A la rencontre de Hauteville : l'Adhyatma Yoga tel que transmis à Hauteville par Véronique Desjardins, Thierry Martin et Emmanuel Desjardins.
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A la rencontre de Hauteville : l'Adhyatma Yoga tel que transmis à Hauteville par Véronique Desjardins, Thierry Martin et Emmanuel Desjardins.
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Au moment de commencer cette chronique, je dégage tant bien que mal un peu de place sur ma table de travail : je déplace plusieurs livres et je repousse un tas de petits cartons colorés. Ils traînent sur mon bureau depuis des semaines. Ils voisinent avec trois boutons récupérés sur un vieux gilet et une boîte à gâteaux dont j’envisage de faire un pot à crayons. Saisie par la fièvre du nettoyage, j’attrape le tout mais au moment de le lâcher dans la corbeille, j’hésite. Et finalement le repose. Ça peut encore servir.
Contre la civilisation du tout jetable
Mes placards regorgent de bouchons de liège parfaits pour faire des allume-feu (je n’ai pas de cheminée), de boîtes à thé trop jolies pour qu’on les jette, de restes de laine, de trombones à peine tordus, de papier cadeau presque pas froissé. Et de sandales démodées, de draps élimés, de pulls à peine troués, de magazines anciens mais intéressants. Cet atlas géographique de 1988 dans lequel figurent encore l’URSS et la Yougoslavie n’est-il pas, à lui seul, un passionnant témoignage historique ?
Malédiction des grandes maisons dans lesquelles on trouve toujours de la place pour mettre quelque chose de côté « au cas où ». Je devrais savoir que si je n’ai jamais ouvert la caisse soigneusement étiquetée « Jolies boîtes vides », c’est qu’il y a de grandes chances que je n’en ai pas l’usage. Mais ce que je sais également d’expérience, c’est que si je m’en débarrasse aujourd’hui, il ne me faudra pas trois jours pour éprouver un besoin urgent de ce qu’elle contenait et que je viens de jeter.
Je pense souvent avec remords à celles et ceux qui seront chargés de vider la maison après ma mort et à qui je laisse un fatras bien inutile, sans doute. Mais je leur laisserai aussi ceci : la marque d’un temps dans lequel tout n’était pas immédiatement considéré comme jetable. L’évocation, certes un peu encombrante, d’une manière de vivre dans laquelle courir acheter ce qui manque (une boîte, du papier cadeau, des trombones ou des allume-feu…) n’était pas le premier réflexe.
Mes aïeules peu fortunées rapiéçaient soigneusement draps et torchons ; ma mère reprisait encore les chaussettes. Je ne le fais pas : je n’en ai ni le temps ni la patience. Mais je sais combien on peut découper de chiffons pour les vitres dans un drap et qu’il n’y a pas mieux qu’un vieux pull de laine pour faire briller un meuble qu’on vient d’encaustiquer. Et j’écris sur des papiers jaunis soigneusement mis de côté par ma grand-mère qui récupérait à la fin de l’année scolaire les pages des cahiers d’écolier laissées vierges par ses enfants.
Surabondance
Un humain du Moyen-Âge « rencontrait » dans sa vie 200 objets en moyenne. Un humain d’aujourd’hui en possède au moins 10 000. Civilisation de la surabondance et du suremballage, qui multiplie brimborions et accessoires. En réponse, on nous recommande de jeter : triez, nous dit-on, faites le vide, libérez-vous ! « Avant de vous débarrasser d’un objet, recommande Marie Kondo, grande prêtresse du rangement, n’oubliez pas de le remercier pour le service qu’il vous a rendu. »
Je crois que je préfère le conserver, avec la vague idée que notre histoire commune n’est pas finie et qu’il jouera un jour peut-être encore un rôle dans ma vie. Je n’aime pas l’idée de « me débarrasser » des choses, ni des gens.
Je vis dans une maison chaleureuse, poussiéreuse et encombrée : de chats, d’amis, de graines que je n’ai pas encore plantées, de livres que je n’ai pas encore lus, de petits-trucs-qui-peuvent-toujours-servir et de jolies boîtes vides dans lesquelles un jour, qui sait ?, je glisserai un gâteau, un cadeau ou un trésor. Je garde.
C’est ma manière à moi de composer avec cette surabondance suffocante de l’époque dans laquelle je vis et que je n’ai pas choisie ; c’est la façon que j’ai trouvée de combattre la civilisation du tout jetable.
Que mes héritiers me le pardonnent.
Anne Le Maître
------------------ Source : La Vie
Le Travail ne consiste pas à lâcher prise. Lâcher prise est une méthode dépassée qui n’a jamais fonctionné, d'après mon expérience. Ce travail ne consiste pas à lâcher prise, mais à prendre conscience.
~ Byron Katie
(extraits de deux audios)
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"Swami Prajnanpad ne découpait pas l'humain en tranches : il n'y avait pas l'être humain spirituel d'un côté et l'être humain avec sa psychologie, ses traumatismes, etc., de l'autre. Même s'il était un très grand maître de la non-dualité la plus radicale et la plus ultime, il avait compris qu'il ne pouvait pas "se contenter de dire aux personnes qui venaient à lui : 'vous êtes le Soi, vous êtes la Réalité Ultime, il n'y a personne, le moi n'a pas d'existence fixe etc.' ". Il le disait aussi, mais plus que le dire il le montrait, il arrivait peu à peu très concrètement, d'entretien en entretien, année après année, à ce que l'élève arrive à le voir pour lui-même - ce qui est autre chose que de le comprendre intellectuellement. Et ça ça passait par tout un travail dans lequel la distinction entre niveau psychologique et niveau spirituel n'était pas marquée- bien que ce soit une distinction importante parce qu'il y a bien un niveau psychologique qui n'a rien a voir, d'un certain point de vue, avec le niveau spirituel ultime, mais l'être humain est un tout et pour que l'être humain s'ouvre et s'éveille à sa profondeur, pour qu'il soit dans LE monde et non dans la prison de SON monde, il est nécessaire qu'il travaille simultanément sur ces deux dimensions. Ce n'est pas d'abord faire un travail d'ordre thérapeutique sur l'inconscient et ensuite accéder à la dimension spirituelle, la dimension spirituelle est d'emblée le point de départ, on part de la non-dualité, et à partir de la non-dualité on s'intéresse intensément à la dualité qu'on vit et à comment on fabrique cette dualité à chaque instant. Arnaud (Desjardins) a dit un jour : "notre voie est directe, parce qu'elle s'intéresse directement aux obstacles"
(Gilles Farcet)
"La voie va nous amener à regarder en face le fait que même si nous aspirons à réaliser la vérité ultime, et dépasser le moi ou l'illusion du moi, nous allons en fait découvrir que le moi on le connait si peu. Et donc une partie du travail va consister à faire connaissance avec soi-même véritablement ; parfois un peu douloureusement mais aussi avec beaucoup de découvertes. Donc ça va consister à dépasser l'illusion que nous savons de quoi il s'agit quand nous parlons de nous-mêmes ; on se connaît en fait très peu. Et donc il y a un chemin unique pour chacun qui va consister à se découvrir soi-même véritablement, à faire connaissance avec soi-même. Dire que le moi est une illusion ne garantit pas en fait que ce moi nous le connaissions. "
(Thierry Martin).
"Arnaud avait une insistance à viser haut (la libération est possible pour vous en cette vie ci) mais en même temps de vraiment s'intéresser à ce qui fait obstacle. Si je suis dans cette recherche d'éveil, la question qui vient est ; en quoi consiste mon sommeil ? Et si je cherche la libération, en quoi consiste ma prison ? Si je cherche le réel en quoi consiste mon illusion ? Et là ça devenait tout de suite très concret."
(Sophie Edelmann).
Extrait de la conférence d'Olam « Une Lignée Vivante », consacrée à Arnaud Desjardins avec Gilles Farcet, Sophie Edelmann, Eric Edelmann et Thierry Martin.
https://www.youtube.com/watch?v=Kl1o9ERNhpk
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Christian Bobin
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Ordinairement, l’être humain ne sait pas ce que signifie être réellement conscient dans le présent. Le présent n’a pratiquement aucune signification pour lui, car son existence se déroule dans des moments très fragmentés et changeants ; tantôt il est perdu dans les souvenirs douloureux ou agréables du passé, tantôt il se projette dans l’anticipation de ce que le futur lui réserve comme soucis ou plaisirs.
Ainsi, l’Éternité — si jamais il y pense — se situe pour lui quelque part dans un avenir inconcevablement lointain.
Comme sa vie se déroule sans cesse dans le mouvement ininterrompu du temps, il n’existe, pour ainsi dire, pas. Il vit dans un état de projection constante de ce qu’il va faire d’un instant à l’autre.
L’Éternité ne doit pas être imaginée comme s’inscrivant dans le mouvement linéaire d’un temps sans fin ; elle ne peut être appréhendée que par une plongée verticale dans les profondeurs de soi-même. Autrement dit, il s’agit d’une plongée verticale dans le présent.
C’est la raison pour laquelle l’aspirant doit d’autant plus chercher à comprendre ce que signifie pour lui d’avoir la connaissance consciente de lui-même dans le présent.
Ce retour vers lui-même, qui se produit après un long ou court moment d’absence intérieure, est véritablement la clé pouvant l’aider à saisir où se situe l’Éternité pour lui, car il réalisera que, chaque fois qu’il redevient conscient de lui-même, il est ramené au présent.
Edouard Salim Michael – [Les Fruits du chemin de l’Eveil]
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Pendant longtemps, j’ai boudé le printemps. Je n’y voyais qu’une météo instable qui souffle le chaud et le froid, un ciel gonflé de giboulées soudaines, des floraisons anachroniques sur les branches encore dénudées. Puis, un jour, rendue à mon temps libre et à mes activités méditatives, je me suis assise face à mon jardin, j’ai mieux regardé et découvert toute la subtilité de cette saison de transition.
J’y ai contemplé comme un tableau vivant, habilement orchestré de l’intérieur. J’ai aperçu au ras du sol les corolles des primevères, comme une première et timide tentative de la nature d’attirer l’œil sur les tendres pastels qui tapissaient le jardin d’hiver. J’ai vu l’herbe se redresser et se parer de jour en jour d’un vert plus dru, j’ai observé chaque matin un pivert à la tête de feu y chercher sa pitance. La terre émergeait sous mes yeux d’un long sommeil, mais en coulisse jouait déjà l’orchestre. J’ai vu les bourgeons gonfler discrètement les branches des fruitiers, les forsythias arborer le jaune d’or annonciateur des floraisons à venir, les taillis de lilas se perler de vert tendre. L’habile mésange voletait, très affairée, autour du nid. Comme un ultime prologue avant l’ouverture du rideau.
L’abandon du cocon protecteur de l’hiver
J’ai compris pourquoi l’alternance de luminosité et de nuages sombres, de soleil intense et d’averses subites participait de cette mise en place, réveillant la nature par paliers et signifiant, par cette instabilité, toute l’ardeur et la force contenue du processus de création. J’ai senti le réveil de mon corps qui appelait à se délester du trop-plein de l’hiver en garnissant l’assiette de verdure, j’ai entendu le discret signal de mon horloge interne m’appelant à sortir chaque jour plus tôt du sommeil pour m’exposer à la lumière. J’ai éprouvé la fatigue des fins de règne : l’abandon du cocon protecteur de l’hiver qui ne se ferait pas sans efforts ni renoncements.
J’ai perçu enfin la magie transformatrice de cette longue saison intermédiaire, passage entre deux extrêmes, entre rigueur et splendeur, dénuement et abondance. Apanage des climats tempérés, elle fait le bonheur des peintres et des poètes. De ceux qui ouvrent l’œil et l’oreille pour percevoir le langage muet du vivant et de l’univers en mouvement. La philosophe Chantal Thomas évoque ce temps circulaire des saisons, qui n’est pas du côté de l’usure mais du retour : « Comme si c’était, à chaque fois, un événement auquel on assiste pour la première fois. »
Et j’ai saisi ce que la vie cherchait à me dire dans cette mise au monde du printemps. Comment sous l’apparente léthargie de la terre montait l’invisible énergie du monde, cette promesse qui nous fait avancer sans relâche. Elle me parlait de la graine enfouie, laissée inerte, qui n’avait pas renoncé et attendait patiemment son heure. Elle me racontait l’émergence dans nos vies de la renaissance et du neuf qui ne peut surgir qu’au prix d’une transformation, lente souvent, douloureuse parfois, prometteuse toujours.
Elisabeth Marshall
Source : La Vie
La série "Sur les Routes Spirituelles" part à la rencontre de traditions spirituelles authentiques toujours vivantes. Les trois épisodes du chapitre 4 sont consacrés au soufisme tel que transmis pas le Cheikh Bentounes, guide spirituel de la confrérie soufie Alawiyya.
Pour voir la vidéo, c'est ici
Toutes ces difficultés sont dues à votre propre karma. Dans la création divine, les conséquences de nos actions doivent être vécues dans le plaisir et la souffrance jusqu'au moindre détail.
Tout est Sa volonté.
Vous devrez trouver la Vérité !
Gardez toujours à l'esprit que vous devez épuiser tout karma, et qu'Il vous purifie ainsi pour vous rendre digne de vous unir à Lui.
~ Anandamayi Ma
Kedernath Swami, An introduction to Anandamayi Ma's Philosophy of Absolute Cognition, page 81, Quotes from from Ma.
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