez votre singularité, cessez de la travestir afin qu’elle puisse irradier la vérité de son origine.

Nathalie Delay

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jeudi 15 janvier 2026

Voeux avec Joshin Luce Bachoux


Faites un vœu !

 

Vous arrive-t-il de faire des vœux ? Je ne parle pas des vœux de Nouvel An mais de ces souhaits devant une étoile filante dans le ciel d'été : aller marcher sur la lune, flâner sous les tropiques à bord d'une jonque...

 

Dans notre tradition, nous faisons souvent des vœux, mais d'une tout autre sorte : il s'agit de partir du quotidien, et même des moments les plus banals de ce quotidien, ces moments que l'on ne voit même plus parce qu'ils ne font que se répéter, jour après jour. Or ces petits gestes qui nous semblent sans importance, poster une lettre, allumer son portable sont en fait ceux qui tissent notre vie même, dans son ennui, dans sa routine ; alors plutôt que de les ignorer, transformons-les grâce à un vœu :

 

Allumant mon Smartphone,

je fais le vœu de n'y déposer tout au long de la journée

que des paroles bienveillantes.

 

Notre vœu est à la fois un vœu minuscule et un vœu immense ! Un vœu minuscule parce qu'il est réalisable, avec un petit peu d'attention, un petit peu de cœur. Immense car il va changer notre journée pour le meilleur. Il va permettre de vivre au creux même des jours, sans rien perdre, sans se perdre.

 

M'éveillant au matin,

je fais le vœu d'écouter ceux que j'aime

surtout ce que je n'entends pas.

 

Il y a beaucoup de vœux possibles, en fait, il n'y a pas d'instant qui n'y soit propice.

 

Les vœux qui nous font sourire :

 

Redémarrant la Box,

je fais le vœu de me souvenir

que moi aussi j'ai parfois besoin de déconnecter.

 

Quand j'entends le moustique zinzinner à mon oreille,

je fais le vœu de me rappeler

que j'en ai embêté plus d'un avec mon bavardage.

 

Ceux qui nous rendent plus sages :

Devant le grand ciel bleu

je fais le vœu de ne pas oublier

qu'il y a aussi des jours avec nuages.

 

Après avoir écouté la radio ce soir,

je fais le vœu d'être attentive

à ne pas rajouter un seul geste de violence

dans ce monde qui en déborde.

 

Et ceux qui allègent nos journées :

 

Vidant la poubelle,

je fais le vœu de me débarrasser

aussi de ce qui encombre mon esprit.

 

Ou ceux qui nous aident à mieux voir :

 

Lorsque je tombe sur quelqu'un de désagréable,

je fais le vœu de bien regarder

s'il n'y a pas la même personne au fond de moi.

 

Il y en a pour chaque occasion :

 

Quand au lever je vois le soleil déjà debout,

je fais le vœu

de ne pas dormir ma vie.

 

Assis à une terrasse de café,

je fais le vœu de déguster

ma journée comme elle sera servie.

 

C'est une façon de remplir nos jours, de mettre de la joie dans les petites choses qui en deviennent pleines de compassion et d'amour :

Remplissant de graines la mangeoire à oiseaux,

je fais le vœu d'être source de réconfort

en toutes circonstances.

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