Osez ouvrir de nouveaux chemins et prendre pleinement votre place.
Cheval de feu et Tigre de métal...
Osez ouvrir de nouveaux chemins et prendre pleinement votre place.
Cheval de feu et Tigre de métal...
Dans l’enfance ou à l’âge adulte, avez-vous connu des moments d’illumination, des expériences d’ordre mystique ?
Christian Bobin
Entretien le monde des religions en 2007 avec F. Lenoir
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IL Y A 95 ANS, NAISSAIT STEPHEN JOURDAIN ...
« ... Je crois que je dois essayer de vous donner une idée de cet acte : Regard de conscience totale trouvant, avec la sûreté de la flèche, le centre, la source, la vérité de l'esprit, et se croisant lui-même... Remontée à contre-courant de soi-même, à travers l'acier des vérités, de la Vérité elle-même, à travers toutes les conceptions, toutes les opinions, toutes les intentions et tous les programmes de l'esprit, jusqu'au contact authentique avec soi — jusqu'à « l'éveil », sommet depuis quoi, en vérité, l'ascension a été faite, depuis qui et par qui... Exhumation et rejet de toutes les identités et de tous les noms qui collent insupportablement à l'âme, à la présence desquels elle est d'ordinaire insensible, faute de les discerner et faute de se connaître...»
Stephen Jourdain (8 janvier 1931 - 19 février 2009)
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Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence - toutes choses dont manqueront les générations futures ?
Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu. "
Sylvain Tesson
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Et soudain, ta voix, mon ami, mon frère, toi le veilleur du « Dieu qui se fait jour ». Que dis-tu ? À quel visage me reconduis-tu ? Tu n’as pas d’autre ambassade que la boue de tes souliers et la franchise de tes mains. Tu ne viens pas démontrer. Tu ne fais pas, comme tant d’autres, du nom de Dieu un marteau pour cogner sur les dernières forces qui nous restent.
Tes livres ? Des lettres qu’on écrit à l’aube ou le soir, avant ou après une journée de labeur. Parce que les mots ne sont rien s’ils ne sentent pas la terre, la pudeur animale et la vieille patience des hommes. Les paroles n’ouvrent pas les portes verrouillées qui nous font mourir à petit feu, si elles ne sont pas nues et pauvres comme une enfance face à la nuit.
Toi, mon ami, mon frère, tu sais écouter ce que le savoir a oublié de savoir. Ce que les certitudes cachent : ce halo de lumière et d’espérance qui se tient, palpitant, là où leur tranchant s’attendrit. Tu viens nous redonner des nouvelles d’une joie qu’on ne trouve qu’à l’intersection de la frugalité et de l’émerveillement.
Un visage à habiter
Le monde existe. Existe vraiment. Il n’a rien à voir, dans sa simplicité désarmante, avec cette parodie hurlante que nous appelons le monde.
Tu ne promets rien, mon ami, mon frère, tu dis, ce que tu as sous les yeux, ce qui se laisse entrevoir, dans le battement de l’instant. Tu dis et, par ce simple geste, élémentaire, tu donnes. Quoi ? Un commencement, une aurore, un pas de confiance. Tu nous redonnes un paysage à habiter, une amitié à vivre, une lumière aimante posée paisiblement sur le monde.
Toi, mon ami, mon frère, tu n’es pas de ceux qui se paient en passant. Si tu le pouvais, tu ne dirais pas ton nom. Comme les bâtisseurs d’oratoires ou de chapelles ne le clamaient pas. Tu parles et c’est le premier matin. Tu parles et je suis de nouveau un homme. Tu parles et le ciel existe. Tu parles et Dieu est là, dans l’arche émue des solitudes.
Tu fais entrer dans les mots l’évangile du monde : « Qu’est-ce que la pénombre ? La lumière qui ne fait pas de peine à la nuit ; la lumière dont la nuit demeure l’aînée. » Le murmure du monde : « Sans la jachère obscure qui l’entoure, l’étoile pourrait-elle respirer ? » L’ivresse rêveuse du monde : « Coloriage – Le ciel de mai a posé un cierge rose sur chaque pagode verte des marronniers, avec application, en tirant la langue, et d’une main d’enfant. »
Toi, mon ami, mon frère, tu prends les grands mots intimidants et tu nous fais voir que chaque jour nos pressentiments nous en rapprochent : « L’éternel n’est point ce qui dépasse le temps, mais ce qui le traverse ; non point l’outre-temps, mais l’entre-temps ; non point le trépas du temps, mais sa plus vive vie. »
C’est parce que nous sommes enfermés dans notre manège que nous ne voyons plus rien. C’est parce que nous avons l’oreille collée à la mauvaise vitre que la vocifération nous rend sourds : « Tout, absolument tout est possible, dès l’instant que l’on passe le mur de soi, comme on passerait le mur du son. »
Tu t’appelles François Cassingena-Trévedy, mon ami, mon frère. Et ton livre porte un titre aussi beau que ta vie : Douze constellations pour une année d’éveil (Albin Michel, 2026).
Emmanuel Godo
Emmanuel Godo, poète, a publié récemment Avec les grands livres, actualité des classiques (Éditions de L’Observatoire).
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En quoi consiste une bonne résistance ?
La véritable révolution suppose de résister « pour ». Ce changement de paradigme nous invite à déterminer ce qui nous anime profondément : pour quoi sommes-nous prêts à nous battre ? Qu’est-ce qui mérite d’être sauvé, protégé, transmis ? Résister s’inscrit dans le quotidien et rend heureux.
Fabrice Midal.
Extrait d'une interview dans le magazine La Vie.
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Il est possible que ce monde moderne, que nous avons fait surgir et qui nous échappe de plus en plus, soit une sorte de machine de guerre impavide. Les livres, la poésie, certaines musiques peuvent nous ramener à nous-mêmes, nous redonner des forces pour lutter contre cette forme d’éparpillement.
La méditation, la simplicité, la vie ordinaire : voilà qui donne des forces pour résister.
Le grand mot est celui-là : résister. »
Christian Bobin
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La dernière fois que cette énergie a traversé nos vies, c'était en 1966. Il y a 60 ans. Ce qui nous attend : une année de double Feu
Le Cheval, c'est le mouvement. L'élan. La liberté. L'envie de galoper vers ses rêves.
Le Feu Yang (Bing 丙), c'est le soleil à son zénith. Une lumière qui illumine tout. Qui réchauffe. Qui donne de l'énergie. Mais qui peut aussi brûler si l'on s'y expose sans discernement.
Et en 2026, nous avons affaire à un double Feu. Car le Cheval est lui-même naturellement associé à l'élément Feu. Ce qui amplifie tout. Le meilleur comme les excès.
Les défis à anticiper :
→ L'impulsivité guette. L'envie de tout faire, tout de suite.
→ Le risque de burnout est présent. Galoper sans jamais s'arrêter épuise.
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La beauté d’une théorie scientifique tient aussi à sa simplicité. Enfin, la plus indispensable d’une belle théorie, c’est sa vérité, son critère ultime de validité étant sa conformité avec la Nature et le fait qu’elle révèle des connexions jusque-là insoupçonnées.
On peut également considérer la beauté comme l’harmonie des parties avec le tout. Dans l’art bouddhiste, il existe une iconographie précise définissant les proportions idéales d’une représentation du Bouddha. On utilise une grille sur laquelle se placent très exactement la courbe des yeux, l’ovale du visage et les différentes parties du corps. Ces traits correspondent à une harmonie parfaite et sont les reflets extérieurs de l’harmonie intérieure de l’Éveil.
De l’accessoire à l’essentiel, la beauté varie donc en fonction de la manière dont chacun conçoit le plaisir esthétique. On pourrait dire aussi que l’amour et l’altruisme sont beaux, tandis que la haine ou la jalousie sont laides. Regardez comment les premiers peuvent embellir un visage, et les deux autres le défigurer. La vraie beauté reflète ainsi une adéquation avec la nature profonde de l’être humain. Plus nous sommes en accord avec notre nature fondamentale, plus nous découvrons la beauté intérieure qui est en chacun de nous. La beauté ultime est l’accord parfait avec la nature de Bouddha, la connaissance suprême, l’Éveil.
Matthieu Ricard
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Cette ligne de clarté me met en communion avec tous les chercheurs de sens. La mer, lourde de ses vagues, avance vers le ciel comme une prière muette. Le ciel descend vers elle comme une réponse silencieuse. À l’horizon, nul triomphe, nul fracas : dans un accord discret, une ligne fine, le réel consent à l’infini. La foi ne serait-elle pas cette ligne ténue, insaisissable ? Dieu n’est pas d’abord quelque chose que l’on trouve mais quelque chose que l’on cherche.
Mon voyage intérieur
Comme l’horizon, il sera toujours hors de portée. Mais il donne envie d’aller de l’avant et d’explorer. Il invite à lever les yeux, à regarder plus loin, à ne pas s’enfermer dans l’immédiat, et à imaginer ce qui pourrait advenir. L’horizon que je contemple en ce matin venteux me ramène à mon voyage intérieur : un voyage infini.
Ce sera toujours comme ça : à distance, on dirait que le ciel et la mer s’embrassent, mais à y regarder de près, ils se dérobent. L’horizon est une couture invisible qui les relie sans les enfermer. « Rien n’est plus utile, écrivait Maurice Zundel, que de méditer sur cette réconciliation du visible et de l’invisible ; rien n’est plus merveilleux que de songer que nous n’avons pas à refuser le monde et à le mépriser, mais à l’aimer d’un amour infini, à l’aimer en le déchiffrant, à l’aimer en sentant le secret dont il déborde à nos yeux, pour en faire une offrande en laquelle nous échangerons avec Dieu. » Laisser la vie être touchée.
Un ciel à espérer
Est-ce frustrant ? Non, c’est appelant : je marcherai toute ma vie sans atteindre cette ligne, et pourtant elle oriente mes pas. L’horizon ne se donne pas pour être possédé, mais pour être suivi. J’y décèle un appel à ne pas m’installer – jamais ! – dans quelques certitudes, et à ne pas faire de ma tente de nomade, souvent froide et venteuse, une forteresse définitive.
Habiter la ligne d'horizon
Aujourd’hui, sur le bord de la mer, l’horizon m’apparaît comme une ligne nette, presque tranchante. Mais je sais qu’on ne peut pas contempler l’horizon puis passer à autre chose : sa ligne s’imprime en nous, définitivement. Dans quelques heures, je roulerai dans la campagne : il ondulera, il épousera les arbres et les clochers qui jaillissent comme des mâts de cocagne sur ce plat pays que j’aime. Un peu plus tard, quand je serai rentré chez moi, dans mon appartement en ville, je sais par expérience qu’il se fragmentera et qu’il jouera à cache-cache derrière les immeubles voisins. La ligne changeante d’horizon sera le rappel insistant que le Ciel ne déserte pas la vie. Jamais.
La sagesse que je me souhaite – et que je vous souhaite – pour cette nouvelle année, c’est d’habiter cette ligne d’horizon, pas pour la posséder, mais pour s’y laisser appeler, jour après jour, pas après pas, dans l’ordinaire des jours. Là où la terre et le ciel continuent obstinément de se chercher…
Raphaël Buyse
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