dimanche 9 août 2015

Hommage à Arnaud Desjardins


En souvenir de la mort d'Arnaud Desjardins (mercredi 10 août 2011), je vous propose une semaine avec son maître Swami Prajnanpad.

La voie de Swami Prajnanpad
La voie proposée par Swâmi Prajnânpad consiste à entendre avec un cœur et un esprit ouvert des affirmations souvent inattendues, déroutantes, parfois même choquantes au premier abord, à y réfléchir, avec toutes les ressources de notre intelligence et à voir, en dehors de nous et en nous-même, si ce que nous observons confirme ou non la vérité de ces paroles. Ce dont nous sommes intimement convaincus, pas parce qu'un maître nous l'a dit mais parce qu'il a réussi à nous le montrer, transforme tout naturellement notre perception de la réalité quotidienne et modifie notre manière d'y répondre. »
 Arnaud Desjardins.
 (Extraits de Les formules de Swami Prajnanpad, Ed. La Table Ronde, 2003)





Thich Nhât Hanh, la figure spirituelle de Minh Tri Vô



Né en 1926 à Thua Thien, au Vietnam, Thich Nhât Hanh devient moine bouddhiste à l'âge de 16 ans. Après avoir étudié puis enseigné les études comparatives en religion aux États-Unis, il fonde, à son retour au Vietnam, l'Université bouddhique « Van Hanh », puis, en 1965, l'École de la jeunesse au service social (EJSS), oeuvrant à la formation de travailleurs sociaux alors que le pays est en pleine guerre. Obligé de fuir son pays en 1966, il entame un pèlerinage pour la paix, sillonnant différents pays, des États-Unis à l'Europe, en passant par l'Asie et l'Australie. Son combat le fait collaborer avec des personnalités comme Martin Luther King - qui le propose comme prix Nobel de la paix en 1967 -, le pape Paul VI, ou encore le moine trappiste Thomas Merton. À partir de 1969, il se réfugie en France, et devient alors enseignant à la Sorbonne, en plus du poste de la direction de la délégation de la paix de l'Église bouddhique unifiée du Vietnam.

N'ayant de cesse de poursuivre sa lutte, il participe à l'élaboration du Manifeste 2000 à l'occasion de « l'Année internationale de la culture et de la paix ».
Puis, en 1982, il fonde avec la moniale Chân Khong, le Village des Pruniers dans le sud-ouest de la France. Plus de 150 moines et moniales bouddhistes vivent dans ce lieu ouvert à tous qui accueille chaque année près de 4 000 retraitants, bouddhistes ou pas. Auteur de nombreux ouvrages et infatigable conférencier, Thich Nhât Hanh prône la pleine conscience au quotidien, pour une existence libérée de la souffrance et entièrement tournée vers la compassion.



« Chaque fois que vous avez une énergie négative comme la jalousie, le désespoir ou la peur, alors la pleine conscience doit se manifester pour prendre bien soin de cette énergie négative. Si vous ne voulez pas que cette énergie vous détruise, touchez la graine de la pleine conscience et invitez-la à s'épanouir ; embrassez tendrement votre douleur. (...) 
La méditation est la pratique de la non-violence, de la non-dualité. Si je sais que l'amour c'est moi et que la douleur c'est aussi moi, que la compréhension c'est moi et que la souffrance aussi, alors je vais en prendre soin. Je ne vais pas supprimer ma souffrance parce que je sais que je peux la transformer en fleur... La fleur existe parce que la souffrance est là. » 

 Conférence du 2 avril 1996 à la Mutualité (Paris).




samedi 8 août 2015

Rencontre avec Minh Tri Vô (3)


Sans souffrance, il n'y a pas de lotus, symbole de clarté et de pureté dans le bouddhisme. L'éveil vient de nos erreurs et de nos afflictions. Si nous les rejetons ou refoulons, nous n'avons plus de matière à transformer pour atteindre un bonheur véritable. À mon arrivée en France, je pensais avec tristesse à mon pays en guerre. Les douloureux événements auxquels nous avions assisté m'ont en fait permis de réaliser la chance que nous avions de vivre dans la paix en France aujourd'hui. Le mal-être a des causes. S'il y a des causes, je peux les faire disparaître ou du moins travailler à me porter mieux. C'est ce que nous appelons les Quatre Nobles Vérités, dont l'une, le Chemin octuple, comporte huit branches. L'une d'elles s'appelle la pleine conscience. L'absolu n'existe pas dans le bouddhisme. Chaque jour, nous devons veiller à fuir les extrêmes.

Tout est impermanent. S'il y a continuité, c'est que nous l'entretenons. Si je cesse d'aller à la maison de l'Inspir, son énergie collective n'arrivera plus à moi. Notre mental, à l'image de notre corps, n'est pas immuable. Il évolue, même après la mort charnelle. Petite fille, j'entendais ma mère et ma grand-mère, toutes deux imprégnées du bouddhisme populaire, me dire de faire attention, de bien me comporter, au risque de me transformer en buffle ou en cafard dans une vie future. Avec le temps, je me suis affranchie de ces grades de vies ou désignation conventionnelles. Catégoriser est humain. Le Vénérable nous incite à ne pas trop réfléchir à l'après mais à vivre bien sur terre pour assurer notre continuation. Il nous inscrit dans le moment présent. Je ne crois pas en la réincarnation, comme transposition d'un bloc à un autre bloc. Je la vois comme la désintégration d'une plante : lorsqu'elle meurt, elle devient compost. Ce compost va pénétrer la terre, porteuse d'une graine elle-même source de vie. La plante devient ainsi une nouvelle matière vivante. Dans le bouddhisme il n'y a pas de début, ni de fin, tout se désintègre et tout, de nouveau, renaît, pour prendre un jour une nouvelle manifestation.

Pour moi, le Nirvana n'est pas un idéal inaccessible. Il m'arrive dans la journée d'y goûter quelques minutes, grâce à la pleine conscience. Il est cet état mental où l'esprit se trouve libéré de toutes notions : le juste, le pas juste, le long, le court, le faible, le fort, le temporel, l'espace, et sur un plan plus terre à terre : « Est-ce que je gagne assez d'argent ? Suis-je assez jolie, célèbre ? »... tout est éteint, dans un esprit silencieux. Mais cet état est éphémère. Une ou deux minutes sont déjà un miracle de la vie, que je vais également savourer dans le chant d'un oiseau, ou le bruissement des feuilles d'un arbre. Ce miracle de la vie, je l'ai aussi réalisé avec la survenue de mon cancer, il y a quelques années. Cette maladie m'a placée face à ma réalité et m'a bouleversée dans le sens où j'ai réalisé que j'étais vivante. Depuis, je mène une vie beaucoup plus simple et accepte avec plus de sagesse les contrariétés du quotidien.

Dans le bouddhisme que je pratique, nous saluons toute personne comme un Bouddha en devenir, car porteuse d'une faculté d'éveil qui doit se réaliser sur terre. Cela fait longtemps que j'ai lâché prise sur le Nirvana futur, éternel, perpétuel. Je m'intéresse avant tout à l'ici et au maintenant. Il n'y a pas de chemin vers le bonheur. Le bonheur est le chemin.

Les étapes de sa vie
1949 Naissance à Dalat (hauts plateaux du Vietnam).
1970 Part en Belgique. Mariage dont naîtra une fille.
1980 S'installe en France.
1994 Rencontre Thich Nhât Hanh au Village des Pruniers (Lot-et-Garonne).
1996 S'engage dans l'ordre de l'Inter-Être.
Depuis 2004 Vice-présidente de l'Union bouddhiste de France.


> La cloche de la pleine conscience
« Je fais tinter cette cloche une fois par jour, pour un ancrage dans le moment présent. L'éveil est en effet constitué de l'énergie de pleine conscience. Plusieurs gathas, qui sont des petits poèmes, peuvent accompagner son tintement. Je prononce en même temps : "J'écoute, j'écoute. Ce son merveilleux me ramène à ma vraie demeure." Mais, comme nous l'enseigne le Vénérable, toutes les autres cloches et bruits du quotidien sont un moyen de nous ramener ici et maintenant : la sonnerie du téléphone, la cloche de l'église, les klaxons, le chant d'un oiseau... »



source : La Vie

jeudi 6 août 2015

Rencontre avec Minh Tri Vô (2)


Un palais orné de joyaux. Telle fut mon impression visuelle lorsque je m'ouvris au monde de la pleine conscience. Avant, je ne goûtais pas, je restais dans le mental. Accompagnée par mon maître, très visionnaire et pédagogue, j'ai tout réappris, tel un enfant s'ouvrant à la vie : à marcher, à manger, à me tenir... Dans toutes les écoles bouddhistes, la méditation, voie d'unification entre le corps et l'esprit, est pratiquée, mais chaque tradition l'adapte différemment. Au Village des Pruniers, nous l'orientons vers la pleine conscience. En prenant le temps, en donnant de l'espace, de la profondeur, à chaque geste, chaque réaction, chaque parole, notre existence prend une tout autre dimension.

Nous ne sommes pas des morceaux de pierre. Le bouddhisme zen n'a pas pour but de supprimer nos affects ni nos émotions, mais de les accueillir. Il m'arrive bien sûr de surréagir à la moindre phrase de travers de mon mari, alors que je sors tout juste de retraite ! Mais je dois reconnaître qu'avec le temps je suis moins tributaire de mes passions. Plutôt que de me laisser emporter par la frustration, l'agressivité, la colère, je donne un temps à ma réaction : je regarde d'abord cette énergie négative, respire profondément, l'accueille, et lui souris. Le fait même de prendre conscience de son existence lui fait perdre en intensité. Or, si elle perd en intensité, elle m'affecte moins. Longtemps j'ai ressenti de la colère envers mon père. Marquée par une éducation à la confucéenne, je la gardais enfouie. En outre, le bouddhisme nous inculque la reconnaissance envers nos parents, vecteurs de vie. C'est grâce à la pratique, aux entraînements et aux retraites, que mon regard a changé sur cette énergie négative. Le jour où le Vénérable Thich Nhat Hanh nous a expliqué que les gens malheureux faisaient souffrir, j'ai eu comme un flash intérieur : c'était le cas de mon père. Dès lors, je suis entrée dans la compassion.

L'avidité, l'ignorance, et la colère sont trois poisons dans le bouddhisme. Le zen nous fait travailler notre terrain qui n'est pas toujours sain : nous ôtons les mauvaises herbes, bêchons la terre, et y faisons pousser les fleurs. Ce travail passe par la connaissance de soi, elle-même menant à la compassion. Plus je me connais, plus je comprends les autres. Plus je souffre, plus je fais souffrir les autres. C'est ce que nous appelons « interdépendance ». Je ne suis pas un moi séparé mais un avec mon environnement : mon identité unique existe mais évolue, au gré du temps, des rencontres, et des événements de ma vie. Pour la représentation, oui, j'ai une carte d'identité, un passeport. Deux dimensions existent : l'une horizontale, historique : je suis née en 1949 à Dalat. Je suis vice-présidente de l'Union bouddhiste de France. L'autre dimension est appelée « ultime », et est le prolongement de mon cheminement de vie. La Minh Tri d'aujourd'hui est-elle la même qu'il y a 20 ans ou même deux jours ? Oui et non. Celle d'il y a 50 ans n'a pas la France en elle. Et celle d'aujourd'hui ne cesse d'évoluer au fil des jours. L'éthique de vie dans le bouddhisme est fondamentale : nous devons veiller à notre Karma, grande loi de causes à effets : toutes nos actions, pensées, paroles, ont des conséquences sur notre être et, par résonance, sur les autres, dans une temporalité nous dépassant. En en prenant conscience, nous contribuons à une énergie collective positive.




Rencontre avec Minh Tri Vô (1)


Je n'oublierai jamais ma rencontre avec le vénérable Thich Nhat Hanh. Elle eut lieu en 1994, au Village des Pruniers (Lot-et-Garonne). En présence de ce maître zen, j'ai instantanément senti une nouvelle naissance germer en moi. Naissance tournée vers un éveil au miracle de la vie. Vie qui, jusqu'alors, était dirigée en pilote automatique et guidée selon un objectif : réussir dans les affaires. Je vivais en France depuis près de 15 ans. Deux mariages, la naissance d'une petite fille, la création de deux entreprises... Mon existence s'accordait au rythme d'une locomotive trépidante. Quatre ans avant ma rencontre avec Thich Nhât Hanh, j'étais retournée dans mon pays, le Vietnam. Quel choc ! La jeune ambitieuse que j'étais se voyait tout à coup comme telle, face à une population encore enlisée dans la souffrance. À mon retour en France, une seule chose m'est apparue clairement : je me devais de calmer ma vie, de poser vraiment mes valises.

Le bouddhisme de mes parents me paraissait bien poussiéreux à cette époque. Peu à peu, je l'avais délaissé. Petite, j'accompagnais ma mère, héritière de la branche Terre pure, école Mahayana - laquelle comporte une branche zen -dans les pagodes. Et tous les mois, nous ne manquions pas de manger végétarien les jours de pleine lune et demi-lune. Très rapidement, je fus outrée par ses récitations effrénées de soutras, alors qu'elle ne les comprenait pas. Outrée aussi de la voir se réfugier dans les prières plutôt que de se révolter contre son mari incompréhensif et brutal.. Mon regard a changé depuis : cette pratique assidue l'immergeait dans un éphémère oasis de paix. Malgré un climat de guerre, mon enfance, passée dans les hauts plateaux du centre du Vietnam, fut paisible et insouciante avec mes six frères et soeurs. Jusqu'à l'âge de 18 ans, j'ai été scolarisée au lycée français, puis je suis partie en Belgique étudier les sciences économiques. Petit à petit, une soif s'est ouverte en moi, et m'a conduite vers des lectures philosophiques et spirituelles. Mais les affaires ont enseveli cette aspiration dormante, jusqu'à mon retour au Vietnam, et la prise de conscience qui s'en est suivie. Quatre ans plus tard, je rencontrai enfin celui qui allait être mon maître.

L'appel fut si fort que j'ai envisagé de devenir nonne. Au final, j'ai réalisé que pratique et vie laïque n'étaient pas incompatibles. Deux ans après ma rencontre avec Thich Nhat Hanh, je me suis ainsi engagée dans l'ordre de l'Inter-Être, communauté de moines et de laïcs, et ai prononcé le voeu de réciter, suivre et pratiquer les quatorze entraînements à la pleine conscience tous les mois. Le jour où je ne pratique plus, mon engagement perd de son sens. J'ai besoin de me retirer régulièrement à la maison de l'Inspir, un monastère en région parisienne, et directement lié à celui du Village des Pruniers. Besoin de ces coupures où je ne fais rien d'autre que pratiquer la pleine conscience. Puis, retournée dans ma vie quotidienne, je tente de poursuivre cette pratique du lever au coucher du soleil. Tout est une question d'énergie et d'habitude...

dimanche 2 août 2015

Relation d'aide...

Jacques Poujol a créé il y a deux ans une formation professionnelle à la relation d'aide, hébergée au sein de l'Institut protestant de théologie à Paris et à l'université adventiste, à côté de Genève. Pour ce psychologue, Jésus nous invite à établir une relation vivante avec les autres et à faire preuve de créativité.

Que peut nous apprendre Jésus en matière de relation d'aide ?
Il a l'art d'adopter une attitude juste, respectueuse de ses interlocuteurs. Ses interlocuteurs ressortent souvent pleins de vitalité de leur rencontre, ils se sentent à la fois entendus, reconnus et confirmés. Entendus dans leurs désirs et dans leurs peurs, reconnus comme une personne unique et confirmés dans leur décision de suivre Jésus. Ces trois critères peuvent nous permettre de valider la qualité des relations que nous entretenons avec nos proches. Nos échanges leur permettent-ils d'être entendus quand ils sont tiraillés entre désirs et peurs, reconnus comme étant des êtres uniques et confirmés dans le fait qu'ils ont raison d'investir dans la relation avec nous ?
Pourtant, vous ne souhaitez pas ériger Jésus comme modèle de communication, pourquoi ?
Il ne faudrait pas absolutiser la façon dont il correspond avec ceux qui se présentent à lui. À chaque fois, il cherche à établir une relation vivante, sans savoir à l'avance ce qui va naître de ces rencontres. Nous sommes invités à faire de même, de façon toujours nouvelle, en lien avec les autres, mais en faisant preuve à notre tour de créativité.
N'y a-t-il pas des trucs de communication à retenir de lui ?
Si c'était le cas, il expliquerait : « Voilà qui je suis, ce que je sais et comment vous devez comprendre ce que je vous dis. » Il aurait une présentation toute faite pour se mettre en valeur et assurer sa promotion. Or, il préfère laisser chacun découvrir qui il est, en privilégiant la relation sur le message. « Que dites-vous que je suis ? », interroge-t-il, afin que son interlocuteur s'implique. N'oublions pas qu'il n'est pas venu pour nous apprendre à communiquer, mais d'abord pour révéler qui est Dieu.
Comment s'y prend-il pour transmettre cette révélation ?
Pour vous répondre, il est bon de distinguer trois niveaux de perception du monde qui nous entoure. Il y a celui du réel (celui de Dieu), que nous ne verrons jamais. Puis à partir des manifestations partielles de ce réel, chacun d'entre nous organise sa propre vision de ce que nous croyons être la réalité. Enfin, nous élaborons un discours pour partager avec d'autres sur ce que nous vivons. Un décalage existe entre ces trois niveaux, Dieu, la réalité construite et les propos tenus. Sauf pour Jésus, qui se situe à la fois en Dieu, dans son époque et à travers les propos tenus avec les uns et les autres. En nous concentrant sur son message, nous risquons de ne rester que sur le plan le plus superficiel, alors qu'il est venu pour nous laisser entrevoir que Dieu est bien plus grand, et désire partager avec nous une relation d'être à être.
> À lire :
Les Dix Clés de la relation d'aide, de Jacques et Valérie Poujol, Empreinte.
> À savoir :
Plus d'information sur la formation professionnelle d'aide sur www.campusadventiste.edu

vendredi 31 juillet 2015

Sagesse massaï (5)


Aingoru enkitoo : rechercher le bon ordre

Être dans la justesse – dans ses mots, dans ses actions –, cela signifie pour les Massaïs être reliés à Enk’Aï. Une posture qu’exprime l’expression « avoir le regard clair et la démarche alerte ». La clarté du regard signifiant que la cohérence intérieure se voit de l’extérieur, et la démarche alerte témoignant d’un sentiment de légèreté et de sécurité dû à la certitude de marcher sur son bon chemin. Troubles, conflits, agitation sont, en revanche, les signes que l’on s’est décentré et que l’on s’est éloigné de sa « mission ». Car, pour les Massaïs, être en quête du bon ordre, c’est aussi chercher ce que l’on est venu faire sur terre.


LA PRATIQUE 
Écoutez les messages de votre corps lorsque vous avez fait un choix, pris une décision. S’ils sont justes, sous les émotions superficielles (appréhension, excitation), vous devez ressentir une vague de calme, une sensation de paix intérieure, qui peut se traduire en mots par « ce n’est pas facile, mais c’est juste ». En revanche, interrogez-vous si vous ressentez des tiraillements, de l’inconfort, de l’agitation mentale et physique, et que ces sensations durent ou se manifestent chaque fois que vous pensez à votre choix ou à votre décision.

(source : Psychologies)

jeudi 30 juillet 2015

Sagesse Massaï (4)


EUNOTO : devenir un planteur 

 À la posture du constructeur, les Massaïs préfèrent celle du planteur. Alors que le premier se concentre uniquement sur la réalisation de l’objectif qu’il s’est fixé, la construction, le second plante son arbre, le soigne, mais accepte de faire avec ce qui lui échappe (le rythme de croissance, les aléas de la météo…). Concrètement, être planteur, c’est se mettre en phase avec le moment présent, s’adapter et se maintenir dans un état entre vigilance et confiance, volonté et humilité. Cette souplesse est facteur de sérénité, de patience et met à l’abri de la colère et de la déception. 

LA PRATIQUE 
Ancrez-vous, comme l’arbre, dans le moment présent. Les Massaïs disent : « Le passé est un pays où je n’habite plus. » Ici et maintenant, que ressentez-vous ? Comment pouvez-vous composer au mieux avec la situation et les personnes présentes ? Que charriez-vous d’inutile et de pesant du passé ? Quelles projections anxieuses vous empêchent de goûter à la saveur du présent ? 
Plantez un arbre, prenez soin d’une plante. Cela vous incitera à mettre momentanément les « je veux » sur la touche et vous aidera à faire simplement avec ce qui est.


mercredi 29 juillet 2015

Sagesse Massaï (3)

Osina kishon : accueillir la « souffrance-don »

Sans souffrance, pas d’éveil. C’est la conviction profonde des Massaïs, qui voient, dans les épreuves envoyées par Enk’Aï, l’opportunité de grandir. Un de leurs proverbes sacrés en témoigne : « La chair qui n’est pas douloureuse ne ressent rien. » Dans cette perspective, ils remercient la déesse-mère de placer l’épreuve-opportunité sur leur chemin. Leur rituel collectif consiste alors à « nouer son coeur » en faisant huit noeuds (représentant l’épreuve) sur une corde (le cœur), qu’ils vont dénouer (symbole de la résolution), montrant ainsi que, encore une fois, tout est duel et que l’on ne peut délier un problème qu’en le reconnaissant comme sien puis en affrontant la difficulté pour la résoudre.

LA PRATIQUE 
Procédez comme les Massaïs, qui visualisent leurs émotions (peur, tristesse, colère, abattement, désir de vengeance…) après le rituel collectif de la corde, et les transportent vers leur coeur pour les brûler et les transformer en vive énergie, à la manière de l’alchimiste qui, dans son athanor, transforme le plomb en or. 
Interrogez ensuite votre épreuve comme le Massaï qui parle à l’épreuve en ami. Que veux-tu me dire ? Quelle est ma responsabilité ? Dois-je attendre ou agir ? Quelle direction dois-je prendre ? 
Notez toutes les réponses qui vous viennent spontanément sans les censurer ni les juger.