mardi 23 juin 2026

Enjeu de jeu


Le mental ne peut se représenter la libération que sous la forme d’un événement qui aurait lieu dans le temps, avec un avant et un après. Mais au plan d’« être », il n’y a ni avant ni après. Il n’y a pas à proprement parler un événement au cours duquel se serait passée une libération. Il n’y a pas de cause à « être ». 

On peut seulement constater après coup qu’une transformation radicale a eu lieu. Et cependant, cette transformation n’est qu’un effet secondaire et non le cœur même de ce qui est en question, car la réalité était déjà là avant cet apparent événement.

« Être » ne change pas. « Être » continue de jouer le jeu de la forme, mais au lieu de s’y perdre, il se retrouve dans ce jeu.

Malo Aguettant « Rien ne manque à cet instant » 

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lundi 22 juin 2026

Amour du sans contrôle


 Être présent, c'est vivre sans contrôle et toujours avoir ses besoins satisfaits. Pour les personnes qui sont fatiguées de souffrir, rien ne pourrait être pire que d'essayer de contrôler ce qui ne peut l'être. Si vous voulez un vrai contrôle, abandonnez l'illusion de contrôle. Laissez-vous vivre par la vie. Elle le fait de toute façon. Vous racontez simplement l'histoire de ce qui ne se passe pas, et c'est une histoire qui ne peut jamais être réelle. 

Vous n'avez pas créé la pluie, le soleil ou la lune. Vous n'avez aucun contrôle sur vos poumons, votre cœur, votre vision ou votre respiration. Une minute vous allez bien et êtes en bonne santé, la minute suivante vous ne l'êtes plus. Lorsque vous essayez d'être en sécurité, vous vivez votre vie en étant très, très prudent, et vous risquez de ne plus avoir de vie du tout. 

J'aime à dire : "Ne faites pas attention, vous pourriez vous blesser !"

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Pour moi, la réalité est simple : c'est tout ce qui est devant vous, quoi qu'il se passe. Lorsque vous vous disputez avec "ce qui est", vous perdez. Ça fait mal de ne pas être amoureux de ce qui est. Je ne suis plus une masochiste.

Byron Katie

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dimanche 21 juin 2026

Mon père

 De votre père, décédé en 1999, vous dites : « Je l'aime tellement que sa mort n'a jamais eu lieu » ...


Christian Bobin : « C'est une parole d'amour qui est comme toutes les vraies paroles d'amour : exagérée. Ce que j'ai voulu signifier, c'est que son absence n'a jamais eu lieu. J'aimais beaucoup le toucher, tenir sa main dans la mienne, et la mort a rendu le geste impossible. Je ne peux plus lui montrer mes livres, qu'il savait lire adorablement, jusque dans les brumes de la maladie qui lui a détricoté la mémoire. Ma part rationnelle sait très bien que sa mort a eu lieu, qu'une tombe porte son nom dans la ville toute proche. Mais ce savoir n'est rien par rapport à tout ce que je sais d'autre sur mon père, agissant, bénéfique et rayonnant. Il continue de l'être. »

Interview du magazine la vie en 2015 ( extrait)

Bonne fête à tous les pères...présents ou absents.

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samedi 20 juin 2026

L'espace de l'être

 


La personnalité n'est qu'un costume porté temporairement par la conscience.

Il y a un espace en vous qui ne peut être touché ou manipulé par le mental.

Il ne croit pas en votre mental. 

C'est l'espace de l'Être.

Mooji


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vendredi 19 juin 2026

Prendre un moment matinal

 

Avant de commencer la journée prenons un moment pour nous ancrer dans la pleine présence. Avant d’être emportés par le flot des « Je dois » et des « Il faut », prenons le temps de ressentir notre corporalité dans sa totalité. Nos pieds posés sur la terre, établissons-nous dans la réalité de l’instant. Laissons notre centre vital devenir vivant, notre corps respirer. Le souffle s’approfondit, prend de l’ampleur. Le mental se détend, la région de la poitrine se vide doucement du trop-plein émotionnel et de l’anxiété qui s’accumulent au fur et à mesure des jours. Laissons au cœur l’espace de se déployer et à l’esprit de s’ouvrir.

Prenons le temps de redevenir un tout unifié, habité par le souffle, pour entrer dans l’activité du jour, notre aplomb et notre tranquillité stabilisés. Même si cet aplomb et cette tranquillité s’étiolent au fur et à mesure de la journée, le simple fait de prendre un moment, chaque matin, pour s’y établir, nous aide à ne pas complètement perdre pied dans les remous du Réel.

Ce temps du matin nous permet de générer une présence enracinée dans le vrai de l’instant. Célébrons le jour nouveau qui commence, une création et non pas une inlassable répétition, si nous savons être présents de tout notre être, cœur, esprit et centre vital unifiés. Un temps de rassemblement et de recueillement. Une prière vivante, incarnée des pieds à la tête. Le ciel et la terre s’unissent dans notre réceptivité et nous permettent d’aborder la journée avec sérénité.

Nous retrouvons la capacité de nous ajuster sur le vif aux variations du réel sans perdre l’équilibre. Le goût de l’aventure et la joie de l’imprévu remplacent l’inquiétude et la résistance. Nous sommes de moins en moins frileux, prêts à jouer pleinement notre partition dans le grand ballet de la Réalité.

Nathalie Delay

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jeudi 18 juin 2026

Paréidolie


 Pour les personnes, comme moi, folles de paréidolies (déceler des formes humaines ou animales dans les détails du monde qui nous entoure), voici une galerie de cailloux japonais aux expressions réjouissantes !

C’est bon, ces petits clins d’œil, même imaginaires, que nous adresse la vie ! 

Christophe André


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mercredi 17 juin 2026

Se sentir exclu...


 "La base même de la dualité émotionnelle, c'est j'aime/j'aime pas, et tant que nous sommes - employons le mot- pris ou prisonnier du processus exclusif de gratification de soi, il y a toujours la possibilité d'une contrariété. La base émotionnelle de cette contrariété est le sentiment de se sentir exclu pendant un moment de quelque chose. Il faut le voir.

S'il n'y avait qu'une seule chose que nous devrions voir dans toute notre vie, ce serait celle-ci."

Yvan Amar page 60 - La pensée comme voir d'éveil -Édition Le Relié


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mardi 16 juin 2026

Nuages d'humanité


 " Les morts sont de drôles de gens. Parfois ils reviennent en coup de vent comme quelqu'un qui a oublié un document important à la maison et repart aussitôt. Leur présence est légère. Allant chercher le pain, j'ai senti une brise, comme une main de couleur bleue qui frôlait mes tempes. Cela a suffi pour qu'une porte se rouvre entre ce monde et l'autre, et que ma mère revienne. Il faisait si beau. Et ces nuages dans le ciel bleu. La seule religion qui vaille est celle des nuages : ce qui passe et brille sans raison. Écoutons les nuages qui ne se lassent pas d'écouter les abandonnés. Écoutons-les. Ce sont les derniers humains."

Christian Bobin - Cahier de L'Herne


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lundi 15 juin 2026

L'oisiveté active

(chapitre extrait du Jardin du Dedans, Une écologie intérieure)

Si on nous conditionne très tôt à être actif, on ne nous apprend pas l’oisiveté fructueuse (à ne pas confondre avec l’inaction porteuse de lourdeur et d’ennui ou encore l’inertie).
Je ne parle même pas de la méditation, que l’on gagnerait certes à enseigner dans les écoles et cela dès le plus jeune âge, mais de cette aptitude, non à ne rien faire du tout (comme en méditation où l’on s’assoit immobile), mais à ne pas faire grand-chose d’« important », sans culpabilité et en y prenant plaisir.
Autrement dit à goûter la simple allégresse d’être en vie.
Cette aptitude, nous l’avons eue dans la petite enfance, quand l’important était de jouer et que nous savions encore être captivé par un rien, quand notre relation à la vie était beaucoup moins mentale, plus immédiate, intuitive et sensorielle. La conspiration pleine de bonnes intentions de l’école, de la société avec, hélas, et la plupart du temps la complicité anxieuse de notre famille, s’est chargée de nous guérir de cette disposition subversive.
Très vite, nous avons eu le choix entre d’un côté le « bien », les journées harassantes, les devoirs jusqu’à l’heure du coucher, les mercredis bourrés d’« activités », jusqu’aux vacances programmées au pas de course, et de l’autre le « mal », l’inertie, l’ennui, le rejet stérile du modèle, aujourd’hui pour tant et tant la fuite dans la réalité virtuelle avec ses simulacres d’actions et de positionnements...
Non, on ne nous a pas appris à être positivement oisif.
C’est pourtant une des clefs de la joie et du bien-vieillir. Combien en connaissons-nous, de ces « jeunes » retraités dont l’existence vire à la débandade à peine ont-ils quitté la vie professionnelle ? il y a aussi tous ceux qui mettent un point d’honneur à être « débordés », avec au fond du regard la terreur du jour où, bon gré mal gré, il faudra bien « en faire moins », voire ne plus faire grand- chose...
L’oisiveté fructueuse, c’est cet état dans lequel, alors que je ne fais rien d’« important », je me sens pourtant si vivant, si accompli, tellement en lien avec moi-même et le tout...
Bien sûr, il ne s’agit pas, encore une fois, de ne « rien faire ». Tant que je ne suis pas malade et contraint au lit, ma nature en tant qu’être humain est bien d’être actif. Mais ne puis-je l’être doucement, sans y mettre un enjeu particulier, sinon celui de la vie ?
D’accord, l’oisiveté fructueuse est un luxe... et ces mots ne seront pas lus par les déshérités de la planète mais bien par ceux et celles qui ont la possibilité et le loisir d’acheter un magazine ou un livre et d’en prendre connaissance ! Elle suppose surtout un savoir-être, une relation bienveillante avec soi-même. Quoique encore très actif, je m’accorde donc de fréquents moments d’oisiveté fructueuse. Figurez-vous que je ne me sens plus tenu de justifier à tout moment mon existence ! La plénitude d’une journée, sa réussite, ne se mesure plus à son « rendement », et à ce que j’aurai fait d’« important ». j’ai d’ailleurs cessé d’accorder autant d’importance à mes activités et entreprises.
Tout est important et rien ne l’est. je fais ce que j’ai à faire mais l’essentiel n’est pas là.
L’activisme nous épuise et nous laisse vide, tout comme l’inactivité subie et l’inertie, nous laissent lourd et morose. L’oisiveté fructueuse nous emplit, elle nous fait aimer la vie et nous aimer nous-même en tant qu’expression évidente de cette vie.
Quelle place cette oisiveté « active » tient-elle dans notre existence ? et si nous nous faisions le cadeau de cette rééducation-là : apprendre à ne pas faire « grand-chose » ou pas grand-chose d’« important », à le faire bien et avec joie ?

Gilles Farcet

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dimanche 14 juin 2026

Beauté du monde

 

"Garrowby Hill" (1998), huile sur toile.


« Le monde est très, très beau si vous le regardez. Mais la plupart des gens ne regardent pas beaucoup. Ils scannent le sol devant eux pour pouvoir marcher, mais ils ne regardent pas vraiment les choses incroyablement bien, avec intensité. Oui, et je l'ai toujours su. ”

David Hockney

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samedi 13 juin 2026

Au cœur du souffle


 Le souffle n'est pas seulement un rythme fondamental du corps ; c'est aussi le processus dans lequel le contrôle et la spontanéité, l'action volontaire et l'action involontaire trouvent leur identité la plus claire. 

Le zen, le yoga indien et le taoïsme chinois pratiquaient la « surveillance de la respiration », dans le but de l'observer, de le libérer et de le laisser devenir lent, profond et silencieux. 

Physiologiquement et psychologiquement il y a une relation entre la respiration et la conscience. Si nous considérons l'être humain comme un processus plutôt qu'une entité, comme un rythme plutôt qu'une structure, la respiration est quelque chose que nous faisons non seulement, mais que nous « sommes ».

L'air, l'énergie et la vie, profiter de l'expérience et laisser aller.

Jack Kornfield, Le Cœur Sage 


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vendredi 12 juin 2026

Mystère réel


"Il n'y a pas plus grand mystère que celui-ci : étant la réalité, nous cherchons à atteindre la réalité. 

Nous pensons que quelque chose nous cache cette réalité et que cela doit être détruit pour pouvoir l'atteindre. 

C'est ridicule ! 

Un jour viendra où vous rirez de vos efforts passés et ce qui sera présent ce jour-là l'est déjà complètement ici et maintenant." ~ 

Ramana Maharshi 


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jeudi 11 juin 2026

Poisons intérieurs

 

En finir avec la souffrance — pas seulement en soignant ses symptômes mais en éradiquant sa cause première —, c'est précisément ce à quoi vise l'enseignement du Bouddha. [...] Il faut d'abord réaliser que la vraie cause de la souffrance ne se trouve pas à l'extérieur de soi, mais à l'intérieur. [...] C'est pourquoi la véritable pratique spirituelle consiste à s'occuper de son propre esprit. L'esprit est très puissant, il peut créer le bonheur comme le malheur, le paradis comme l'enfer. Si, à l'aide du Dharma, vous parvenez à éradiquer vos poisons intérieurs, rien d'extérieur ne pourra plus vous affecter négativement, mais tant que ces poisons resteront mêlés à votre esprit, vous ne trouverez nulle part au monde le bonheur que vous désirez.

NYOSHUL KHEN RINPOCHE (1932-1999)
📸: Derter (Ahinga Rufa), Parc national de Chitwan, Népal, 2019

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